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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. On est aujourd’hui le 3 septembre 2025 et on se retrouve pour une nouvelle étude de chanson. On va aujourd’hui écouter une chanson qui date des années 2000 et qui est chantée par deux personnes. Il y a une chanteuse et un chanteur. La chanteuse s’appelle Axelle Red et le chanteur s’appelle Renaud. Ce sont deux chanteurs qui sont très connus en France, plus Renaud qu’Axelle Red, mais quand même elle est très connue ; et c’est une chanson qui s’appelle Manhattan-Kaboul.
« Manhattan », c’est le quartier de New York et « Kaboul », c’est la capitale de l’Afghanistan. Alors, on va l’écouter, je vais vous la passer en entier et après je vais vous expliquer les phrases, je vais vous expliquer de quoi parle cette chanson parce que c’est une chanson très jolie et très intéressante dans les paroles. Je laisse donc tout de suite la place à Axelle Red et Renaud pour Manhattan-Kaboul.
[Musique]
Petit Portoricain Bien intégré, quasiment New-Yorkais Dans mon building tout de verre et d’acier Je prends mon job, un rail de coke, un café
Petite fille afghane De l’autre côté de la terre Jamais entendu parler de Manhattan Mon quotidien, c’est la misère et la guerre
Deux étrangers au bout du monde, si différents Deux inconnus, deux anonymes et pourtant Pulvérisés sur l’autel de la violence éternelle
Un 747 s’est explosé dans mes fenêtres Mon ciel si bleu est devenu orage Lorsque les bombes ont rasé mon village
Deux étrangers au bout du monde, si différents Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant Pulvérisés sur l’autel de la violence éternelle
So long, adieu mon rêve américain Moi, plus jamais esclave des chiens Ils t’imposent l’islam des tyrans Ceux-là n’ont-ils jamais lu le Coran ?
Je suis redevenu poussière Je ne serai pas maître de l’univers Ce pays que j’aimais tellement serait-il Finalement un colosse aux pieds d’argile ?
Les dieux, les religions Les guerres de civilisation Les armées, les drapeaux, les patries, les nations Font toujours de nous de la chair à canon
Deux étrangers au bout du monde, si différents Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant Pulvérisés sur l’autel de la violence éternelle
Alors, est-ce que vous avez un peu compris les paroles ? Est-ce que vous avez peut-être compris quelques mots, quelques phrases, un peu le sens de la chanson ? J’espère que oui, sinon, eh bien, je vais tout vous expliquer maintenant.
Donc, comme je vous disais, la chanson s’appelle Manhattan-Kaboul. Donc, on imagine qu’on va parler du quartier de New York, que la chanson va porter sur quelque chose qui se passe à New York et quelque chose qui va se passer à Kaboul en Afghanistan. Je vous mets la première phrase et je vous l’explique.
Alors, ça, c’est Renaud qui chante. C’est un très bon chanteur. Le problème, c’est qu’il a bu beaucoup d’alcool. Je crois que maintenant il a arrêté, mais donc il a une voix très grave qui est aggravée par l’alcool. Ici, il dit « petit Portoricain ». Bon, « petit », vous connaissez, c’est le contraire de grand. Ici, je pense que ça veut dire « jeune » parce que « Portoricain », c’est quelqu’un, c’est un homme qui est originaire de Porto Rico. Porto Rico, c’est une île, pardon, dans les Caraïbes, une île qui se situe près de la République dominicaine, qui est affiliée aux États-Unis (c’est un territoire non incorporé), il y a des relations entre les deux pays.
Et après Renaud, en parlant de cette personne, de ce Portoricain, il dit « bien intégré, quasiment New-Yorkais ». Donc, le Portoricain, le jeune homme, est intégré aux États-Unis, « presque New-Yorkais ». « Quasiment », ça veut dire « presque ». Et « New-Yorkais », c’est quelqu’un qui habite New York. Donc, ce petit Portoricain, cet immigré, cette personne, ce jeune homme qui vient de Puerto Rico, a réussi à s’intégrer à New York, à s’intégrer aux États-Unis pour être finalement quasiment comme un New-Yorkais.
On écoute la suite. Donc là au début, le chanteur Renaud dit « Dans mon building, tout de verre et d’acier ». Il dit « mon building », parce qu’il se place à la place, il se prend pour ce Portoricain, pour cette personne. Donc, il est dans un building, dans son building, fait en verre et en acier. « Tout de verre et d’acier », ça veut dire que le bâtiment est construit avec de l’acier pour la structure et les vitres sont toutes en verre.
Et après, il dit « Je prends mon job, un rail de coke et un café ». « Je prends mon job », là, il se place toujours dans les vêtements du Portoricain, à la place du jeune homme, il commence son travail avec un rail de coke. La « coke », c’est de la cocaïne, c’est de la drogue, et quand on sniffe une ligne de coke, on parle de « rails ». Donc il dit « un rail de coke et un café » pour commencer la journée. Donc le jeune homme qui travaille à New York est dans un building, dans un gratte-ciel, et il commence sa journée de travail avec de la drogue et un café.
Ensuite on va écouter Axelle Red, donc la chanteuse. Ici, elle dit « petite fille afghane de l’autre côté de la terre ». Petite fille, donc, c’est une enfant, une jeune femme. Un « Afghan », c’est masculin, c’est un homme qui vit en Afghanistan, et une « Afghane », c’est une femme. Donc là, on parle d’une petite fille qui vit en Afghanistan et, deuxième ligne, « de l’autre côté de la terre ». Ici, on oppose New York (les États-Unis) à l’Afghanistan et donc la chanteuse nous dit que l’Afghanistan se trouve de l’autre côté de la planète Terre par rapport aux États-Unis. Il y a une très grande distance entre les deux. On comprend que l’on va suivre l’histoire de ce jeune Portoricain à New York et de cette petite fille afghane. Ce sont deux histoires séparées qui vont se rejoindre.
On continue. Ici, elle dit « Jamais entendu parler de Manhattan ». Qui n’a jamais entendu parler de Manhattan ? C’est la petite fille afghane. Elle dit — la chanteuse parle pour elle — : « Mon quotidien, c’est la misère et la guerre ». Mon quotidien, c’est ce que je vais vivre tous les jours. Ma vie quotidienne. Donc ici, la petite fille afghane nous dit que tous les jours, elle vit la misère, la pauvreté, et la guerre. Pourquoi la guerre ? Parce qu’à cette époque-là, il faut se rappeler que l’on est en 2002. Et 2002, c’est juste après le 11 septembre 2001, donc juste après les attentats à New York. Après ces attentats, les États-Unis et l’alliance occidentale ont attaqué l’Afghanistan pour retrouver Ben Laden et détruire Al-Qaïda. Donc cette petite fille afghane, qui n’a rien demandé à personne, subit la guerre.
Ça, c’était le premier couplet. On a eu une partie avec Renaud et une partie avec Axelle Red. Et là, on va écouter le refrain. On a d’abord Axelle Red qui chante, puis Renaud. La femme dit : « Deux étrangers au bout du monde si différents ». Entre le Portoricain à New York et la petite fille en Afghanistan, ce sont deux étrangers, ils ne se connaissent pas, ils vivent d’un bout à l’autre du monde et leurs vies sont très différentes. L’un travaille dans un building et l’autre subit la guerre.
Après Renaud dit : « Deux inconnus, deux anonymes, mais pourtant ». Deux inconnus, ce sont deux personnes qui ne se connaissent pas. Et il dit « deux anonymes ». Quelqu’un d’anonyme, c’est quelqu’un qui n’est pas connu. Moi, je suis un anonyme. Une personnalité ne va pas être anonyme. Donc ici, ces deux personnes sont anonymes, personne ne les connaît.
On va écouter la fin du refrain. Alors là, ce n’est pas facile parce que les deux chantent ensemble. Ils disent « pulvérisés sur l’autel de la violence éternelle ». « Pulvériser », ça veut dire tuer, détruire totalement. On parle du Portoricain et de la petite fille. Pulvérisés sur « l’autel ». Alors quand on dit « sur l’autel de quelque chose », c’est une image qui veut dire « au nom de ». Un autel (A-U-T-E-L), c’est ce qu’on trouve dans les églises, mais ici cela signifie qu’ils vont mourir à cause d’une violence qui ne s’arrête jamais. On comprend bien que cette chanson parle des attentats du 11 septembre et de la guerre qui a suivi. Le building dont Renaud parlait au début, c’est le World Trade Center.
On va continuer le deuxième couplet. Il dit : « Un 747 s’est explosé dans mes fenêtres ». Là, c’est le chanteur qui parle pour le jeune homme à New York. Un « 747 », c’est un avion Boeing. Il dit qu’il s’est explosé dans ses fenêtres. L’avion s’est écrasé dans la tour où travaillait ce Portoricain.
On continue avec Axelle Red. On se replace dans la peau de la petite fille en Afghanistan. Elle dit : « Mon ciel si bleu est devenu orage lorsque les bombes ont rasé mon village ». Le ciel est devenu comme un orage avec de la fumée à cause des bombes. Les États-Unis, en faisant la guerre, ont tué Ben Laden, mais avec combien de pertes civiles à côté ? C’est ça dont parle cette chanson : dénoncer le 11 septembre ET dénoncer la guerre qui a suivi, qui a fait beaucoup de morts civils.
Après on reprend le refrain. Ensuite on écoute la suite. Ici, il dit « So long » (c’est de l’anglais pour dire « adieu ») « adieu mon rêve américain ». Le jeune Portoricain qui rêvait d’une vie meilleure voit son rêve se terminer le 11 septembre 2001. Ensuite, la chanteuse dit : « moi, plus jamais esclave des chiens ». L’esclave, c’est quelqu’un qui travaille sans salaire et obéit aveuglément. Ici, les « chiens » font référence aux Talibans qui rendaient esclaves les femmes.
Ils chantent ensuite à deux : « Ils t’imposaient l’islam des tyrans ». Les Talibans imposent une version dévoyée de la religion. Un tyran, c’est quelqu’un qui dicte sa loi par la force. On dénonce ici l’islamisme. Et à la fin ils disent : « Ceux-là n’ont-ils jamais lu le Coran ? ». On pose la question : est-ce que ces extrémistes ont déjà lu le texte sacré ? La chanson fait la différence entre les islamistes (extrémistes) et les musulmans qui respectent les hommes et les femmes.
Troisième couplet : « Je suis redevenu poussière, je ne serai pas maître de l’univers ». C’est le Portoricain qui parle. Il est mort, il est retourné à la terre. On dit parfois que les États-Unis sont les maîtres du monde ; lui, étant mort, il ne le sera pas.
Il continue : « Ce pays que j’aimais tellement serait-il, finalement un colosse aux pieds d’argile ? ». Il se demande si les États-Unis ne sont pas un « colosse aux pieds d’argile ». Un colosse est très fort, mais si ses pieds sont en argile, il est fragile à sa base. C’est la question que se pose ce travailleur après les attentats.
Enfin : « Les dieux, les religions, les guerres de civilisation, les armées, les drapeaux, les patries, les nations font toujours de nous de la chair à canon ». On a ici une longue énumération de sujets. Toutes ces choses font de « nous » de la « chair à canon ». Le « nous » représente le Portoricain et la petite fille, mais surtout les civils. La « chair à canon », ce sont les personnes sacrifiées pendant les guerres.
La chanson se termine avec le refrain répété. J’espère que vous avez mieux compris. Cela parle du 11 septembre, de l’Afghanistan, mais surtout des victimes civiles et de la stupidité des hommes qui se font la guerre pour des religions ou des nations.
Bien, je vais m’arrêter de parler sinon c’est trop long. Je vous repasse la chanson une dernière fois pour vérifier si vous reconnaissez les mots. Demain, on verra une nouvelle expression : « Une victoire à la Pyrrhus ». C’est une expression rare mais intéressante. Je vous dis à demain ! Bye-bye, hasta luego, matane !
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