« Débarrasser le plancher » et la répétition dans l’apprentissage

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien et bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, on est le mercredi 25 juin 2025 et on va parler aujourd’hui d’une expression qui est « Débarrasser le plancher. » Alors, c’est pas très gentil à dire comme expression, mais on en parlera tout à l’heure. D’abord, comme d’habitude, mon podcast se divise en trois parties. D’ailleurs, dans les applications de podcast, je mets trois chapitres pour que vous puissiez soit tout écouter, soit choisir un chapitre ou l’autre. Et c’est toujours la même chose. Premier chapitre, introduction sur un sujet ou un autre — mes idées, des choses auxquelles je pense, ça peut être tout et rien. Deuxième chapitre, un point spécifique en français — soit un point de grammaire, de conjugaison, de syntaxe ou d’orthographe. Aujourd’hui, on va voir les pronoms toniques. Et troisième partie, l’expression du jour. Donc toujours trois parties dans mon podcast.


1) Répétition et répétition

Aujourd’hui, en introduction et donc en première partie, je vais vous parler de répétition dans l’apprentissage. Le fait de répéter les mots, répéter les choses, eh bien c’est ça qui va vous faire retenir. Pour apprendre une langue et pour apprendre beaucoup de choses — c’est pas que pour les langues — quand j’ai fait mes études, j’avais beaucoup de textes, beaucoup de choses à retenir. Eh bien, c’était aussi la répétition qui m’a permis d’apprendre, mais ça, à l’époque, je ne le savais pas encore.

Alors, c’est quoi déjà la répétition ? Répéter, ça veut dire que vous allez voir passer plusieurs fois le même mot de vocabulaire. Par exemple, si vous voulez apprendre un mot, un nouveau mot, vous allez le voir une fois dans un texte par exemple, et plus tard, vous allez le revoir. Mais vous ne vous souviendrez pas de ce que veut dire ce mot, donc vous allez retourner sur internet, voir ce que ça veut dire. Et puis un autre jour, en lisant un article, en écoutant la radio, en regardant la télé, eh bien vous allez retrouver ce mot. Vous aurez une vague idée de ce que ça veut dire, ou pas du tout, ou vous vous en souviendrez. Mais en tout cas, le fait de voir ce mot plusieurs fois, à des intervalles réguliers ou non, eh bien ça va vous aider à le retenir.

Alors, il y a des répétitions qu’on peut provoquer. Par exemple, si vous voulez apprendre un mot, eh bien il y a des applications pour ça qui peuvent vous faire réviser. Vous pouvez aussi le faire manuellement avec des cartes, avec des fiches. Vous voyez le mot dans votre langue, vous cherchez le mot en français, ou alors vous voyez le mot en français et vous cherchez dans votre tête le mot dans votre langue. Et si vous faites ça une fois par jour, puis une fois tous les deux jours, puis tous les trois jours avec le même mot, eh bien votre cerveau va assimiler, votre cerveau va apprendre ce mot. Ça, c’est de la répétition par l’apprentissage, de la répétition un peu forcée. Et après, vous avez toutes les répétitions, comment dire… non voulues, involontaires.

Le plus vous allez lire de français, écouter du français, parler en français, écrire en français, le plus vous allez voir de mots et le plus les mots vont se répéter. Ça, c’est de la répétition involontaire. Quand vous écoutez mon podcast, quand vous m’écoutez parler français, eh bien j’utilise des mots nouveaux mais j’utilise aussi beaucoup les mêmes mots. Ces mots, vous les connaissez, et plus vous les entendez, plus je vais les utiliser, plus vous allez les retenir. Ça peut être dans mon podcast, ça peut être dans d’autres podcasts, ça peut être en écoutant la radio, en écoutant la télé, ça peut être aussi en jouant aux jeux vidéo.

Moi, je pense que maintenant vous le savez parce que je vous l’ai répété plusieurs fois — j’apprends le japonais. Et là, je viens de passer la console de jeu en japonais. Du coup, je peux faire des jeux en japonais avec soit les sous-titres en japonais, soit les sous-titres en anglais quand le jeu est trop compliqué. Vous avez aussi les articles de journaux, vous avez aussi les romans, les nouvelles. Si vous avez un niveau avancé en français, vous pouvez commencer à lire des livres. Et donc, la répétition des mots, le fait de voir ces mots de plus en plus souvent va vous faire apprendre.

Mais c’est pareil quand on apprend sa langue maternelle. Pourquoi on dit qu’il faut lire des livres ? Pour apprendre — parce que plus vous lisez de choses différentes dans votre langue maternelle ou dans la langue que vous voulez apprendre, plus les mots vont rentrer dans votre tête, plus vous allez les retenir. Avant, je lisais beaucoup. Maintenant, comme j’apprends d’autres langues, j’essaie de lire dans ces langues-là et donc je lis moins de français. Mais si je continuais à lire du français, eh bien j’apprendrais constamment de nouveaux mots parce que le cerveau fonctionne comme ça. Il voit un mot qu’il ne connaît pas, on regarde la traduction — ok. J+2, on revoit le même mot, on re-regarde la traduction — le cerveau le lit, ok. J+5, et après dix jours, après quinze jours, on revoit le mot, on réécoute le mot — et au fur et à mesure, comme par magie, on comprend de mieux en mieux.

Si vous écoutez mon podcast tous les jours, je vous assure que vous allez de mieux en mieux comprendre. Là, ça fait six mois que j’ai commencé mon podcast avec un podcast par jour. Faites-moi confiance — écoutez, écoutez et écoutez. C’est ça qui est important, c’est de faire rentrer le plus possible de matière en français dans votre tête. Vous pouvez écouter des podcasts, lire des livres, lire sur internet, parler même. Vous avez des applications comme HelloTalk ou n’importe quoi qui vous permet de communiquer avec des Français. Vous pouvez aussi prendre des cours en ligne. Il y a plein, plein de profs qui font des cours de français qui vous permettront de vous améliorer.

Si vous êtes en France, vous pouvez aussi parler dans la rue à des gens. C’est tout à fait possible. En tout cas, ce qui est important, c’est la répétition. C’est ça que je veux vous faire comprendre. C’est important de répéter, répéter et faire toujours les mêmes choses, et essayer d’apprendre de nouveaux mots en les voyant de plus en plus souvent. C’est primordial, c’est nécessaire, c’est essentiel pour bien apprendre, pour permettre à votre cerveau d’enregistrer les mots et de pouvoir soit les ressortir quand vous parlez, soit de les comprendre quand vous écoutez.

Je vais vous parler de mon expérience personnelle, de comment moi j’ai appris l’anglais par exemple. Eh bien j’ai appris l’anglais au collège et au lycée comme tout le monde, mais je n’étais pas bon. Et avec mon travail, je suis quasiment obligé de discuter un peu en anglais, de parler anglais, et je me suis découvert un amour — ou plutôt un attrait — pour cette langue. Aujourd’hui, ma seule manière de m’améliorer en anglais, c’est d’écouter des podcasts, et un podcast plus particulièrement qui s’appelle Judge John Hodgman Podcast. Enfin bref, j’écoute ce podcast très souvent et je ne fais rien d’autre. Juste dans mon travail, je parle un peu en anglais, j’écris des messages en anglais, c’est tout. Et rien qu’en écoutant, en m’amusant — parce que c’est un podcast humoristique, un podcast qui m’intéresse — eh bien rien qu’avec ça, j’améliore mon niveau d’anglais. Je ne fais rien d’autre. Écouter un podcast et un petit peu faire de la conversation. Pas besoin de grammaire, pas besoin de conjugaison. J’en ai fait au début, maintenant je n’en fais plus, et mon niveau d’anglais is improving. Really, my English level is improving day after day and that’s very beneficial for me. Well I’m improving but not so much. Enfin bref.

Et donc c’est comme ça que vous allez vous améliorer. Pour le japonais que je suis en train d’apprendre, même chose. Il faut répéter, répéter et répéter. Il n’y a que ça qui est important. Eh bien j’ai fait une longue introduction. Du coup, on ne va pas faire de deuxième partie aujourd’hui. En tout cas, on ne va pas faire d’astuce de français. On va faire les pronoms toniques demain. Je vais vous parler de ça demain parce que ça fait trop longtemps que je parle et sinon le podcast va être trop long. Donc demain on fera comme astuce de français du jour les pronoms toniques.


2) Expression du jour : « Débarrasser le plancher »

Et maintenant on va passer à l’expression du jour. L’expression du jour c’est « Débarrasser le plancher. » Alors, « débarrasser » — c’est un verbe de quel groupe ? C’est un verbe du premier groupe parce qu’il se termine en E-R. Le premier sens de « débarrasser », c’est d’enlever ce qu’il y a à un endroit et qui vous gêne. Quelque chose qui prend de la place et qui vous embête. On dit par exemple « débarrasser un bureau. » Si vous débarrassez votre bureau, vous allez enlever les classeurs, enlever la lampe, enlever l’imprimante, faire de la place sur le bureau.

Moi, par exemple, là au moment où je vous parle, je suis assis à mon bureau. Il y a un stylo, un manga, des papiers, une imprimante, une petite lampe de bureau, mon téléphone, plein de classeurs. Eh bien si je débarrasse mon bureau, j’enlève tout ce qu’il y a dessus. Donc je fais de la place.

Mais on peut dire ça aussi pour un autre endroit. On dit par exemple « débarrasser la table. » Après avoir mangé, quand vous avez fini de manger, eh bien vous pouvez débarrasser la table — vous allez enlever les couverts, les verres, les assiettes, l’huile, le vinaigre, les saladiers, etc. Vous allez enlever tout ce qu’il y a sur la table. Quand on met les couverts, les verres, les assiettes pour manger, on dit « mettre la table. » Et quand on enlève, on dit « débarrasser la table. » Ça, c’est le premier sens de « débarrasser. »

Mais on peut aussi utiliser ce mot pour parler de quelque chose qui nous dérange en général, qui nous embête, qui nous embarrasse — pas forcément sur un endroit précis. Par exemple — je vais vous donner encore mon expérience, encore quelque chose que moi je pense — depuis, je crois, 4 ou 5 ans, j’ai les cheveux aux épaules. Donc j’ai les cheveux mi-longs et je me fais un chignon derrière la tête. Et parfois je me dis que je voudrais me débarrasser des cheveux longs, me faire couper les cheveux pour les avoir courts comme avant. Mais j’ai mis tellement de temps à les faire pousser que j’ai peur de regretter si je m’en débarrasse, si on me coupe les cheveux. Là, on dirait donc « se débarrasser des cheveux longs. »

Et après, dans l’expression du jour, vous avez « le plancher. » Donc l’expression c’est « débarrasser le plancher. » Est-ce que vous connaissez ce mot ? Le plancher, c’est le sol. C’est là où on va marcher dans un appartement, dans une maison. Il y a différents types de plancher suivant leur disposition — droit, en diagonale, en quinconce, etc. — soit en fonction du matériau utilisé. Ça peut être un plancher en bois, en verre, en vinyle, en synthétique, etc. Donc le plancher, c’est là où on marche. Si chez vous, le sol est en bois, eh bien c’est un plancher en bois. On peut dire aussi « du parquet », « un parquet en bois. » Et donc avec ça, on a vu les trois mots de l’expression. Je vous ai pas parlé de « le » puisque maintenant, ça fait six mois qu’on a commencé ce podcast — je pense que vous savez ce que c’est que « le. »

Donc, « débarrasser le plancher » — ça veut dire se faire éjecter d’un endroit, se faire sortir assez vivement, assez brutalement, assez durement d’un endroit où vous étiez. C’est une expression qui est assez violente. Quand on dit à quelqu’un « tu vas débarrasser le plancher et rapidement », c’est pas très gentil, c’est même pas du tout gentil. C’est une expression qu’on peut utiliser dans la vraie vie mais qu’on peut aussi entendre dans les films. Je vais vous prendre l’exemple d’une rupture amoureuse. On a tous vécu une rupture amoureuse. Eh bien là, on parle d’une rupture après une grosse dispute avec des cris, avec des pleurs, avec de la vaisselle qui se casse comme dans les films avec des assiettes qui volent, etc. Et à la fin, la personne va dire à l’autre : « Débarrasse le plancher ! » — non pas « pauvre c***** « , c’est un peu trop là. En tout cas, si la personne dit « débarrasse le plancher », c’est violent. Franchement, c’est pas sympa du tout. Ça veut dire « sors de chez moi, dégage, sors d’ici tout de suite. »

Et dans « débarrasse-moi le plancher », il y a le « moi » qui est un pronom tonique, dont je voulais vous parler — mais du coup, je vous en parlerai demain. Donc vous avez compris cette expression, elle n’est pas gentille du tout. Vous pouvez le dire pour vous-même — « je vais débarrasser le plancher, t’inquiète. » Ou vous pouvez le dire à quelqu’un : « Débarrasse tout de suite le plancher » ou « Débarrasse le plancher. » Ça veut dire « dégage, casse-toi. »

Cette expression vient du XVIIIe siècle. Je vous rappelle, le XVIIIe siècle, c’est de 1701 à 1800. Et donc on comprend bien l’expression. « Débarrasser le plancher » — vider le sol, laisser le sol libre, et donc partir, partir de l’endroit où vous étiez. En anglais, on dit tout simplement « to clear out. » Je pense qu’il y a une version anglaise un peu plus violente, comme « débarrasser le plancher », mais je vous avoue que je n’ai pas vraiment cherché. Donc on gardera « to clear out » et ça suffira bien.

Maintenant, il ne me reste plus qu’à vous parler du programme de demain. Et demain, je suis très content parce qu’on va enfin parler un peu de mythologie grecque. L’expression de demain, c’est « Tomber dans les bras de Morphée. » Donc je vous parlerai en introduction évidemment de qui était Morphée, parce que c’est un personnage, c’est un nom propre. En astuce du jour, on fera ce qu’on n’a pas pu faire aujourd’hui — les pronoms toniques. Et je vous expliquerai donc l’expression « Tomber dans les bras de Morphée. »

Une petite pub, comme d’habitude — enfin c’est pas vraiment une pub, mais bon — vous pouvez me retrouver sur Patreon. Vous y trouverez tous les lundis un podcast exclusif sur la mythologie japonaise en ce moment. Et si vous voulez participer au podcast, si vous voulez m’aider à la production, me soutenir, vous pouvez prendre un abonnement sur Patreon. Ça me fera le plus grand plaisir. En tout cas, merci beaucoup de m’avoir écouté. Je vous dis donc merci, à bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane, nihon-jin no mina-san !


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