« Qui ne tente rien n’a rien » et la différence entre beaucoup, très et trop

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que tout le monde va bien — moi, ça va bien — et je vous souhaite la bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, dernier jour du week-end, on est le dimanche 8 juin 2025 et aujourd’hui, on va faire une expression qui s’appelle « Qui ne tente rien n’a rien. » Mais avant ça, vous connaissez la chanson : premièrement une petite introduction, deuxièmement une astuce de français et enfin l’expression du jour.


1) Introduction : les cantines en France

Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler des cantines en France. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais j’ai trouvé ça intéressant d’aborder ce sujet. C’est quoi une cantine ? La cantine, c’est l’endroit où vous allez manger quand vous êtes écolier — à l’école primaire, au collège, au lycée — et même parfois en entreprise, il y a une cantine. Quand c’est l’heure du midi, l’heure de déjeuner, vous allez à la cantine et vous pouvez choisir ce que vous voulez manger. Évidemment, il n’y a pas de service à table — quoique, pour les enfants à l’école primaire, on sert à table. Mais pour les collégiens et lycéens, en tout cas moi quand j’étais au collège, il y avait un self.

On prenait un plateau, une assiette, des couverts, un verre, on pouvait prendre une entrée, un plat et un dessert. Personnellement, je n’ai pas de très bons souvenirs de la cantine. Quand j’étais enfant, la cantine, c’était assez mauvais. Il y avait souvent du poisson pané mais pas grillé, des pâtes trop cuites, des endives au jambon — j’aime pas les endives — des brocolis. Franchement, pas un très bon souvenir. À l’école primaire, c’était pas bon. Au collège, c’était mangeable mais franchement pas top.

Et récemment, j’ai vu une vidéo YouTube, un documentaire sur les cantines en France aujourd’hui. Franchement, c’est incroyable. Si vous vivez en France et que vous avez des enfants qui mangent à la cantine, vous connaissez ça.

Aujourd’hui, les menus des enfants sont préparés par des professionnels — des diététiciens. Il y a exactement les apports nécessaires pour les enfants pour la journée — un bon mélange de protéines, de glucides et de lipides. Les menus sont préparés 15 jours à l’avance. Vous vous rendez compte — 15 jours à l’avance, les parents savent ce que les enfants vont manger. Et dans le documentaire, ça avait l’air vraiment très bon. Il y avait des cuisiniers qui préparaient sur place, qui épluchaient les légumes, les cuisinaient, faisaient des sauces.

Moi, quand j’étais enfant, l’école recevait des colis de nourriture déjà tout préparés d’une société extérieure. Les dames de la cantine n’avaient qu’à les mettre au four — et voilà. Eh bien, maintenant, ce n’est plus le cas. Souvent, les produits sont même biologiques. C’est diététique, c’est biologique, et il y a aussi des options halal pour les musulmans, des options casher pour les Juifs, des options végétariennes. Franchement, les cantines en France se sont beaucoup améliorées et pour la santé des enfants, c’est vraiment top.

Ça, c’était ma petite introduction sur les cantines. Je pourrais développer davantage, mais je n’ai pas envie de faire un podcast trop long — on va donc passer à l’astuce de français du jour.


2) Astuce du jour : beaucoup, très ou trop

On va faire la différence aujourd’hui entre « beaucoup », « très » et « trop. » À quel moment faut-il utiliser l’un ou l’autre ?

Je vais vous donner le même exemple avec les trois mots. « Il y a beaucoup de personnes ici. » « Il y a trop de personnes ici. » Et « il y a très de personnes ici » — ça, ce n’est pas français, ça ne se dit pas.

« Il y a beaucoup de personnes ici » veut dire qu’il y a un grand nombre de personnes, une grande quantité. Par exemple, vous êtes à un concert, il y a du monde autour de vous, mais ça va, vous avez encore un peu de place. « Il y a trop de personnes ici » veut dire que vous trouvez qu’il y a énormément de monde — même trop — et que vous seriez mieux avec moins de monde. Vous êtes serré, vous avez du mal à bouger.

« Beaucoup » peut s’employer avec un nom, un adjectif, un adverbe ou juste après un verbe. Ça veut dire un grand nombre de, une grande quantité de. Exemples : « C’est beaucoup plus grand que chez moi » — il y a une comparaison, c’est plus grand de façon très marquée. « Ça fait beaucoup de sucre » — si votre ami vous met trois sucres dans votre thé alors que vous n’en prenez qu’un. « J’aime beaucoup la glace à la vanille » — ici, « beaucoup » est juste après le verbe « aime » — vous adorez la glace à la vanille. « Il aime beaucoup faire ses devoirs » — c’est rare, mais admettons.

Par contre, on n’utilise pas « beaucoup » juste avant un adjectif. « C’est beaucoup grand » — ça ne se dit pas. On dira « c’est très grand. »

« Très » s’emploie avec un adjectif ou un adverbe. C’est pour décrire quelque chose de plus accentué, plus prononcé. « Cette maison est très belle » — « belle » est un adjectif, donc on utilise « très. » Ce n’est pas qu’elle est belle, elle est vraiment magnifique. On ne dit pas « cette maison est beaucoup belle » — ce n’est pas français.

« Trop » a souvent une connotation négative — il y en a en trop grande quantité, plus que ce qu’on voudrait. « Le bain est très chaud » — ça vous convient, vous pouvez entrer dedans. « Le bain est trop chaud » — la température est trop élevée, vous ne pouvez pas entrer. Si vous allez au Japon dans un ryokan et que vous testez les onsen — des bains naturels chauffés par la géothermie — l’eau peut être trop chaude pour vous, même si les Japonais y entrent sans problème. Vous pourrez dire « l’eau est trop chaude. »

Cependant, dans le langage parlé, on utilise parfois « trop » pour dire « très. » « C’est trop bien », « c’est trop top », « c’est trop cool » — ça veut dire que c’est super, parfait. Mais attention : ça, c’est uniquement du langage parlé, pas écrit. À l’écrit, « trop » garde sa connotation négative. Et « trop des barres » — ou « se taper des barres » — ça veut dire « rigoler aux éclats. » Ça, c’est une autre expression qu’on verra plus tard.


3) Expression du jour : « Qui ne tente rien n’a rien »

Et maintenant, on passe à l’expression du jour : « Qui ne tente rien n’a rien. »

« Qui » — c’est un pronom relatif. Je vous l’ai dit plusieurs fois — ça peut être vous, moi, n’importe qui. C’est une expression générale.

Ensuite, vous avez la marque de la négation. Ici, c’est « ne… rien » — un peu différent de « ne… pas. » La marque de base de la négation en français, c’est « ne… pas », qu’on place de chaque côté du verbe. « Je mange des fruits » — je mange des fruits. « Je ne mange pas de fruits » — je ne mange pas de fruits, mais je mange autre chose. « Je ne mange rien » — là, je ne mange rien du tout, absolument rien.

Dans l’expression, le verbe n’est pas « manger » mais « tenter. » Tenter, ça veut dire essayer de faire quelque chose.

« Qui ne tente rien n’a rien » — il y a une double négation. La première partie : « qui ne tente rien » — quelqu’un qui n’essaie rien, qui ne fait rien. La deuxième partie : « n’a rien » — eh bien, il n’obtient rien, il n’aura rien. C’est la condition : si vous ne tentez pas, si vous n’essayez pas, vous n’obtiendrez rien. Il faut essayer afin d’obtenir quelque chose. Il faut prendre des risques dans la vie.

Sur mon téléphone, j’ai un proverbe que j’adore en écran d’accueil : « C’est de l’échec que naît la réussite. » C’est en échouant, en ratant, avec des erreurs, qu’on finit par réussir. « Qui ne tente rien n’a rien » dit un peu la même chose.

Exemple concret : vous jouez au tennis, au badminton ou au ping-pong. À un moment crucial du match, vous tentez un coup risqué. Il ne passe pas, vous ratez. Votre entraîneur vous dit alors : « C’était bien — qui ne tente rien n’a rien. Tu as bien fait d’essayer, parce que si tu n’avais pas tenté, tu n’aurais rien eu du tout. »

Ce proverbe vient de Belgique — il est dérivé d’un proverbe belge du XVIe siècle. En anglais, on dit « no pain, no gain. » C’est un peu différent dans le sens, mais l’idée est proche : sans effort, sans risque, on n’obtient rien.

Petite réclame pour mon Patreon : si vous voulez soutenir le podcast, vous pouvez vous inscrire. Vous y trouverez en ce moment les contes de la mythologie japonaise. En mars et avril, je vous ai proposé Le Petit Prince en intégralité — tout le livre est à écouter. Vous aurez aussi la transcription de tous les épisodes en français — tout ce que je dis est écrit, et vous pouvez télécharger le fichier pour travailler votre lecture. Mon mail : francaisfacileadrien@gmail.com. Et ce que vous pouvez faire de mieux pour m’aider — et c’est gratuit — c’est parler du podcast à vos amis, sur les forums, sur internet.

J’ai fait moins de 20 minutes aujourd’hui — c’est un miracle ! Je vous laisse donc là. Bonne journée à tous, merci beaucoup ! Bye bye, à bientôt, hasta luego, matane !


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