« Avoir quelqu’un dans le collimateur » et les suffixes 1/5

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien et je vous souhaite la bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, on est samedi, on est le samedi 5 juillet 2025 et en France, il fait encore chaud. Alors il fait moins chaud que la semaine dernière, c’est moins la canicule, d’ailleurs ce n’est plus la canicule, mais il fait quand même encore très chaud. Donc bon courage à tous si vous souffrez de la chaleur aussi chez vous. Aujourd’hui, on va faire plusieurs choses intéressantes. Aujourd’hui, on va parler d’une expression qui est « Avoir quelqu’un dans le collimateur. » Je parie que vous ne connaissez pas cette expression et ce mot, et pourtant, c’est une expression qu’on entend de temps en temps dans les conversations, dans les films, dans ce genre de choses. Avant ça, en deuxième partie de podcast, on parlera des suffixes. On a vu les préfixes depuis quatre ou cinq podcasts déjà, même peut-être six podcasts là-dessus. Donc les préfixes, c’est ce qu’on met avant le mot et les suffixes, on en parlera tout à l’heure.

1) Intervilles

Mais d’abord, en guise d’introduction, comme promis, je vais vous parler d’un jeu télévisé qui s’appelle Intervilles. Intervilles, c’est un jeu qui avait lieu, qui a été diffusé dans les années 1970, 1980, 1990, qui s’est arrêté et là, cette année, ils vont recommencer à faire Intervilles. Pourquoi je vous parle d’Intervilles ? Parce que quand on a étudié les préfixes, eh bien, je vous ai parlé de ce mot. Inter-villes. Ville, c’est un grand village — par exemple Bayonne, Lyon… non pas Lyon, Lyon c’est trop grand. Les villes… les agglomérations entre 5 000 et peut-être 40 000, 80 000 habitants, ce sont des villes. Il y a des immeubles, des parcs, des routes, des magasins, etc. Eh bien, « inter-villes », ça veut dire « entre les villes. »

Donc en fait, Intervilles, c’est un jeu télévisé qui va opposer une ville à une autre. Évidemment, ce n’est pas toute la ville qui participe — il n’y a que quelques candidats, peut-être 5 ou 6 d’une même ville, qui vont être opposés à 5 ou 6 candidats d’une autre ville. Donc par exemple, on va avoir Le Havre contre Rouen, Lille contre Beauvais, Cassis contre La Ciotat, peu importe.

Et comment ça se passe ? Il y a des épreuves qui sont très marrantes, assez rigolotes. Par exemple, il y a une personne de chaque ville qui va être déguisée en sumo — avec un costume très gros — et qui va devoir pousser l’autre pour le faire tomber d’une plateforme. Alors Intervilles, ce n’est pas pour les intellectuels, c’est pour ceux qui ne veulent pas réfléchir. Si tu veux te mettre devant la télé un soir et pas réfléchir, tu regardes Intervilles. Il y a plein de jeux comme ça où les candidats vont se déguiser et essayer de gagner des points pour faire gagner leur ville.

Et dans Intervilles, il y a deux épreuves mythiques, deux épreuves très connues, dont une qui est le lâcher de vachette. Alors ça, cette année, il n’y en aura pas. Mais si vous voulez voir ce que c’est, allez sur Internet, allez sur YouTube, tapez « Intervilles vachette » et vous allez voir. En fait, c’est une arène avec du sable, il y a trois ou quatre mecs dans l’arène et la production va lâcher une vache, une vachette. Une vachette, c’est une petite vache avec des cornes, bien énervée, une vachette bien vénère.

Et donc, ils vont lâcher la vachette et la vachette va courir après les candidats. Le but des candidats, c’est d’aller récupérer un objet ou casser un bol — peu importe — et gagner des points comme ça. Donc, tapez « Intervilles vachette » et vous allez voir ce que c’est. Ça, c’est le premier jeu mythique. Et le deuxième jeu, il est à la fin.

En fait, vous avez une espèce de plan incliné avec une barre et vous devez vous suspendre avec les bras à cette barre et faire monter cette barre le long du plan incliné — de chaque côté, il y a des accroches — et donc, à la force des bras, il faut se tracter pour faire monter la barre et arriver tout en haut. Autant vous dire que c’est un jeu pour ceux qui sont très musclés, c’est un jeu pour les pompiers. En fait, Intervilles, c’est un peu l’ancêtre de Ninja Warrior pour ceux qui connaissent. C’est pas tout à fait pareil, mais en tout cas, le dernier jeu d’Intervilles, c’est un peu Ninja Warrior — il faut être très physique, très musclé.

Et le générique d’Intervilles, la musique très connue que tous les Français connaissent, c’est… Ça, c’est le générique d’Intervilles. Je ne sais pas s’ils l’ont repris cette année. J’imagine que oui, parce que c’est tellement connu, tellement mythique qu’ils ne peuvent pas se passer de cette musique. Après, je pense qu’il y a des épisodes entiers d’Intervilles disponibles sur Internet. C’est pas très intellectuel mais si vous voulez voir des gens tomber, se casser la figure, se battre, crier, rigoler — vous pouvez regarder, c’est assez drôle.

2) Les suffixes, suite

Et tout de suite, on va enchaîner avec les suffixes, comme je vous le disais tout à l’heure. Alors, c’est quoi un suffixe ? Un suffixe, c’est quelques lettres d’un mot qu’on va rajouter après un mot. Dans le préfixe, on ajoute la partie avant le mot, et dans le suffixe, on ajoute la partie après. Je vous fais juste un petit rappel sur le radical d’un mot. Le radical, c’est la base du mot, l’origine, ce qui va donner le sens au mot. Par exemple, si je reprends le même exemple que pour les préfixes — le mot « port » P-O-R-T — c’est l’action de porter quelque chose — eh bien, à partir de ce mot « port », on va pouvoir faire plein d’autres mots en rajoutant des suffixes, des préfixes ou les deux.

Par exemple, avec des suffixes : un porteur, un portable, une portion, un portant. Et avec un préfixe et un suffixe : apporter, importer, exportation, importation. Tous ces mots sont des dérivés, des mots de la même famille que le mot « port », et tous contiennent le radical « port » P-O-R-T.

Alors, maintenant, on va rentrer dans le vif du sujet — ou plutôt entrer dans le vif du sujet — et on va parler des suffixes. Ce qu’il faut savoir, c’est que contrairement aux préfixes, les suffixes peuvent changer la nature d’un mot. Je vous avais dit que pour les préfixes, ça ne change pas la nature du mot. Entre « porter » et « apporter », on a rajouté un préfixe mais ça reste un verbe. Par contre, entre « port » qui est un nom et « portatif » qui est un adjectif, on a rajouté un suffixe et ça a changé la nature. Entre « port » qui est un nom et « porter » qui est un verbe, on a rajouté un suffixe et ça change la nature. Donc retenez : le préfixe ne change pas la nature d’un mot, le suffixe peut changer la nature d’un mot. Ce n’est pas obligatoire — entre « port » qui est un nom et « portable » qui est aussi un nom, la nature ne change pas.

Maintenant qu’on a dit ça, on va voir qu’il existe beaucoup de suffixes et surtout qu’ils ont beaucoup de sens différents. On ne va pas tous les citer mais sur deux, trois, quatre podcasts différents à la suite, on va en voir quelques-uns. On va en voir aujourd’hui, demain, lundi et après, peut-être à mon retour de vacances, donc le 16 juillet.

Et donc, du 8 au 15, je vous rappelle, pas de podcasts sur ma chaîne. Alors, aujourd’hui, on va parler des suffixes d’action. C’est l’action de faire quelque chose — en fait, de faire ce qui est inclus dans le mot. Je vais vous donner des exemples, vous allez comprendre.

Il y a trois types de suffixes d’action.

Le premier, c’est le suffixe « -ement » — E-M-E-N-T.

Si on prend le mot « groupe » — un groupe, c’est un ensemble de personnes ou d’autres choses d’ailleurs, ça peut être un groupe d’animaux, un groupe d’arbres, ce que vous voulez. On rajoute « -ement » et ça donne « groupement. » Ou même un regroupement. Un regroupement, on a ajouté le préfixe « re » et le suffixe « -ement » — un regroupement de personnes, c’est plusieurs personnes qui vont se rassembler, se rapprocher les unes des autres pour former un groupe. Donc, le regroupement, c’est l’action de se grouper.

Le deuxième, c’est le suffixe « -tion » — T-I-O-N.

Si je vous donne le verbe « finir » — terminer quelque chose, aller jusqu’au bout. « J’ai fini mes devoirs » veut dire j’ai terminé mes devoirs. Eh bien, « finition » — on a rajouté « -tion » à la base du mot « fini » — ça donne l’action de finir quelque chose, faire la finition de quelque chose. Non, je ne rigole pas, c’est « finir une action. » Bon, voilà, on va s’arrêter là pour cette connerie.

Ensuite, je vous donne le mot « éduquer. » Éduquer, c’est élever quelqu’un, lui apprendre des choses, les bonnes manières, à compter, à parler, etc. L’école nous a éduqués. Eh bien, on va prendre la base du mot et rajouter « -tion » — en l’occurrence, là, on va rajouter « -ation ». C’est un peu différent selon les mots, mais c’est comme ça. Donc, de « éduquer », ça donne « éducation. » L’éducation, c’est l’action d’éduquer quelqu’un. Recevoir une bonne éducation, c’est avoir été bien éduqué, avoir reçu une instruction — on nous a appris les bonnes manières, on nous a donné des outils pour réfléchir.

Un autre exemple en « -tion » : le verbe « détruire. » Si je vous donne « détruire » avec le suffixe « -tion », vous arrivez à trouver le nouveau mot ? L’action de détruire, ça s’appelle « la destruction. » La destruction du monde, c’est le monde réduit en cendres — pas mis en pièces, plutôt réduit en cendres. Donc, « destruction » vient du verbe « détruire. »

Et le dernier suffixe d’action, c’est le suffixe « -age » — A-G-E.

Pour rappel, les trois suffixes d’action sont donc « -ement », « -tion » et « -age. »

Par exemple, « chauffer » — rendre chaud quelque chose. Vous chauffez une pièce avec un chauffage. Le chauffage, c’est l’appareil qui fait l’action de chauffer, ce qui vous permet d’avoir chaud l’hiver.

On va trouver un autre exemple. On va dire que vous êtes en classe de français et vous vous ennuyez — contrairement à quand vous écoutez mon podcast, bien sûr. Vous êtes en cours et vous discutez avec votre voisin. On va dire que vous bavardez. « Bavarder » veut dire discuter. L’action de bavarder — on rajoute « -age » à la fin — c’est le bavardage. Faire du bavardage, c’est faire l’action de bavarder, de parler avec votre voisin en cours parce que vous vous ennuyez.

On va prendre un dernier exemple : le verbe « dresser » pour les animaux — bien que maintenant on dise plutôt « éduquer » que « dresser. » Mais pour l’exemple, c’est mieux pour moi. L’action de dresser, ça va être le dressage. Dresser un animal, c’est faire son dressage — ou on peut dire, comme tout à l’heure, faire son éducation.

3) Expression du jour : « Avoir quelqu’un dans le collimateur »

Et maintenant qu’on a fini sur les suffixes d’action — on continuera bien sûr demain — on va passer à l’expression du jour : « Avoir quelqu’un dans le collimateur. » Je vous répète : « Avoir quelqu’un dans le collimateur. »

On va faire mot par mot. « Avoir » — vous connaissez, c’est un verbe ou un auxiliaire. Je vais vous le conjuguer au présent, à l’imparfait et au futur rapidement parce que maintenant, je pense que vous connaissez ce verbe et ses conjugaisons. Avoir au présent : « j’ai, tu as, il a, nous avons, vous avez, ils ont. » Avoir à l’imparfait : « j’avais, tu avais, il avait, nous avions, vous aviez, ils avaient. » Vous n’êtes pas obligés de les réciter aussi vite que moi — vous pouvez appuyer sur pause pour les chercher dans votre tête avant que je vous donne la réponse. Avoir au futur : « j’aurai, tu auras, il aura, nous aurons, vous aurez, ils auront. »

Ensuite, dans l’expression, on a le mot « quelqu’un. » Quelqu’un, c’est une personne au hasard, une personne vivante dont on ne donne pas l’identité. Ici, ça peut être moi, vous, une personne dont on parle, n’importe qui.

Quatrième mot : « dans » — une préposition de lieu dont on a déjà parlé plusieurs fois, mais pour laquelle on n’a toujours pas fait de podcast spécifique sur les prépositions. C’est prévu — je vous ferai ça peut-être fin juillet ou au mois d’août, on verra.

Et ensuite, le mot important de l’expression : « le collimateur. » « Le » — article défini, masculin singulier. On ne dit pas « la collimateur » — c’est masculin. Le collimateur, concrètement, c’est l’appareil de visée sur les armes à longue portée — comme les fusils sniper, comme les tanks. Dans un fusil sniper, vous mettez l’œil dans une espèce de lunette, un appareil optique qui vous permet de viser une cible. Eh bien, cet appareil, ça s’appelle un collimateur. Sur une arme, on met l’œil dans le collimateur pour viser.

Donc, est-ce que vous comprenez ce que ça veut dire « avoir quelqu’un dans le collimateur » ? Au sens propre, à l’origine, ça veut dire viser quelqu’un avec une arme. Mais avec les années, l’expression s’est transformée pour vouloir dire aujourd’hui : surveiller quelqu’un de près. Et derrière, il y a un sens menaçant, une notion de danger. On surveille quelqu’un parce qu’on pense qu’il va faire une bêtise ou qu’il ne va pas faire ce qu’on lui demande. Il y a une menace implicite — comme une arme peut être une menace si elle est pointée vers vous.

Par exemple — on parlait tout à l’heure de bavardage, d’élèves qui discutent. Oh putain, il est bien construit, mon podcast, c’est incroyable ! Il y a des liens partout. Eh bien, le prof de français qui vous voit bavarder va ensuite vous avoir dans le collimateur. Il va vous surveiller, vérifier si vous bavardez encore, et si c’est le cas, il pourra vous faire une remarque. Et au cours d’après, il vous aura toujours dans le collimateur, il va vous surveiller de plus près. On peut dire aussi « avoir quelqu’un dans le viseur » — le viseur sur une arme, c’est aussi le collimateur.

D’ailleurs, c’est intéressant parce qu’on dit « avoir quelqu’un dans le collimateur » — forme active — et quand c’est passif, on dit « être dans le collimateur de quelqu’un. » Vous voyez comme le français est précis ? On dit « avoir quelqu’un dans le collimateur » et « être dans le collimateur de quelqu’un. » C’est la même expression, mais selon qu’on agit ou qu’on subit, on va utiliser « avoir » ou « être. » J’espère que vous comprenez et que c’est pas trop compliqué pour vous.

En anglais, ça se dit « to have it in for someone. » Tout simplement. Qu’est-ce qu’on a d’autre à se dire avant que je vous quitte ?

L’expression de demain, c’est « Se faire remonter les bretelles » — et ça, on n’a pas forcément envie de se faire remonter les bretelles. Je vous remercie de m’avoir écouté — je suis désolé, c’était un peu long aujourd’hui, 25 minutes que je parle. J’espère que vous appréciez quand même ce podcast. Laissez-moi un petit commentaire sur YouTube ou sur Apple Podcasts, ça fait toujours plaisir, et une petite note, ça aide à la visibilité et à avoir de nouveaux auditeurs. En tout cas, je vous remercie tous de votre fidélité et je vous dis donc à bientôt. Bye bye, hasta luego, matane !


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