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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. On est aujourd’hui le mardi 1er juillet et en ce mardi 1er juillet, on va faire comme hier — on ne va pas faire d’introduction parce qu’on va continuer sur les préfixes. Et d’ailleurs, on va finir les préfixes aujourd’hui. Comme c’est un peu long encore, pas d’introduction aujourd’hui. Juste une petite annonce : je serai en vacances du 8 au 15 juillet, donc pas d’épisode du mardi 8 au mardi 15. Il n’y aura que le conte de Grimm qui va sortir le jeudi 10 juillet à 18h heure française, parce que je l’ai enregistré à l’avance. Mais pas d’expression, pas d’analyse de chanson, pas de — c’est quoi le troisième ? Ah oui — pas de fable de La Fontaine du 8 au 15 juillet parce que je pars en vacances.
1) Les préfixes, suite et fin
Je vous rappelle ce qu’est un préfixe : c’est quelque chose qu’on rajoute à un mot pour former un autre mot, et qu’on place avant le mot — le suffixe, lui, se place après. Hier, on a vu les préfixes d’espace et de temps. Avant-hier, on a vu les préfixes de négation et d’opposition. Aujourd’hui, on va parler des préfixes d’augmentation et de diminution — le plus et le moins — et quelques préfixes divers qu’on ne peut pas classer. On va faire comme hier : je vous donne des mots, vous essayez de trouver le préfixe et ce qu’il veut dire, et après je vous explique.
« Superstar » — une star, c’est quelqu’un de très connu — un chanteur, un acteur de cinéma. Une superstar, c’est quelqu’un qui est encore plus connu, encore plus célèbre. Le préfixe, c’est « super » et le radical, c’est « star. » « Super » veut dire « beaucoup », « au-dessus de » ou « en excès. »
« Supranational » — le préfixe, c’est « supra » et le radical, c’est « national » — ou plutôt « nation » avec le suffixe « al. » « Supra », comme « super », veut dire « au-dessus de. » La nation, c’est le pays. Quelque chose de national a un rapport avec le pays. Et supranational, c’est au-dessus du pays, au-dessus de la nation — encore plus important, qui passe au-dessus du pays.
« Surconsommer » — le préfixe, c’est « sur » et le radical, c’est « consommer. » Consommer, ça veut dire acheter des choses pour vivre — des meubles, de la nourriture, de l’électroménager. Surconsommer, c’est acheter trop de choses. Avoir 50 jeans, c’est de la surconsommation.
« Hyperactif » — le préfixe, c’est « hyper » — qui vient du grec, contrairement aux autres qui viennent du latin. « Hyper » veut dire « trop » ou « très. » Quelqu’un d’hyperactif, c’est quelqu’un qui n’arrête pas de bouger, de s’agiter — on dit souvent ça pour des enfants. Un enfant actif, c’est normal. Un enfant hyperactif, c’est un enfant qu’on n’arrive pas à calmer.
Voilà donc quatre préfixes qui veulent tous dire « en plus », « au-dessus de », « très » ou « trop » : super, supra, sur, hyper.
Maintenant, les préfixes qui veulent dire « en dessous de. »
« Souligner » — le radical, c’est « ligne » et le préfixe, c’est « sou. » Souligner, c’est tirer un trait sous la ligne. Et « surligner » — avec le préfixe « sur » qu’on vient de voir — c’est tirer un trait sur la ligne. « Sous » — qui peut s’écrire S-O-U ou S-O-U-S — veut dire « en dessous. » « Le métro est souterrain » — sous-terrain, c’est en dessous de la terre.
« Subaquatique » — « aqua » ou « aquatique », c’est le milieu de l’eau, le milieu marin. Et « sub » veut dire « sous. » Subaquatique, c’est tout ce qui se passe sous l’eau.
« Hypotension » — l’opposé de « hyper », c’est « hypo. » La tension, c’est la mesure de la pression dans les artères. En hypertension, la tension est trop forte. En hypotension, elle est trop faible. « Hypo » veut donc dire « en dessous de. »
On continue — il nous en reste quelques-uns.
« Redire » — le radical, c’est « dire » et le préfixe, c’est « re » — R-E. « Re » veut dire « encore une fois », « une nouvelle fois. » Redire, c’est dire la même chose une autre fois. Refaire, c’est faire à nouveau. « Je vais refaire ça. »
« Bicolore » — le préfixe, c’est « bi » qui veut dire « deux. » Bicolore, c’est quelque chose qui a deux couleurs. On avait des malabars « bi-goûts » — deux goûts. Quelqu’un de bisexuel, c’est quelqu’un attiré et par les hommes et par les femmes. « Bi » = deux.
« Triathlon » — le préfixe, c’est « tri » qui veut dire « trois. » Un triathlon, c’est trois sports. « Tri » = trois.
Et un dernier — « synthèse. » Le préfixe, c’est « syn » — S-Y-N. « Syn » veut dire « avec. » Il peut aussi s’écrire « sym » — S-Y-M. Par exemple, « sympathie » — dans ce mot, le préfixe c’est « sym » et « pathie » vient du grec « pathos » qui veut dire « maladie » — et donc aussi la douleur. Donc « sympathie », c’est « avec la douleur de quelqu’un » — être gentil, aimable avec quelqu’un qui souffre. « Sym/syn » = avec.
Et avec ça, on a terminé les préfixes !
2) Expression du jour : « Se tirer la bourre »
Est-ce que vous avez déjà entendu cette expression ? Moi, je la connaissais, mais je ne connaissais pas son origine — et c’est assez intéressant.
On va d’abord parler des mots. « Se tirer » — c’est un verbe pronominal qui veut dire partir, ficher le camp. Mais ici, il faut séparer le « se » du « tirer. » Dans cette expression, « tirer » a plutôt le sens d’agripper quelque chose, de tenir quelque chose.
« La bourre » — c’est un ancien mot qu’on n’utilise plus aujourd’hui, sauf dans cette expression. La bourre, c’était des fibres végétales ou animales qu’on utilisait pour rembourrer des objets. Pour faire un oreiller, on prenait de la bourre — les fibres — et on remplissait l’oreiller. D’ailleurs, « rembourrer » — si on analyse ce mot — on a le radical « bourre » avec le préfixe « rem. » Voilà, même ici, on trouve un préfixe. Dans cette expression, la bourre désigne plus précisément des poils d’animaux.
Mais quel rapport avec « se tirer la bourre » ? Cette expression vient de la chasse — et plus particulièrement de la chasse à courre, une chasse que je déteste. La chasse à courre, c’est une chasse où des gens à cheval lâchent une cinquantaine de chiens qui vont courir après un cerf jusqu’à l’épuisement, jusqu’à ce que le cerf tombe de fatigue. Et les chiens qui couraient après le cerf voulaient être les premiers à arracher des poils de l’animal — à tirer les poils de la proie, à tirer la bourre. Chaque chien était en compétition pour être le premier à agripper la bête. Et de là est venue l’expression « se tirer la bourre » — qui veut dire être en compétition, rivaliser avec quelqu’un, faire la course pour quelque chose.
Pour revenir en deux mots à la chasse à courre — j’aimerais bien un jour qu’on lâche dans la forêt toutes ces personnes qui la pratiquent, et qu’on lâche des chiens qui n’ont pas mangé depuis deux semaines sur eux. On verrait si ça leur plaît. Il faut interdire la chasse à courre — c’est honteux, c’est arriéré, ça aurait dû être interdit depuis des années. Enfin bref, on n’est pas là pour faire de la politique.
Donc « se tirer la bourre », ça veut dire entrer en compétition avec quelqu’un. Sur l’image du podcast, vous avez deux personnes en moto qui font la course — qui se tirent la bourre. Mais ça peut s’utiliser dans d’autres situations. Dans votre rue, il y a deux restaurants voisins — ils se tirent la bourre pour attirer le plus de clients. Deux candidats politiques se tirent la bourre pour être élus.
C’est une expression du langage familier que vous pouvez utiliser entre amis, même avec des personnes que vous ne connaissez pas. Dans le langage écrit, dans les livres, on peut la trouver, mais c’est assez rare.
En anglais, on dit « to compete fiercely » — « fiercely » veut dire « durement », « faire la compétition jusqu’au bout. »
Demain, on s’occupera d’une nouvelle fable de La Fontaine qui s’appelle « La Montagne qui accouche. » D’habitude, ce sont les femmes — ou les femelles quand on parle d’animaux — qui accouchent. Là, c’est une montagne. Qu’est-ce que ça veut dire ? On verra ça demain. Je vous souhaite une bonne journée, une bonne soirée, un bon matin — ce que vous voulez — et je vous dis donc merci. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !
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