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Bonjour à toutes et bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. On est aujourd’hui le lundi 30 juin 2025, donc début de semaine — et bonnes vacances à tous pour ceux qui sont en vacances, et bon courage à tous pour ceux qui travaillent encore.
1) Les préfixes, la suite
Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, on ne va faire que deux parties dans le podcast parce que la suite sur les préfixes — la suite de notre astuce d’hier — va être un peu longue. Donc aujourd’hui, pas d’introduction, on attaque directement.
Hier, on a parlé des préfixes de négation — pour exprimer quelque chose de négatif ou de contraire. Pour rappel : le préfixe, c’est ce qu’on met au début d’un mot. On a le radical qui est la base du mot, et quand on rajoute quelque chose avant ce radical, on obtient un nouveau mot : préfixe + radical. Je vous donne un exemple : « porter » — le radical, c’est « port », P-O-R-T — et si on rajoute « ap » juste avant, ça donne « apporter. » On en parlera tout à l’heure.
On va faire comme hier — un petit exercice où je vous donne des mots et il faut que vous trouviez le radical et le préfixe. Dans tous les mots que je vais vous donner aujourd’hui, il y a un préfixe qui a un rapport avec l’espace ou le temps. Retenez bien ça.
« Accourir » — est-ce que vous savez ce que ça veut dire ? Accourir, ça veut dire courir vers quelque chose. La base, c’est « courir » et le préfixe, c’est « ac » — A-C — qui veut dire « vers. » Donc quand vous voyez le préfixe « ac », vous pouvez en déduire que ça veut dire « vers. »
« Apporter » — la base, c’est « porter » et le préfixe, c’est « ap » — A-P — qui veut dire aussi « vers. » Apporter, ça veut dire porter vers quelqu’un. Si je vous dis « apporte-moi ce stylo », je vous demande de porter ce stylo vers moi.
« Antichambre » — la base, c’est « chambre » et le préfixe, c’est « anti. » « Anti » comme préfixe veut dire « avant. » Donc une antichambre, c’est une pièce qui se trouve avant la chambre. On trouve ces pièces dans les grands manoirs, les châteaux, les grandes propriétés — c’est là où les gens attendent, où on peut discuter. Donc, même si vous ne croisez pas ce mot souvent, en comprenant que « anti » veut dire « avant », vous pouvez comprendre qu’ »antichambre » c’est quelque chose qui se trouve avant la chambre.
« Antéposer » — le préfixe, c’est « anté » et la base, c’est « poser. » « Anté » veut dire « avant. » Donc « antéposer » veut dire poser avant. En grammaire, « antéposer un mot », ça veut dire placer un mot avant un autre — antéposer un adjectif, c’est le placer avant le nom.
« Préfixe » — oui, le mot « préfixe » lui-même ! Le préfixe, c’est « pré » et la base, c’est « fixe. » « Pré » veut dire « devant » ou « en avant », et « fixe » veut dire poser, fixer, mettre. Donc un préfixe, c’est quelque chose qu’on fixe avant le mot. Et à l’inverse, le suffixe — qu’on verra un autre jour — se met après.
« Post-baccalauréat » — l’inverse de « pré », c’est « post. » « Post » veut dire « après. » Des études post-bac, c’est des études après le baccalauréat. Donc si vous voyez le préfixe « post », vous pouvez en déduire que c’est après quelque chose.
« Intramuros » — le préfixe, c’est « intra » et la base, c’est « muros » — qui veut dire « mur. » « Intra » veut dire « dedans. » Donc « intramuros », c’est à l’intérieur des murs. On parle souvent de ça pour Paris — Paris intramuros, c’est Paris limité au périphérique, cette grande route à deux fois deux voies qui fait un cercle autour de Paris. Et le Grand Paris, c’est Paris intramuros plus les communes juste autour. Donc, quand vous verrez le préfixe « intra », ça veut dire « dedans. »
« Extraordinaire » — l’opposé d’ »intra », c’est « extra. » Le préfixe, c’est « extra » et la base, c’est « ordinaire. » « Extra » veut dire « en dehors de », « hors de. » Quelque chose d’ordinaire, c’est banal, ça arrive tous les jours. Quelque chose d’extraordinaire, c’est en dehors de la vie de tous les jours — quelque chose de rare, de précieux.
« Intervilles » — le préfixe, c’est « inter » et la base, c’est « villes. » « Inter » veut dire « entre. » Donc « intervilles », c’est « entre les villes. » Et ce mot, c’est aussi le nom d’un jeu télévisé très connu en France — je vous en parlerai dans quelques jours, quand on aura fini les préfixes, parce qu’Intervilles, ça vaut le détour. Et surtout, ça reprend cette année — l’émission n’existait plus depuis des années et elle va reprendre.
« Transporter » et « traverser » — dans « transporter », le préfixe c’est « trans » et dans « traverser », le préfixe c’est « tra. » « Trans » et « tra » veulent dire « à travers » — quand vous passez à travers quelque chose.
« Circonférence » — le préfixe, c’est « circon » et ça veut dire « autour de. » La circonférence de quelque chose, c’est la mesure du tour de quelque chose. On a aussi un autre mot pour ça : périmètre — et dans « périmètre », le préfixe « péri » veut également dire « autour de. » Pourquoi deux préfixes différents pour dire la même chose ? Parce que l’origine est différente — « circon » vient du latin et « péri » vient du grec. Le latin et le grec sont les langues qui ont fondé les langues européennes, d’où ces deux préfixes synonymes.
« Paramédical » — le préfixe, c’est « para » et ça veut dire « voisin de. » Donc le paramédical, c’est voisin du médical. Le médical, ce sont les médecins. Le paramédical, ce sont les infirmières, les aides-soignants — tous les métiers autour des médecins.
Et un dernier — « diabolo. » Le préfixe, c’est « dia » et ça veut dire également « à travers. » Ce mot vient du grec « diabollein » qui veut dire « lancer à travers. » Le diabolo — pas la boisson, mais le jeu — vous avez deux baguettes avec un fil et vous lancez une sorte d’objet en forme de deux cônes reliés. Bon bref, tapez « jeu diabolo » sur internet et vous comprendrez pourquoi ça veut dire « lancer à travers. »
Et avec ça, on a fini tous les préfixes qui concernent l’espace et le temps. Je suis désolé, c’était très long. J’espère que vous avez appris de nouveaux mots et de nouveaux préfixes — c’est ça qui est important. Mais ce qui est surtout important, c’est que vous écoutiez du français, et c’est pour ça que je fais ce podcast.
2) Expression du jour : « Noël au balcon, Pâques au tison »
Et maintenant, on passe à l’expression du jour : « Noël au balcon, Pâques au tison. » Je sais — on n’est pas à Noël, on n’est pas à Pâques, on est fin juin. Ça n’a donc rien à voir avec la période, mais c’est moi qui choisis et c’est comme ça.
« Noël » — c’est la fête du 24 décembre au soir. À la base, c’est une fête chrétienne — la naissance de Jésus-Christ. Aujourd’hui, beaucoup de personnes non chrétiennes fêtent Noël aussi — avec le sapin, les cadeaux.
« Au balcon » — être au balcon, ça veut dire être sur un balcon. Un balcon, c’est une petite terrasse, une petite avancée en saillie au premier, deuxième ou troisième étage d’un immeuble — ça permet d’être dehors même quand on habite en hauteur. Sur l’image que j’ai créée pour le podcast, vous avez un monsieur dehors sur son balcon, la nuit.
« Pâques » — en anglais, c’est « Easter. » C’est aussi une fête chrétienne — la résurrection de Jésus-Christ, trois jours après sa mort. On peut y croire ou non — chacun selon sa religion. Moi, comme je suis athée, je n’y crois pas. Mais bref, passons.
« Au tison » — un tison, c’est ce qui reste d’une bûche qui a brûlé. Un morceau de bois brûlé, encore chaud, avec peut-être quelques braises dessus. Quand on parle de tison, on comprend que la cheminée a été allumée parce qu’il faisait froid dehors.
Donc, c’est quoi ce proverbe ? En réalité, c’est plus un proverbe ou une maxime qu’une expression — et il n’y a pas de verbe dans la phrase, ce qui est assez rare. Ça veut dire : si à Noël il fait chaud — si vous pouvez vous mettre sur votre balcon alors qu’il devrait normalement faire froid — alors à Pâques, trois mois plus tard, il fera froid et vous serez près de votre cheminée. En gros : si il fait chaud à Noël, il fera froid à Pâques.
D’où ça vient ? C’est un vieux proverbe basé sur l’expérience et les observations des anciens, au Moyen Âge — avant les données scientifiques. La connaissance et l’expérience se transmettaient de parents à enfants, et comme il n’y avait pas de météo, on créait des dictons. Des dictons sur la météo en France, il y en a plein.
Où peut-on entendre ce proverbe ? Souvent à la télévision, lors des bulletins météo. À Noël, s’il fait 12 ou 15 degrés, la présentatrice ou le présentateur peut dire : « Attention, Noël au balcon, Pâques au tison » — c’est-à-dire qu’à Pâques, au mois de mars, il fera très froid.
En anglais, on dit « A warm Christmas means a cold Easter » — traduction littérale de l’expression française.
Demain, on se retrouve pour une nouvelle expression — « Se tirer la bourre » — et on continuera sur les préfixes. Merci beaucoup de m’avoir écouté et je vous dis donc à bientôt. Bye bye, hasta luego, matane !
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