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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. On est le mardi 9 septembre 2025 et aujourd’hui, on va parler d’une expression française qui est « faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ». C’est un peu long comme expression. Dans cette expression, il y a 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 mots. Donc, on va voir tout ça ensemble tout à l’heure, mais avant, je vous souhaite la bienvenue dans « Le français, c’est facile avec Adrien ».
- Introduction : La salle de bain et le bain
Comme je vous disais, aujourd’hui, on va parler d’une expression où, dedans, il y a le mot « bain » et donc, en guise d’introduction, je vais vous parler un peu du rapport des Français avec la douche et le bain. Eh bien, ce rapport a beaucoup changé depuis 15, 20, 30 ans.
Il y a 30 ans, dans les salles de bain en France, il y avait toujours une douche, pas toujours, mais souvent une douche, une baignoire et un bidet. Baignoire, c’est pour prendre le bain ; douche, c’est pour prendre la douche ; et le bidet, est-ce que vous savez ce que c’est ? Le bidet, c’est pour se laver les fesses et aussi devant, donc c’est pour se laver les parties intimes.
On s’assied sur un bidet, il y a de l’eau, un robinet qui est derrière et ça permettait, à l’époque, de se laver les parties intimes, donc les fesses et le sexe, et de ne pas prendre de douche. Ça permettait d’éviter de consommer trop d’eau et donc de faire une toilette intime rapide. Des bidets en France, il n’y en a quasiment plus. Au fur et à mesure que les salles de bain ont été rénovées, que les immeubles ont été construits, eh bien, on a arrêté de mettre des bidets en France. Il reste des bidets dans quelques salles de bain, mais qui sont très anciennes, et ça, c’est culturel par rapport à la France uniquement.
Récemment, je suis allé en Italie ; eh bien, dans les salles de bain que j’ai vues, il y avait toujours des bidets, même dans les salles de bain de nouveaux immeubles, des immeubles qui venaient d’être construits. Donc, je pense que, pour les Italiens, c’est important encore d’avoir un bidet, mais en France, ça a quasiment disparu.
Donc, dans les salles de bain, normalement, vous avez une baignoire et, dans les salles d’eau, une douche uniquement. Maintenant, on fait une distinction, on fait la différence entre salle de bain et salle d’eau. Salle de bain, c’est avec une baignoire pour prendre un bain, et salle d’eau, il n’y a qu’une douche ou plusieurs douches, mais ça n’a pas beaucoup d’intérêt ; donc, il y a une douche et pas de baignoire.
Mais de toute façon, en France, depuis 10, 15 ans, peut-être 20 ans max, il y a de moins en moins de baignoires également. De moins en moins de personnes prennent des bains en France et la majorité des gens prennent des douches. Pourquoi ? D’abord parce que c’est plus rapide, mais surtout parce que ça consomme moins d’eau. Ça consomme beaucoup moins d’eau de prendre une douche, en plus, si la douche est rapide, trois, quatre minutes, qu’un bain. Alors, c’est vrai que chez moi, j’ai un bain et une douche, donc j’ai une baignoire et une douche, et c’est vrai que parfois, l’hiver, quand il fait très froid dehors, eh bien, je prends un bain. J’aime bien prendre un bain et soit écouter un podcast, soit lire un livre pendant 15-20 minutes dans le bain, tranquille, pépère, au chaud, alors qu’il fait très froid dehors. Mais sinon, le reste de l’année, je prends des douches.
D’ailleurs, j’avais entendu à la radio une petite astuce pour prendre des douches qui ne sont pas trop longues, donc pour ne pas consommer trop d’eau, parce que l’eau, ça va être la réserve, plutôt la ressource principale de demain. Le nouvel or de demain, c’est l’eau. Déjà aujourd’hui, il n’y a pas assez d’eau pour tout le monde sur Terre, donc il faut faire attention à l’eau. Bon bref, je reviens sur ma petite astuce.
En fait, à la radio, ils disaient qu’on pouvait se mettre, par exemple, une chanson qui dure entre 2 minutes 30 et 3 minutes 30, par exemple, et que, le temps de cette chanson, vous pouvez rester dans la douche. Quand la chanson est finie, vous devez sortir, vous devez avoir fini de vous doucher pour ne pas faire de douches à rallonge, pour ne pas rester 10 minutes sous la douche. Évidemment, si vous restez longtemps sous la douche, ça revient à prendre un bain. Vous allez consommer beaucoup d’eau.
Après, pour les personnes obèses, pour les personnes très grosses, il n’y a pas besoin de beaucoup d’eau pour prendre un bain. Il suffit de mettre un peu d’eau au fond, la personne dans le bain, et ça remplit tout de suite. Ah là là, c’est horrible. Non, c’est une blague évidemment, mais plus on est volumineux, plus on est gros, et bien sûr, moins il y a besoin d’eau pour prendre un bain, mais quand même, ça consomme beaucoup d’eau.
Donc, le rapport des Français avec la baignoire, avec les douches, a bien changé ces dernières années. Je pense qu’il y a quand même des personnes qui prennent souvent des bains, mais ça doit être assez rare. En général, dans les salles d’eau, les gens veulent une douche et ne veulent pas de salle de bain, sauf dans les grandes maisons où il y a forcément une baignoire, mais dans les appartements, en général, on a une douche.
Alors, comment dire ? Il y a une croyance qui existe, une mauvaise réputation sur l’hygiène des Français, sur le fait que les Français ne se lavent pas assez. Franchement, je ne sais pas pourquoi il y a cette réputation sur les Français. Je ne sais pas pourquoi on dit ça, puisque je pense que la majorité des Français se lavent tous les jours, voire tous les deux jours au pire du pire, j’espère. Mais tous les jours, franchement, je pense que c’est la base, c’est la moyenne, et changer de slip, de caleçon, de boxer et de chaussettes tous les jours, je pense que c’est aussi la base. Bon, après, je n’ai pas de statistiques, je fais ça un peu au doigt mouillé, mais je pense que c’est une mauvaise réputation qu’on nous attribue, qui est assez fausse.
- Astuce de français : Le vouvoiement
Et maintenant, on va passer à l’astuce de français dont je voulais déjà vous parler avant-hier. Hier, on a fait une fable de La Fontaine, et donc, avant-hier, je voulais vous parler du tutoiement et du vouvoiement. Peut-être qu’on va faire ça en deux podcasts entre aujourd’hui et demain, parce que c’est vrai que bien comprendre cet aspect de la langue française, c’est important. Il faut bien que vous compreniez comment, ou plutôt quand est-ce qu’on tutoie et quand est-ce qu’on vouvoie, qui on va tutoyer et qui on va vouvoyer.
Pourquoi c’est important de comprendre ça ? Parce que je pense, enfin je ne connais pas toutes les langues bien sûr, mais il me semble qu’on retrouve ça qu’en français : le tutoiement et le vouvoiement. Par exemple, en anglais, c’est juste « you ». Et donc, si vous rencontrez quelqu’un et que vous vous adressez à lui, vous allez lui dire : « what’s your name », par exemple, quel est votre nom ? Et si c’est un pote, un ami, vous allez lui dire : « what did you do today ? » Qu’est-ce que vous avez fait aujourd’hui ? À chaque fois, on utilise « you ». Alors qu’en français, ce « you » va pouvoir être traduit par « tu » ou par « vous ».
Alors, quand on prend les pronoms personnels français, je, tu, il, nous, vous, ils, eh bien, on va s’attarder donc sur le deuxième pronom au singulier, le « tu », et le deuxième pronom du pluriel, le « vous ». Le « tu », c’est facile, c’est quand on s’adresse à quelqu’un, et le « vous », il y a deux cas : le cas où on s’adresse à plusieurs personnes, donc là, il y a plusieurs personnes dont on parle, mais il y a aussi le vouvoiement, la marque du respect en France. Donc, c’est ce « tu » et ce « vous » dont on va parler maintenant.
Alors, à quel moment on va utiliser le « vous » en français ? On va commencer par le « vous » et demain, on fera le « tu ». Le « vous », c’est donc le vouvoiement. La première chose qu’il faut penser quand on utilise le « vous », c’est quand on ne connaît pas quelqu’un.
Quand vous vous adressez à quelqu’un dans la rue et que, par exemple, vous voulez lui demander l’heure, eh bien, vous dites : « Est-ce que vous avez l’heure ? Bonjour, est-ce que vous avez l’heure, s’il vous plaît ? » On ne dit pas : « Bonjour, est-ce que tu as l’heure ? » Quand on ne connaît pas quelqu’un, on dit « vous ». Moi, dans ce podcast, je dis toujours « vous ». Pourquoi ? Parce que je m’adresse à plusieurs personnes. Bon, j’espère qu’il n’y a pas qu’une personne qui m’écoute. Je pense qu’il y en a plusieurs, j’en suis sûr même, mais même s’il n’y avait qu’une personne, je pourrais aussi dire « vous » parce que je ne vous connais pas, je ne sais pas qui m’écoute comme auditeur et, par marque de respect, je vais dire « vous ».
Il y a beaucoup de vidéos YouTube ou de podcasts où les personnes disent « tu ». « Tu vois, si tu apprenais comme ça, ça serait bien. Si tu faisais ça, etc., etc., ça serait pas mal ». Personnellement, je trouve que le « vous », le vouvoiement, c’est une marque de respect, une façon d’être bien élevé par rapport à une personne qu’on ne connaît pas et, d’ailleurs, il y a des personnes que ça dérange quand on dit « tu » dès le début. Moi, si quelqu’un me dit « tu », je vais lui dire : « Écoutez, on ne se connaît pas, je vous demande de me vouvoyer ».
Alors, si c’est un étranger, évidemment, je ne vais rien dire puisque c’est difficile de comprendre le « tu » et le « vous ». Mais si c’est un Français qui me parle et qui ne me connaît pas, je vais lui dire : « On se vouvoie ». Donc, ça, c’est le premier cas quand on ne connaît pas quelqu’un.
Après, on peut garder ce « vous » quand on connaît la personne. Par exemple, au travail, quand vous parlez avec des collègues ou votre supérieur, donc votre patron, vous allez dire « vous ». Avec le patron, ça restera toujours le vouvoiement, sauf si votre patron vous dit : « Tu peux me dire “tu”, tu peux me tutoyer ». Par exemple, moi, j’ai eu une petite entreprise, j’ai eu cinq salariés, et bien je leur avais dit : « Tu peux me tutoyer. On peut se tutoyer au travail, même si je suis ton patron ». Donc, je leur avais accordé le fait, je leur avais dit « ok pour se dire “tu” ». Mais il y a des patrons qui préfèrent le « vous » et, même entre collègues, on peut aussi garder le « vous ». Donc, ça, c’est une marque de respect quand on connaît quelqu’un, mais qu’il y a un rapport hiérarchique, que vous êtes en dessous de la personne à votre travail.
Et ensuite, on peut aussi garder le « vous » pour les personnes âgées. Quand quelqu’un est plus âgé que vous, même si vous le connaissez, vous pouvez garder le vouvoiement. Mais si cette personne vous dit : « Tu peux me tutoyer », eh bien, on passe au « tu ». Voilà, je sais que c’est un peu compliqué, mais c’est très important, ce vouvoiement et ce tutoiement. C’est vraiment primordial que vous compreniez et que vous sachiez quand utiliser le « tu » et quand utiliser le « vous ». Demain, je vous parlerai du tutoiement, donc du « tu ».
- Expression du jour : Faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain
Et tout de suite, on passe à l’expression du jour : « Faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ». Pourquoi on dit ça ? Eh bien, je vous l’expliquerai tout à l’heure. D’abord, je vais boire un peu d’eau, juste une seconde. Ça, c’est pas mal. Désolé. Donc, pourquoi on dit cette expression ? Non, pardon, les mots, les mots de l’expression.
Alors, le premier mot, c’est « faut ». Ça s’écrit « F-A-U-T » et c’est la conjugaison au présent du verbe « falloir ». Pourquoi je dis « la conjugaison » ? Parce que le verbe « falloir » est un verbe impersonnel et qu’il n’a qu’une seule conjugaison. C’est la troisième personne du singulier, donc le « il », on dit « il faut ». Je vais évidemment vous conjuguer le verbe « falloir », donc à la troisième personne du singulier. Je vais juste vous en donner trois : le présent, l’imparfait, donc un temps du passé, et le futur. « Falloir » au présent, c’est « il faut ». Et c’est tout, car il n’y a qu’une conjugaison. C’est facile. « Falloir » à l’imparfait, c’est « il fallait ». Ça, c’est le passé. « Falloir » au futur, c’est « il faudra ». Un temps du futur.
« Falloir », c’est utilisé pour exprimer un devoir, c’est utilisé pour exprimer une obligation. Par exemple, il est 13 h et vous reprenez le travail à 13 h 15, 13 h 30, vous allez dire : « Vite, il faut aller manger, il faut manger maintenant, sinon on n’aura plus le temps ».
Alors, on revient à l’expression du jour : « faut pas jeter ». « Faut pas ». « Pas », c’est la marque de la négation. Mais ici, il manque le « ne ». Normalement, on dirait, pour avoir une phrase correcte : « Il ne faut pas jeter », etc. Dans l’expression, ici, on a enlevé « il » et « ne » pour aller plus vite. On a fait un raccourci pour faire cette expression : « faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ». Donc, vous avez compris, pour avoir une phrase grammaticalement correcte, on dirait : « Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ».
On arrive donc au verbe « jeter », qui est le troisième mot de l’expression. « Jeter », c’est un verbe du premier groupe. Ça veut dire « mettre à la poubelle ». Ici, c’est « enlever » plutôt, puisque l’eau va partir dans les tuyaux, dans les égouts, et ça peut aussi être « jeter », c’est « faire un jet » de quelque chose, « lancer » quelque chose. Alors, je vais vous le conjuguer au présent et au futur. « Jeter » au présent, ça donne « je jette, tu jettes, il jette, nous jetons, vous jetez et ils jettent ». Et au futur, ça donne « je jetterai, tu jetteras, il jettera, nous jetterons, vous jetterez et ils jetteront ». Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais à la première personne du singulier, j’ai dit « je jet’rai » et je n’ai pas dit « je jetterai ». En fait, le deuxième « e », la deuxième syllabe, quand on le dit de façon normale, on va l’enlever, on ne va pas la prononcer. Donc, on dit « je jet’rai », « tu jet’ras », « il jet’ra ». Mais je voulais épeler plus doucement, je vous ai épelé en entier pour que vous puissiez comprendre la structure du futur.
On reprend donc l’expression, on en est au « bébé » : « il ne faut pas jeter le bébé… ». Vous savez ce que c’est, c’est un petit humain, c’est un bébé, c’est entre zéro et deux ans, peut-être un peu moins, un an et demi, c’est un bébé. Ensuite, vous avez « avec », qui est une préposition qui va lier deux choses ou deux personnes, ou une personne et une chose. Ici, on va associer le bébé avec l’eau de son bain. Le bain, je vous en ai parlé au début du podcast, c’est la baignoire et l’eau du bain, c’est ce qu’on utilise pour remplir la baignoire.
Alors, ça veut dire quoi ? « Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ». Ça veut dire que, quand vous faites quelque chose, quand vous avez une idée, même si tout n’est pas parfait, eh bien, il ne faut pas tout jeter. Il faut garder ce qui est bon et jeter le reste. Il ne faut pas tout mettre à la poubelle. Quand vous allez donner le bain à un bébé, eh bien évidemment, quand c’est fini, vous videz la baignoire, mais vous gardez le bébé, sinon, c’est un meurtre. Donc, vous gardez le bébé avec vous. Évidemment, ce sont les bonnes choses. Donc, le bébé représente les bons côtés du projet, les bons côtés de votre idée. Et l’eau, l’eau sale, donc, représente les mauvais côtés, les petites choses qui créent des problèmes.
Quand on dit « faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain », on parle d’un projet où, même s’il y a quelques problèmes, même s’il y a des choses à résoudre, l’idée générale est très bonne. Imaginez que vous êtes en entreprise, vous discutez avec vos collègues et avec votre patron et vous avez une nouvelle idée, un nouveau projet que vous êtes en train de présenter. Sauf que votre patron va vous dire : « Ah, mais oui, mais là, il y a ça comme problème, là, ça va être compliqué, là, on ne peut pas faire ça ». Et vous pouvez lui répondre : « Je comprends très bien, mais il ne faut quand même pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il ne faut pas mettre à la poubelle ce projet, tout ça parce qu’il y a quelques problèmes à résoudre ».
Voilà, c’est ça, jeter le bébé avec l’eau du bain, ou plutôt ne pas jeter, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. C’est une expression qui est un peu longue, car il y a beaucoup de mots. En anglais, on dit « to throw the baby out with the bath water ». Je vous ai mis une traduction littérale qui est exactement la même qu’en français. « Throw the baby out with the bath water », c’est « faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ».
Bien, j’étais encore un peu long aujourd’hui, je suis désolé. Demain, on verra une expression qui est « être bouche bée ». Je vous expliquerai tout ça demain et je vous parlerai donc du tutoiement. J’espère que ce petit podcast vous a plu, que vous ne vous êtes pas endormis, parce qu’on m’a encore dit récemment que j’avais une voix qui endormait. Je ne sais pas si c’est un compliment, je pense que c’est un compliment, plutôt une voix relaxante. Et je vous dis donc à bientôt ! Bye bye, hasta luego, mata ne !
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