« Faire faux bond » et la canicule

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, je vous souhaite la bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. On est aujourd’hui le vendredi 20 juin 2025 et il fait chaud, il fait chaud, il fait de plus en plus chaud. Non, c’est une chanson ça — une chanson de Passi, je crois, pour ceux qui veulent écouter. Mais bon, bref.


1) Le « classement » de la chaleur en France

Eh oui, il fait très chaud en France et dans beaucoup de pays du monde, j’imagine. Moi, j’habite dans le sud-ouest de la France et il doit faire aujourd’hui à peu près 33 ou 34 degrés. Pas de vent pour rafraîchir — il fait très chaud.

En France, on a un système pour classer les périodes de chaleur. Évidemment, on se réfère aux températures pour savoir combien il fait dehors — 20 degrés, il fait bon ; 30 degrés, ça commence à faire chaud ; 0 degré, il fait froid. Mais quand il fait chaud, on a un système de classement plus précis.

Quand les températures sont au-dessus des normales de saison — on est le 20 juin, la moyenne en France doit être à peu près de 24-25 degrés — et que cette chaleur dure un ou deux jours, on parle de pic de chaleur.

Quand les températures dépassent 25 degrés pendant plus d’une journée, on parle de vague de chaleur. En ce moment, on est dans une vague de chaleur, presque une canicule.

La canicule, c’est le troisième degré — le plus élevé. En gros, c’est quand il fait très chaud la journée et encore chaud la nuit. La France est divisée en régions, elles-mêmes divisées en départements, et chaque département a son propre seuil de canicule. À Paris, par exemple, c’est quand il fait plus de 31 degrés la journée et plus de 21 degrés la nuit pendant trois jours consécutifs — « consécutifs » veut dire qui se suivent, trois jours de suite. À Marseille, qui est plus au sud, le seuil est de 34 degrés le jour et 24 degrés la nuit.

Il faut savoir qu’il y a 22 ans, en 2003, il y a eu une grande canicule en France au mois d’août. Elle a duré longtemps et a malheureusement causé de nombreux morts — souvent des personnes âgées, fragiles ou isolées. Depuis cette catastrophe, le gouvernement français a mis en place des niveaux de vigilance avec des couleurs.

La vigilance jaune — c’est pour préparer la population à une future montée des températures. On diffuse des conseils à la télé et à la radio : bien boire, rester au frais, fermer les volets la journée pour garder la fraîcheur à l’intérieur, ne pas boire d’alcool, bien manger — quand il fait très chaud, on n’a pas faim, mais il faut quand même s’alimenter — et éviter les efforts physiques.

La vigilance orange — c’est un cran au-dessus. Des mesures spéciales sont mises en œuvre pour les personnes fragiles : les personnes âgées, isolées, en situation de handicap. Ces personnes sont plus sujettes aux problèmes liés à la chaleur. Moi, s’il fait chaud, j’ai chaud, mais je ne suis pas malade — hier, j’ai travaillé au jardin deux heures sous le soleil avec ma bouteille d’eau, sans problème. La vigilance orange concerne surtout la protection des publics vulnérables.

La vigilance rouge — c’est la canicule intense et durable. Il peut y avoir des perturbations dans les hôpitaux, les services publics et la distribution de l’eau. L’eau, demain, sera un problème majeur dans le monde entier — il faut la préserver. En période de canicule et de sécheresse, des interdictions sont imposées par le gouvernement : interdiction de laver sa voiture, de remplir sa piscine, d’arroser sa pelouse, son potager ou sa serre. On garde l’eau pour les besoins humains essentiels.

Voilà un aperçu des mesures prises en France contre la chaleur et des trois niveaux de classification — pic de chaleur, vague de chaleur, canicule — ainsi que les trois niveaux de vigilance. Je voulais faire une astuce de français aujourd’hui sur une utilisation spéciale du verbe « avoir », mais ça fait déjà un moment que je parle. On le fera demain pour ne pas allonger le podcast.


2) Expression du jour : « Faire faux bond »

On passe tout de suite à l’expression du jour : « Faire faux bond à quelqu’un. »

« Faire » — on l’a déjà vu souvent. Au présent : « je fais, tu fais, il fait, nous faisons, vous faites, ils font. » À l’imparfait : « je faisais, tu faisais, il faisait, nous faisions, vous faisiez, ils faisaient. » Au passé composé : « j’ai fait, tu as fait, il a fait, nous avons fait, vous avez fait, ils ont fait. »

« Faux » — F-A-U-X — c’est le contraire de vrai. Ce qui n’est pas la réalité. Si je vous dis « aujourd’hui, il fait 15 degrés », c’est faux — il fait 33 degrés.

« Bond » — c’est un saut. Un bond, c’est le fait de bondir — même racine que « bondir », comme « saut » vient de « sauter ». À côté de chez moi, je vois parfois des chevreuils qui sautent dans la prairie — ils font des bonds.

« Faire faux bond à quelqu’un » — ça veut dire ne pas répondre aux attentes de quelqu’un, se désister d’un engagement. Vous vous étiez engagés à faire quelque chose, et au dernier moment, vous annulez. Vous avez fait faux bond.

Exemple : vous déménagez. Vous demandez à des amis de venir vous aider. Certains disent oui. Et au dernier moment, l’un d’eux vous envoie un message : « Désolé, j’ai un empêchement, je ne peux pas venir. » Il vous a fait faux bond. S’ils sont plusieurs à annuler, ils vous ont fait faux bond. À l’inverse, si c’est vous qui aviez promis d’aider un ami à déménager et que vous n’y allez pas, vous lui faites faux bond. On emploie toujours le verbe « faire » avec « faux bond. »

L’origine de cette expression vient de l’ancêtre du tennis et de la pelote basque — le jeu de paume. Ça se jouait avec des raquettes et une balle. Quand la balle rebondissait mal et n’allait pas là où on l’attendait, on disait qu’il y avait un faux bond. Par analogie, quand une personne agit d’une façon inattendue ou différente de ce qu’on espérait, elle vous fait faux bond. L’expression vient donc du jeu de paume.

En anglais, ça se dit « to leave someone in the lurch. »

Demain, on fera l’expression « J’y suis, j’y reste. » Je sors un podcast par jour à 8h heure française, et tous les jeudis à 18h, un conte à écouter — en ce moment, ce sont des contes sur la mythologie japonaise, disponibles sur mon Patreon avec les transcriptions écrites de tous les podcasts. J’ai un peu de retard sur les transcriptions — désolé pour mes abonnés, je vais vite rattraper ça.

Merci beaucoup de m’avoir écouté jusqu’au bout. À demain ! Bye bye, hasta luego, matane !


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