La colombe et la fourmi

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. En ce samedi 9 — 9, pas 9, 9 août 2025 — et aujourd’hui, on va parler d’une nouvelle fable de La Fontaine. Mais avant ça, je vous souhaite la bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien.

Nouvelle fable de La Fontaine avec un oiseau et une fourmi. Cette fable s’appelle La Colombe et la Fourmi. Comme d’habitude, je vous explique comment on va faire. Je vais d’abord vous lire la fable doucement pour que vous puissiez essayer de comprendre les mots — même si vous ne comprenez pas tout le sens, ce n’est pas grave. Je vais vous l’expliquer après. Ensuite, on va prendre la fable ligne par ligne, vers par vers, et je vais vous expliquer les mots compliqués. Ensuite, je vous relirai la fable à vitesse normale — comme si je la lisais à un Français — pour que vous vous habituiez à entendre quelqu’un qui parle français plus rapidement. Et enfin, je vous lirai une version simplifiée que j’ai réécrite moi-même. On pourrait appeler ça la version d’Adrien.

Tout de suite, on passe à la vraie version, à l’original — la fable de Jean de La Fontaine, La Colombe et la Fourmi.


La Colombe et la Fourmi, par Jean de La Fontaine.

Le long d’un clair ruisseau buvait une Colombe, Quand sur l’eau se penchant une Fourmi y tombe, Et dans cet Océan l’on eût vu la Fourmi S’efforcer, mais en vain, de regagner la rive. La Colombe aussitôt usa de charité : Un brin d’herbe dans l’eau par elle est enjeté. Ce fut un promontoire où la Fourmi arrive, Elle se sauve : et là-dessus Passe un certain Croquant qui marchait les pieds nus. Ce Croquant, par hasard, avait une arbalète. Dès qu’il voit l’oiseau de Vénus, Il le croit en son pot, et déjà lui fait fête. Tandis qu’à le tuer mon Villageois s’apprête, La Fourmi le pique au talon. Le vilain retourne la tête : La Colombe l’entend, part, et tire de long. Le soupé du Croquant avec elle s’envole. Point de pigeon pour une obole.


Et avec ça, je viens de finir de vous lire la fable de La Fontaine, La Colombe et la Fourmi. Vous pouvez retrouver le texte facilement sur internet, ou sur mon Patreon si vous y êtes abonné — vous aurez le texte disponible ainsi que les transcriptions de tous mes podcasts, si vous voulez lire en même temps que vous écoutez.


Alors, on va commencer à étudier cette fable.

Ligne 1 : Le long d’un clair ruisseau buvait une Colombe.

Un clair ruisseau, c’est une petite rivière dont l’eau est claire — on voit à travers, c’est de l’eau propre. Donc, il y a un petit ruisseau qui coule et au bord de ce ruisseau, une colombe qui boit. Une colombe, c’est un oiseau tout blanc — ça ressemble à un pigeon, mais le pigeon est plutôt gris-bleuté, et la colombe est blanche, comme sur l’image du podcast. Bien que sur l’image elle ait un peu de marron, en général une colombe est toute blanche.

Ligne 2 : Quand sur l’eau se penchant, une Fourmi y tombe.

La colombe est en train de boire et en se penchant sur l’eau, elle voit une fourmi tomber. Une fourmi, c’est un petit insecte — noir ou rouge, il y en a même de jaunes — qui vit dans des fourmilières dans la nature, ou parfois dans les maisons. Regardez l’image du podcast et vous comprendrez ce que c’est qu’une fourmi. Donc l’oiseau boit au bord de l’eau et voit une fourmi tomber dedans.

Ligne 3 : Et dans cet Océan, l’on eût vu la Fourmi.

« Dans cet océan » — l’océan c’est comme une mer mais très grande. Pour nous, c’est un ruisseau — une petite rivière. Pour l’oiseau aussi. Mais pour la fourmi qui est toute petite, c’est comme un océan, une très grande mer. « L’on eût vu » — le « on » représente ici le lecteur. C’est nous qui imaginons la fourmi tombée dans l’eau. Et les fourmis ne nagent pas bien.

Ligne 4 : S’efforcer, mais en vain, de regagner la rive.

« S’efforcer » veut dire essayer de toutes ses forces. Donc la fourmi essaye tant qu’elle peut de retrouver la terre ferme, de retrouver la rive. La rive, c’est le bord du ruisseau, là où elle pourrait marcher. « Mais en vain » — ça veut dire sans y arriver, sans succès. Elle n’y arrive pas.

Ligne 5 : La Colombe aussitôt usa de charité.

On reparle de la colombe. « Charité » — c’est faire quelque chose pour l’autre sans rien attendre en retour. Si vous avez de la charité pour quelqu’un qui dort dehors, vous lui donnez peut-être une pièce ou à manger.

Ligne 6 : Un brin d’herbe dans l’eau par elle est enjeté.

Dans les fables de La Fontaine et dans la poésie en général, les mots sont parfois inversés. Pour comprendre plus facilement, on dirait : « Elle a jeté un brin d’herbe dans l’eau. » La colombe, avec son bec, dépose dans l’eau un brin d’herbe pour aider la fourmi.

Ligne 7 : Ce fut un promontoire où la Fourmi arrive.

Un promontoire, c’est une avancée de terre dans la mer — un petit bout de terrain sur lequel on peut s’appuyer pour avancer. Le brin d’herbe posé par la colombe va servir de promontoire à la fourmi, qui va pouvoir regagner la terre.

Ligne 8 : Elle se sauve : et là-dessus.

« Elle se sauve » — grâce à l’aide de l’oiseau, la fourmi est sauvée. « Et là-dessus » — ça veut dire « et à ce moment-là », il va se passer quelque chose d’autre quasiment au même moment.

Ligne 9 : Passe un certain Croquant qui marchait les pieds nus.

Un « croquant », c’est un nom qu’on donnait autrefois aux paysans pauvres. Pourquoi « croquant » ? Parce que ces paysans utilisaient un outil appelé « croc » pour travailler la terre, et de là est venu le mot « croquant. » Ici, on dirait plutôt un paysan, un fermier. Et il marchait « les pieds nus » — ça veut dire qu’il n’avait pas assez d’argent pour acheter des chaussures. Il est pauvre.

Ligne 10 : Ce Croquant, par hasard, avait une arbalète.

Comme par hasard, le paysan portait une arbalète. Une arbalète, c’est une arme — un peu comme un arc, sauf que la construction est différente. L’arc tire des flèches, l’arbalète tire des carreaux — c’est une sorte de flèche plus courte. C’est un outil de chasse — pour abattre des animaux.

Ligne 11 : Dès qu’il voit l’oiseau de Vénus.

« L’oiseau de Vénus » — c’est la colombe. Vénus, c’est une déesse de la mythologie romaine — la déesse de l’amour, de la séduction et de la beauté, qui correspond à Aphrodite dans la mythologie grecque. C’est aussi une planète, mais ici c’est la déesse. Et un des attributs de cette déesse, c’est la colombe. Au Moyen Âge, la colombe est devenue le symbole de l’amour. Vénus-Aphrodite est représentée avec des colombes. D’ailleurs, au musée du Louvre — dont j’ai parlé quand on a étudié le 1er arrondissement de Paris — vous avez une peinture d’un artiste hollandais, je crois, qui représente Vénus avec deux colombes. Donc, La Fontaine appelle la colombe « l’oiseau de Vénus. »

Ligne 12 : Il le croit en son pot, et déjà lui fait fête.

« Croire en son pot » — le paysan imagine déjà l’oiseau dans son assiette, dans sa gamelle. Il s’imagine déjà en train de le manger. « Lui fait fête » — ici, ça veut dire le manger, pas organiser une soirée. Le paysan pense déjà qu’il va pouvoir manger cet oiseau grâce à son arbalète.

Ligne 13 : La Fourmi le pique au talon.

« Le » représente le paysan. La fourmi pique le paysan au talon. Le talon, c’est l’arrière du pied — la partie arrondie. D’habitude, les fourmis noires de France ne piquent pas vraiment, mais les fourmis rouges, elles, piquent assez fort. On imagine donc une fourmi qui pique au talon.

Ligne 14 : Le vilain retourne la tête.

« Vilain » — à l’époque, ça désignait aussi un paysan, un campagnard issu d’une famille pauvre. Aujourd’hui, « vilain » veut dire « moche », mais là c’était le sens du paysan. Il retourne la tête à cause de la piqûre.

Ligne 15 : La Colombe l’entend, part, et tire de long.

La colombe entend le paysan bouger — il a tourné la tête à cause de la piqûre. La colombe prend peur, s’envole et s’enfuit. Grâce à la piqûre de la fourmi, la colombe est sauvée.

Ligne 16 : Le soupé du Croquant avec elle s’envole.

« Le soupé », c’est le dîner. Le repas que le paysan allait manger s’envole avec l’oiseau. Il pensait manger la colombe — eh bien non.

Ligne 17 : Point de pigeon pour une obole.

« Point de pigeon » — pas de pigeon, pas d’oiseau. L’auteur dit « pigeon » mais on pourrait dire « colombe » — ce sont des oiseaux qui se ressemblent. « Pour une obole » — l’obole était une petite pièce de monnaie de la Grèce antique, valant quelques centimes aujourd’hui. Donc, pas de repas gratuit. Le paysan pensait avoir un oiseau pour presque rien — eh bien non, grâce à la fourmi qui l’a piqué.


Quelle est la morale ? Au début, la colombe a aidé la fourmi. Et grâce à ce geste, la fourmi va ensuite sauver la colombe. La morale, c’est qu’il faut aider son prochain, faire preuve de solidarité, et peut-être qu’un jour on sera aidé en retour. Faire le bien autour de soi, c’est toujours bénéfique — pour l’autre et pour soi. Cette fable me fait un peu penser à la fable du Lion et le Rat — dont la morale était « on a besoin d’un plus petit que soi. » Un petit animal aide un grand. Si vous voulez écouter l’analyse de cette fable, c’est le podcast numéro 57 — n’hésitez pas à le réécouter.


Et donc on arrive à la fin de l’analyse. Je vais vous relire la fable à vitesse normale, puis ma version simplifiée.


La Colombe et la Fourmi, par Jean de La Fontaine.

Le long d’un clair ruisseau buvait une Colombe, Quand sur l’eau se penchant une Fourmi y tombe, Et dans cet Océan l’on eût vu la Fourmi S’efforcer, mais en vain, de regagner la rive. La Colombe aussitôt usa de charité : Un brin d’herbe dans l’eau par elle est enjeté. Ce fut un promontoire où la Fourmi arrive, Elle se sauve : et là-dessus Passe un certain Croquant qui marchait les pieds nus. Ce Croquant, par hasard, avait une arbalète. Dès qu’il voit l’oiseau de Vénus, Il le croit en son pot, et déjà lui fait fête. Tandis qu’à le tuer mon Villageois s’apprête, La Fourmi le pique au talon. Le vilain retourne la tête : La Colombe l’entend, part, et tire de long. Le soupé du Croquant avec elle s’envole. Point de pigeon pour une obole.


Est-ce que vous avez mieux compris la fable ? Est-ce que vous avez réussi à comprendre les mots malgré le fait que je parle plus vite ?

Et maintenant, dernière chose — je vais vous lire ma version simplifiée, doucement.


L’Oiseau et la Fourmi, version d’Adrien.

Un oiseau buvait au bord d’une rivière et, en se penchant, voit une fourmi tombée dans l’eau. Pour la fourmi, la rivière est un océan — elle essaye sans y arriver de regagner la terre ferme. L’oiseau est gentil — il pose un brin d’herbe dans l’eau pour aider la fourmi à s’en sortir. La fourmi est sauvée. Et à ce moment passe un pauvre paysan qui portait une arbalète avec lui. Dès qu’il voit l’oiseau, il se voit déjà en train de le manger. La fourmi le pique au talon. Le paysan tourne la tête. L’oiseau l’entend, s’envole — et avec lui, le repas du paysan. Pas de repas gratuit aujourd’hui.


Et voilà, on a fini l’étude de la fable de La Fontaine, La Colombe et la Fourmi. J’espère que ça vous a intéressé. Si ces podcasts vous plaisent, n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire sur Apple Podcasts, Spotify, YouTube, Castbox — peu importe où vous écoutez — parce que ces commentaires servent à faire connaître mon podcast, à remonter dans l’algorithme et à avoir le plus d’auditeurs possible.

Demain, on continuera notre tour de Paris avec le 13e et le 14e arrondissement et on verra aussi une nouvelle expression française : « Avoir les oreilles qui sifflent. » Je vous dis donc merci beaucoup de m’avoir écouté et à demain ! Bye bye, hasta luego, matane !


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