« Filer à l’anglaise » et gagner à la loterie

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Bonjour à tous, bonjour à toutes — non, bonjour à toutes, bonjour à tous, pardon — j’espère que vous allez bien. On est aujourd’hui le mardi 22 juillet 2025 et je vous souhaite la bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. Alors aujourd’hui, on parle de quoi ? Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? Aujourd’hui, on va voir une expression qui est « Filer à l’anglaise. » C’est marrant parce que cette expression, en anglais, eh bien, c’est la même idée mais avec le mot français : « to take French leave. » En fait, c’est « filer à la française. » Mais je vous expliquerai tout ça tout à l’heure.


1) Gagner à la loterie

D’abord, j’avais envie de vous parler de la loterie — du loto et de l’Euromillions. En France, il y a beaucoup de jeux de hasard, des jeux qu’on peut gratter. Vous achetez ça dans un tabac, vous prenez une pièce, vous grattez — souvent vous perdez, de temps en temps vous gagnez un peu, et très rarement vous pouvez gagner 100 euros, 500 euros, 5 000 euros, etc. Ça, ce sont les jeux de grattage.

Et il y a d’autres jeux qu’on appelle les jeux de tirage. Ces jeux-là, on va tirer des numéros — le bingo, le loto, l’Euromillions. Le principe du loto, c’est de retrouver à l’avance des numéros qui vont être tirés par des boules dans une machine qui tourne. Il faut donc trouver tous les numéros à l’avance. En France, il y a le loto — qui est uniquement français — et l’Euromillions — qui, comme son nom l’indique, est européen. On peut y jouer partout en Europe avec le même tirage. Le loto a deux tirages par semaine — deux, je crois — et l’Euromillions pareil.

Au loto, on peut gagner des sommes comme 2,50 ou 3 euros, et si vous trouvez tous les numéros, vous pouvez gagner 1, 2, 3, 4, 10 millions d’euros. À l’Euromillions, vous pouvez aussi gagner de petites sommes, mais vous pouvez gagner des sommes bien plus importantes — 50, 70, 100, 200, 220 millions d’euros. Évidemment, ça n’arrive jamais ou quasiment jamais — et c’est de ça dont je voulais vous parler.

Vous avez une chance sur 140 millions de gagner à l’Euromillions. 140 millions, c’est le chiffre 14 avec 7 zéros derrière — 140 000 000. Pour comprendre un peu la perspective, j’ai pris des comparatifs avec d’autres probabilités.

Par exemple, être frappé par la foudre. La foudre, ce sont les éclairs, le tonnerre. Vous avez une chance sur 250 000 d’être frappé par la foudre. Ça veut dire que par rapport à l’Euromillions, vous avez à peu près 500 fois plus de chances — ou plutôt de malchances — de vous faire toucher par la foudre que de gagner à l’Euromillions.

Ensuite, une autre statistique — vous avez une chance sur 720 000 de vous faire toucher par une météorite. Une météorite, c’est un morceau de roche qui vient de l’espace. Ces morceaux de roche traversent l’atmosphère, se fragmentent, et peuvent parfois toucher un humain. Une chance sur 720 000 — soit à peu près 200 fois plus que de gagner à l’Euromillions. Ahlala, la déprime. Plus personne ne va jouer au loto après ce podcast.

Autre statistique — la probabilité de mourir en avion. Une chance sur 11 millions. Quand 11 millions de personnes prennent l’avion, il y en a une qui meurt. Une chance sur 11 millions. Vous avez donc environ 13 fois plus de chance de mourir en avion que de gagner à l’Euromillions. C’est vous dire la sécurité des avions — je pense que c’est le moyen de transport le plus sûr.

Et enfin, une dernière statistique — et celle-là, elle ne concerne que les hommes. Vous avez une chance sur 18 millions d’avoir trois testicules. Les testicules, ce sont les organes reproducteurs de l’homme — les couilles, les boules. Il y a un homme sur 18 millions qui naît avec trois testicules. Donc vous avez à peu près 8 fois plus de chance de naître avec trois testicules que de gagner à l’Euromillions — puisque l’Euromillions, c’est une chance sur 140 millions, et trois testicules, une chance sur 18 millions. C’est pour vous dire le peu de chance qui existe de gagner à l’Euromillions. C’est abusé.

Le seul gagnant de l’Euromillions, c’est l’État. La seule personne qui gagne de l’argent, c’est l’État français et les États européens. Donc, un conseil — si vous voulez jouer, jouez 2,50 ou 5 euros maximum. Si vous gagnez, bingo, bravo, faites ce que vous voulez. Si vous perdez, vous n’aurez pas trop perdu. Si vous commencez à jouer 25, 50, 100 euros, d’abord c’est beaucoup d’argent, et ensuite ça ne sert à rien. La seule chose que vous allez enrichir, c’est l’État. Et franchement, on paye déjà assez d’impôts comme ça.


2) Expression du jour : « Filer à l’anglaise »

Est-ce qu’on va parler de l’astuce de français que je voulais vous faire ? Je pense que non — on va directement passer à l’expression du jour, sinon le podcast va être trop long. On fera cette astuce demain.

« Filer à l’anglaise. » Alors, « filer » — dans cette expression, ça veut dire partir en vitesse, s’en aller, se retirer. Ça veut dire « foutre le camp » — ça, c’est encore plus familier. « Filer », c’est déjà un registre un peu familier — entre courant et familier. « Foutre le camp », c’est familier, limite vulgaire. Donc « filer », vous pouvez l’utiliser avec des amis, peut-être des collègues que vous connaissez depuis un moment. « Je dois filer » — vous pouvez le dire à des personnes que vous connaissez. Sinon, avec quelqu’un que vous ne connaissez pas, dites plutôt « je dois partir. »

En français, on a différents niveaux de langage suivant la personne à qui vous parlez — comme dans beaucoup de langues. Il y a des mots pour les amis, des mots pour les personnes que vous ne connaissez pas ou peu, votre patron, quelqu’un que vous respectez, et des mots pour des enfants. C’est le langage soutenu, le langage courant et le langage familier. Il y a aussi le langage parlé — je vous en parlerai dans deux ou trois jours, on fera un podcast spécifique là-dessus.

Le verbe « filer » au présent — « je file » — ça veut dire « je pars », c’est ce que vous êtes en train de faire. « Je dois filer », c’est presque une obligation, vous avez quelque chose à faire ailleurs.

Revenons à l’expression « filer à l’anglaise. » Ici, le « à » a une valeur de moyen — comment on file ? On file à l’anglaise. C’est comme en cuisine — vous pouvez cuisiner à la poêle, à la casserole, à la vapeur. Le « à » indique la méthode, le moyen. Donc « filer à l’anglaise », c’est filer à la méthode des Anglais, comme un Anglais.

Pour comprendre cette expression, il faut comprendre son origine. « Filer à l’anglaise » vient du verbe « anglaiser » — un verbe du français ancien qu’on n’utilise plus, qui voulait dire « voler. » Voler quelque chose, c’est prendre quelque chose à quelqu’un sans le payer. Un voleur entre chez vous, prend la télé, des bijoux, une montre et repart. Donc « anglaiser » voulait dire « voler. » Et « filer à l’anglaise », qui vient de ce verbe, c’est partir comme un voleur — partir sans prévenir personne, partir sans dire au revoir. Un voleur, vous ne le voyez pas entrer et vous ne le voyez pas sortir — partir comme un voleur, c’est partir discrètement, sans un bruit, sans un mot.

Pourquoi « anglaiser » voulait-il dire « voler » ? Je pense que ça vient de la relation compliquée qui existait entre les Anglais et les Français. Durant des siècles, il y a eu des guerres entre les deux pays. Aujourd’hui, on adore les Anglais — même s’ils mangent mal — et les Français nous adorent — même si on mange des escargots et des cuisses de grenouille. Enfin bref. À l’époque, « anglaiser » voulait dire « voler » parce qu’on considérait que les Anglais étaient des voleurs. Et les Anglais nous le rendent bien, parce que « filer à l’anglaise » en anglais, ça se dit « to take French leave » — partir à la française. Eux aussi se moquent de nous. Nous, on dit « filer à l’anglaise », et eux disent « filer à la française. »

Par contre, je ne sais pas qui a commencé — est-ce que ce sont les Français qui ont dit « filer à l’anglaise » en premier, ou les Anglais qui ont dit « to take French leave » en premier ? Ça va rester un mystère, je n’ai pas trouvé la réponse.

Donc cette expression, vous pouvez l’utiliser un peu tout le temps — mais faites attention avec le mot « filer. » Avec des personnes que vous ne connaissez pas du tout, ou avec votre patron, c’est moyen. Préférez « partir » dans ce cas.

Demain, mercredi 23 juillet, on verra l’expression « Qui dort dîne. » Je vous souhaite une bonne journée, une bonne soirée, un bon après-midi — ou une bonne après-midi, parce qu’on peut dire les deux. « Après-midi » est masculin et/ou féminin. Vous pouvez toujours me laisser un petit commentaire, une petite note sur votre application de podcast — c’est sympathique. Et sur Patreon, vous retrouvez des podcasts originaux que vous ne pouvez pas écouter ailleurs. Merci beaucoup de votre attention, merci de m’avoir écouté jusqu’au bout. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !


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