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Bonjour à toutes, bonjour à tous, je vous souhaite la bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, on est le mercredi 4 juin 2025 et on va parler d’une expression : « Qui veut voyager loin ménage sa monture » — ou on peut dire aussi « Qui veut aller loin ménage sa monture. » Cette expression est tirée d’une pièce de Racine. Racine, avec un R majuscule, c’est un auteur français et également un dramaturge. « Dramaturge », c’est le mot qu’on utilise pour les écrivains qui écrivent des pièces de théâtre. Racine a écrit beaucoup de pièces de théâtre — en général plutôt sombres et dramatiques — mais il a écrit une comédie qui s’appelle Les Plaideurs.
1) Introduction : Les Plaideurs de Racine
C’est dans cette comédie que vous allez trouver l’expression « Qui veut voyager loin ménage sa monture. » Je vais vous résumer la pièce. Elle est divisée en trois actes.
Dans l’acte 1, il y a un juge chargé de rendre la justice dans les procès, qui s’appelle Dandin. Ce Dandin est devenu quasiment fou — il veut sans arrêt juger, faire des procès. Son fils et son secrétaire vont donc réussir à l’empêcher de sortir de chez lui, pour éviter qu’il lui arrive des problèmes. À ce moment-là, un bourgeois — un homme aisé — et une comtesse arrivent chez le juge pour des raisons différentes. En discutant, une dispute éclate entre les deux. Le fils du juge, lui, cherche à se marier avec Isabelle — la fille du bourgeois.
Dans l’acte 2, le fils du juge et son secrétaire se déguisent en huissiers. Les huissiers, ce sont les personnes qui viennent chez vous pour récupérer de l’argent quand vous avez des dettes. Ce n’est donc jamais une bonne nouvelle de recevoir un courrier d’un huissier. Nos deux personnages déguisés présentent des papiers à Isabelle. Le bourgeois arrive et signe les papiers à la place de sa fille, sans même regarder ce qu’il signe — il veut juste que les « huissiers » s’éloignent de sa fille. Le juge Dandin, lui, est toujours chez lui et veut toujours juger. Pour l’occuper, son fils lui propose de juger un chien qui a volé un poulet dans la rue. C’est bizarre — mais le juge est devenu un peu fou, et c’est une comédie, donc il y a des situations absurdes.
Dans l’acte 3, il y a un faux procès autour du chien qui a volé le poulet. Le secrétaire et une autre personne se déguisent en avocats et disent n’importe quoi. Pendant ce jugement, le fils du juge présente au bourgeois les papiers qu’il lui avait fait signer quand il était déguisé en huissier — en réalité, c’était un contrat de mariage pour épouser Isabelle. Le père avait donc signé l’autorisation sans le savoir. Le jugement est rendu, le contrat est accepté, et Léandre — le fils du juge — peut épouser Isabelle.
Je ne sais pas si vous avez tout compris — j’ai fait de mon mieux pour résumer en cinq minutes une pièce en trois actes, tout en alexandrins. Évidemment, ça n’est pas très drôle raconté comme ça, mais c’est une pièce comique. Maintenant, passons à l’astuce du jour.
2) Astuce du jour : les différents modes en français
Hier, avec le futur antérieur, on a terminé tous les temps de l’indicatif. Il faut savoir qu’en français, il existe différents modes — et chaque mode contient différents temps. Aujourd’hui, je vais vous faire un petit balayage de tous les modes qui existent en français. Il y en a sept.
Mode indicatif — on vient de le terminer. Il comprend : le présent, le passé composé, l’imparfait, le passé simple, le plus-que-parfait, le passé antérieur, le futur proche, le futur simple et le futur antérieur.
Mode infinitif — vous le connaissez déjà. L’infinitif, c’est la base du verbe : manger, prendre, faire, être.
Mode participe — deux temps : le participe passé et le participe présent. On en a déjà parlé dans les podcasts 112, 113 (participe passé) et 114, 116, 117, 119 (participe présent).
Mode impératif — on en a aussi déjà parlé dans le podcast 31, « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. »
Donc, mine de rien, on a déjà vu quatre modes : l’indicatif, l’infinitif, le participe et l’impératif. Il en reste trois.
Demain, on s’occupera du mode gérondif — très utile en français, à bien retenir. Ensuite, on étudiera le conditionnel et le subjonctif. Et avec ça, on aura couvert les sept modes du français.
3) Expression du jour : « Qui veut voyager loin ménage sa monture »
« Qui » — c’est un pronom relatif qui fait référence à quelqu’un. Ça peut être vous, moi ou n’importe qui. Dans les expressions françaises, on le rencontre souvent parce que ces phrases sont générales, adressées à tout le monde.
« Veut » — c’est le verbe « vouloir » conjugué au présent de l’indicatif. Avoir la volonté de faire quelque chose. « Je veux manger » — quand vous avez faim, vous avez la volonté, l’envie de manger.
« Voyager » — partir découvrir un pays, le monde. Faire un voyage, c’est partir ailleurs — en vacances, ou pour le travail. On dit d’ailleurs « un voyage d’affaires » pour un déplacement professionnel.
« Loin » — c’est le contraire de « près. » Quelqu’un qui veut voyager loin veut faire beaucoup de distance.
« Ménage » — ici, ce n’est pas le ménage chez soi, pas passer l’aspirateur ou nettoyer les carreaux. C’est le verbe « ménager », conjugué au présent. Ménager quelque chose, c’est faire attention à cette chose, prendre soin d’elle. « Je ménage ma voiture car elle est ancienne » — je ne la pousse pas trop, je ne roule pas trop vite avec elle. « Il ménage son petit frère qui est fragile » — il fait attention à lui, il le traite avec douceur.
« Sa monture » — la monture, c’est ce sur quoi on monte ou dans quoi on monte pour se déplacer. Sur l’image du podcast, j’ai mis un cheval. Si vous voulez aller loin à cheval, vous devez prendre soin de votre cheval — lui donner à boire, à manger, lui laisser du repos. Sinon, vous n’irez pas loin. C’est pareil pour le vélo ou la voiture — si vous voulez faire un long voyage, vous devez faire l’entretien, mettre de l’essence, vérifier le niveau d’huile. Il faut ménager votre moyen de transport.
Mais le vrai sens de l’expression est figuré. Ce qu’on veut dire, c’est que si vous voulez atteindre vos objectifs, accomplir de grandes choses, vous devez ménager vos forces — faire attention à vous, prendre soin de vous. Bien dormir, bien manger, être avec des gens que vous aimez. Dans cette expression, la « monture », c’est vous-même. Pour aller loin, pour accomplir de grandes choses, il faut être indulgent avec soi-même. Il faut préserver ses forces. C’est ça le sens de « qui veut voyager loin ménage sa monture. »
Je vous donne un exemple concret. Vous avez des examens dans six mois. Vous n’allez pas travailler huit heures par jour sans arrêt. Vous allez travailler un peu, déjeuner, vous reposer, dormir, puis reprendre le lendemain. Vous n’allez pas tout faire d’une traite. Qui veut voyager loin ménage sa monture — qui veut réussir son examen, apprend petit à petit.
L’origine : je vous en ai parlé en introduction. C’est dans Les Plaideurs de Racine. Si vous voulez lire Racine, je vous conseille plutôt Phèdre ou Andromaque — deux pièces très connues. Mais si vous apprenez le français, ce n’est pas ce que je vous conseille de lire en premier — c’est difficile et risque de vous décourager plus qu’autre chose.
En anglais, on dit « fair and softly goes far in a day » — en gros, si vous allez doucement, vous irez loin. C’est l’idée générale.
Vous pouvez me retrouver sur mon site Patreon où se trouvent les transcriptions de tous les podcasts. Si vous voulez lire du français en même temps que vous écoutez, abonnez-vous — ça me fera très plaisir. Demain, on s’occupe de l’expression « Allier l’utile à l’agréable » et on commence le mode gérondif. Merci beaucoup de m’avoir écouté. Prenez soin de vous. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !
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