« Être en bisbille avec quelqu’un » et des mots venus d’ailleurs

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que ça va. On est aujourd’hui le samedi 19 juillet 2025 et je vous souhaite donc la bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, on va voir comme prévu hier une expression qui est « Être en bisbille avec quelqu’un. » Mais d’abord, vous le savez, on a une introduction et en deuxième partie, une astuce du jour.


1) Les mots français d’origine étrangère

En guise d’introduction, je voulais vous parler un peu des mots français qui sont d’origine étrangère. La langue française est une langue dérivée du latin et du grec dans son histoire. Mais il y a aussi beaucoup de mots qui sont empruntés à d’autres langues. Les origines grecques et latines de la langue française sont certaines, mais on a aussi eu beaucoup de cultures différentes qui ont habité dans notre pays, qui l’ »ont envahi », et ces cultures, ces langues, se sont mélangées avec le français. Donc, en français, il y a une base d’origine latine et grecque, mais il y a aussi beaucoup de mots qui viennent de l’arabe, du japonais, du russe. Et de l’anglais, il y en a énormément.

Alors, je vais vous faire une petite liste — bien sûr, il en existe beaucoup d’autres. Je vais vous donner des mots qui sont aujourd’hui français, mais qui à la base viennent d’une autre langue. J’imagine que pour votre langue, c’est la même chose. Si votre langue maternelle est l’espagnol, je suis sûr qu’il existe des mots qui viennent d’une autre langue, peut-être même du français. Mais aujourd’hui, on va parler du français, bien sûr.

Des mots qui viennent de la langue arabe. Le mot « yaourt » — est-ce que vous savez ce que c’est ? Un yaourt, c’est une préparation à base de lait qui va fermenter, donc s’épaissir, et après, on peut mettre du sucre, de la confiture, ce qu’on veut dedans. Eh bien, le mot « yaourt » est d’origine arabe, tout comme évidemment le mot « couscous » — une spécialité des pays d’Afrique du Nord. Le mot « magasin » est d’origine arabe. Le mot « chiffre » et le « zéro » aussi. Il y a plusieurs centaines d’années, en Europe, en France, on utilisait les chiffres romains — nous n’utilisions pas les chiffres qu’on utilise aujourd’hui. Les chiffres qu’on utilise aujourd’hui sont d’origine arabe. Ce sont eux qui les ont inventés et créés, et après, nous les avons adoptés. Aujourd’hui, plus personne n’utilise les chiffres romains — on utilise les chiffres arabes.

Des mots d’origine indienne. Le mot « pyjama », ça vient de la langue indienne. Un pyjama, c’est le vêtement qu’on met pour dormir. Moi, je dors en t-shirt et en short — je n’ai pas de pyjama. Mais il y a des personnes qui ont un vêtement spécifique pour la nuit, et ça s’appelle un pyjama. Le mot « shampooing » — l’élément qu’on utilise pour se laver les cheveux — est dérivé de l’anglais « shampoo », et « shampoo » vient de la langue indienne. Vous voyez, on peut retracer l’origine de beaucoup de mots.

Des mots d’origine japonaise. Les mots qui viennent de cette culture désignent souvent des objets ou des pratiques qui viennent de là-bas. « Kimono » — c’est le même mot en japonais. « Karaoké » — avec la prononciation française, le karaoké, c’est quand on chante dans un micro sur une musique enregistrée, en lisant les paroles sur un écran. C’est le même mot en japonais — « karaoke. » Les sushis, les sashimis, les noris — tous ces mots sont d’origine japonaise.

Des mots d’origine russe. De la langue russe, on a évidemment importé la « vodka » — un alcool qui vient de Russie. Mais aussi d’autres mots auxquels on n’aurait pas forcément pensé. Par exemple, « bistro » — un bar, un endroit où vous allez pour boire un verre, discuter, jouer à des jeux, boire un café, manger aussi — ça vient de la langue russe. « Hourra » — hip hip hip, hourra ! — ça vient du russe. Et le mot « conseil » — donner un conseil à quelqu’un, l’aider dans une décision — serait lui aussi d’origine russe.

Des mots d’origine espagnole. Ah, je me suis trompé tout à l’heure — les mots qui viennent de la langue espagnole, d’Espagne et d’Amérique du Sud. Le podcast en carton. Le mot « maïs » vient de l’espagnol. Avec du maïs, on peut faire de la farine, le manger cru s’il est frais, le faire cuire en salade, faire du pop-corn… « Cacahuètes » — c’est d’origine espagnole. Le mot « tomate » aussi — les tomates ont été importées d’Amérique du Sud, peut-être au XVIe ou XVIIe siècle par les conquistadors espagnols. Et donc, on a pris leur mot pour désigner ce merveilleux fruit — parce qu’oui, la tomate est un fruit, pas un légume. Ce merveilleux fruit rouge qu’on cultive très bien en France et qui est délicieux l’été.

Tout ça pour vous dire quoi ? Tout ça pour vous dire que le français est une langue vivante — une langue parlée par beaucoup de personnes, qui évolue, qui change avec les habitudes, avec les usages, avec ce qui se passe dans le monde. Par exemple, « télétravail » — le fait de travailler chez soi, à distance — il y a dix ans, je pense que ce mot n’existait pas ou était très peu connu. Aujourd’hui, tout le monde sait ce que ça veut dire.

Si une langue ne change pas, ne bouge pas, c’est une langue vouée à disparaître. Avec le monde moderne, les voyages, la facilité d’accès à l’information, les échanges entre les personnes, les couples de différentes nationalités — évidemment, la langue évolue. Et c’est important, de mon point de vue, que la langue évolue, même s’il est aussi important de garder une base solide, des règles qui existent depuis des centaines d’années.

Je pense particulièrement aux jeunes — ceux qui ont entre 13 et 25 ans — qui inventent des mots, comme on a pu en inventer à l’époque. Je parle de ça comme si j’avais 70 ans, mais ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, j’ai 40 ans — je ne me considère pas comme vieux, mais je ne me considère plus vraiment comme jeune non plus. Mais quand j’avais 15 ou 20 ans, on inventait des mots, on en créait de nouveaux qu’on utilisait entre nous. Aujourd’hui, les jeunes disent « des barres » — ça veut dire qu’ils ont beaucoup ri. Au lieu de dire « on s’est bien marrés », ils disent « des barres. » Ça ne veut rien dire littéralement, mais ça a été créé par ces jeunes, c’est très utilisé, et c’est comme ça que la langue évolue.

Je crois que mon introduction a duré beaucoup trop longtemps. Du coup, aujourd’hui, on va zapper l’astuce du jour — ça ne sert à rien de commencer autre chose, sachant que demain, on va commencer une fable de La Fontaine qui va durer deux podcasts parce qu’elle est assez longue et assez compliquée. On commencera une nouvelle série sur les règles de français dans trois jours.


2) Expression du jour : « Être en bisbille avec quelqu’un »

Et tout de suite, on va passer à l’expression du jour : « Être en bisbille avec quelqu’un. »

Dans l’expression, on a six mots. D’abord, le verbe « être. » Je vais vous le conjuguer au présent, à l’imparfait et au passé simple — on ne change pas une équipe qui gagne.

Au présent : « je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont. » Je vais assez vite parce que je pense que vous le connaissez.

À l’imparfait : « j’étais, tu étais, il était, nous étions, vous étiez, ils étaient. »

Au passé simple — je vais aller un peu plus doucement. Si vous voulez, vous pouvez mettre pause pour réfléchir avant d’écouter la réponse. Le verbe « être » au passé simple : « je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes, ils furent. » Celui-là est peu commun, mais de temps en temps, il peut servir.

Revenons à l’expression. Pourquoi vous ai-je parlé au début des mots d’origine étrangère ? Parce que dans « être en bisbille », les deux mots « en bisbille » viennent de l’italien. « Bisbille » vient de l’italien « bisbiglio » qui veut dire « chuchotement. » Un chuchotement, c’est quand on parle comme ça, à voix basse, doucement. Là, je chuchote — est-ce que vous m’entendez ? Et au fil du temps, le fait de parler doucement — peut-être pour se disputer discrètement — s’est transformé, je ne sais pas pourquoi, en idée de dispute, de désaccord, d’embrouille. Donc « bisbiglio » en italien veut dire « chuchotement », mais « bisbille » en français veut dire « dispute. »

« Être en bisbille avec quelqu’un » — ça veut dire être fâché avec une personne, être embrouillé, s’être disputé, avoir un problème non résolu avec quelqu’un.

Par exemple, au travail. Si vous travaillez en entreprise, il y a forcément une personne qui ne vous revient pas, avec qui vous vous êtes embrouillé au moins une fois, avec qui vous êtes en bisbille. Si vous devez aller lui demander quelque chose, vous allez tout faire pour éviter d’y aller, ou demander à quelqu’un d’y aller à votre place.

Ça peut être la même chose dans les fêtes de famille. À Noël en France, toute la famille se réunit — vous pouvez être 20, 30, 40 à table. Et il y a toujours quelqu’un avec qui vous avez eu un problème un jour qui n’a jamais été résolu — un vieux tonton, une tata, un frère, un cousin éloigné. Depuis, vous êtes en bisbille avec cette personne.

En anglais, on dit « to have a falling out with someone. »

Ce n’est pas une expression familière — c’est du langage courant. Vous pouvez tout à fait le dire à votre patron, à un collègue, à un membre de la famille : « Je suis en bisbille avec cette personne. » C’est tout à fait possible.

Demain, on va commencer une fable de La Fontaine qui s’appelle « Le Lion et le Moucheron. » Je n’ai plus qu’à vous remercier de m’avoir écouté jusqu’au bout. Ça me fait bien plaisir que vous puissiez améliorer votre niveau en français. N’hésitez pas à me faire un petit retour sur YouTube ou sur Patreon, ou en laissant une petite note sur votre application de podcast. Ce sera très gentil. Je vous dis donc merci beaucoup et à bientôt. Bye bye, hasta luego, matane !


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