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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. On se retrouve aujourd’hui pour une nouvelle analyse de chanson — une chanson Disney. J’ai vu que la dernière fois que je vous ai fait une analyse de chanson Disney, ça avait beaucoup marché — c’était Le Roi Lion avec Hakuna Matata. Aujourd’hui, on va changer de Disney mais on va rester dans les années 90. Je pense que c’est avec Le Roi Lion mon Disney préféré. Je l’ai vu des dizaines de fois et cette chanson particulièrement, je l’adore. Je vais tout de suite vous la passer, vous allez pouvoir l’écouter — évidemment, vous la connaissez peut-être aussi dans votre langue. Et donc après, je vais vous expliquer chaque phrase en français pour que vous compreniez de quoi il s’agit. À la fin, comme d’habitude, je vous repasserai la chanson pour ceux qui veulent se faire plaisir et l’écouter une nouvelle fois. On laisse donc place à ce qui est pour moi une des meilleures chansons de Disney. C’est parti !
(Chanson)
J’adore, j’adore, j’adore ! Cette chanson, je l’aime toujours autant. Alors, évidemment, ça fait partie d’Aladdin — c’est une chanson où il y a une voix principale qui est la voix du génie, donc qui chante, et il y a les voix des chœurs. Dans le dessin animé, ce sont les voix des servantes, des serviteurs, de toutes les personnes qui accompagnent Aladdin — alias le prince Ali. On va donc commencer l’étude de cette chanson par le début.
Au début, vous avez les chœurs qui chantent « Faites place au prince Ali ! » « Quelle grâce, le prince Ali ! » Ah, je pourrais la chanter par cœur, sérieusement ! Non, je vais vous mettre quand même la vraie version.
Donc je vous répète les paroles que les chœurs chantent. « Faites place au prince Ali » — faire place, ça veut dire laisser de l’espace, laissez avancer, laissez passer le prince Ali. Et ensuite : « Quelle grâce, le prince Ali ! » Avoir de la grâce, c’est être dans de beaux vêtements, être quelqu’un de distingué, bien apprêté, propre, se tenir bien. La grâce, c’est un ensemble de choses qui font que vous êtes quelqu’un de gracieux, de distingué, de respectueux.
On continue avec le génie qui va commencer à chanter en se déguisant en petit vieux, en petit enfant, etc. Ce qu’il faut savoir dans cette chanson, c’est qu’il n’y a pas vraiment de refrain ou de couplet distincts comme dans beaucoup d’autres chansons — toutes les paroles vont s’enchaîner. Je vais donc toutes vous les expliquer une par une.
Le génie dit : « Bande de veinards, dégagez le bazar ! » Quelqu’un qui a de la veine, c’est quelqu’un qui a de la chance. Il dit donc au peuple d’Agrabah qu’ils ont de la chance de voir le prince Ali — « bande de veinards, bande de chanceux. » Et « dégagez le bazar » — normalement un bazar, c’est quelque chose de mal rangé. « Ta chambre est en bazar » veut dire que ta chambre est mal rangée. Mais le bazar, c’est aussi — dans les pays à l’est de l’Europe, en Afrique du Nord et ailleurs — un lieu de commerce, comme un marché public avec des magasins et des gens qui discutent. Là, le génie dit au peuple de faire place, de pousser leurs étals pour que le prince Ali et toute sa troupe puissent passer.
Ensuite, le génie dit : « Vous allez voir ce que vous allez voir ! » C’est une expression que j’ai notée et qu’on fera un autre jour. D’habitude, on dit « tu vas voir ce que tu vas voir » — ça veut dire qu’on va montrer quelque chose d’incroyable, de grandiose. Ici, le génie utilise le « vous » pluriel parce qu’il s’adresse à la foule.
Et enfin : « Venez applaudir, acclamer la superstar ! » Une star, c’est quelqu’un de connu. Une superstar, c’est quelqu’un de très très très connu. Il leur dit que le prince Ali est mondialement renommé et leur demande de venir l’applaudir — applaudir, c’est taper des mains — et de l’acclamer — acclamer, c’est crier, lever les bras, comme dans un concert.
Il continue : « Fêtez ce grand jour, clochette et tambour ! » Il leur dit de fêter ce jour, de faire la fête, de sortir les clochettes et les tambours. Un tambour, c’est un instrument de musique sur lequel on tape. Une clochette, c’est ce petit son cristallin. Quelle production, j’ai vraiment mis le paquet.
« Venez adorer l’idole ! » — une idole, c’est comme une superstar, quelqu’un qu’on va idolâtrer — d’ailleurs, c’est la même racine. Pour certains fans, un chanteur peut être une idole. Le génie dit : venez aimer, vénérer notre superstar.
Ensuite, c’est le moment où le génie se déguise en présentateur de la troupe du prince Ali. Il donne le nom complet d’Aladdin — son faux nom. Il dit « Prince Ali, sa Seigneurie » — « sa Seigneurie » vient de « Seigneur. » Le seigneur, c’est le maître d’un château, le maître d’un domaine — on parle de ça surtout au Moyen Âge ou dans des séries comme Game of Thrones. Par exemple, pour ceux qui connaissent, dans le Nord ce sont les Stark qui dominent — Eddard Stark, celui qui se fait tuer à la fin de la première saison, est le Seigneur du Nord. Donc il donne le nom complet d’Aladdin : Ali Ababwa.
Puis il tire sur le tapis pour que les gardes se mettent à genoux. Se mettre à genoux devant quelqu’un, c’est lui montrer sa fidélité, son admiration — c’est une pratique du Moyen Âge. Aujourd’hui, on ne se met plus à genoux devant quelqu’un, sauf pour une demande en mariage. Le génie leur dit donc de se prosterner et « soyez ravis » — « soyez » c’est le verbe « être » à la deuxième personne du pluriel de l’impératif, et « ravi » veut dire heureux, content.
Il continue : « Pas de panique, on se calme ! » — ne paniquez pas, n’ayez pas peur, profitez du spectacle. « Criez vive Ali, salam ! » — « salam » est un mot arabe qui veut dire la paix, l’opposé de la guerre. « Venez voir le plus beau spectacle d’Arabie ! » — le meilleur show, la meilleure représentation que vous ayez jamais vue. On comprend qu’Agrabah se situe quelque part en Arabie — pas un vrai pays, évidemment. Les auteurs ont utilisé « Arabie » de façon générale pour ne pas relier Aladdin à un pays spécifique.
Désolé, ça va durer assez longtemps parce que je m’aperçois qu’on est encore au début de la chanson. Mais courage — la chanson est trop bien, profitez-en !
Le génie dit : « Prince Ali, plus fort que lui, je n’en connais pas ! » — c’est un comparatif avec « plus… que » qu’on a vu il y a quelques jours. Il dit : il n’existe pas de personne plus forte que le prince Ali. Je crois que dans le dessin animé, c’est à ce moment-là que des personnes tombent sur Aladdin et le génie fait en sorte qu’Aladdin les porte avec ses bras.
Et la phrase suivante : « Qui vous porte d’Abou Dhabi à bout de bras ! » — là, c’est un jeu de mots. Abou Dhabi, c’est la capitale des Émirats Arabes Unis si je ne me trompe pas. Et « à bout de bras », ça veut dire porter quelqu’un ou quelque chose avec la seule force de ses bras. Donc le jeu de mots, c’est que « Abou Dhabi » et « à bout de bras » ont des sonorités très proches — ça crée un rythme musical, c’est une rime interne dans la chanson.
Après, il dit : « Il a vaincu une armée, tout seul avec son épée ! » — « vaincu » est le participe passé de « vaincre », donc « il a vaincu », c’est le passé composé. Il a battu une armée tout seul. Le génie raconte des exploits — des faits d’armes — du prince Ali. Évidemment, tout ça est inventé puisque ce n’est pas un vrai prince, c’est Aladdin. Et : « La terreur des ennemis, c’est prince Ali ! » — ses ennemis ont peur de lui rien qu’en entendant son nom.
Après, il y a les chœurs qui reprennent — toute la troupe du prince chante — et en parallèle, le génie se transforme en commentateur sportif.
Il parle des 103 chameaux. Le chameau, c’est un animal qu’on voit en Afrique et en Asie — il a deux bosses, contrairement au dromadaire qui n’en a qu’une. On peut monter dessus pour se déplacer. Et le génie dit : « Ne sont-ils pas mignons, Simon ? » — c’est une référence à une expression française « en voiture, Simone ! » et surtout à des commentateurs sportifs français. Il y avait deux célèbres commentateurs dans les années 1990 : Thierry Roland et Jean-Michel Larqué — Jean-Michel disait toujours « tout à fait, Thierry ! » Donc le génie se transforme en commentateur et fait dire à son acolyte « Tout à fait, Thierry, j’adore leurs plumes ! » — ici à propos des paons d’Ispahan. Ispahan, c’est une ville d’Iran. Les paons sont des oiseaux avec des plumes bleutées et une magnifique collerette à l’arrière.
Ensuite, il y a des gorilles — dans le dessin animé, ce sont en fait des ballons gonflables en forme de gorilles. Et il termine par « ce zoo est un souk, corne de bouc » — là, c’est pour la rime en « ou ». Un souk, c’est un marché. Et il se transforme en bouc — un bouc, c’est un animal — en disant « corne de bouc. » Il conclut : c’est une superménagerie. Une ménagerie, c’est un ensemble d’animaux sauvages en collection — les cirques autrefois avaient des ménageries avec des éléphants, des ours, des lions.
Il continue : « Prince Ali, oui c’est bien lui, Ali Ababwa ! » — il redit le faux nom d’Aladdin. « Quel physique, c’est magnifique, il est charmant ! » — dans le dessin animé, c’est le moment où Aladdin essaie de montrer ses muscles et le génie le transforme en bodybuilder aux muscles énormes. « Quel physique » — il a un très beau physique. « Il est charmant » — un homme charmant, c’est un homme attirant, séduisant.
Ensuite, deux jeux de mots : « Il y a du monde au balcon, moi j’ai du voile au menton. »
« Il y a du monde au balcon » — quand on est enfant, on voit simplement les personnages sur le balcon du palais. Mais l’expression « il y a du monde au balcon » signifie aussi qu’une femme a une forte poitrine. Donc ici, dans Aladdin, il y a effectivement des personnages sur le balcon, mais il y a aussi trois femmes transformées par le génie — et le sous-entendu est là.
« J’ai du voile au menton » — normalement on dit « avoir du poil au menton », c’est-à-dire avoir de la barbe. Mais le génie, qui s’est transformé en femme, a un petit voile devant le visage. Comme c’est un homme déguisé en femme, on pourrait dire qu’il a « du poil au menton » — mais il dit « du voile au menton. » Là aussi, c’est un double sens pour les enfants et pour les adultes.
Et la dernière ligne : « Et tout le monde s’évanouit pour prince Ali ! » — le prince Ali est tellement beau, tellement charmant, tellement musclé que les femmes s’évanouissent à son passage. « S’évanouir », c’est tomber dans les pommes — une expression qu’on a déjà étudiée ensemble.
Je vais vous passer maintenant une petite partie avec les chœurs que je vous laisse écouter — pour vous en tout cas, ce n’est pas utile de tout analyser, c’est trop compliqué.
Ensuite, le génie dit : « Prince Ali, oui c’est bien lui, Ali Ababwa. Il est ici pour votre fille si jolie ! » Le prince est venu se présenter pour tenter de séduire Jasmine. Jasmine ne sera pas séduite par le prince mais par Aladdin — mais en tout cas, le père de Jasmine — le sultan — lui, il est séduit par ce qu’il voit.
Et pour finir, le génie dit : « Voilà pourquoi en cortège, cet amoureux vous assiège ! » Un cortège, c’est tout ce qui entoure quelqu’un d’important — ici, le prince Ali sur l’éléphant — en fait Abou le petit singe transformé en éléphant — et tout ce qui l’accompagne : les chameaux, les paons, les gorilles, les guerriers, etc. C’est ça le cortège du prince. Et « cet amoureux vous assiège » — normalement, assiéger, ça s’applique à une ville en temps de guerre : une armée entoure la ville et attend qu’elle se rende. Ici, le parallèle est entre Aladdin avec tout son cortège et la tentative de convaincre la princesse de l’épouser. C’est lui qui assiège le cœur de la princesse.
Et après, les chœurs chantent les dernières lignes — des histoires avec 30 éléphants acrobates, des ours, des lions — trop compliqué à analyser, inutile de retenir.
Et je crois qu’on a fini l’étude de « Prince Ali » d’Aladdin. Eh ben je suis crevé, dis donc ! Allez, je vais vous repasser la chanson pour ceux qui veulent se faire encore un petit plaisir.
Et je vous dis donc à demain pour une nouvelle expression française qui sera « Piquer un somme. » À demain ! Merci beaucoup ! Bye bye, hasta luego, matane, et merci à Aladdin !
(Chanson)
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