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Bonjour à toutes, bonjour à tous, on est aujourd’hui le samedi 28 juin 2025 et je vous souhaite la bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, on va parler d’une expression qui est « Piquer un somme. » Moi, j’adore ça. Piquer un somme, ça veut dire faire la sieste — il n’y a pas de suspense. Vous avez vu sur l’image du podcast une personne qui dort sur son bureau — eh bien piquer un somme, c’est vraiment ça. C’est faire la sieste, donc c’est dormir le matin, en fin de matinée ou l’après-midi, et c’est ça qui permet de se reposer et de récupérer.
1) La sieste
En guise d’introduction, je vais vous parler des siestes. Et là, je vais vous parler d’une expérience personnelle parce que je suis — ou plutôt j’étais — un spécialiste des siestes. Quand j’étais étudiant, je me couchais très tard et je me levais très tôt. Je me couchais vers une heure, deux heures, trois heures du matin et je devais me réveiller à sept heures et quart. Je me souviens encore — j’avais quatre réveils différents : mon téléphone, un réveil physique, ma montre et l’ordinateur qui passait de la musique à sept heures, sept heures et quart, je ne sais plus. Enfin bref, vous avez compris — j’avais du mal à me réveiller. J’étais crevé et donc j’allais à mon école en tant qu’étudiant et pendant les pauses, eh bien je piquais un somme, je faisais des micro-siestes de 10, 15, 20 minutes maximum sur mon bureau, les bras croisés, et ça me permettait de récupérer.
Je me souviens même d’avoir réussi à faire des siestes dans le métro. À l’époque, quand j’étais étudiant, j’avais 17 stations de métro sur la même ligne, donc aucun changement. J’arrivais, je m’asseyais — c’était la ligne 4 à Paris pour ceux qui connaissent — et je remontais jusqu’à la Porte de Clignancourt. Comme j’avais 17 stations, c’est à peu près 1 minute, 1 minute 10 par station, donc je pouvais dormir 19 ou 20 minutes d’affilée. Le problème, c’est qu’il fallait se réveiller à la dernière station.
Ça m’est déjà arrivé de ne pas me réveiller et que le métro reparte dans l’autre sens — je me retrouvais en plein Paris alors que je devais aller dans le nord. C’est quand même de bons souvenirs. Mais aujourd’hui encore, de temps en temps, je fais des siestes. Je me couche plus tôt et donc je suis moins fatigué, évidemment. Mais c’est vrai que de temps en temps, soit vers 11h, soit vers 14h après le déjeuner, eh bien j’ai envie de dormir. Et quand on a envie de dormir, quand on a les yeux qui se ferment, quand on sent la fatigue arriver, c’est plus fatigant de résister pendant plusieurs minutes plutôt que de se mettre sur son bureau, de poser sa tête entre ses bras et de dormir 10, 15 minutes.
Bien sûr, il faut pouvoir le faire — soit travailler seul, soit que vos collègues l’acceptent. Parce qu’en open-space, dans une entreprise, je pense que c’est peut-être un peu malvenu d’être devant son ordinateur et tout d’un coup de mettre sa tête dans ses bras pour dormir. Et pourtant, la micro-sieste de 15 minutes, elle est topissime. Le mieux, c’est même 20 minutes. Pourquoi 20 minutes ? Il y a deux raisons. La première, c’est que moins de 20 minutes, on est encore fatigué — et plus de 20 minutes, on est complètement explosé, on n’arrive plus à se réveiller et quand on se réveille, on a — comme on dit vulgairement — la tête dans le cul. Et ça, c’est une autre expression dont je vous parlerai un autre jour.
Donc je vous ai dit qu’il y a deux raisons. Vingt minutes, c’est le temps idéal — ça, c’est la première raison. Et la deuxième raison, c’est que 20 minutes, c’est le temps que met le café à agir sur notre corps. Donc ce qui est le mieux, c’est de boire un café, de dormir 20 minutes et après, on pète la forme. Parce que vous aurez à la fois dormi et les effets de la caféine arriveront — la caféine met 15 à 20 minutes à agir. Franchement, c’est mieux ça que de passer son temps à bâiller, à garder les yeux ouverts alors qu’on a envie de les fermer, et surtout — pendant qu’on lutte contre le sommeil — on n’est pas productif, on ne travaille pas efficacement ou pas du tout.
Je me souviens de cours quand j’étais étudiant et lycéen, où j’écrivais à la main sur une feuille avec un stylo — et j’ai des cours où je m’endormais tellement que vous avez des traits de stylo qui descendent sur toute la page. Je commençais à écrire un mot, tout d’un coup je m’endormais, le stylo tombait et faisait des marques sur la page — mon voisin et mes potes étaient morts de rire. Enfin bref, ça, c’était ma petite introduction sur les siestes. Avant de passer à l’expression du jour, je vais vous expliquer pourquoi on dit « somme » et pourquoi on dit « piquer. »
2) Les préfixes et suffixes — introduction
Mais d’abord, on va commencer une série de podcasts sur les préfixes et les suffixes. Est-ce que vous connaissez ces mots ? Je vais vous expliquer. Je dis qu’on va commencer une série parce qu’il va y en avoir plusieurs — il y aura peut-être quatre, cinq ou six podcasts sur les préfixes et les suffixes. Aujourd’hui, on va faire une petite introduction.
Je vais d’abord vous parler du radical d’un mot. Le radical, c’est la base du mot — la partie qui porte le sens principal. C’est la partie commune à tous les mots d’une même famille. Il y a beaucoup de familles de mots en français, et dans une famille, il y a toujours le même radical. Autour de ce radical, on peut avoir le verbe, le nom, l’adjectif — et en rajoutant un préfixe ou un suffixe, on forme de nouveaux mots.
Je vous donne un exemple — le mot « port. » Le port, c’est l’endroit où les bateaux arrivent et s’amarrent. Mais dans notre exemple, c’est un autre sens qu’on veut garder : le port comme l’action de porter. Quand vous portez une charge, vous faites un port de charge. Le mot « port » — l’action de porter — c’est le radical. Et « porter », c’est le verbe du premier groupe de la même famille. « Port » et « porter » — vous entendez bien que ça se ressemble. « Porteur », c’est quelqu’un qui porte — encore un mot de la même famille. « Apporter » — c’est aussi un verbe de la même famille. Le radical dans « apporter », c’est « port » — et avant, on a rajouté quelque chose. « Importer », « exporter » — des verbes avec également « port » comme radical. « Portable », « supporter », « supportable », « insupportable » — dans tous ces mots, le radical est le même : « port. »
Maintenant que vous avez compris ce qu’est un radical et une famille de mots, je vais vous expliquer les préfixes et les suffixes.
Le préfixe, c’est quelques lettres qu’on ajoute avant le radical pour former un nouveau mot. « Apporter » — on a rajouté « ap » devant « porter. » « Supporter » — on a rajouté « sup » devant « porter. » Les préfixes sont toujours avant le mot, et ils ne changent pas la nature du mot — un verbe reste un verbe, un nom reste un nom. Si on reprend « port » et qu’on rajoute « sup » devant, ça donne « support » — c’est un nouveau mot, mais c’est toujours un nom. D’ailleurs, « préfixe » lui-même contient un préfixe : « pré » signifie avant. On dit aussi « préquel » pour un film qui se passe avant un autre. Le plus connu de l’histoire, c’est bien sûr Star Wars — les épisodes 4, 5, 6 sont sortis dans les années 1970 et 80, et ensuite on a eu les épisodes 1, 2, 3 dans les années 2000 — les préquels.
Le suffixe, c’est quelques lettres qu’on ajoute après le radical pour former un nouveau mot. « Portable » — on a ajouté « able » après « port. » « Porteur » — on a ajouté « eur » après « port. » Et parfois, on peut créer de nouveaux mots avec à la fois un préfixe et un suffixe, comme « supportable » — le préfixe « sup », le radical « port » et le suffixe « able. »
Je vous avais dit que c’est compliqué, donc ça va être long. Demain, on va continuer avec les préfixes — et on parlera des préfixes qui expriment le contraire de quelque chose ou une idée négative. J’ai fait des podcasts spécifiques sur la nature et la fonction des mots — les podcasts 107 « Prendre au pied de la lettre », 108 « Avoir une vie de chien » et 111 « Avoir deux mains gauches » — si vous voulez revoir ces notions avant d’aller plus loin sur les préfixes et suffixes.
3) Expression du jour : « Piquer un somme »
Et maintenant, comme promis, on va passer à l’expression du jour : « Piquer un somme. »
Pourquoi « piquer » ? Le premier sens de « piquer » auquel on pense, ce n’est pas dormir. C’est quelque chose qui va enfoncer une pointe — c’est percer. Les épines des roses dans le jardin peuvent nous piquer. Les moustiques nous piquent — on dit d’ailleurs qu’ils nous font une piqûre. On peut avoir une piqûre de moustique, d’araignée, de guêpe ou de frelon. Ce dernier, j’espère ne jamais me faire piquer car je suis allergique — si ça arrivait, je gonflerais comme un ballon.
Le deuxième sens de « piquer » — parce qu’il y en a plusieurs — c’est le côté brûlant, piquant d’un aliment. Le piment, ça pique. La harissa, ça pique. Les oignons parfois, ça pique. Et parfois, du bon fromage français bien coulant, bien fait — comme le camembert ou le maroilles laissé à l’air libre — c’est bien piquant, ça, bien fort. Ça, c’est du bon français, ça.
Mais dans l’expression « piquer un somme », « piquer » veut plutôt dire faire — comme on dirait « piquer un sprint » — c’est-à-dire faire une course très rapide. « Piquer une tête » — une autre expression qu’on verra un autre jour — ça veut dire plonger, faire un plongeon dans une piscine. Donc ici, « piquer un somme », ça veut dire faire un somme.
Et un somme, c’est quoi ? Vous l’entendez — c’est masculin : « un somme. » C’est en fait un temps de sommeil. D’ailleurs, « sommeil » vient du mot « somme » qui veut dire dormir. Donc « piquer un somme », ça veut dire faire un temps de sommeil.
Attention : ce n’est pas « une somme », c’est « un somme. » « Somme » peut être masculin ou féminin et le sens est différent. « Une somme », c’est une addition — des chiffres qu’on additionne. Deux plus deux, ça fait quatre — c’est une somme. La somme de cinq plus cinq, c’est dix.
On peut dire aussi en français « piquer un roupillon », « faire un petit dodo », « faire un petit somme », « faire la sieste » ou — comme je vous en ai parlé avant-hier — « tomber dans les bras de Morphée. » Mais « faire un somme », on utilise plutôt cette expression pour une sieste, quelque chose de court — pas pour dormir toute une nuit.
En anglais, on dit tout simplement « to take a nap » — ou « I’m gonna take a nap. »
J’espère que vous avez compris et que mon histoire de préfixes et de suffixes n’était pas trop compliquée. Demain, on va voir une expression qui est « Avoir du chien » — et ça n’a rien à voir avec l’animal. Et on continuera sur les préfixes, comme je vous ai dit. Merci beaucoup de m’avoir écouté et je vous dis donc à demain. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !
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