« Une victoire à la Pyrrhus » et « C’est bon ou c’est bien ? »

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que ça va. On est aujourd’hui le jeudi 4 septembre 2025 et je vous souhaite la bienvenue dans le français, c’est facile avec Adrien. Alors, qu’est-ce que vous avez pensé de la chanson d’hier ? Est-ce que vous avez compris les paroles ? Est-ce que, grâce à mes explications, vous avez pu mieux comprendre cette chanson ? J’espère que oui. Aujourd’hui, on va parler d’une expression française qui est assez rare et qui est « une victoire à la Pyrrhus ». Mais avant ça, je vais finir avec mes souvenirs du collège.

Souvenirs du collège (la 3e)

Avant-hier, je vous ai parlé de mon souvenir de quatrième, un souvenir terrible pour moi. Aujourd’hui, je vais vous parler de la troisième. La troisième, c’est la dernière année du collège. C’est pendant cette année, ou plutôt à la fin de cette année, qu’on passe le brevet des collèges. Alors, c’est quoi le brevet des collèges ? Le brevet des collèges, c’est un examen qu’on passe à la fin de la troisième et ça permet de connaître notre niveau, de savoir où on en est. Aujourd’hui, c’est une formalité. Même quand moi, je l’ai passé, c’était assez facile à avoir et surtout, ça ne servait pas à grand-chose parce que le brevet des collèges n’est pas obligatoire pour passer en seconde donc, même si vous avez une mauvaise note à cet examen, vous pouvez quand même passer l’année d’après. Vous pouvez quand même passer au lycée, passer en seconde. Donc, pour un examen, ce n’est pas très important.

Dans ce brevet des collèges, quand moi, je l’ai passé, il y avait des maths, du français, il y avait de l’histoire et puis peut-être d’autres matières, je ne me souviens plus. C’était il y a trop longtemps, je ne me souviens plus quelles matières j’ai passées. En tout cas, je me souviens avoir eu des notes correctes donc, tout va bien pour moi. Enfin, à l’époque, au niveau des notes, c’était correct. Mais j’ai vu qu’au fur et à mesure du collège, mes notes ont diminué. Entre la sixième et la troisième, au fur et à mesure des années, la moyenne de mes notes, mes notes générales, a diminué petit à petit.

Pourquoi ? Parce que je ne travaillais pas. J’écoutais en cours, enfin j’écoutais. J’étais un peu dissipé, mais la majorité du temps, j’écoutais. Je comprenais, mais je ne travaillais pas chez moi et comme je ne travaillais pas chez moi, eh bien mon niveau a diminué au fur et à mesure. Vous verrez jusqu’où j’ai diminué mon niveau, jusqu’où j’en suis arrivé et quelles ont été les conséquences, mais ça sera pour plus tard. Ça, ce sera pour le lycée. Mais aujourd’hui, on reste sur mes souvenirs du collège.

Je me souviens qu’en troisième, j’avais rendu un examen de français pendant l’année et la remarque de la prof, donc de la prof de français, n’avait pas été sur le fond, donc pas sur ce que j’avais écrit, mais sur comment je l’avais écrit, sur mon écriture. La prof de français m’avait dit que j’avais une écriture d’enfant. J’ai été très vexé, je l’ai très mal pris, donc du jour au lendemain, j’ai changé d’écriture.

En français, comme dans toutes les langues, chacun a son écriture, chacun a une écriture à lui. Ça s’appelle d’ailleurs la graphologie, c’est l’étude de l’écriture. Il y a des personnes qui sont graphologues et qui peuvent vous donner des traits de personnalité, vous décrire uniquement grâce à votre écriture. Et donc, cette prof de français me dit, ou plutôt m’écrit sur une copie, que j’ai une écriture d’enfant, que j’ai une écriture enfantine et donc, je me suis vexé. Du jour au lendemain, j’ai complètement changé d’écriture, j’ai changé la façon de faire mes N, de faire mes P, de faire mes L, de faire mes E, etc., etc. Ça n’a pas été simple. C’est comme si j’avais appris une nouvelle façon d’écrire, comme si je me forçais à écrire d’une autre façon. Au début, j’ai mis du temps, j’ai changé d’écriture, mais j’écrivais doucement donc, je rendais des copies qui étaient mauvaises parce que je n’avais pas le temps de finir. Je voulais écrire d’une façon plus adulte, plus grande, et pas écrire comme un enfant. En fait, je suis bête. J’aurais dû garder mon écriture que cette prof avait qualifiée d’enfant. Je n’aurais pas dû me sentir vexé. J’aurais dû en avoir rien à faire de ce qu’elle me disait. Mon écriture, c’était mon écriture, et si ça ne convenait pas à cette prof, peu importe. Mais malheureusement, à 14 ans, on n’a pas la maturité qu’on a à 40. Et donc, j’ai changé d’écriture. J’ai galéré, mais j’ai réussi.

Je pense que mon écriture aujourd’hui est horrible. J’ai une écriture d’adulte, mais qui est complètement illisible. J’écris en pattes de mouche puisque c’est une expression qu’on a déjà vue ensemble. D’ailleurs, on écrit de moins en moins. Franchement, moi, je n’écris quasiment plus jamais. J’ai mon ordinateur, j’ai mon portable, j’ai mon téléphone, et donc, les moments où je vais prendre un stylo et écrire sur une feuille sont assez rares. Le seul moment où je le fais, je crois, c’est quand je me fais des fiches pour apprendre le japonais, pour réviser la nouvelle langue que j’apprends. Là, j’écris à la main. Mais je n’écris pas en français, j’écris en japonais.

Et donc, pour revenir au collège, pour finir avec la troisième, comme la troisième, c’est la fin du collège, eh bien à la fin de la troisième, au mois de juin, après le brevet, on a fait une grande fête chez un pote. Il y avait peut-être 40, 50, 60 personnes, 60 personnes du collège où on a fait la fête afin de fêter parce qu’on était contents de finir le collège et de passer au lycée. Mais je vous parlerai de tout ça demain.

Astuce du jour : C’est bon et c’est bien

Aujourd’hui, ou plutôt tout de suite, on va continuer avec l’astuce du jour en français. On va parler… eh bien on va continuer un peu sur ce qu’on a vu hier. Hier, je vous ai parlé de bon et de bien, de la différence entre le mot « bon » et le mot « bien ». Et aujourd’hui, on va faire la distinction, on va faire la différence entre « c’est bon » et « c’est bien ». En fait, ce sont les mots « bon » et « bien » devant lesquels on va rajouter « c’est ». C’est « c’est ». C’est bien de connaître la différence entre ces deux expressions, entre ces deux phrases parce que ce sont des mots qu’on utilise beaucoup en français. On répond souvent « c’est bon » ou « c’est bien » donc, c’est important que vous compreniez bien la différence entre ces deux expressions.

Alors, on va commencer par « c’est bon ». C’est bon, ça veut dire plusieurs choses. Ça peut vouloir dire « c’est ok » ou « c’est d’accord » mais ça peut aussi vouloir dire « stop, ça suffit ». En fait, selon le contexte dans lequel vous allez l’utiliser, suivant la phrase d’avant, ça va être de l’ironie ou non. Vous pouvez dire « c’est bon » pour dire « c’est ok », « c’est d’accord » ou alors « c’est bon » pour dire « ça suffit », « stop », « on arrête », etc.

Imaginez, vous avez votre enfant de huit ans qui veut absolument que vous l’emmeniez à Disneyland. Disneyland, c’est le parc d’attractions Disney qui se trouve à Paris. Alors, en France, à Paris, mais il y en a dans le monde entier. Vous pouvez dire : « ok, c’est bon, on va aller à Disneyland. Tu es content ? » Je vous répète : « ok, c’est bon, on va aller à Disneyland », « tu es content ? » Donc vous dites à votre enfant : « oui, je suis d’accord, on va y aller, je vais t’emmener au parc d’attractions, est-ce que tu es content ? » Ça, c’est dans le sens de « c’est bon, c’est ok, c’est d’accord ».

Et une autre situation, imaginez que vous regardez la télé avec votre enfant de huit ans et il veut absolument que vous changiez de chaîne. Il veut absolument décider de quelle chaîne regarder. Et vous pourrez lui dire : « ok, c’est bon, tu m’as saoulé, on arrête de regarder la télé ». Bon, peut-être que le « tu m’as saoulé » est en trop, on va dire : « ok, c’est bon, on arrête de regarder la télé ». Là, ça voudra dire « stop, ça suffit, on éteint la télé, à force de trop me demander, à force de m’ennuyer, eh bien on en arrive au fait d’éteindre la télé, de ne plus regarder la télé du tout ». Donc, « c’est bon », suivant le contexte, suivant comment vous allez l’utiliser, ça pourra vouloir dire « c’est d’accord » ou « ça suffit ». Ça, ce sont les mots « c’est bon ».

Et « c’est bien », ça veut dire « c’est super, bravo ». Si vous voulez féliciter quelqu’un qui a réussi, par exemple un examen de français, vous pouvez lui dire : « bravo, c’est bien, tu as réussi ton examen. Bravo, c’est bien, tu as réussi ton examen ». Là, vous félicitez la personne, vous lui dites que c’est super, qu’elle a réussi son examen de français.

Imaginez une autre situation, vous appelez votre mari ou votre femme et vous lui dites : « t’en es où dans ton travail ? — J’ai bientôt fini, dans 5 minutes, je pars. — Ah, c’est bien, t’as fini de travailler, on va pouvoir aller dîner ». Ici, ça veut dire que votre mari ou votre femme a fini de travailler, vous lui dites donc : « ah, c’est bien, tu as fini de travailler, c’est super. On va pouvoir aller dîner, on va aller manger, on va pouvoir se retrouver pour aller manger ».

Donc il faut bien faire la différence entre « c’est bon », qui veut dire « c’est d’accord » ou « ça suffit », et « c’est bien », qui veut dire « c’est super », qui veut dire « bravo », qui veut dire en fait « je suis content ». J’espère que vous comprenez la différence entre les deux, entre « c’est bon » et « c’est bien ».

Expression française du jour : une victoire à la Pyrrhus

Et maintenant, on va commencer avec l’expression du jour qui est « une victoire à la Pyrrhus ». Je vais vous décrire les mots de l’expression comme d’habitude et après, je vais vous expliquer le sens. Déjà « une victoire »… donc victoire, ça prend un « e » à la fin, on dit « une » donc c’est féminin. Une victoire, c’est quand on gagne quelque chose, quand on gagne un match, quand on gagne un combat ou une bataille, une guerre. Par exemple, en juin dernier, le Paris Saint-Germain, qui est une équipe de football, a gagné la Ligue des champions. C’était une victoire pour le Paris Saint-Germain, le fait de gagner ce match, c’est une victoire. Pour ceux qui suivent le ping-pong, récemment, il y a un Suédois qui s’appelle Truls Morgard, qui a battu le numéro 1 mondial, qui est chinois et qui s’appelle Lin Shidong, et il l’a battu en finale. C’était une victoire pour le Suédois. Le Suédois a battu le Chinois. Ça, c’est une victoire. Et ensuite, on a « à la Pyrrhus ». « À la », c’est en fait un exemple. On dit « une victoire comme Pyrrhus ». On prend comme exemple Pyrrhus parce que Pyrrhus, en fait, c’est une personne. C’est un roi qui a existé et qui a régné avant Jésus-Christ. Je crois que c’est vers 200 ou 300, peut-être 400 avant Jésus-Christ, je ne sais pas. Et Pyrrhus, c’était le roi d’un royaume qui se trouve à peu près au nord de la Grèce actuelle. Et ce roi, avec son peuple, avec son armée, il faisait la guerre à l’Empire romain.

Et pendant cette guerre, pendant ces batailles où il a gagné, où il a eu des victoires, mais en fait, il a perdu tellement de troupes, tellement de soldats, tellement de matériel que, même si c’était une victoire pour lui, eh bien, ça ressemblait à une défaite. Il a perdu tellement de choses dans cette guerre, dans ces batailles, qu’il ne pouvait plus après se battre. Il n’avait plus assez de soldats pour continuer la guerre, alors que l’Empire romain, de l’autre côté, eh bien, était beaucoup plus grand et donc pouvait recruter beaucoup plus de soldats. Donc, malgré le fait que ce fût une victoire, eh bien, ça ressemblait à une défaite. Donc, en fait, une victoire à la Pyrrhus, c’est une victoire mais qui coûte un prix tellement important, qui coûte tellement cher que ça ressemble à une défaite.

Ici, entre Pyrrhus et l’Empire romain, malgré la victoire, eh bien, ça avait le goût d’une défaite parce que Pyrrhus, le roi, a presque tout perdu dans cette victoire. Sur l’image du podcast, je vous ai mis deux soldats qui se tiennent debout sur un champ de bataille. Eh bien, imaginez que ces deux soldats ont gagné la bataille, mais que tous leurs compagnons sont morts et donc qu’ils ont eu énormément de pertes pendant cette bataille. Donc, en fait, le fait de gagner, le fait d’avoir une victoire, eh bien, ça n’a pas de sens, ça n’a aucun intérêt si tous nos alliés, si toutes les personnes avec qui on a combattu, sont morts.

On va reprendre l’exemple du ping-pong dont je vous ai parlé tout à l’heure, ou ça peut être aussi du tennis ou n’importe quel sport. Imaginez que vous faites un tournoi et que vous avez un match tous les jours. Et le premier match que vous faites, vous gagnez, mais le match dure tellement longtemps que vous êtes épuisé, que vous êtes crevé et que, bien sûr, le lendemain, vous allez perdre parce que vous êtes trop fatigué. Eh bien, la première victoire que vous avez eue, c’est une victoire à la Pyrrhus. C’est une victoire mais qui ressemble à une défaite parce que vous avez mis tellement d’énergie, vous aurez tellement dépensé de forces dans cette victoire que vous ne pourrez plus continuer votre tournoi. On peut dire aussi d’ailleurs une victoire pyrrhique. Ici, pyrrhique, c’est l’adjectif. On a transformé en fait un nom propre qui est le nom du roi Pyrrhus en adjectif. Donc, que vous disiez une victoire à la Pyrrhus ou une victoire pyrrhique, eh bien, c’est la même chose.

Si vous apprenez le français et que vous sortez une expression comme ça à un Français, je peux vous assurer qu’il va être étonné. C’est une expression que les Français connaissent, mais qu’on n’emploie pas tous les jours ou que les journalistes emploient, l’écrivent, mais dans la vie de tous les jours, moi, je ne l’emploie pas beaucoup et beaucoup de Français, peut-être même, ne la connaissent pas, je ne sais pas. En tout cas, essayez de l’utiliser, essayez de vous en rappeler parce que moi, personnellement, je trouve ça très marrant, je trouve ça excellent d’avoir des personnes qui apprennent une langue et qui sortent des mots compliqués, des expressions compliquées.

Moi, ça me fait marrer et je trouve que c’est une marque de culture, une marque d’intelligence que de faire ça. Enfin bref, je vais arrêter le blabla pour aujourd’hui. Juste en anglais, ça se dit comme en français, on dit « a pyrrhic victory ». Vous pourrez aussi utiliser cette expression en anglais si vous connaissez l’anglais.

Demain, on parlera d’une nouvelle expression bien sûr qui sera « malin comme un singe » et je vous parlerai de mes souvenirs du lycée, donc de la seconde d’abord. Vous pouvez toujours me retrouver sur YouTube pour me laisser un petit commentaire ou un pouce bleu, c’est ça ? Non, je ne sais même pas. Bon, on s’en fout, ne mettez rien, ce n’est pas grave. Et vous pouvez aussi me retrouver sur Patreon si vous voulez m’aider à produire ce podcast, en tout cas me soutenir. Merci beaucoup à tout le monde, à vous qui m’écoutez et n’hésitez pas à parler du podcast à vos amis. À bientôt. Bye bye, hasta luego. Matane !


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