Lire la transcription
Bonjour tout le monde ! J’espère que vous allez bien en ce jeudi 15 mai 2025. Alors, aujourd’hui, on a fini notre étude de la ponctuation — plutôt, on a terminé hier. Après ça, je n’ai pas abordé avec vous quelques signes de ponctuation qu’on voit rarement. Donc, si vous avez un souci, si vous voulez que j’en parle, envoyez-moi un message. Mais en tout cas, j’ai fait avec vous les signes de ponctuation qu’on croise le plus souvent en français à l’écrit — évidemment, puisqu’à l’oral, on ne voit pas les signes de ponctuation, même si dans les intonations, on les entend. Quand on pose une question, à la fin de la question, la voix va monter. Si je vous dis : « Tu as mangé ce matin. » — là, il y a un point, la voix reste plate. Et si je vous dis : « Tu as mangé ce matin ? » — là, à la fin de la phrase, ma voix va monter, aller vers le haut. Ça veut dire qu’il y a un point d’interrogation à la fin. Mais aujourd’hui, comme je vous disais, on a fini la ponctuation. Donc, on va attaquer quelque chose d’autre.
Je voulais vous parler un peu de la façon de parler des Français — et globalement des Espagnols, des Italiens. Beaucoup de pays européens parlent comme ça. On parle évidemment avec la bouche en articulant, en faisant des phrases comme tout le monde, mais on parle aussi avec les mains. D’ailleurs, là, quand je suis en train d’enregistrer mon podcast, mes mains bougent, mes bras bougent. Alors que je suis face à mon micro tout seul, j’ai quand même besoin de bouger un peu les mains, bouger les bras. Ça s’appelle « parler avec les mains. » Et en français, on utilise beaucoup cela. Regardez dans les films, dans les séries, dans la vie de tous les jours si vous parlez avec des Français — vous verrez qu’en général, on bouge les mains. Ce qu’on exprime par la bouche, les phrases qu’on va dire, les sentiments et les émotions qu’on veut exprimer vont aussi ressortir dans nos gestes. Évidemment, ce dont je vous parle, c’est une généralité. Tout le monde ne fait pas ça, mais on est beaucoup à parler avec les mains.
Pourquoi je vous parle de cela ? D’abord parce que c’est bien de le savoir, c’est bien de comprendre la culture française et de comprendre pourquoi on bouge les bras quand on parle. Parce que finalement, si vous n’écoutiez que ce que je dis, vous comprendriez. Mais si vous êtes en face de moi, si on discute en face à face ou en visio, eh bien, je vais aussi bouger un peu les mains et les bras — soit pour vous faire comprendre quelque chose, soit parce que c’est naturel.
Et donc, je voulais vous parler de cela parce qu’aujourd’hui, on va commencer une nouvelle série sur la signification des gestes en français. Quand on parle, je vous disais, on utilise les mains, mais on peut aussi faire des signes avec les mains qui veulent dire quelque chose. Si à un Français, je vais — par exemple — qu’est-ce qu’on va commencer par quoi ? Un truc facile. Pour dire « bonjour » ou « au revoir », on va juste lever la main et la faire bouger. Dans tous les pays, on fait cela — on se salue. Donc, si vous êtes loin de quelqu’un, qu’il ne peut pas vous entendre — par exemple, tout à l’heure, je suis allé courir et j’ai vu quelqu’un que je vois souvent. Eh bien, j’ai levé ma main et je l’ai agitée pour dire « bonjour. » En face, quand il m’a vu, il a fait pareil — il a levé sa main et il l’a agitée. Il m’a répondu « bonjour. » Donc, en français, on a beaucoup de gestes qui existent et qui veulent dire quelque chose.
Alors, ça ne va pas être très « podcastique » — ça ne se dit pas, mais ce n’est pas grave. Évidemment, ça aurait été plus facile avec une vidéo de vous expliquer ces gestes, mais je n’ai pas envie de faire de vidéo. Je n’ai pas envie de passer du temps à éditer, à mettre du bruitage, à faire du travail sur ordinateur. Pour moi, le podcast, c’est parfait — je m’assieds, je branche le micro, j’enregistre, j’éteins, terminé.
Donc, je vais vous expliquer les gestes avec des mots. Pour vous, c’est bien, parce que vous allez travailler votre écoute, votre compréhension du français, et si vous ne comprenez pas ce que je dis mais que vous comprenez le sens du geste, vous pourrez aller chercher sur internet. On va commencer avec des gestes qui impliquent le visage. On va en faire quatre aujourd’hui.
Le premier geste : on prend son index. Moi je suis droitier, donc je lève mon index droit et je vais le tapoter à côté de mon œil droit, au niveau de la tempe — juste entre l’œil et l’oreille. Je tape mon doigt ici. Est-ce que vous savez ce que ça veut dire ? Quand je tape mon index à côté de l’œil, ça veut dire à la personne en face : « Tu es fou. » Tu es malade, tu es un taré, t’es cinglé — il y a plein de mots pour dire « fou. » Donc, taper son index à côté de l’œil, ça veut dire « c’est la folie. » Ça peut être « je suis fou » mais c’est plutôt « tu es fou » — c’est en regardant quelqu’un qui fait quelque chose et, sans parler, vous tapez juste votre doigt près de votre œil. Ça voudra dire « ce que tu fais, c’est n’importe quoi. »
Le deuxième geste : se pincer le nez. Avec le pouce et l’index de ma main droite, je vais me pincer le nez et si je me pince le nez, je parle comme ça… Ah ! Pardon ! Donc là, je me suis pincé le nez et vous avez entendu que ma voix a changé. Eh bien, si vous vous pincez le nez quelque part, avec une grimace, ça voudra dire « ça pue. » Il y a une odeur très mauvaise. Vous ne voulez pas que cette odeur rentre dans votre nez, donc vous vous pincez le nez avec les doigts — et on parle un peu comme Donald Duck. Ça, c’est le deuxième geste.
Le troisième geste : on va lever son index — même doigt qu’avant — et on va tirer la peau de l’œil vers l’extérieur et un peu vers le bas. Vous mettez votre index près de votre œil et vous tirez vers le bas et un peu vers l’extérieur. Ça, ça veut dire « mon œil » — et « mon œil », ça veut dire : « Je ne te crois pas. Ce que tu dis est faux, c’est un mensonge. Je ne crois pas ce que tu racontes. » Ça, c’est le troisième geste.
Et le quatrième geste : vous avez besoin de votre index et de votre majeur — le deuxième et le troisième doigt. Vous mettez vos deux doigts dans le nez — et en faisant ça, ça voudra dire « c’est facile. » Je vais le faire les doigts dans le nez — ça veut dire « ce que je m’apprête à faire est facile, c’est simple pour moi. » Par exemple, vous allez faire de l’escalade. Si vous êtes un habitué, si vous faites beaucoup d’escalade, vous pouvez regarder votre ami à côté et regarder la paroi, et mettre vos doigts dans le nez. Ça veut dire « pour moi, c’est facile. »
Ça peut aussi s’utiliser dans d’autres situations. Si vous allez passer le DELF en français — vous attendez dans la file pour accéder à la salle et vous discutez avec votre voisin. Il vous dit : « Oh là là, je suis stressé, je n’ai pas assez révisé, je pense que je vais rater. » Et vous, vous n’êtes même pas obligé de répondre — vous le regardez et vous mettez vos doigts dans le nez. Ça voudra dire : « Pour moi, c’est facile, je vais réussir. »
Et avec ça, on a vu quatre gestes de la langue française sans parler. Avec ces quatre gestes, vous pouvez transmettre quatre idées sans dire un seul mot.
Je vous répète les quatre. « Tu es fou » — avec l’index, on tapote près de l’œil. « Ça pue » — on se pince le nez avec deux doigts. « Je ne te crois pas, tu racontes des mensonges » — on tire la peau sous l’œil vers le bas et vers le côté. « C’est facile, je suis sûr d’y arriver » — on met l’index et le majeur dans le nez. Ce qui est marrant, c’est qu’en même temps que je vous explique les gestes, je suis en train de les faire — bien que je sois tout seul — comme si je parlais à quelqu’un en face de moi. Et avec ça, on a fait notre astuce de français du jour. On continuera demain avec d’autres gestes.
Et tout de suite, on passe à l’expression du jour : « L’erreur est humaine » — ou en latin, « errare humanum est. » Pourquoi je vous la donne en latin ? Parce qu’à la base, cette expression est d’origine latine. C’est un philosophe né il y a un peu plus de 2 000 ans qui l’a inventée. Je vous en parlerai tout à l’heure. D’abord, on va étudier les mots de cette expression.
« L’erreur » — c’est un mot féminin. On dit « une erreur. » Ça veut dire « une faute », quelque chose de faux, une fausse opinion. Par exemple, en français, quand on fait une faute de grammaire ou de conjugaison, c’est une erreur. Si je vous dis « je vais mange », il y a une erreur — on dit « je vais manger. » C’est quelque chose de faux. On peut aussi voir le mot « erreur » sur l’ordinateur — « Erreur 404 », « Error 404 – Not found. » C’est quand vous allez sur une page internet qui n’existe pas. Il y a aussi des erreurs 512, etc. Ce sont des problèmes dans le système, ça s’appelle des erreurs.
Le troisième mot de l’expression, c’est le verbe « être. » On va le conjuguer au présent et au futur. Au présent : « je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont. » Au futur : « je serai, tu seras, il sera, nous serons, vous serez, ils seront. » Dites-moi dans les commentaires si ces conjugaisons vous aident ou si vous les connaissez déjà — selon vos retours, j’ajusterai le rythme.
Et enfin, le dernier mot de l’expression : « humaine. » C’est le féminin de « humain. » Ici, c’est un adjectif qu’on accorde avec le sujet. Le sujet de la phrase, c’est « erreur » — on dit « une erreur », c’est féminin — donc l’adjectif s’accorde et on met un E : « humaine. » « Humain » et « humaine » se rapportent à l’espèce humaine, aux hommes et aux femmes.
Donc, « l’erreur est humaine » veut dire que tout le monde peut se tromper. C’est dans la nature humaine de faire des erreurs. Une erreur est excusable — on peut excuser une erreur venant d’un être humain. C’est ça que veut dire cette expression.
Je vous donne un exemple en entreprise. Vous avez quelqu’un sous votre responsabilité — un employé ou un collègue moins expérimenté — et cette personne fait une erreur dans un tableau important pour une présentation. Vous trouvez l’erreur, mais vous ne la réprimandez pas. Vous lui dites : « Ne t’inquiète pas, l’erreur est humaine. » Ça veut dire « tout le monde peut se tromper. » Vous, en tant que chef, vous pouvez vous tromper. Un ouvrier peut se tromper. Le président de la République peut se tromper. D’ailleurs, on a eu un bon exemple il y a un an avec Macron et sa dissolution. Enfin bref, on n’est pas là pour parler de politique. Je pense personnellement que c’était une mauvaise décision, mais c’est un autre sujet.
Alors, l’origine de cette phrase. Je vous en ai un peu parlé tout à l’heure — c’est un philosophe qui s’appelle Sénèque qui aurait inventé cette phrase. Il est né quelques années avant Jésus-Christ et est mort en l’an 65 après Jésus-Christ, à environ 69 ans. Dans le calendrier occidental, nous sommes en 2025 — soit 2 025 ans après la naissance de Jésus. Et donc Sénèque a dit en latin : « errare humanum est. »
Il y a quelques expressions en français qu’on peut dire en latin et qui restent comprises. Si vous dites à un Français « errare humanum est », je pense que 80 ou 90 % des Français vont comprendre que ça veut dire « l’erreur est humaine » — alors que très peu de personnes parlent latin. Il y a quelques expressions latines qui ont survécu, comme « alea jacta est » — « les dés sont jetés » — qu’on fera un autre jour. Ou « veni, vidi, vici » — « je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu » — qu’on fera aussi une autre fois.
En anglais, on dit « to err is human. »
Je vais vous donner une phrase de Confucius — un philosophe chinois auteur de nombreuses citations très profondes — que j’ai trouvée jolie. La voici : « L’homme sage apprend de ses erreurs. L’homme plus sage encore apprend des erreurs des autres. » Je vous l’explique. L’erreur est humaine — et un homme sage, donc intelligent, va apprendre de ses propres erreurs, va évoluer et ne plus les répéter. Un homme encore plus sage, lui, va apprendre non seulement de ses propres erreurs, mais aussi des erreurs que font les autres autour de lui.
Demain, on verra une expression qu’on dit au moment où on va prendre une photo : « Le petit oiseau va sortir. » Allez, maintenant, je vous laisse ici. Je suis très heureux que vous soyez de plus en plus nombreux à écouter ce podcast. Merci beaucoup de m’avoir écouté. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !
Laisser un commentaire