Lire la transcription
Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que ça va. On est le samedi 21 juin 2025 et le 21 juin, tous les ans, c’est évidemment le passage à l’été — on passe de la saison du printemps à la saison d’été. Mais le 21 juin au soir, c’est aussi la fête de la musique, et c’est de ça dont je vais vous parler aujourd’hui avant de faire l’expression du jour : « J’y suis, j’y reste. »
1) La fête de la musique
Aujourd’hui, donc, c’est le 21 juin, c’est un samedi — et la fête de la musique a lieu tous les 21 juin en France. Elle existe depuis 1976. Cette idée a été proposée par Joël Cohen, un musicien américain qui travaillait à l’époque pour France Musique. France Musique, c’est une radio du groupe Radio France. Il faut savoir qu’il y a des radios privées — RTL, Europe 1, NRJ — et des radios publiques qui font partie de Radio France : France Info, France Inter, France Musique. Ce sont des radios publiques.
Joël Cohen a donc proposé en 1976 que des gens jouent de la musique dans la rue le 21 juin — que chacun, chaque amateur, puisse jouer. La première fête de la musique a eu lieu à Paris, dans l’ouest de la ville, et à Toulouse. Pourquoi à Toulouse ? Je ne sais pas. Depuis 1976, tous les ans le 21 juin, il y a la fête de la musique en France — et pas seulement en France : il y a plus de 120 pays qui la célèbrent. C’est une initiative française — cocorico.
Concrètement, c’est quoi cette fête ? C’est un soir où vous pouvez faire de la musique dans la rue. Il y a beaucoup de concerts gratuits organisés par des professionnels, mais aussi beaucoup de groupes amateurs qui prennent place dans la rue, jouent leurs compositions, et que vous pouvez aller écouter. Il y a aussi des gens seuls qui prennent leur guitare et qui jouent Wonderwall d’Oasis. Non, c’est pas vrai — mais combien de personnes jouent cette chanson, c’est incroyable.
Ça se répète à tous les coins de rue dans toutes les villes de France. Si vous êtes en France le 21 juin, sortez, allez voir ce qui se passe. Sur les sites des mairies, vous pouvez retrouver la programmation des concerts organisés. Et si ce sont des amateurs qui jouent dans la rue, il suffit de se promener le soir.
Tout ça, c’est très bien, c’est super de fêter la musique. Mais c’est aussi souvent un prétexte pour boire beaucoup. Un prétexte, c’est quelque chose auquel vous participez mais dont le vrai but est autre chose. Donc en général, les gens boivent beaucoup. Parfois, il y a des débordements, des problèmes à cause de l’alcool, mais en général ça se passe plutôt bien. Sauf si vous habitez au-dessus d’un gars qui joue de la batterie toute la nuit — là, c’est l’enfer. Cette année, c’est un samedi, donc le dimanche on peut se reposer. Mais quand la fête de la musique tombe un lundi ou un mardi, si vous n’arrivez pas à dormir, le lendemain au travail, c’est compliqué.
J’ai vu depuis quinze jours qu’il y a apparemment une tendance sur TikTok — des Anglais qui veulent absolument venir en France pour la fête de la musique. Eh bien, venez avec plaisir ! Venez dépenser vos sous en France. Le tourisme est nécessaire pour l’économie d’un pays. Venez vous amuser, danser, chanter avec nous — les Anglais, les Allemands, les Suisses, les Italiens, les Espagnols, les Belges, tous les pays limitrophes. Vous allez voir, 250 mecs qui jouent Wonderwall d’Oasis, ça va être magnifique.
2) Astuce du jour : le verbe « avoir »
Avant de passer à l’expression du jour, je voulais vous parler un peu du verbe « avoir. » Vous savez que ce peut être aussi un auxiliaire. Je vais vous en parler plus en détail et vous expliquer la différence entre « il a » et « il y a. »
On peut utiliser « avoir » pour la faim et la soif. « J’ai faim, j’ai soif » — le « j’ai » ici, c’est le verbe « avoir » au présent, première personne du singulier. Et ça, on peut le mettre à toutes les personnes et à tous les temps.
Petit exercice : je vous donne une forme conjuguée, vous trouvez le temps. « Nous avions faim » — tic, tac… c’est l’imparfait. « Tu eus soif » — tic, tac… c’est le passé simple. « Vous aurez faim » — tic, tac… c’est le futur de l’indicatif, deuxième personne du pluriel.
On peut aussi utiliser « avoir » pour demander l’état de quelqu’un. « Qu’est-ce que tu as ? » — tu n’as pas l’air bien ce matin. « Qu’est-ce qu’il y a ? » — dans ces deux phrases, on a le verbe « avoir. »
Un autre sens : obtenir quelque chose, se procurer quelque chose. « J’ai eu le cadeau que je voulais » — passé composé d’avoir, ça veut dire que vous l’avez obtenu. « Est-ce que tu as eu ton bac ? » — le bac, c’est l’examen de fin de terminale, le baccalauréat, qu’on passe généralement à 17 ou 18 ans. D’ailleurs, c’est en ce moment ou ça vient juste de se terminer — bon courage à tous ceux qui le passent.
Et maintenant, la différence entre « il a » et « il y a. » « Il a 10 ans » — ça donne l’âge d’une personne. « Il y a 10 ans » — ça parle d’un temps passé. En général, « il y a » sert à décrire l’existence d’une chose ou d’une personne, ou à situer dans le temps. « Il y a des clés sur la table » — on informe que les clés sont là. « Il y a du beurre dans le frigo. » « Est-ce qu’il y a du beurre dans le frigo ? » Le simple ajout du Y change complètement le sens — et c’est exactement ce qu’on retrouve dans l’expression du jour.
3) Expression du jour : « J’y suis, j’y reste »
« J’y suis » — « J’ » est un pronom personnel, première personne du singulier. Le Y est également un pronom, mais qui remplace un endroit. On pourrait dire « je suis à cette place », « je suis à Paris » — le Y remplace ces endroits. Quand on dit « j’y suis », on sait que la personne est quelque part, mais on ne sait pas exactement où.
« J’y reste » — même utilisation du Y. « Rester », c’est ne plus bouger de cet endroit. Exemples : « Il fait 34 degrés dehors — j’ai trop chaud, je reste à la maison. » « Il reste à son bureau car il ne veut pas rentrer chez lui » — peut-être qu’il y a des problèmes de couple. Voilà, c’est un exemple comme un autre.
« J’y suis, j’y reste » — c’est une décision ferme de rester à un endroit, de ne plus en bouger. Je vous donne un exemple qui est arrivé à quelqu’un que je connais bien. Il avait un billet de train réservé mais s’était trompé — sa place était dos au sens de la marche, et il est malade dans cette position. Il demande à son voisin d’échanger les places. La personne répond : « Ah non, j’y suis, j’y reste. » C’est une réponse un peu hautaine, un peu froide. Cela dit, dans ce que je vous raconte, il y a souvent du faux, souvent du vrai — un mix des deux.
En tout cas, « j’y suis, j’y reste » peut s’employer quand vous êtes arrivé quelque part et que vous ne voulez pas repartir. Si vous venez en France, que vous aimez le pays, que vous trouvez un amoureux ou une amoureuse française, et que quelqu’un de votre pays vous demande si vous voulez rentrer — « J’y suis, j’y reste. »
Cette expression vient peut-être d’un général français qui s’appelait Mac Mahon — bien qu’on ne sache pas vraiment s’il l’a prononcée. En tout cas, il l’aurait dite après avoir pris un fort russe lors de la bataille de Sébastopol en 1855. On lui aurait dit de partir à cause d’un risque d’explosion, et il aurait répondu : « J’y suis, j’y reste. »
En anglais, on dirait simplement « I’m here and I will stay here. »
Demain, on fait une fable de La Fontaine — encore une, et oui, il y en a beaucoup, et c’est très intéressant pour apprendre le français. La fable de demain s’appelle « Le Loup, la Chèvre et les Chevreaux. » Merci beaucoup de m’avoir écouté. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !
Laisser un commentaire