« Ouvrir l’oeil et le bon » et le pronom « en »

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien et je vous souhaite la bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, c’est le lundi 28 juillet — c’est donc le début de la semaine — et aujourd’hui, on va parler d’une expression française qui est… qui est quoi ? Attendez… ah oui, oui… qui est « Ouvrir l’œil et le bon. »

1) Le ramassage des poubelles en France

Mais d’abord, je vais vous parler un peu du système de ramassage des poubelles en France. Les poubelles, ce sont les détritus, les ordures, les restes qu’on a quand on a déballé quelque chose ou fini de manger — tout ce qu’on va jeter et dont on ne veut plus.

Si vous habitez en ville dans un immeuble, eh bien vous avez des containers, des bacs où vous pouvez jeter vos poubelles. Vous avez des containers noirs qui sont pour les ordures ménagères. Vous avez des bacs jaunes — avec un couvercle jaune — qui sont pour tout ce qui est recyclable : carton, aluminium, plastique, couvercles en métal. Oui, c’est ça.

Et après, vous avez tout ce qui est compostable. Les déchets compostables, ce sont les déchets de cuisine — les épluchures de fruits, le thé, le café, le sopalin aussi qui est compostable, tout ce que vous ne mangez pas dans les légumes, les restes d’une assiette. Tout ça peut aller dans un composteur, mais en général, il n’y en a pas dans les immeubles.

Donc, soit vous habitez en immeuble et vous avez des bacs communs, soit vous habitez en maison et à ce moment-là, vous avez un container individuel — un container par maison — et vous devez le sortir dans la rue les bons jours. En général, deux fois par semaine, les éboueurs ramassent les poubelles ménagères — les poubelles noires — et deux fois par semaine, ils ramassent les poubelles jaunes, tout ce qui est recyclable.

Alors, il y a un troisième cas de figure — habiter en maison où les ordures ménagères et les recyclables ne sont pas ramassés. À ce moment-là, vous devez prendre les ordures dans votre voiture — ou à pied, d’ailleurs — et les emmener à un endroit où vous allez déposer vos poubelles. Ce sont des containers enterrés, sous terre, dont la bouche, le trou, est en surface — et vous pouvez jeter vos poubelles dedans.

J’ai utilisé récemment ce type de poubelle pour jeter ma poubelle jaune, et il y a un truc que je ne comprends pas. Pour la poubelle ménagère — la noire — il y a un grand trou, une grande bouche où vous pouvez poser votre poubelle, tourner une molette qui va faire tomber la poubelle. Très bien, c’est parfait, très intelligent. La poubelle jaune, eh bien le trou est très fin — il fait genre 40 cm de large sur 15 cm de haut. Mais comment vous voulez faire rentrer une grosse poubelle jaune dans ce trou ? Donc je suis obligé d’ouvrir la poubelle, de prendre tout ce qui est recyclable un par un et de le jeter dedans.

Mais qui a conçu ça ? C’est qui l’ingénieur qui a créé un système aussi mauvais ? À quel moment vous mettez un tout petit trou pour faire rentrer quelque chose de gros ? On a l’impression de jouer avec des jouets pour enfants — vous savez, où il faut faire rentrer le rond dans le rond, le carré dans le carré, le triangle dans le triangle. Non mais sérieusement, c’est abusé.

Ah oui, il y a aussi — ça, c’est pas mal fait par contre — l’endroit où vous devez jeter tout le verre. Tout ce qui est en verre — les bouteilles de jus, les petits pots de sauce, les bouteilles de vin — il faut les mettre de côté, dans un sac, et les emmener à ces endroits spécifiques. Là, le trou est rond pour quelque chose de cylindrique — c’est normal. Alors que le trou pour les poubelles jaunes… c’est extraordinaire, les mecs.

Et après, comme je vous disais, il y a le compost. Vous pouvez composter dehors si vous avez un jardin. Il faut acheter — ou fabriquer vous-même — une espèce de cube en plastique ou en bois où vous allez mettre des déchets de cuisine avec des feuilles mortes et des brindilles. Au bout de 6 mois à 1 an, ça vous fera de la terre que vous pourrez utiliser au potager, dans les massifs ou pour vos plantes.

Vous pouvez aussi composter chez vous en appartement. Il existe des composteurs qu’on appelle des lombricomposteurs — « lombri » pour lombric, c’est-à-dire des vers de terre. Vous mettez vos déchets dedans, et les vers de terre vont transformer ces déchets en terre que vous pourrez utiliser pour vos plantes d’intérieur.

Et ça, c’était ma petite introduction, mon petit coup de gueule sur les poubelles jaunes qui sont très, très mal foutues en France.

2) Astuce du jour : le pronom « en »

Et tout de suite, on va passer à l’astuce de français du jour. Aujourd’hui, on va parler du pronom « en. »

À quoi sert ce pronom ? Le pronom « en » s’utilise pour remplacer un nom précédé d’un article indéfini ou d’un article partitif. En fait, c’est pour éviter les répétitions. Un article indéfini, ça peut être « un », « une » ou « des. » Un article partitif, c’est « du », « de la » ou « des. » J’ai déjà parlé de ces articles dans mes podcasts, mais je ne me souviens plus duquel — et j’ai la flemme de chercher, donc il faudra tout réécouter. Donc, le pronom « en » s’utilise pour remplacer un nom afin d’éviter les répétitions, ou pour remplacer une quantité.

Je vais vous donner des exemples. « Avez-vous des enfants ? Oui, j’en ai trois. » Pour éviter de dire « j’ai trois enfants », on dit « j’en ai trois » — on remplace le mot « enfants » par « en. » Je vous répète : « Avez-vous des enfants ? Oui, j’en ai trois. »

Un autre exemple : « Tu as une voiture ? Non, je n’en ai pas. » On ne dit pas « je n’ai pas de voiture » — enfin, on peut le dire, mais en français, on préfère éviter de répéter les mêmes mots. Donc, au lieu de « non, je n’ai pas de voiture », on dit « non, je n’en ai pas. »

Autre exemple : « Elle porte des chaussures ? Oui, elle en porte. » Je vous répète : « Elle porte des chaussures ? Oui, elle en porte. » On pourrait répondre « oui, elle porte des chaussures », mais comme je vous disais, on évite de répéter le mot « chaussures. »

Dans ces trois exemples, le pronom « en » remplace un nom précédé d’un article.

Mais le pronom « en » peut aussi remplacer une quantité. Exemple : « Vous voudrez un ou deux sucres dans votre café ? J’en voudrais un, merci. » On pourrait dire « je voudrais un sucre, merci », mais pour éviter la répétition, on dit « j’en voudrais un. » Je vous répète : « Vous voudrez un ou deux sucres dans votre café ? J’en voudrais un, merci. » Ici, la quantité, c’est « un ou deux sucres. »

Autre exemple : « Il reste beaucoup de yaourts dans le frigo ? Oui, il en reste beaucoup. » Je vous répète : « Il reste beaucoup de yaourts dans le frigo ? Oui, il en reste beaucoup. » Ici, « en » remplace « les yaourts » mais c’est une quantité — « beaucoup de yaourts. »

Donc, pour résumer, le pronom « en » remplace un nom précédé d’un article, ou une quantité.

Maintenant, voyons rapidement comment on forme une phrase avec « en. » Il y a deux types de phrases — affirmative et négative.

Dans la phrase affirmative, la construction est : sujet + EN + verbe. En reprenant l’exemple : « Elle porte des chaussures ? Oui, elle EN porte. » Dans la réponse, « elle » c’est le sujet, « en » c’est le pronom, « porte » c’est le verbe. Le « en » se place donc entre le sujet et le verbe.

Dans la phrase négative, on prend l’exemple : « As-tu une voiture ? Non, je n’en ai pas. » « Je » c’est le sujet, « n’en » c’est le pronom entre les deux marqueurs de la négation, « ai » c’est le verbe « avoir », et « pas » c’est le deuxième marqueur de la négation. Donc dans une phrase négative, le pronom « en » se place juste avant le verbe, entre les deux marqueurs de la négation.

Et avec ça, on a vu l’utilisation du pronom « en » en français. Demain, on va parler d’un autre pronom — le pronom « y » — qui ressemble un peu au pronom « en ». C’est pour ça qu’on va les enchaîner.

3) Expression du jour : « Ouvrir l’œil et le bon »

Et tout de suite, on va passer au sujet principal du podcast — l’expression du jour : « Ouvrir l’œil et le bon. » D’ailleurs, on peut dire tout simplement « ouvrir l’œil » — ça veut dire la même chose.

« Ouvrir » — c’est un verbe du troisième groupe, le contraire de « fermer. » On peut dire « ouvrir une porte » ou « fermer une porte », « ouvrir l’œil » ou « fermer l’œil. »

Je vais vous conjuguer le verbe « ouvrir. » Au présent : « j’ouvre, tu ouvres, il ouvre, nous ouvrons, vous ouvrez, ils ouvrent. » Au passé composé : « j’ai ouvert, tu as ouvert, il a ouvert, nous avons ouvert, vous avez ouvert, ils ont ouvert. » Pour rappel, le passé composé se forme avec l’auxiliaire « avoir » conjugué au présent + le participe passé du verbe « ouvrir » — et le participe passé d’ »ouvrir », c’est « ouvert. »

« L’œil » — j’en ai déjà parlé plusieurs fois. L’œil, c’est ce qui permet de voir. Les humains ont deux yeux, de chaque côté du nez, en dessous du front — c’est le sens de la vue.

Il nous reste trois mots dans l’expression : « et », « le » et « bon. » « Et » c’est une conjonction de coordination — on n’en a pas encore parlé, il y en a sept en français, on les verra dans un autre podcast. Ça permet de relier deux propositions, deux groupes de mots.

Et enfin, « le bon » — ici, c’est un nom, pas un adjectif. Ça veut dire « le bon œil », l’œil qui va servir, qui va être utile. D’ailleurs, vous avez peut-être remarqué — quand j’ai dit « le bon œil », on ne dit pas « le bon œil » avec un N. Pourquoi ? Parce que le mot « œil » commence par une voyelle, donc ça se prononce « le bon-nœil », avec la liaison. Alors qu’on dirait « un œil bon. » Un œil bon — un bon œil. Enfin bref, ce n’est pas vraiment de ça que je voulais vous parler.

Donc, « bon » peut s’opposer à « mauvais. » Chez chaque être humain, il y a une part bonne et une part mauvaise. Il y a du bon et du mauvais. Quand on dit « ouvrir l’œil et le bon », ça veut dire « être attentif », « faire attention à ce qui nous entoure », « être sur ses gardes. » Si je vous dis « ouvre l’œil » ou « ouvrez l’œil », ça veut dire « soyez attentifs, regardez autour de vous, faites attention à ce qui va se passer. »

Et quand on rajoute « et le bon », en fait, c’est de l’ironie — c’est absurde, même. On aime beaucoup ça en français. C’est absurde parce que nos deux yeux voient de la même manière. Mais « ouvre l’œil et le bon », ça veut dire « fais très attention. » On n’est pas obligé de rajouter « et le bon » — c’est une petite touche d’humour, une petite touche d’absurde.

Un exemple — dans les films de guerre ou les films de zombies, il y a toujours un moment où les personnages font un feu de camp dehors et il faut monter la garde. Ils dorment dans la forêt et ils vont se relayer — chacun leur tour, par créneaux de 2 ou 3 heures, l’un d’eux reste éveillé pour surveiller et prévenir les autres si quelqu’un — ou un zombie — arrive. Eh bien, un de ses amis, avant d’aller dormir, va lui dire « ouvre l’œil et le bon » — c’est-à-dire « sois bien vigilant. » J’espère que vous comprenez.

En anglais, ça se dit « to be careful » tout simplement, ou « to be aware of something. »

Je pense qu’on arrive au bout. Demain, on verra l’expression « Marmonner dans sa barbe » — et on peut marmonner dans sa barbe même si on n’a pas de barbe. C’est ça qui est intéressant.

Et comme d’habitude, petite pub pour mon Patreon — vous pouvez y trouver Le Petit Prince de Saint-Exupéry lu par moi, les contes et légendes de la mythologie japonaise, et la retranscription écrite de tous les podcasts depuis le début. Si vous voulez progresser en français et soutenir mon podcast, vous pouvez aller vous abonner. Merci beaucoup de m’avoir écouté jusqu’au bout et je vous dis donc à demain. À bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !


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