« Ne pas être là pour enfiler des perles » et la ponctuation, les guillemets

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Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. J’ai créé ce podcast basé sur les expressions françaises pour toutes les personnes qui souhaitent apprendre le français. Ces expressions peuvent être utilisées en toutes circonstances — et c’est ça qui fait leur intérêt. Aujourd’hui, on est le mercredi 14 mai 2025 et comme je vous l’ai dit hier, on va parler de l’expression « Ne pas être là pour enfiler des perles. »

Mais avant ça, je voulais vous parler d’un film que j’ai vu hier sur Netflix et qui s’appelle Premier Contact. En anglais, ce film s’appelle Arrival. C’est un film qui date de 2016, donc qui a 9 ans, et qui parle d’extraterrestres. Alors, il y a eu beaucoup, beaucoup de films faits sur les extraterrestres, mais celui-là est un peu différent des autres. Il n’y a pas de guerre avec les extraterrestres comme dans Mars Attacks! ou comme dans Independence Day. Ici, en fait, vous avez… alors attendez, je vais vous raconter l’histoire sans vous spoiler. Vous avez des vaisseaux extraterrestres qui arrivent sur Terre. Ce sont des vaisseaux qui ont la forme d’un œuf noir, mais très, très grand. Un très grand œuf qui ne repose pas sur le sol, mais qui reste en suspens à quelques mètres du sol. Il y a 12 vaisseaux, je crois, ou 10 — qui arrivent en même temps et qui sont là au-dessus du sol. Il ne se passe rien, les vaisseaux sont fermés, les extraterrestres ne sortent pas, mais c’est quand même un peu la panique sur Terre. Imaginez — aujourd’hui, dans le monde réel, s’il y avait ce genre de vaisseaux qui arrivent, tout le monde ne parlerait plus que de ça.

Donc, vous avez ces vaisseaux qui sont arrivés et on va suivre l’histoire d’un expert en biochimie — ou en biophysique, je ne sais même plus, je l’ai vu hier — et d’un expert en langue, qui sont recrutés par l’armée pour entrer en contact avec les extraterrestres. Le colonel dans le film est joué par Forest Whitaker. L’expert en biophysique est joué par Jeremy Renner — Jeremy Renner, c’est celui qui joue Hawkeye dans Les Avengers, « Œil de Faucon » en français, je crois. Et l’experte en langue, la femme, est jouée par Amy Adams — Amy Adams, c’est aussi la femme qui joue Lois Lane dans Man of Steel, dans les derniers films Superman.

Ces deux experts sont donc recrutés par l’armée pour entrer en contact avec les extraterrestres, pour savoir ce qu’ils veulent, d’où ils viennent, comment ils sont arrivés sur Terre. Et pendant tout le film, on va suivre l’évolution de leur interaction avec ces extraterrestres et surtout, on va essayer de comprendre pourquoi ces extraterrestres sont venus sur Terre. Je vais m’arrêter là pour ne pas vous en dévoiler trop — pour ne pas vous spoiler, ou comme diraient nos amis québécois, pour ne pas vous « divulgâcher », tabernac. Je vous conseille de voir ce film. Ça s’appelle Premier Contact ou Arrival en anglais. C’est un très bon film. En tout cas, moi, j’ai beaucoup aimé. Ça sort des sentiers battus — tiens, encore une nouvelle expression française — ça sort de l’ordinaire, ça sort des films d’extraterrestres classiques.

Et tout de suite, on va passer à l’étude de la ponctuation. Aujourd’hui, c’est notre dernier podcast sur la ponctuation. J’ai commencé cette grande série — alors, attendez — c’était le podcast du 1er mai. On est aujourd’hui le 14 mai, donc ça fait 14 jours que je parle de ponctuation. Entre-temps, il y a eu des fables de La Fontaine, des études de chansons, mais en gros, c’est depuis le début du mois de mai que je vous parle de ponctuation. Aujourd’hui, c’est le dernier jour et donc, on va étudier les guillemets.

Alors, les guillemets, c’est un peu comme les parenthèses — c’est-à-dire que c’est un signe de ponctuation en deux parties. Généralement, un point, une virgule, un point d’interrogation sont en une seule partie. Eh bien ici, les guillemets, comme les parenthèses, sont situés à deux endroits de la phrase. On dit d’ailleurs « ouvrir les guillemets » et « fermer les guillemets », de la même manière qu’on disait « ouvrir la parenthèse » et « fermer la parenthèse. »

Le premier emploi des guillemets, c’est pour donner une citation, le discours de quelqu’un. Souvent, dans mes podcasts, je vous dis « imaginez, dans cet exemple, la phrase suivante » — et avant cette phrase, il y a deux points, puis on ouvre les guillemets ( : « ). Je vous donne deux exemples. « Le professeur nous a dit : « Ne trichez pas à cet examen. » » Ici, c’est une parole du professeur, une citation. Autre exemple : « J’ai rappelé à mon fils : « Surtout, sois prudent. » » La phrase entre guillemets — « surtout, sois prudent » — c’est ce que j’ai dit à mon fils. C’est un discours, un dialogue, une citation. Ça, c’est le premier emploi des guillemets.

Le deuxième emploi des guillemets, c’est pour souligner l’ironie. En France, en Angleterre, on aime beaucoup l’ironie. On va dire quelque chose qui veut dire l’inverse. Avec le ton, avec l’intonation de la voix, vous comprenez que ça veut dire l’inverse. Je vous donne un exemple d’ironie qui pourrait se traduire par des guillemets à l’écrit. Vous êtes au bureau, dans un couloir, vous marchez avec un café à la main. À un coin, quelqu’un vous rentre dedans et tout le café se renverse sur votre chemise. Là, vous dites « Ah ben, merci ! » Ce « merci » serait entre guillemets à l’écrit — c’est de l’ironie. On ne dit pas vraiment merci — on pourrait dire « Franchement, t’aurais pu faire attention et ne pas me renverser le café sur la chemise ! »

Je vous donne d’autres exemples. « C’est beau la façon dont tu « travailles ». » Avec « travailles » entre guillemets, c’est de l’ironie. Ça veut dire qu’en fait, tu ne travailles pas — tu es en train de jouer aux jeux vidéo ou de lire alors que tu devrais travailler. Autre exemple avec le mot « aimable » entre guillemets — c’est de l’ironie : ça veut dire que tu n’es pas du tout aimable.

J’espère que vous comprenez l’ironie. Je sais qu’il y a des pays où on adore ça — comme la France. Et il y a aussi des pays, particulièrement en Asie, je pense, où on n’emploie pas du tout l’ironie. Imaginez au Japon quelqu’un qui renverse un café sur quelqu’un d’autre et la personne dit « Arigato » — ça ne marche pas, ça n’existe pas. Enfin bref.

Voilà les deux emplois principaux des guillemets. Quelques détails supplémentaires : on met un espace avant et après les guillemets. Et quand on commence une citation ou qu’on ouvre des guillemets, on ne met pas de majuscule — sauf si toute une phrase complète est entre guillemets. Je vous donne un exemple : « Elle lui a dit : « J’ai terminé mes études hier. » » Ici, la phrase entre guillemets est complète — « J’ai terminé mes études hier » — donc le « J’ » prend une majuscule.


Et tout de suite, on passe à l’expression du jour : « Ne pas être là pour enfiler des perles. »

« Ne pas » — c’est la négation. On en a parlé plusieurs fois, je ne vais pas m’y attarder.

« Être » — c’est un des verbes les plus utilisés en français, avec « avoir ». On a déjà conjugué ce verbe au présent et à l’imparfait plusieurs fois. Si vous ne connaissez pas ces conjugaisons, je vous invite à réécouter les podcasts avec le verbe « être » dans le titre. Aujourd’hui, on va le conjuguer au futur et au passé simple. Comme d’habitude, je vous donne le pronom et vous essayez de trouver la conjugaison chez vous. Au futur : « je serai, tu seras, il sera, nous serons, vous serez, ils seront. » Et au passé simple : « je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes, ils furent. »

« Là » — le quatrième mot de l’expression — s’écrit « l-à » avec un accent grave. À ne pas confondre avec l’article « la », « l-a ». « Là » veut dire « ici », « à cet endroit. » On pourrait d’ailleurs remplacer dans l’expression : « ne pas être ici pour enfiler des perles. »

« Enfiler » — c’est un verbe du premier groupe qui a plusieurs sens. Le premier sens, c’est de traverser quelque chose avec un fil. Ici, on parle de perles — un collier de perles, c’est un fil qui traverse des perles. On dit donc « enfiler un collier. » On peut aussi dire « enfiler un fil dans une aiguille. » Le deuxième sens d’enfiler, c’est de mettre un vêtement rapidement. « J’ai enfilé un pull » ou « j’ai enfilé un manteau et je suis parti » — il y a cette notion de rapidité, contrairement à « mettre un manteau » ou « porter un manteau » où il n’y a pas cette idée de hâte. Et le troisième sens d’enfiler, qui est vulgaire et à caractère sexuel, c’est la pénétration. Enfiler quelqu’un veut dire le pénétrer sexuellement. C’est un mot familier et vulgaire.

« Des perles » — là aussi, il y a deux sens. Le premier, c’est la petite boule de nacre — une petite boule blanche et brillante qui se forme dans certains coquillages. C’est assez rare, ce qui explique pourquoi les perles sont chères. Les hommes ont créé avec ces petites boules des colliers ou des bracelets. Le deuxième sens de « perle », c’est quelqu’un d’exceptionnel. Quand vous dites « c’est une perle » en parlant d’une personne, ça veut dire c’est quelqu’un de super, le meilleur, la meilleure. C’est une expression qu’on emploie de temps en temps — essayez de la retenir.

Alors, que veut dire « ne pas être là pour enfiler des perles » ? Ça veut dire ne pas perdre son temps avec des choses inutiles. C’est ne pas s’attarder sur des actions futiles. C’est aller à l’essentiel, aller droit au but.

Je vous donne des exemples. Sur l’image que j’ai créée pour le podcast, on voit un coureur sur une piste. Imaginez que ce coureur court avec un ami. Le coureur a été très rapide, a fait une très bonne course, et son ami va lui dire : « Dis donc, tu as été rapide aujourd’hui ! » Et le coureur va répondre : « Eh ouais, je ne suis pas là pour enfiler des perles. » Ça veut dire : je suis venu pour courir vite, je suis venu pour gagner, je ne perds pas mon temps.

Un autre exemple : vous êtes en cours de français dans une salle de classe. Votre professeur parle, explique la grammaire et la conjugaison sans s’arrêter pendant une demi-heure. Vous êtes assis à côté de quelqu’un et vous lui dites : « Le prof ce matin, il n’est pas là pour enfiler des perles. » Ça veut dire : le prof ne perd pas de temps, il va à l’essentiel, il va vite.

Ce qui est amusant dans cette expression, c’est qu’il en existe plein d’autres avec la même forme grammaticale — « on n’est pas là pour quelque chose. » J’en ai retenu quatre. « On n’est pas là pour épiler les kiwis » — le kiwi, c’est un fruit avec une peau marron couverte de petits poils. Imaginez prendre une pince à épiler et tirer tous les poils d’un kiwi — c’est quelque chose d’inutile. Donc, « on n’est pas là pour épiler les kiwis » veut dire la même chose que « on n’est pas là pour enfiler des perles. » « On n’est pas là pour poser du lino » — je ne sais pas exactement pourquoi on dit ça, mais j’ai déjà entendu cette expression. « On n’est pas là pour sucer des glaçons » — là non plus, je ne vois pas trop l’intérêt, si ce n’est qu’évidemment, c’est inutile de sucer des glaçons quand on peut boire directement de l’eau. Et une quatrième, assez marrante, « on n’est pas là pour enculer les mouches » — celle-là, je vous laisse l’image en tête et comprendre pourquoi c’est inutile et compliqué.

La traduction anglaise, c’est « not here to amuse oneself » ou « not here to waste time. »

Demain, on fera l’expression « L’erreur est humaine » — ou, en latin, « errare humanum est. » J’espère que vous m’avez suivi jusqu’au bout. Merci beaucoup de m’avoir écouté. Vous pouvez toujours me retrouver sur YouTube pour m’envoyer une question. Si vous avez des soucis ou si vous voulez une explication particulière, je me ferai un plaisir d’y répondre. Merci beaucoup. À demain ! Bye bye, hasta luego, matane !


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