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1) Introduction
Bonjour tout le monde, j’espère que vous allez bien. Alors, on se retrouve aujourd’hui d’abord parce qu’apparemment, il y a eu un problème dans la diffusion de mon podcast d’hier qui était une analyse de chanson du Roi Lion, « Hakuna Matata. » Il y a eu un problème parce que le podcast a été diffusé sur certaines applications mais pas sur Apple Podcasts. En fait, Apple Podcasts redirige ensuite vers toutes les autres applications de podcast. Pour ceux qui n’ont pas écouté le podcast d’hier, vous pouvez le retrouver sur des applications comme Castbox et d’autres, et aussi sur YouTube, sur mon compte YouTube. En tout cas, j’ai fait une demande à Apple Podcasts pour savoir quel est le problème et je le posterai dès que ce sera possible. Mais aujourd’hui, on se retrouve comme tous les jours — et ce depuis plus de quatre mois — afin que vous, qui voulez apprendre le français, puissiez faire votre oreille, puissiez écouter quelqu’un dont la langue maternelle est le français — c’est moi, votre serviteur ici présent, comme on dit.
Et donc aujourd’hui, on est jeudi, c’est la fin du mois de mai, on est le jeudi 29 mai et on se retrouve aujourd’hui pour voir une expression ensemble qui n’est pas très, très simple à comprendre. Cette expression, c’est « Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage. » Mais avant de faire cette expression, je vais vous parler d’une pièce de théâtre de Molière.
Molière, c’est un dramaturge — on dit « dramaturge » pour les personnes qui écrivent des pièces de théâtre. Les personnes qui écrivent des romans, ce sont des écrivains, des romanciers, et les personnes qui écrivent des pièces de théâtre sont aussi des écrivains, mais plus précisément des dramaturges. Molière est donc l’un des dramaturges français les plus connus. Il a écrit énormément de pièces de théâtre et la pièce dont je vais vous parler aujourd’hui s’appelle Les Femmes savantes. Pourquoi je vous parle de cette pièce de théâtre ? Parce que dans cette pièce, on retrouve l’expression du jour : « Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage. »
En fait, cette expression est plus ancienne — elle date du XIIIe siècle — mais Molière l’a reprise dans Les Femmes savantes. Donc, je vais vous résumer la pièce en deux mots. Vous avez un personnage du nom de Trissotin qui se fait passer pour un savant. Il se fait passer pour quelqu’un d’érudit, pour quelqu’un de très intelligent qui connaît beaucoup de choses dans beaucoup de domaines. Alors que c’est faux — ce n’est pas un savant, c’est un usurpateur, quelqu’un qui va se faire passer pour ce qu’il n’est pas. C’est donc un menteur. Il va mentir sur ce qu’il est. Il se fait passer pour quelqu’un qui connaît les sciences, qui connaît la philosophie, qui connaît l’astronomie, mais en fait, il ne connaît pas tous ces domaines.
Il y a des personnes qui sont très douées pour faire croire aux autres qu’elles sont ce qu’elles ne sont pas. Elles vont être douées pour faire penser à d’autres personnes qu’elles sont intelligentes, qu’elles sont cultivées. Et donc ce Trissotin va faire croire à trois femmes — une mère, sa fille aînée et la belle-sœur de la mère — qu’il est très intelligent. Il va faire en sorte de se rendre indispensable pour ces trois femmes. Ces trois femmes ne vont avoir d’yeux que pour lui.
Dans la pièce, il y a plusieurs intrigues amoureuses et ce Trissotin — ce fameux faux savant, ce faux érudit — va obtenir le soutien de la mère de famille pour épouser sa fille qui s’appelle Henriette. La mère s’appelle Philaminte. Oui, dans les pièces de Molière, il y a toujours des noms à dormir debout. Ce sont toujours des prénoms qu’on ne connaît pas — Tartuffe, Harpagon, Trissotin.
Donc ce Trissotin va être soutenu par la mère de famille afin de pouvoir épouser la fille. Mais cette fille, Henriette, est amoureuse d’un autre homme, et cet homme-là était peut-être lui-même amoureux de la sœur d’Henriette. Donc, vous voyez, il y a tout un tas d’intrigues, tout un tas de sentiments amoureux qui font qu’on ne s’y retrouve pas vraiment.
Et en fait, à la fin, il y a un homme de la famille qui va parvenir à prouver que Trissotin est un usurpateur, que c’est un menteur, qu’il a abusé de ces trois femmes. Il va donc arriver à prouver que ce Trissotin est un menteur et qu’en fait, ce dernier en voulait à l’argent de la famille. Il voulait épouser Henriette afin d’avoir de l’argent, afin de s’intégrer dans une famille aisée pour ne plus manquer de rien. Donc, cette pièce de Molière s’appelle Les Femmes savantes.
Si vous apprenez le français, je ne vous conseille pas de lire les pièces de Molière, sauf si vous avez un niveau avancé. Si vous comprenez 90 % de ce que je dis, alors vous pouvez, si vous le voulez, lire des pièces de Molière ou les regarder à la télé, ou encore mieux, si vous êtes en France, aller au théâtre — car dans tous les théâtres de France, plusieurs pièces de Molière sont jouées chaque année.
2) Astuce du jour : le passé proche
Et maintenant, maintenant qu’on a vu cette petite introduction sur Les Femmes savantes — la pièce dont est tirée l’expression du jour — on va reprendre notre série d’astuces sur les temps en français. Hier, on a parlé de la chanson du Roi Lion, donc rien à voir avec les temps. J’espère d’ailleurs que ça vous a plu — laissez-moi un petit commentaire si vous avez aimé et si vous voulez que je reparle de chansons Disney en français. Avant-hier, on a vu un temps assez compliqué : le passé simple.
Aujourd’hui, on va voir un temps plutôt facile. Ça s’appelle le passé proche ou le passé récent. Quand vous voulez expliquer une action que vous avez faite tout récemment — qui vient juste de se terminer, juste avant le moment où on parle — vous allez utiliser le verbe « venir » conjugué au présent, suivi du mot « de » et de l’infinitif du verbe qui indique l’action.
Je vous donne des exemples, vous allez comprendre.
« Je viens de manger. » Ici, j’ai utilisé le verbe « venir » et l’infinitif « manger. » Quand je dis « je viens de manger », ça veut dire que l’action de manger vient juste de se terminer. J’ai fini de manger à l’instant. C’est une action dans le passé, mais dans un passé très proche.
« Elle vient de partir. » Le verbe « venir » est conjugué à la troisième personne du singulier — « vient » — et « partir » est l’infinitif. Ça veut dire que la personne, la femme dont on parle, est partie à l’instant, tout récemment.
Je ne vous l’ai pas dit tout à l’heure, mais il faut mettre le mot « de » entre « venir » et l’infinitif.
« Vous venez de faire du football. » Eh bien ici, vous avez fini de jouer au foot — l’action est terminée à l’instant. La structure, c’est donc : verbe « venir » conjugué au présent + « de » + infinitif.
Il est important de connaître ce temps parce qu’il est très utilisé en français, et il est surtout important de bien connaître la conjugaison du verbe « venir » puisqu’on va l’utiliser à chaque fois. Le verbe « venir » au présent : « je viens, tu viens, il vient, nous venons, vous venez, ils viennent. »
Vous pouvez aussi utiliser le verbe « venir » à l’imparfait. Ça veut dire que le moment dont on parle se situe dans le passé, et qu’il y a une action qui se passe juste après.
« Je venais de manger quand quelqu’un a sonné à la porte. » Ici, le verbe « venir » est conjugué à l’imparfait — « je venais de » — suivi de l’infinitif « manger. » Si vous dites juste « je venais de manger », ça ne suffit pas — il faut qu’il y ait une deuxième action derrière, quelque chose qui se soit passé ensuite.
« Elle venait de partir lorsqu’il arriva. » Une femme venait de partir à l’instant, et juste après, un homme est arrivé.
« Vous veniez de faire du football au moment où la pluie tomba. » Le foot était terminé, et juste à ce moment-là, la pluie a commencé.
Si vous écoutez mes podcasts sur une application de podcast comme Castbox, Apple Podcasts ou Spotify, vous avez une séparation du podcast en trois parties. La première, c’est l’introduction — aujourd’hui, Les Femmes savantes. La deuxième, c’est l’astuce de français — aujourd’hui, le passé proche. La troisième, c’est l’expression du jour. Je vous dis ça parce que si vous n’avez pas bien compris une partie, vous pouvez revenir directement au début de cette partie sans être obligé de reprendre tout le podcast depuis le début.
3) Expression du jour : « Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage »
Et maintenant, on va continuer le podcast avec l’étude de l’expression du jour : « Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage. »
« Qui » — c’est la même chose qu’avant-hier. C’est un pronom relatif et il veut dire tout le monde — vous, moi, n’importe qui.
« Veut » — c’est le verbe « vouloir » conjugué au présent. Je vous le conjugue rapidement : « je veux, tu veux, il veut, nous voulons, vous voulez, ils veulent. »
« Tuer » — c’est l’infinitif. Je pense que vous connaissez ce mot. C’est enlever la vie à quelqu’un ou à un animal. Les chasseurs, quand ils vont chasser, ont un fusil et ils tuent le gibier — un chevreuil ou un sanglier.
« Son chien » — « son » est un déterminant possessif. C’est le chien qui appartient à la personne. « Mon chien », c’est le mien. « Ton chien », c’est le tien. « Son chien », c’est le chien appartenant à cette personne.
« L’accuse » — il y a deux éléments : le « l’ » qui renvoie au chien, et « accuse » du verbe « accuser. » En fait, si on voulait enlever le « l’ », il faudrait dire « qui veut tuer son chien accuse son chien de la rage. » Mais en français, nous n’aimons pas les répétitions de mots, donc on remplace le deuxième « son chien » par « l’. »
« La rage » — c’est une maladie découverte par Pasteur — Louis Pasteur, un chercheur français, bien qu’il travaillait avec d’autres. C’est une maladie qui affecte les animaux et qui peut aussi affecter les humains. Aujourd’hui, en France, elle a quasiment disparu.
Alors, ça veut dire quoi ? « Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage. » Ça veut dire que quand on veut arriver à quelque chose, on trouve toujours un prétexte. On trouve un moyen, une excuse, pour faire ce qu’on veut faire.
Je vais vous donner un exemple. Quelqu’un n’aime pas son chien — moi j’adore mes chiens, mais peut-être qu’il y a des personnes qui n’aiment pas leur chien. En tout cas, si vous êtes dans ce cas, contactez-moi et je récupère votre chien. Bon, disons que quelqu’un n’aime pas son chien et veut le tuer, mais ne veut pas passer pour quelqu’un de cruel. Donc, au lieu de le tuer directement, il va dire à tout le monde que son chien a la rage. Au final, le vétérinaire va euthanasier le chien. Mais le chien n’avait pas la rage — le maître a menti. Il a dit qu’il était malade et est parvenu à ses fins. C’est ça : « qui veut tuer son chien l’accuse de la rage. »
Je vais vous donner un autre exemple. Dans une rupture amoureuse. Un homme trompe sa femme. Cet homme, au lieu de dire qu’il la trompe et de dire la vérité — parce qu’il veut se séparer — va utiliser une excuse. Il va dire qu’il ne la supporte plus, ou qu’elle est trop bien pour lui — magnifique comme excuse — et donc qu’il veut la séparation. En fait, ce qu’il veut, c’est partir avec sa maîtresse. Il veut se séparer, mais il a honte d’affronter la réalité. Il utilise donc un moyen détourné pour parvenir à la séparation. Eh bien là, vous pourrez dire : « qui veut tuer son chien l’accuse de la rage. » D’ailleurs, on peut aussi dire « qui veut noyer son chien l’accuse de la rage » — les deux versions existent.
En anglais, ça se dit « to give a dog a bad name and hang him. » Donner au chien un mauvais nom et le pendre — c’est la même idée que « qui veut tuer son chien l’accuse de la rage. »
J’espère que vous avez pu comprendre à peu près l’expression du jour. Si vous n’avez pas compris, envoyez-moi un petit message et j’essaierai de vous la réexpliquer. Vous pouvez me joindre sur mon mail francfrancaisfacileadrien@gmail.com. N’hésitez pas à m’envoyer un petit message si vous avez une chanson française ou une chanson Disney que vous aimeriez que j’analyse avec les paroles en français. Vous pouvez me contacter aussi sur YouTube et Patreon — ce sera avec plaisir.
Demain, on va voir l’expression « Entre chien et loup. » Eh oui, encore une histoire de chien ! Allez, je vous laisse là. Merci beaucoup de m’avoir écouté. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !
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