Lire la transcription
Voici le texte corrigé :
Bonjour à toutes ! Bonjour à tous ! On est aujourd’hui le lundi 15 septembre 2025 et aujourd’hui on va parler d’une expression qui est « C’est le serpent qui se mord la queue ». Mais avant, je vous souhaite bien sûr la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien.
1) Les lettres muettes
Aujourd’hui, de quoi je vais vous parler ? Je vais vous parler des lettres muettes. Ce sont des lettres qu’on ne prononce pas mais qui se voient quand on les écrit. Aujourd’hui, on va mélanger, on va fusionner l’introduction et l’astuce de français du jour parce que les lettres muettes, c’est un gros sujet.
Il y a beaucoup de choses à dire, donc je vais parler de ça en guise d’introduction et d’astuce de français du jour. Je vous en avais déjà parlé un peu mais il y a plusieurs mois. Donc, pour ceux qui ne connaissent pas, ça fera quelque chose de nouveau à apprendre, et pour ceux qui connaissent déjà, ça fera une révision.
De toute façon, comme je vous le dis à chaque fois, le but de ce podcast, c’est que vous puissiez écouter du français. Évidemment, j’essaye de faire un contenu intéressant, mais vous pourriez écouter quelque chose qui ne vous intéresse pas, que ça serait le même résultat. Mais évidemment, c’est plus sympa, c’est plus attrayant, c’est plus attractif quand c’est quelque chose d’intéressant que je raconte.
Donc, les lettres muettes. Par exemple, dans le mot « chant », à la fin, il y a un « t » qui vient de « chanter », l’action de chanter, faire un chant. Il y a un « t » à la fin. Je dis « chant », je ne dis pas « chant-t ». Je peux dire « chante », mais là, il y a un « e » en plus. Alors vous me direz : « Mais pourquoi on apprend des lettres qu’on ne prononce pas ? Pourquoi en français, vous avez mis des lettres que vous ne prononcez pas ? » Alors déjà, c’est pas moi, c’est les gens qui sont nés avant moi, ce sont peut-être mes ancêtres — très, très, très, très lointains ancêtres —, mais je vous expliquerai ça tout à l’heure. Je vous expliquerai pourquoi on a des lettres muettes en français.
Mais déjà, pourquoi on les apprend ? Eh bien, la première raison, c’est pour ne pas faire de fautes d’orthographe. Un texte en français qu’on lit et qui est truffé de fautes d’orthographe, qui contient beaucoup de fautes d’orthographe, franchement, c’est fatigant à lire, c’est compliqué, c’est pas agréable. Donc, on évite les fautes d’orthographe et donc, malheureusement, désolé, on apprend les lettres muettes.
Mais il y a aussi une deuxième raison. La deuxième raison, qui est importante pour apprendre les lettres muettes, c’est de pouvoir relier entre eux les mots de la même famille. Je vous parlais de « chant » tout à l’heure — C-H-A-N-T —, eh bien, si vous savez qu’il y a un T à la fin, vous pourrez comprendre que ça vient de la même famille que « chanter », le verbe « chanter », ou que « chanteur ». Un chanteur, une chanteuse, chanter, un chant, je chante — tous ces mots sont de la même famille. Alors que si vous ne saviez pas qu’il y avait un T à « chant », eh bien, vous n’auriez pas su que ça vient de la même famille que « chanter ».
Ça, c’est un autre truc compliqué en français, c’est la concordance des temps. Même moi, parfois, quand je commence une phrase qui est trop longue, je me trompe de concordance des temps. C’est un autre sujet, mais en gros — je vous parlerai de ça un autre jour —, quand on utilise un temps au début de la phrase, il faut qu’il y ait un autre temps qui corresponde après. Bon bref, ce n’est pas le sujet du jour. Le sujet du jour, ce sont les lettres muettes.
Donc, on peut avoir des lettres muettes à la fin des mots, comme dans « chant », au milieu ou au début. Bon, en gros, on peut en avoir partout, vous allez me dire. Oui, c’est vrai, on peut avoir des lettres muettes partout et c’est ça qui fait la beauté du français. On va voir quelques exemples de lettres muettes à la fin des mots.
À la fin des mots, on retrouve souvent des consonnes qui sont muettes — pas des voyelles, mais des consonnes. Par exemple, « chant », « doigt », ou alors « soit » — eh bien, tous ces mots ont un T à la fin, un T qui est muet. « Haut », c’est un adjectif, ça s’écrit H-A-U-T — eh bien vous voyez bien que quand je l’épèle, il y a un T à la fin. Dans « doigt », il y a même deux lettres muettes : il y a un G et un T. Je vous dirai tout à l’heure pourquoi il y a deux lettres muettes dans « doigt ». Ça, ce sont des mots qui ont un T muet à la fin — il y en a bien sûr d’autres.
On peut avoir aussi un D muet, comme dans le mot « grand » — G-R-A-N-D —, ou le mot « froid », ou alors « laid » comme la laideur, quelqu’un de moche — L-A-I-D. Si c’est « lait » — L-A-I-T —, c’est autre chose, c’est ce que produit la vache, ou la chèvre, ou la brebis. Vous voyez, ça se prononce de la même façon, mais suivant la lettre muette à la fin, ça ne veut pas dire la même chose.
Ensuite, on peut avoir un P muet, comme dans le mot « champ » — C-H-A-M-P —, ou dans « loup ». Le loup qu’on retrouve souvent dans les fables de La Fontaine, ou dans les contes de Grimm, eh bien prend un P à la fin. On ne dit pas « loupe », on dit « loup ». On peut dire aussi « drap ». Le drap que vous mettez sur votre lit, eh bien ça s’écrit avec un P muet à la fin.
Et enfin, on va avoir une dernière lettre muette qu’on retrouve souvent en français à la fin des mots, c’est le S. Comme dans « temps » — le temps qu’il fait dehors, la météo —, ça s’écrit T-E-M-P-S. Il y a là même deux lettres muettes. On a aussi le mot « souris » : une souris prend un S muet à la fin. Ça, c’est pour les consonnes muettes à la fin des mots.
On peut avoir des lettres muettes au milieu des mots, mais là, ça va dépendre des mots. Il n’y a pas de généralité. Ça peut être un G, comme dans le mot « doigt » dont je vous parlais tout à l’heure, ou alors ça peut être aussi souvent un H, comme dans « cahier ». Un cahier, c’est là où je vais écrire. Si vous prenez un stylo pour écrire, vous pouvez écrire sur une feuille ou dans un cahier. « Cahier », ça s’écrit C-A-H-I-E-R. Il faut savoir que le H, on ne le prononce jamais en français s’il est seul, s’il n’est pas accompagné d’une autre consonne. Donc, si le H est la seule consonne avec deux voyelles de chaque côté, on ne prononce pas le H.
Après, il y a aussi des astuces pour essayer de savoir quelle est la lettre muette à la fin d’un mot. Eh bien, pour ça, vous pouvez essayer de mettre ce mot au féminin. Ça ne marche pas toujours, mais parfois, ça peut fonctionner. Par exemple, « grand », c’est un adjectif qu’on peut mettre au féminin, et donc le féminin de « grand », c’est « grande ». Vous entendez « grande » — à la fin, il y a le son « d », donc « grand » prend un D. « Froid » — le féminin, c’est « froide ». Là aussi, à la fin, on entend le D. Ou alors « haut » — on peut dire aussi « une chose haute ». Vous entendez le T. Vous saurez que « haut » au masculin prend un T.
Mais alors, je vous ai dit au début que j’allais vous expliquer d’où viennent ces lettres muettes. Il y a plusieurs raisons, mais l’explication que je trouve excellente, que je trouve très marrante, c’est qu’en fait, jusqu’au XIIe siècle — donc à partir de 1100 jusqu’à 1200 —, eh bien on écrivait encore, évidemment pour ceux qui savaient écrire — il y avait très peu de personnes à l’époque qui savaient écrire —, on écrivait encore le mot « corps » C-O-R, et non C-O-R-P-S ; on écrivait « doigts » D-O-I-S et non pas D-O-I-G-T-S.
Mais alors pourquoi ça a changé ? Pourquoi tout d’un coup il y a des lettres muettes qui sont apparues en français ? Eh bien à cause de fonctionnaires de l’État. Les fonctionnaires à l’époque, c’était les élites qui savaient écrire et lire — ils étaient chargés de rédiger les lois, d’écrire les lois de la France.
Parce que c’était des élites, parce qu’ils ont voulu montrer au monde, montrer à la France qu’ils savaient lire et écrire, ils ont voulu retrouver les origines de notre langue. Ils ont voulu retrouver dans le français les origines latines de notre langue. Le mot « corps » — C-O-R-P-S — ça vient du latin corpus, et donc ces fonctionnaires, ces personnes qui étaient chargées d’écrire, au lieu d’écrire « cor » C-O-R, eh bien ils ont écrit « corps » C-O-R-P-S pour rendre hommage, pour rappeler l’origine du mot qui est corpus.
« Doigt » — D-O-I-G-T —, eh bien ça vient de digiti en latin, qui voulait dire doigt. Pour rendre hommage, pour rappeler l’origine latine du français, eh bien ils ont ajouté un G et un T. Tout ça à cause de petits scribouillards qui voulaient montrer leur connaissance de la langue, leur culture, et on se retrouve aujourd’hui avec des dizaines et des dizaines de lettres muettes — mais c’est aussi ça qui fait la beauté du français. C’est aussi ça qui fait qu’on aime apprendre, on aime parler, on aime lire du français.
D’ailleurs, il y a même des lettres qui étaient muettes avant et qu’on s’est mis à prononcer maintenant. Par exemple, le mot « subtil » — il y a un B au milieu. On l’entend d’ailleurs : subtil. Eh bien avant, on disait « sutile », on ne disait pas « subtile ». Tout ça pour montrer que la langue est quelque chose de vivant. Tant qu’il y a des personnes qui parlent le français, le français va évoluer, le français va changer — pas du jour au lendemain, mais au fur et à mesure des dizaines et des centaines d’années d’utilisation. C’est tout à fait normal et c’est très bien comme ça. En tout cas, c’est mon point de vue.
2) Expression française du jour : C’est le serpent qui se mord la queue
Et maintenant, on va passer à l’expression du jour qui est « C’est le serpent qui se mord la queue ». « C’est », c’est en fait la contraction de « ce » et de « est ». C’est le verbe être qui est conjugué à la troisième personne du singulier — E-S-T. Et donc je vais vous conjuguer le verbe « être » rapidement au présent, parce que vous devez commencer à le connaître, et au passé simple. Le verbe « être » au présent, ça donne : « je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes et ils sont. » Et au passé simple, beaucoup plus dur : « je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes et ils furent. » Ça, c’est plus compliqué — le verbe « être » au passé simple.
Et si on revient à l’expression, les mots d’après ce sont « le » et « serpent ». Sur l’image du podcast, je vous ai fait — ou plutôt l’IA vous a fait — une image qui est assez moche, je trouve, mais je ne sais pas pourquoi. Le logiciel ne voulait pas me sortir une image d’un serpent qui mord sa propre queue. On appelle ça un ouroboros. J’ai essayé plusieurs fois et le logiciel ne voulait pas. Donc je vous ai mis une espèce de serpent en bois un peu bizarre en forme de rond, mais un serpent, c’est ça en fait. C’est un animal qui rampe sur le sol, qui n’a pas de pattes, qui est assez long et qui peut être dangereux. Pas toujours, pas tous les serpents, mais certains sont dangereux. Je pense à la vipère en Europe et à certains serpents d’Afrique, d’Amérique du Sud ou d’Asie, où là, c’est chaud patate, comme on dit.
On revient à l’expression du jour : « C’est le serpent qui se mord la queue. » « Qui » — pronom relatif. On ne va pas expliquer ça aujourd’hui, on a déjà parlé de beaucoup de choses. On va continuer avec « se mord ». « Se mord », c’est un verbe pronominal. Si je mords quelque chose ou quelqu’un, je vais attraper avec mes dents. Un chien peut mordre un autre chien, un chat peut aussi mordre, un humain peut mordre. C’est quand on va attraper quelque chose avec ses dents. Et en transformant ce verbe en pronominal, ça donne « se mordre ». « Je me mords », ça veut dire que je vais attraper par exemple mon bras avec mes dents. Là, je suis en train de me mordre. J’ai attrapé mon bras avec mes dents.
Et donc, je vais vous conjuguer ça rapidement — au présent et au passé composé. C’est intéressant aussi de faire de temps en temps du passé composé. Alors, le verbe « se mordre » au présent, ça donne : « je me mords, tu te mords, il se mord, nous nous mordons, vous vous mordez et ils se mordent. » Et au passé composé : « je me suis mordu, tu t’es mordu, il s’est mordu, nous nous sommes mordus, vous vous êtes mordus et ils se sont mordus. »
Et enfin, à la fin de l’expression du jour, on a « la queue ». La queue du serpent, c’est en fait le bout du serpent. Quand le serpent se mord la queue, c’est qu’il va être en forme de rond, il va attraper sa propre queue. On appelle ça un ouroboros. Les humains peuvent aussi se mordre la queue, mais c’est autre chose — on ne va pas en parler aujourd’hui.
Alors, ça veut dire quoi « se mordre la queue » ? Ça veut dire qu’on est dans une impasse, ça veut dire que le problème dont vous essayez de sortir est bien difficile à résoudre. Un problème entraîne un autre problème et on se retrouve pris dans une spirale, pris dans un système qui fait qu’on n’arrive pas à sortir du problème. C’est aussi une impasse, comme je vous disais, une voie sans issue. On peut aussi parler de cercle vicieux.
Je vous donne un exemple. Pour avoir un prêt à la banque, il vous faut de l’argent. Mais pour avoir de l’argent, il faut un prêt. Ça, c’est un cercle vicieux, c’est le serpent qui se mord la queue. Je vous donne un autre exemple. Pour avoir un travail, il faut un logement. Mais pour avoir un logement, il faut un travail. Même chose ici — c’est un cercle, un problème entraîne un autre, ce deuxième problème revient au premier problème, et donc en fait on tourne en rond. Est-ce que vous voulez un autre exemple ? Oui, oui, un autre exemple, s’il vous plaît. À la demande générale, un autre exemple. J’ai peur de rater un examen, donc je stresse. Et comme je stresse, je vais être mauvais et rater mon examen. Serpent qui se mord la queue, cercle vicieux, on tourne en rond.
D’ailleurs, ça se dit en anglais : things go round and round in circles — les choses tournent en rond, en cercle.
Bien, on arrive au bout. J’ai été un tout petit peu plus long que d’habitude, mais bon, c’est pas bien grave. Demain, on fera une nouvelle expression française qui est « Compter les moutons ». Ça, c’est quand on s’endort. Si vous avez des questions, un souci, une remarque, n’hésitez pas à me les envoyer sur YouTube en commentaire ou ailleurs. Il n’y a aucun problème. Je vous souhaite donc une bonne fin de journée, une bonne fin de soirée, une bonne nuit — ce que vous voulez — et je vous dis donc à demain. Bye bye, hasta luego. Matane !
Laisser un commentaire