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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien et je vous souhaite la bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, c’est presque la fin de la semaine, on est le vendredi 18 juillet 2025 et aujourd’hui, on va parler d’une expression qui est « Avoir les fils qui se touchent. » Mais avant de parler de cette expression, on a pas mal de choses à voir.
1) Les saints patrons
D’abord, en introduction, on va continuer un peu sur les saints dont je vous ai parlé hier. « Saint » ça s’écrit S-A-I-N-T, bien sûr. Hier, on a parlé des saints pour chaque jour — des saints dans le calendrier occidental — et je vous ai dit qu’il y avait aussi des saints pour chaque métier. On appelle ça des saints patrons. Chaque métier va être protégé par un saint spécifique et donc, aujourd’hui, bien sûr, ça ne se fait plus, mais à l’époque, les métiers qui voulaient voir leur entreprise prospérer, les artisans qui voulaient avoir des clients, priaient un saint spécifique à leur profession.
Je vais vous en citer quelques-uns. Ça va vous permettre de réviser ou d’apprendre des noms de métier. À chaque fois, je vais vous donner le métier, vous expliquer ce que c’est et vous donner le saint correspondant.
Les architectes — un architecte, c’est quelqu’un qui va dessiner des plans pour une maison ou un immeuble et qui va employer des personnes pour les faire construire. L’architecte va superviser un projet du début à la fin. Le saint patron des architectes s’appelle saint Benoît. Ça n’a aucun intérêt, mais au moins, vous le savez et vous avez appris — ou révisé — ce que c’est qu’un architecte.
Les avocats — là, on ne parle pas du fruit, bien sûr, on parle du métier. Un avocat, c’est quelqu’un qui va vous défendre si vous avez un problème avec une autre personne ou avec une institution. S’il y a une querelle, un problème à résoudre qui ne peut pas se régler à l’amiable, vous allez faire appel à un avocat pour vous défendre. Le saint patron des avocats s’appelle saint Yves. Là encore, aucun intérêt.
Les banquiers — on les aime, les banquiers, n’est-ce pas ? Oui, Adrien… Les banquiers, mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu. Enfin bref, le banquier, c’est quelqu’un qui va prêter de l’argent aux riches et ne pas prêter à ceux qui en ont besoin. Non, pardon, pardon. Le banquier, c’est quelqu’un qui est employé d’une banque et que vous allez aller voir quand vous avez besoin d’un prêt, d’un découvert ou pour ouvrir un compte. Et le saint patron des banquiers, c’est saint Mathieu.
Les boulangers — c’est intéressant. Les boulangers, ce sont les artisans qui fabriquent du pain. À partir de farine, de levain et d’eau, ils font du pain. C’est magique. Et c’est marrant parce que le saint patron des boulangers s’appelle saint Honoré — et ce saint Honoré, c’est devenu plusieurs choses. D’abord, un gâteau — le saint-honoré, c’est une spécialité française. Vous avez une fine couche de pâte — je ne sais plus si c’est de la pâte brisée ou sablée — tout autour, des choux à la crème, et de la chantilly au milieu. C’est excellent. Si vous venez en France, mangez un saint-honoré dans une boulangerie, c’est sublime. Et c’est aussi devenu une rue dans Paris — la rue Saint-Honoré, dans le 1er arrondissement, entre la Madeleine et la Concorde. Et on a aussi la rue du Faubourg-Saint-Honoré juste à côté — c’est là que vous trouverez l’Élysée, la résidence du président de la République. Donc, saint Honoré, c’est le saint patron des boulangers.
Les chauffeurs de taxi — leur saint patron s’appelle saint Fiacre. C’est assez marrant parce que « fiacre », c’est donc un ancien prénom d’un saint, mais un fiacre, c’est aussi un véhicule tiré par des chevaux qu’on utilisait pour se rendre d’un endroit à un autre. C’est l’ancêtre des taxis. On payait celui qui dirigeait les chevaux. Et comme ça, vous avez appris un nouveau mot — un fiacre, l’ancêtre du taxi.
Et vous avez beaucoup d’autres professions, chacune avec son saint patron. Les coiffeurs, c’est saint Louis. Les électriciens, c’est sainte Lucie. Les médecins, c’est saint Luc, etc. On ne va pas tous les faire parce que ça n’aurait aucune fin.
2) Astuce du jour : les suffixes — suite et fin
Et maintenant, on va continuer avec nos suffixes et d’ailleurs terminer aujourd’hui. On a fait, je crois, six ou sept podcasts à la suite là-dessus. Aujourd’hui, on termine. On termine avec un suffixe un peu spécial qui va vous permettre de former un adverbe à partir d’un adjectif.
Déjà, c’est quoi un adverbe ? Un adverbe, c’est un mot qui va compléter un autre mot, lui apporter une précision. Il peut se rajouter à un adjectif, à un verbe, à une préposition, à beaucoup de mots différents, pour détailler la phrase.
Par exemple, « elle mange » — c’est tout simple, vous comprenez qu’une femme mange. « Elle mange vite » — « vite », c’est un adverbe. Il donne une précision en nous disant que cette femme mange rapidement. Autre exemple : « il est intelligent » — et si on rajoute un adverbe : « il est extrêmement intelligent. » « Extrêmement », ça veut dire très, très, très, beaucoup. Cette personne est donc très intelligente.
Comment forme-t-on ces adverbes avec le suffixe « -ment » ? On prend un adjectif et on rajoute « -ment. » Mais il y a quelques précisions — il y a en fait trois cas possibles.
Premier cas : l’adjectif se termine par une consonne. On va mettre cet adjectif au féminin et rajouter « -ment. » Par exemple, l’adjectif « doux » — D-O-U-X, X est une consonne. On le met au féminin : « douce. » On rajoute « -ment » : « doucement. » Quelque chose qui va doucement, c’est quelque chose de lent, de calme. Autre exemple : « fort » — F-O-R-T, T est une consonne. Féminin : « forte. » On rajoute « -ment » : « fortement. » Fortement veut dire beaucoup, avec intensité.
Deuxième cas : l’adjectif se termine par une voyelle. On rajoute directement « -ment. » Par exemple, « extrême » se termine par un « e » — on rajoute « -ment » : « extrêmement. » Autre exemple : « faible » se termine par un « e » — on rajoute « -ment » : « faiblement. »
J’espère que vous me suivez et que vous ne vous êtes pas endormis avec le son de ma voix — parce que parfois, ça arrive. On m’a déjà dit que d’écouter mon podcast, ça faisait dormir. Je ne sais pas si je dois prendre ça comme un compliment ou comme un défaut. En tout cas, on me l’a déjà dit plusieurs fois.
Troisième cas : l’adjectif se termine par « -ent » ou « -ant. » On enlève la terminaison et on la remplace. Si ça se termine par « -ent », on met « -emment » — E-M-M-E-N-T. Exemple : « violent » → on enlève « -ent », on rajoute « -emment » → « violemment. » Si ça se termine par « -ant », on met « -amment » — A-M-M-E-N-T. Exemple : « brillant » → on enlève « -ant », on rajoute « -amment » → « brillamment. »
Et avec ça, on a fini notre étude sur les suffixes en français. Ça a duré longtemps, mais on y est arrivé. On a vu pas mal de podcasts sur les préfixes et pas mal sur les suffixes. Je vous invite, si vous le souhaitez, à réécouter les sections qui vous intéressent — je divise mon podcast en trois chapitres à chaque fois, donc vous pouvez facilement réécouter soit l’introduction, soit l’astuce du jour, soit l’expression du jour.
3) Expression du jour : « Avoir les fils qui se touchent »
Et maintenant, on va passer à l’expression du jour : « Avoir les fils qui se touchent. »
« Avoir » — c’est un verbe ou un auxiliaire, on l’a déjà vu plein de fois. Je vous le conjugue aujourd’hui au présent, au futur et au passé simple. Je ne sais pas si vous avez écouté mon podcast où je vous parlais de répétition, mais pour apprendre quelque chose, c’est important de le répéter, de le revoir plusieurs fois — c’est pour ça que je vous fais des conjugaisons à chaque fois.
Au présent : « j’ai, tu as, il a, nous avons, vous avez, ils ont. » Au futur : « j’aurai, tu auras, il aura, nous aurons, vous aurez, ils auront. » Au passé simple : « j’eus, tu eus, il eut, nous eûmes, vous eûtes, ils eurent. »
Ensuite, dans l’expression, on a « les » et « fils. » Un fil, c’est quelque chose de très fin et très long. Sur l’image du podcast, j’ai mis des fils électriques — mais ça peut être aussi des fils de laine pour faire des pulls, des fils de coton pour faire des vêtements. Le fil électrique, c’est ce qui va servir à former les réseaux électriques. Et on a aussi la fibre optique pour Internet — encore plus fine qu’un fil.
Le « qui » dans l’expression introduit une proposition relative — on en parlera un autre jour dans un podcast spécifique.
Et enfin, « se touchent » — c’est un verbe pronominal « se toucher. » Ce sont les fils qui se touchent entre eux, qui sont en contact l’un avec l’autre. Toucher, c’est mettre en contact deux choses. Là, je touche mon bureau avec ma main — ma main est en contact avec mon bureau.
Alors, qu’est-ce que ça veut dire « avoir les fils qui se touchent » ? Ça veut dire la même chose que l’expression du podcast 170 — « avoir un pet au casque » — ça veut dire être fou, être déséquilibré. Ça peut aussi décrire quelqu’un qui va faire quelque chose de dingue, quelque chose que vous ne feriez jamais.
Par exemple, sauter en parachute — je l’ai déjà fait. Eh bien, pour ceux qui ont peur du vide, ils peuvent dire : « Lui, il est fou de sauter en parachute. Il a les fils qui se touchent. » Autre exemple : quelqu’un qui va jouer tout son argent au casino, à la roulette — vous pouvez dire : « Lui, il a les fils qui se touchent. Il est fou de jouer tout son argent à la roulette. »
L’origine de cette expression, c’est tout simplement l’électricité. Comme je vous l’ai montré sur l’image du podcast — quand deux fils qui ne devraient pas se toucher se touchent, ça crée un court-circuit, ça fait sauter les plombs. On prend cette image pour le cerveau. Avoir les fils qui se touchent dans la tête, ça fait sauter les plombs du cerveau — c’est quelqu’un qui n’a pas toute sa tête.
En anglais, ça se dit « to blow a fuse. »
J’espère que vous avez compris et surtout, que vous savez à quel moment utiliser cette expression. Demain, on verra une expression qui est « Être en bisbille avec quelqu’un » — je suis sûr que vous ne connaissez pas celle-là. Et on verra tout ça demain. Je vous remercie de m’avoir écouté. Je vous laisse ici et je vous dis merci beaucoup, à bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane, mina-san !
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