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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. On est aujourd’hui le… euh… ben quel jour on est ? Ah, on est le samedi 26 juillet 2025. Effectivement, aujourd’hui c’est samedi et aujourd’hui, on va parler d’une expression qui est « Se prendre pour la huitième merveille du monde. » Je vous répète : « Se prendre pour la huitième merveille du monde. »
Je vous annonce directement qu’aujourd’hui, il n’y aura pas d’astuce du jour, pas de règle de français. Pourquoi ? Parce qu’en introduction, je vais vous parler des sept merveilles du monde — et comme c’est un sujet que j’adore… l’Antiquité avec la mythologie grecque, la culture japonaise, la musique, les jeux vidéo — pour ceux qui me connaissent, vous commencez à connaître mes sujets favoris — eh bien, les sept merveilles du monde en font partie.
1) Les sept merveilles du monde
C’est quoi ces sept merveilles du monde ? Déjà, il faut savoir que ce sont des œuvres d’architecture incroyables. L’architecture, c’est la construction de monuments. Quand vous faites construire une maison, vous passez par un architecte qui va dessiner les plans et suivre les travaux. Eh bien, dans l’Antiquité, il y a des hommes, des architectes qui ont eu des idées folles et qui ont créé des monuments spectaculaires. Il y en a sept — et après, je vous parlerai des sept merveilles du monde d’aujourd’hui.
Quand on parle des sept merveilles du monde, on parle des merveilles de l’Antiquité, il y a des milliers d’années. Mais aujourd’hui, il y a eu un vote par la population mondiale — pas tout le monde, évidemment, mais ceux qui ont participé sur Internet — pour élire les sept merveilles du monde moderne. Je vous en parlerai tout à l’heure. D’abord, les sept merveilles du monde antique.
Le phare d’Alexandrie. Alexandrie, c’est une ville en Égypte, fondée par Alexandre le Grand. Un phare, c’est d’abord la lumière qu’on trouve à l’avant des voitures. Mais un phare dans une ville, c’est un monument construit au bord de mer, en hauteur, qui fait de la lumière pour guider les bateaux — pour éviter qu’ils se fracassent sur les rochers quand c’est la nuit ou qu’il y a de la brume. Et ce phare d’Alexandrie était monumental — incroyablement haut, ce qui en faisait une des sept merveilles.
Il a été construit au IIIe siècle avant Jésus-Christ — entre -300 et -200 — et a servi pendant plus de mille ans, jusqu’en 700 après Jésus-Christ, avant d’être détruit par des tremblements de terre. Il a d’abord servi de phare, puis a été transformé en tour de défense militaire. C’est la première merveille du monde.
Le colosse de Rhodes. Un colosse, c’est d’abord une statue très, très grande. Par extension, aujourd’hui, quand on dit « c’est un colosse », c’est un homme très grand, avec une grande carrure — quelqu’un qui fait 2 mètres et 130 kilos, c’est un colosse. Rhodes, c’est une île située au sud de la Turquie, un peu à l’est de la Grèce — une île grecque à l’époque.
Cette statue faisait 32 mètres de haut — l’équivalent d’un immeuble de 11 étages. Donc énorme. Elle a été construite aussi au IIIe siècle avant Jésus-Christ. Le phare d’Alexandrie était plus grand — 130 ou 140 mètres — mais le colosse, 32 mètres, c’était déjà impressionnant. Qu’est-ce qui l’a détruit ? Comme le phare, un tremblement de terre — qui a brisé les pieds et les genoux de la statue, et elle est tombée dans la mer. Pourquoi dans la mer ? Parce que le colosse était situé à l’entrée du port de Rhodes — c’est cette statue qui indiquait l’entrée du port. C’est la deuxième merveille du monde.
Je sens qu’on ne va pas tout faire aujourd’hui. Ça fait déjà 8 minutes que je parle et j’en ai fait que deux. Ah lala, bon, c’est pas grave, on continuera demain pour ceux que ça intéresse. En tout cas, moi, ça me passionne.
La statue de Zeus à Olympie. Olympie, c’est un endroit situé dans le sud de la Grèce — c’est là que se tenaient les Jeux Olympiques pendant l’Antiquité, d’où la ressemblance entre « Olympie » et « Jeux Olympiques. » Aujourd’hui, à chaque édition des Jeux, la flamme olympique part d’Olympie — là où se trouvait cette statue.
Cette statue ne faisait que 12 mètres de haut — soit un immeuble de 4 ou 5 étages. Alors pourquoi fait-elle partie des sept merveilles ? Parce qu’elle était entièrement en ivoire et en or — contrairement au colosse de Rhodes, elle était faite de matières rares et précieuses. Elle a été créée au Ve siècle avant Jésus-Christ par un artiste, sculpteur et architecte qui s’appelait Phidias. Et elle n’a pas été détruite par un séisme, mais par un incendie. C’est la troisième merveille du monde.
Les jardins de Babylone. Babylone était une ville qui, si on devait la situer dans le monde moderne, se trouvait dans l’actuel Irak, à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad. Ces jardins suspendus étaient à Babylone. Pourquoi faisaient-ils partie des sept merveilles ? Pour leur beauté, pour la splendeur de la nature. Ce n’étaient pas des jardins dans les airs, mais d’après les écrits, ils étaient construits en hauteur, en forme d’escalier, dans une espèce d’édifice qui les abritait. Les hommes étaient étonnés de voir des arbres pousser si haut. Aujourd’hui, on fait des toits végétalisés — des rooftops avec des arbres et de la végétation pour diminuer la chaleur dans les bâtiments. C’était un peu le même principe, mais plus architectural que climatique.
Ces jardins ont disparu après l’abandon de la cité — les gens sont partis, les jardins ont été laissés à l’abandon et se sont détruits d’eux-mêmes. Les racines ont probablement fissuré les murs, tout s’est écroulé. C’est la quatrième merveille du monde.
Le mausolée d’Halicarnasse. Halicarnasse était une ville — pas une personne — qui se situait au sud-ouest de la Turquie actuelle, près de la mer. Ce mausolée, c’est le tombeau d’une personne qui s’appelait Mausole — un gouverneur de la région. C’est sa femme qui, en l’honneur de son mari, a fait construire ce bâtiment.
Et c’est intéressant — « Mausole » était une personne, et c’est devenu « mausolée », un nom commun qui désigne aujourd’hui un monument funéraire, un bâtiment où est enterrée une personne importante. Les pyramides pour les pharaons, par exemple, on peut dire que c’était des mausolées. Le mot « mausolée » est donc entré dans la langue courante. Ce monument a été détruit suite à des guerres et des séismes, mais avait été utilisé aussi comme défense militaire. Le pauvre Mausole — enterré là — a vu beaucoup de guerres, pendant et après sa vie. C’est la cinquième merveille du monde.
Le temple d’Artémis à Éphèse. Éphèse était une ancienne ville qui se situerait aujourd’hui dans l’ouest de la Turquie, près de la mer. Artémis, c’est une déesse grecque — la déesse de la chasse et de la nature sauvage. Le peuple a construit un temple splendide en son honneur. Malheureusement, il a été détruit par un séisme et par des incendies. C’est la sixième merveille du monde.
Les pyramides de Gizeh. Et on finit par la seule merveille du monde qui existe encore aujourd’hui — la seule qu’on peut encore voir. Les pyramides de Gizeh ont été construites 2 500 ans avant Jésus-Christ — plus de deux millénaires avant Jésus-Christ — soit il y a 4 500 ans. Et encore aujourd’hui, on se pose des questions sur comment les hommes de l’époque ont fait pour construire quelque chose d’aussi grandiose, d’aussi monumental. Et pour dire leur robustesse, leur longévité — c’est la seule merveille qui existe encore aujourd’hui. Elle a résisté à tout.
Et voilà, on a vu les sept merveilles du monde antique. Demain, je vous parlerai des sept merveilles du monde moderne — parce qu’aujourd’hui, il n’y a plus aucune merveille antique qu’on puisse voir, sauf les pyramides de Gizeh. Je suis désolé d’avoir été long. Je vais encore me faire taper sur les doigts par certains auditeurs. Tiens, d’ailleurs, « se faire taper sur les doigts » — c’est une autre expression française que je note et qu’on verra un autre jour.
2) Expression du jour : « Se prendre pour la huitième merveille du monde »
Et maintenant, après 17 minutes d’introduction, on passe à l’expression du jour.
« Se prendre pour la huitième merveille du monde » — je pense que rien que dans l’énoncé de l’expression, vous en comprenez le sens.
« Se prendre » — c’est un verbe pronominal qui veut dire se considérer comme, penser que l’on est quelque chose. Si je vous dis « je me prends pour Dieu », eh bien je pense que je suis Dieu. « Il se prend pour un saint » — il considère qu’il est un saint, il pense qu’il est comme un saint. En fait, « se prendre pour » c’est généralement croire qu’on est quelque chose qu’on n’est pas. Je ne suis pas Dieu — quoique, peut-être.
Donc, « se prendre pour la huitième merveille du monde », c’est se considérer comme une personne incroyable — très intelligente, très belle, très forte, très tout ce que vous voulez. Alors qu’en fait, non. Quand vous dites ça de quelqu’un, c’est péjoratif, négatif — c’est dire que cette personne est prétentieuse.
Par exemple, vous êtes à un dîner entre amis et il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas qui arrive — l’ami d’un ami. Et cette personne ne dit pas bonjour, s’installe et se fait servir. Vous pouvez alors dire à votre voisin : « Mais il se prend pour la huitième merveille du monde, lui, ou quoi ! » Ça veut dire : ce gars arrive, ne dit pas bonjour, fait rien, se fait servir — il se prend pour qui ?
« Tu te prends pour qui ? » — ça veut dire « mais tu crois que t’es qui ? Tu es qui pour me parler comme ça, pour te comporter comme ça ? » On pourrait aussi dire, plus vulgairement : « Il ne se prend pas pour de la merde. » C’est une belle litote. « Se prendre pour la huitième merveille du monde », ce n’est pas familier ni vulgaire. « Il ne se prend pas pour de la merde » — ça, c’est vulgaire.
Vous pouvez utiliser cette expression en parlant de quelqu’un, mais pas en lui parlant directement. Si vous dites à quelqu’un en face « tu te prends pour la huitième merveille du monde », ça va créer un conflit. À votre place, je ne dirais pas ça en face — mais vous pouvez le dire pour parler de quelqu’un.
En anglais, on dit « to think one’s the bee’s knees. » Je vous laisse traduire vous-même. En gros, ça veut dire se sentir tout-puissant, croire qu’on est très beau, très fort, très gentil — alors qu’évidemment, les humains ne sont ni tout blancs ni tout noirs.
Je vais m’arrêter là. Je suis désolé d’avoir été un peu rapide sur l’expression du jour, mais j’ai trop parlé des merveilles du monde — c’est un sujet que j’adore. Demain, on verra l’expression « La goutte d’eau qui fait déborder le vase. » À demain dimanche, pour une nouvelle expression et un nouveau podcast du Français, c’est facile ! avec Adrien. Merci beaucoup, à bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !
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