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Bonjour les amis, j’espère que vous allez bien. Je vous souhaite la bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, c’est un lundi, c’est le début de la semaine — on est le lundi 26 mai 2025 — et aujourd’hui, on va voir une expression qui est « Passer du coq à l’âne. » Je vous la redis : « Passer du coq à l’âne. » Dans cette expression, il y a le mot « coq » — un animal de la ferme, le mâle de la poule — et le mot « âne » — également un animal qu’on peut retrouver à la ferme.
Avant d’étudier l’expression et de faire notre astuce de français du jour, j’avais envie de vous parler de la vie à la campagne par rapport à la vie à la ville. Moi, j’ai vécu la majorité de ma vie dans une grande ville — à Paris et à côté de Paris, à Versailles. À Paris et à Versailles, vous avez accès à tout ce que vous voulez : des restaurants de tous les pays du monde, des musées, des théâtres, des cinémas, même l’opéra. Je ne suis jamais allé à l’Opéra Garnier — dans le 8e arrondissement de Paris — mais je suis déjà allé à l’Opéra Bastille.
Il faut savoir qu’à Paris, il y a deux opéras. L’Opéra Garnier, qui est l’opéra historique de la ville, et l’Opéra Bastille, construit bien après. À l’Opéra Bastille, je suis allé il y a trois ou quatre ans — peut-être plus — voir La Flûte enchantée de Mozart, avec cet air célèbre de la Reine de la nuit. Non, je ne vais pas vous le faire. J’y ai pensé un instant, mais mes compétences de chant sont un peu limitées. Je ne vais pas me couvrir de ridicule.
Donc, je vous disais que dans les grandes villes, on a accès à tout ce qu’on veut. Mais l’accès à la nature est compliqué. À Versailles, ça va — c’est une ville de taille moyenne et avec la voiture, en 10 à 15 minutes, on peut se retrouver dans la campagne. Mais à Paris, il faut bien conduire une demi-heure avant de trouver de la vraie campagne. Il y a le bois de Vincennes et le bois de Boulogne — des sortes de forêts à la porte de Paris — mais niveau campagne, on a vu mieux. Entre les coureurs, les gens qui promènent leur chien, les promeneurs, les familles, les sorties scolaires et les prostituées au bois de Boulogne, il y a du monde. Donc, si vous voulez être tranquille, respirer, être dans la verdure, à la grande ville, c’est compliqué. Moi, j’aimais bien vivre à la ville quand j’étais ado, quand j’étais plus jeune. Mais aujourd’hui, je préfère une vie plus retirée, plus à la campagne.
C’est vrai qu’à la campagne, comparé à la grande ville, on n’a pas accès à tout. Si je veux aller au théâtre, il n’y en a qu’un ici. D’opéra, il n’y en a pas. Il y a des cinémas, il y a un bowling, mais le choix est limité — un seul cinéma avec deux ou trois salles. Pour les restaurants, il y a de bonnes choses, mais si vous voulez un restaurant gastronomique avec une, deux ou trois étoiles Michelin, c’est compliqué. Il va peut-être y en avoir un avec une étoile, mais pour chercher deux ou trois étoiles — quand vous en avez envie et quand vous avez le budget, car ça coûte cher — il faut prendre la voiture.
Quand on est à Paris, dans une grande ville, vous avez accès à tout à pied. Vous sortez, vous marchez, et vous avez la boulangerie, la boucherie, la pharmacie, le magasin de bricolage. Ou vous prenez le métro — une, deux, trois stations — et vous y êtes. À la campagne, il faut prendre la voiture. Habiter à la campagne sans voiture, c’est quasiment impossible. Ou du moins, vous vous coupez de beaucoup de choses. Aujourd’hui, avec les vélos électriques, on peut faire 40 ou 50 km facilement, mais sans voiture, c’est plus contraignant.
Après, à la campagne, vous avez évidemment accès à la nature, à la forêt — et ça, c’est génial. Mais si vous habitez à côté de champs cultivés, il y a aussi des inconvénients. Par exemple, les agriculteurs utilisent souvent des engrais, et vous, vous habitez à côté — vous les respirez. Ce n’est pas idéal.
Donc, il y a des avantages et des inconvénients des deux côtés. Je pense que ce qui compte surtout, c’est à quelle période de la vie vous vous trouvez. La plupart des gens se sentent mieux en ville quand ils sont jeunes, et peut-être mieux à la campagne quand ils veulent fonder une famille, se poser, acheter leur maison. Et en vieillissant — 60, 70, 80 ans — peut-être qu’on cherche à se rapprocher des grandes villes pour avoir à nouveau accès à tout à pied, et aussi aux hôpitaux rapidement.
Voilà pour cette petite introduction sur la ville et la campagne. J’ai peut-être dit des choses un peu convenues, mais pour vous, ça vous fait réviser des mots de vocabulaire : le théâtre, le cinéma, le bowling, la pharmacie, la boulangerie. Je fais exprès d’utiliser des mots différents et des exemples variés pour que vous puissiez réviser votre vocabulaire et que votre cerveau puisse mieux mémoriser.
Et tout de suite, on passe à l’astuce du jour. Je vous avais dit hier qu’on ferait l’imparfait — mais hier, on a fait la prononciation du Y. Donc, aujourd’hui, on commence une série sur les temps en français. On va voir un temps par jour. D’habitude, on commencerait par le présent, mais j’en ai déjà parlé dans le podcast « Avoir la frite » — c’est le podcast numéro 88. Si vous voulez réviser le présent de l’indicatif et comprendre quand on l’utilise, je vous invite à écouter ce podcast. Aujourd’hui, on va donc faire l’imparfait.
L’imparfait, c’est un temps du passé — ni le présent, ni le futur, mais le passé. Ce sont des événements qui ont déjà eu lieu.
Premier emploi : décrire des événements passés sans durée précise, sans limites claires. Exemple : « Je mangeais du fromage quand quelqu’un a sonné à la porte. » L’imparfait est sur le verbe « manger » — « je mangeais » — mais on ne sait pas combien de temps on a mangé du fromage. La durée n’est pas précisée. Autre exemple : « Il nageait dans la mer et se sentait bien. » Deux fois l’imparfait — sur « nager » et sur « se sentir » — et pas d’information sur la durée. Ça, c’est le premier emploi de l’imparfait.
Deuxième emploi : décrire des personnes, des animaux ou des objets dans le passé. Exemple : « Elle était grande, elle avait les yeux foncés et portait un chapeau. » Trois verbes à l’imparfait — « être » donne « était », « avoir » donne « avait », « porter » donne « portait. » C’est une description d’une personne dans le passé.
Voilà les deux emplois principaux de l’imparfait.
Comment le former ? L’imparfait est pratique parce que tous les groupes ont la même terminaison. Pour les verbes du premier groupe, on prend le verbe — par exemple « chanter » — on enlève la terminaison ER et on ajoute : -AIS, -AIS, -AIT, -IONS, -IEZ, -AIENT. Ce qui donne : « je chantais, tu chantais, il chantait, nous chantions, vous chantiez, ils chantaient. »
Pour les verbes du deuxième groupe, même terminaison, mais on ajoute ISS avant. Par exemple « finir » : « je finissais, tu finissais, il finissait, nous finissions, vous finissiez, ils finissaient. »
Pour les verbes du troisième groupe, il faut souvent enlever la fin de l’infinitif et ajouter -AIS — mais certains verbes sont irréguliers. Deux exemples. « Pouvoir » : « je pouvais. » « Faire » : on part de la forme du présent « je fais » et on ajoute -AIS, ce qui donne « je faisais. » Vous verrez les autres cas au fur et à mesure.
Et maintenant, l’expression du jour : « Passer du coq à l’âne. »
« Passer » — ici, ça veut dire « changer », « basculer. » Comme quand vous changez de voie sur l’autoroute — vous passez d’une voie à une autre. Ou quand vous changez de bar avec des amis — vous passez d’un bar à l’autre.
« Du » — c’est un article défini contracté, la contraction de « de » et « le », parce que « coq » est masculin. On dirait « du coq » et « de la poule. »
« Le coq » — je vous l’ai déjà dit, c’est le mâle de la poule, l’emblème de la France. Il y a même une marque française qui s’appelle Le Coq Sportif — elle fait des vêtements et des chaussures avec un petit coq comme logo.
« L’âne » — c’est un animal qui ressemble à un cheval mais plus petit. Je ne sais pas si vous avez vu le film d’animation Shrek — le monstre vert et son ami l’âne. Il y a aussi le Chat Potté. Allez, je me fais plaisir, je vous fais les voix. Le Chat Potté, c’est « je suis une légende ! » Et l’âne, c’est la voix d’Eddie Murphy en version originale — en français, il parle un peu comme ça… Quelles mauvaises imitations.
Voilà, on a vu les six mots de l’expression — sans oublier le « l’ » apostrophe qui est un article défini.
Alors, que veut dire « passer du coq à l’âne » ? Ça veut dire changer de sujet dans une conversation, sans transition, sans lien. Vous êtes en train de parler d’une chose et tout d’un coup, vous parlez d’autre chose. Par exemple : là, je vous parle d’une expression française. Mais est-ce que vous avez entendu parler de la dernière voiture Renault ? Et puis, avec les droits de douane de Trump, c’est compliqué, et la Thaïlande… Vous voyez — c’est passer du coq à l’âne.
Généralement, dans une conversation, on fait des liens, des transitions entre les sujets. Quelqu’un qui passe du coq à l’âne ne fait aucun lien — il saute d’un sujet à l’autre sans prévenir. Si un ami fait ça, vous pouvez lui dire « oh là là, tu passes du coq à l’âne, c’est compliqué de te suivre ! »
D’où vient cette expression ? Elle vient du XIVe siècle, du Moyen Âge. À l’époque, on disait « saillir du coq à l’asne » — et « asne », qui s’écrivait A-S-N-E, désignait une cane, la femelle du canard. Donc, le coq essayait de s’accoupler avec la poule et ensuite avec la cane — ce qui ne marchait évidemment pas. On disait donc qu’il « saillait du coq à la cane. » Avec les siècles, l’expression a évolué pour devenir « passer du coq à l’âne », et a pris le sens de changer de sujet brusquement dans une conversation.
En anglais, on dit « to jump from pillar to post. »
Demain, on verra l’expression « Qui va lentement va sûrement. » Je vais vous laisser — ça fait déjà un peu plus de 20 minutes que je parle. J’espère que ça vous a plu. Merci beaucoup de parler de ce podcast autour de vous — si vous avez des amis ou des collègues qui veulent apprendre le français, parlez-leur de ce podcast. Il faut bien sûr apprendre la grammaire, la conjugaison, lire en français, mais il faut aussi écouter — et c’est à ça que ce podcast sert. À demain ! Merci beaucoup de m’avoir écouté. Bye bye, hasta luego, matane !
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