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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. On se retrouve aujourd’hui pour une nouvelle fable de La Fontaine, mais avant, je vous souhaite la bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien. Alors, cette fable de La Fontaine s’appelle Les Deux Coqs. Elle n’est pas très connue, mais elle est très intéressante. Elle est un peu longue — il y a en tout 32 lignes, 32 vers — donc on va la diviser en deux. On va faire la première partie aujourd’hui et la deuxième partie demain.
Comme d’habitude dans les études de fable, je vais commencer par vous lire la fable en entier doucement, puis je vais vous expliquer ligne par ligne les mots qui sont un peu compliqués et ce que ces lignes veulent dire. Ensuite — et ça ce sera demain — je vous relirai la fable à vitesse normale, puis je vous lirai une version simplifiée, une version plus facile à comprendre que j’ai créée.
Et donc, sans plus tarder, je vais vous lire la fable de La Fontaine doucement.
Les Deux Coqs, par Jean de La Fontaine.
Deux Coqs vivaient en paix : une Poule survint, Et voilà la guerre allumée. Amour, tu perdis Troie ; et c’est de toi que vint Cette querelle envenimée, Où du sang des Dieux mêmes on vit le Xanthe teint. Longtemps entre nos Coqs le combat se maintint. Le bruit s’en répandit par tout le voisinage. La gent qui porte crête au spectacle accourut. Plus d’une Hélène au beau plumage Fut le prix du vainqueur ; le vaincu disparut. Il alla se cacher au fond de sa retraite, Pleura sa gloire et ses amours, Ces amours qu’un rival tout fier de sa défaite Possédait à ses yeux. Il voyait tous les jours Cet objet rallumer sa haine et son courage. Il aiguisait son bec, battait l’air et ses flancs, Et s’exerçant contre les vents, S’armait d’une jalouse rage. Il n’en eut pas besoin. Son vainqueur sur les toits S’alla percher et chanter sa victoire. Un vautour entendit sa voix. Adieu les amours et la gloire, Tout cet orgueil périt sous l’ongle du vautour. Enfin, par un fatal retour, Son rival autour de la Poule s’en revint faire le coquet. Je laisse à penser quel caquet, Car il eut des femmes en foule. La Fortune se plaît à faire de ces coups ; Tout vainqueur insolent à sa perte travaille. Défions-nous du Sort, et prenons garde à nous Après le gain d’une bataille.
Je sais que c’est compliqué, je sais que c’est difficile à comprendre — d’abord parce que c’est long, et ensuite parce que c’est écrit dans un français assez ancien. Même pour nous, même pour moi qui suis né en France, ce sont des formules de phrases un peu compliquées. Donc ne vous inquiétez pas si vous n’avez pas compris — c’est tout à fait normal. On va reprendre ligne par ligne et je vais vous expliquer toute la fable, et surtout la morale et pourquoi La Fontaine a écrit cette fable.
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Ligne 1 : Deux Coqs vivaient en paix : une Poule survint.
Des coqs, c’est ce que vous voyez sur l’image du podcast. Ce sont des volailles — des animaux de la ferme, de la basse-cour — les mâles de la poule. La poule, c’est la femelle — le coq, c’est le mâle. Un coq, ça fait ce bruit-là. On nous dit que deux coqs vivaient en paix — il n’y avait pas de guerre, pas de bataille entre eux. « Vivaient » — c’est l’imparfait du verbe « vivre » — une description de ce qui se passe. Et « survint » — c’est le passé simple de « survenir », c’est-à-dire arriver. Une poule arriva. Le passé simple est utilisé ici pour décrire une action précise. On peut reformuler : « Deux coqs vivaient en paix quand une poule arriva. »
Ligne 2 : Et voilà la guerre allumée.
« Allumée » peut être remplacé par « commencée » ou « démarrée. » À partir du moment où la poule est arrivée, une guerre, une bataille, un combat a commencé entre les deux coqs.
Lignes 3 et 4 : Amour, tu perdis Troie ; et c’est de toi que vint / Cette querelle envenimée.
« Amour » — c’est le sentiment amoureux. « Tu perdis » — c’est le passé simple de « perdre. » « Troie » — ce n’est pas le chiffre trois, c’est la ville de Troie. La Fontaine fait un parallèle entre le combat des deux coqs et ce qui a déclenché la guerre de Troie, dans la mythologie grecque. La guerre de Troie a commencé parce que Pâris, le fils du roi de Troie, a emmené avec lui Hélène — la femme d’un Grec. Pour se venger, le mari d’Hélène — Ménélas, je crois, ou Agamemnon — a déclenché une guerre contre Troie. Une guerre entre les Grecs et les Troyens à cause d’une femme. Eh bien ici, une guerre va commencer entre les deux coqs à cause d’une poule. C’est le parallèle.
« Vint » — c’est le passé simple de « venir. » « Cette querelle envenimée » — une querelle, c’est une dispute, un combat. À cause de l’amour, le combat a commencé.
Ligne 5 : Où du sang des Dieux mêmes on vit le Xanthe teint.
Pendant la guerre de Troie, des dieux grecs ont participé — Athéna, Arès — et ont versé du sang. Le Xanthe, c’est le fleuve qui coule près de Troie. « Teint » — changer de couleur. Le sang des dieux, rouge, est tombé dans le fleuve qui est donc devenu rouge.
Ligne 6 : Longtemps entre nos Coqs le combat se maintint.
On revient au combat des coqs. Les trois lignes précédentes faisaient le parallèle avec la guerre de Troie — là, on revient à la fable. « Se maintint » — c’est le passé simple de « maintenir », c’est-à-dire continuer, durer. Le combat entre les deux coqs dura longtemps.
Ligne 7 : Le bruit s’en répandit par tout le voisinage.
« Le bruit » ici, ce n’est pas le son du combat — c’est la nouvelle du combat qui s’est répandue. « Le voisinage », ce sont toutes les poules du poulailler. Les deux coqs se battent et toutes les poules en entendent parler. Bien sûr, La Fontaine est en train d’humaniser des animaux — les animaux ne parlent pas, mais dans les fables, ils parlent et ont des sentiments humains. C’est grâce à cet artifice que La Fontaine peut faire passer des messages aux humains sans les choquer. Je vous en parlerai à la fin.
Ligne 8 : La gent qui porte crête au spectacle accourut.
« La gent » — c’est un vieux mot pour désigner un groupe de personnes. Ici, ce sont les poules — « la gent qui porte crête » — les poules qui ont une crête au-dessus de la tête. Après avoir entendu parler du combat, elles arrivent pour voir, pour assister au spectacle.
Lignes 9 et 10 : Plus d’une Hélène au beau plumage / Fut le prix du vainqueur.
Rappel du parallèle avec Troie — Hélène, la femme enlevée par Pâris. Ici, les poules avec de belles plumes sont comparées à Hélène. « Plumage » — les plumes d’un oiseau. « Fut » — passé simple de « être. » Ces belles poules sont le prix du vainqueur — la récompense pour le coq gagnant.
Suite de la ligne 10 : Le vaincu disparut.
« Disparut » — passé simple de « disparaître. » Le gagnant a toutes les poules, le perdant disparaît, n’a rien.
Ligne 11 : Il alla se cacher au fond de sa retraite.
« Il » désigne le vaincu. « Alla » — passé simple de « aller. » Le coq qui a perdu va se cacher dans son coin, dans son espace à lui. Il s’en va et laisse la place au gagnant.
Ligne 12 : Pleura sa gloire et ses amours.
« Pleura » — passé simple de « pleurer. » Le coq perdant, isolé, pleure sa défaite. « La gloire », c’est ce qu’on obtient quand on gagne. Là, il pleure de ne pas en avoir.
Lignes 13 et 14 : Ces amours qu’un rival tout fier de sa défaite / Possédait à ses yeux. Il voyait tous les jours.
« Ces amours » — les poules. « Le rival » — le gagnant, celui avec qui on est en compétition. Le gagnant possède les poules et en est fier. Et le perdant, qui habite au même endroit, voit tous les jours le coq gagnant entouré de ses femmes, de ses poules. Comment croyez-vous qu’il va réagir ? Il va vouloir se venger.
Ligne 15 : Cet objet rallumer sa haine et son courage.
De voir son rival avec les poules, ça alimente sa haine — la haine, c’est quand on déteste quelqu’un profondément. Et le courage, c’est la force de faire quelque chose. Le coq perdant, en voyant l’autre fier et entouré de poules, va avoir encore plus de haine et plus de courage pour prendre sa revanche.
Lignes 16 et 17 : Il aiguisait son bec, battait l’air et ses flancs, / Et s’exerçant contre les vents.
« Aiguiser » — rendre plus coupant, plus tranchant. Le coq qui a perdu prépare une nouvelle bataille — il rend son bec plus tranchant, comme on aiguiserait un couteau. « S’exerçant contre les vents » — le coq s’entraîne, fait semblant de se battre contre personne, contre le vent. En boxe, on appelle ça du « shadow boxing. » Ici, on pourrait appeler ça du « shadow cocking. » Le coq s’entraîne physiquement et mentalement.
Ligne 18 : S’armait d’une jalouse rage.
« La jalousie » — vouloir ce que l’autre a, ne pas vouloir que l’autre l’ait. « Jalouse » est ici un adjectif qui qualifie « rage. » La rage, c’est l’énervement extrême, la haine, l’envie d’exploser. Le coq se prépare à se battre.
Et on va s’arrêter là pour aujourd’hui. Vous saurez demain ce qu’il va se passer entre ces deux coqs — est-ce que le gagnant va encore gagner, est-ce que le perdant va prendre sa revanche, ou est-ce qu’il va se passer autre chose ? On verra ça demain.
Je vous souhaite donc une bonne journée et je vous dis à bientôt. Bye bye, hasta luego !
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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. On se retrouve aujourd’hui pour la suite de la fable d’hier. Mais avant tout, je vous souhaite la bienvenue dans Le Français, c’est facile ! avec Adrien.
Hier, on a commencé une nouvelle fable de La Fontaine qui s’appelle Les Deux Coqs. On s’est arrêté à la ligne 18. Je vais vous faire un petit résumé de ce qu’il s’est passé et après, on continuera avec la ligne 19.
En gros, pendant les 18 premières lignes, on apprend que deux coqs dans une basse-cour se sont battus pour avoir les poules — pour obtenir la gloire et les femmes. Un des deux coqs a gagné et a donc eu la gloire et les poules. L’autre, qui a perdu, est parti se cacher et pleurer. Mais en voyant l’autre coq avec toutes les poules, ça a augmenté sa rage, sa haine et son courage. Le coq perdant se prépare donc à prendre sa revanche et à combattre de nouveau. Et on en était resté là.
On reprend donc à la ligne 19.
Ligne 19 : Il n’en eut pas besoin. Son vainqueur sur les toits.
« Il » désigne ici le coq qui avait perdu. « Il n’en eut pas besoin » — « eut » c’est le passé simple du verbe « avoir. » De quoi le coq n’a-t-il pas eu besoin ? De se préparer. Il s’était entraîné, il avait la haine, du courage, la rage — il n’a pas eu besoin de tout ça. Mais pourquoi ? On va le voir tout de suite. « Son vainqueur sur les toits » — le vainqueur, c’est l’autre coq, celui qui a gagné. Eh bien, ce coq gagnant monte sur le toit — je pense que c’est le toit du poulailler.
Ligne 20 : S’alla percher et chanter sa victoire.
« S’alla » — c’est le passé simple du verbe « aller. » « Se percher » — c’est se mettre en hauteur. On dit ça surtout pour les animaux. Donc, le coq vainqueur, tout fier de lui, monte sur le toit et chante sa victoire — il fait le cri du coq pour montrer qu’il a gagné, pour montrer aux poules et à l’autre coq que c’est lui le plus fort.
Ligne 21 : Un vautour entendit sa voix.
Un vautour, c’est un très grand oiseau. Si vous connaissez Astérix et Obélix, il y a souvent des vautours qui tournent dans le ciel pour manger les animaux ou les humains morts dans le désert. Et donc, le vautour entend le coq chanter. Vous imaginez bien ce qu’il va se passer.
Ligne 22 : Adieu les amours et la gloire !
L’auteur nous fait comprendre que le coq gagnant va perdre ses poules, va perdre la gloire — parce qu’il va se faire manger par le vautour.
Ligne 23 : Tout cet orgueil périt sous l’ongle du vautour.
« L’orgueil » — quelqu’un d’orgueilleux se croit au-dessus des autres. Le coq gagnant se croit supérieur parce qu’il a vaincu l’autre coq. Mais ici, il va mourir. Le vautour, ayant entendu le coq chanter, va en faire sa proie.
Ligne 24 : Enfin, par un fatal retour.
« Enfin » — un mot qu’on utilise près de la fin de quelque chose. Le coq gagnant, tué par le vautour, va laisser la place au coq perdant. « Le retour », c’est le retour du coq qui avait perdu.
Ligne 25 : Son rival autour de la poule.
Les deux coqs étaient des rivaux. Le coq gagnant est mort — l’autre coq peut revenir près des poules.
Ligne 26 : S’en revint faire le coquet.
« Revint » — c’est le passé simple de « revenir. » Le coq perdant revient près des poules pour les séduire, pour les draguer. « Faire le coquet » — c’est un jeu de mots. La Fontaine a pris le mot « coq » et a rajouté « -uet. » « Faire le coquet », ça veut dire faire le dragueur, séduire, reconquérir les poules.
Ligne 27 : Je laisse à penser quel caquet.
Le « caquet », c’est le bruit que font les poules. Mais ici, La Fontaine compare ça à des bavardages, à des discussions — comme si c’était des femmes qui parlaient beaucoup. Les poules caquettent, les poules parlent beaucoup.
Ligne 28 : Car il eut des femmes en foule.
« Eut » — passé simple d’avoir. « En foule » — beaucoup. Le coq qui avait perdu est revenu, a fait le dragueur, a séduit les poules et en a eu beaucoup autour de lui.
Ligne 29 : La fortune se plaît à faire de ses coups.
« La fortune » — ici, c’est le hasard. Ça peut vouloir dire la richesse, mais aussi un coup du sort. Et cette ligne, c’est important — on est revenu au présent. « Se plaît » — c’est le présent de « plaire. » L’histoire des coqs est terminée, on revient dans le présent et dans les généralités.
Ligne 30 : Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.
« Insolent » — quelqu’un qui s’oppose à des personnes qui lui sont supérieures, qui répond, qui se moque. Le coq gagnant a voulu chanter sur les toits, montrer sa victoire — et ce faisant, il a participé à sa propre mort. C’est parce qu’il a chanté, parce qu’il s’est fait connaître, parce qu’il a fait du bruit, que le vautour l’a repéré. Quand on gagne quelque chose et qu’on va l’exhiber aux autres, ça ne finit jamais bien. Quelqu’un d’insolent, c’est quelqu’un d’arrogant.
Ligne 31 : Défions-nous du sort et prenons garde à nous.
« Défions-nous du sort » — méfions-nous du hasard, faisons attention au hasard. Dans la fable, c’est un hasard que le vautour était là quand le coq a chanté — et c’est à cause de ce hasard que le coq est mort. « Prenons garde à nous » — faisons attention à nous, soyons discrets. La Fontaine utilise « nous » — il inclut tout le monde, lui, vous, moi, tous les lecteurs.
Ligne 32 : Après le gain d’une bataille.
« Le gain » — le fait d’avoir gagné. La Fontaine nous dit : faisons attention à nous après avoir gagné quelque chose.
Quelle est la morale ? Il y en a deux.
La première morale est explicite — clairement dite dans la fable. C’est que le hasard fait ce qu’il veut. Un coup du hasard peut tout changer. Le vautour était là par hasard — si le vautour n’avait pas été là, le coq gagnant serait toujours vivant. Malgré sa victoire, il est mort à cause du hasard.
La deuxième morale est implicite — on doit la deviner. « Implicite » veut dire qu’elle n’est pas écrite mais qu’on peut la comprendre si on remet la fable dans son contexte. La Fontaine adressait ses fables aux adultes — et surtout au roi de France, à Louis XIV. Il utilisait des animaux pour faire passer des idées qu’il n’aurait pas pu exprimer directement avec des humains.
Quel est le message adressé au roi ? D’abord — une guerre peut commencer pour presque rien. Dans la fable, les deux coqs vivaient en paix — et à cause d’une simple poule, la guerre a démarré. Ensuite — même si on gagne la guerre, on peut être tué par un autre ennemi. Ici, c’est le vautour qui a mangé le coq gagnant. Le message au roi — et surtout au futur roi Louis XV — c’est : attention à la guerre, ne déclenchons pas de conflits pour rien, car même si la France gagne, d’autres choses peuvent l’affaiblir, peuvent la détruire.
Vous voyez — d’une simple histoire de coqs, La Fontaine arrive à faire passer des idées très importantes sur la guerre. Et ça s’applique tout à fait à notre époque.
Il y a encore une dernière chose intéressante dans cette fable — l’image de la femme. Les poules représentent les femmes. Elles sont attirées par le pouvoir, par la force — elles vont vers le vainqueur. On les décrit uniquement par leur beauté — de belles poules avec un beau plumage. Mais attention — La Fontaine ne critique pas les femmes en général. Il critique les maîtresses du roi — ces femmes attirées par le pouvoir royal qui détournent le roi de son travail, de sa tâche de diriger la France. On appelle ça des femmes vénales. C’est donc une critique adressée au roi, pas aux femmes.
Et avec ça, on arrive au bout de l’étude de cette fable. J’espère que c’était pas trop difficile pour vous. Je rappelle que les fables de La Fontaine s’adressent plutôt à des apprenants intermédiaires ou avancés.
Je vais maintenant vous relire la fable en entier à vitesse normale, puis une version simplifiée.
Les Deux Coqs, par Jean de La Fontaine.
Deux Coqs vivaient en paix : une Poule survint, Et voilà la guerre allumée. Amour, tu perdis Troie ; et c’est de toi que vint Cette querelle envenimée, Où du sang des Dieux mêmes on vit le Xanthe teint. Longtemps entre nos Coqs le combat se maintint. Le bruit s’en répandit par tout le voisinage. La gent qui porte crête au spectacle accourut. Plus d’une Hélène au beau plumage Fut le prix du vainqueur ; le vaincu disparut. Il alla se cacher au fond de sa retraite, Pleura sa gloire et ses amours, Ces amours qu’un rival tout fier de sa défaite Possédait à ses yeux. Il voyait tous les jours Cet objet rallumer sa haine et son courage. Il aiguisait son bec, battait l’air et ses flancs, Et s’exerçant contre les vents, S’armait d’une jalouse rage. Il n’en eut pas besoin. Son vainqueur sur les toits S’alla percher et chanter sa victoire. Un vautour entendit sa voix. Adieu les amours et la gloire, Tout cet orgueil périt sous l’ongle du vautour. Enfin, par un fatal retour, Son rival autour de la Poule s’en revint faire le coquet. Je laisse à penser quel caquet, Car il eut des femmes en foule. La Fortune se plaît à faire de ces coups ; Tout vainqueur insolent à sa perte travaille. Défions-nous du Sort, et prenons garde à nous Après le gain d’une bataille.
Et maintenant, ma version simplifiée.
Les Deux Coqs, version d’Adrien.
Deux coqs vivaient en paix quand une poule arriva — et cela démarra une guerre. À cause de l’amour commença le conflit, qui fit même couler le sang des dieux. Le combat dura longtemps entre les deux coqs. Les voisines en furent vite au courant et les poules arrivèrent au spectacle. Plusieurs belles poules furent le prix du coq vainqueur. Le vaincu disparut. Il alla se cacher dans son coin et pleura sa défaite. L’autre coq, tout fier, avait les poules pour lui. Il voyait tous les jours son rival, ce qui alimentait sa haine et son courage. Il se préparait en s’entraînant dans son coin — sa rage augmentait. Mais il n’en eut pas besoin. L’autre coq, vainqueur, monta sur les toits afin de chanter sa victoire. Un vautour entendit le coq chanter. Adieu, amour et gloire ! Le coq vainqueur du combat fut tué par le vautour. Et donc, le coq perdant retourna près des poules pour les séduire. Imaginez quel dragueur il fut — car il eut plein de femmes. Le hasard parfois nous joue des tours. Être arrogant, ça n’est jamais bon. Méfions-nous du hasard et faisons attention à nous après avoir gagné une bataille.
Et voilà — après ces deux podcasts, on arrive à la fin de cette étude. J’espère que ça vous a intéressé, j’espère que vous avez apprécié. Vous pouvez me laisser un petit commentaire sur YouTube, sur votre application de podcast, sur mon mail — peu importe. Ça fait toujours plaisir.
Et je vous dis donc à demain — demain, on étudiera une nouvelle expression française : « Muet comme une carpe. » Merci beaucoup de m’avoir écouté et à bientôt ! Bye bye, hasta luego, matane !
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