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Bonjour à toutes, bonjour à tous ! On est le lundi 29 septembre — début d’une nouvelle semaine. Je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, on va parler d’une expression assez simple qui est « chacun sa route ».
1) Ma devise
Mais avant, je vais vous parler de ma devise — celle que j’ai écrite sur l’écran de veille de mon téléphone. Je vais vous expliquer un peu tout ça. Et après, je vous parlerai du pronom relatif « où ».
Alors, ma devise, c’est quoi ? Déjà, c’est quoi une devise ? Une devise, ça peut être deux choses. Ça peut être de l’argent — l’euro, le dollar, le yen, le rouble, tout ça, ce sont des devises, ce sont des monnaies. Mais quand on parle d’une devise pour une personne, c’est une phrase qui va être pour cette personne un exemple, un modèle, quelque chose auquel elle va penser très souvent. Ça peut être une expression française, ça peut être une phrase créée, une citation, une phrase d’un film. Une devise, ça peut être tout et rien — ce sont des mots qui sont importants pour la personne, tout simplement.
Et sur mon téléphone portable, donc quand j’appuie sur le bouton sur le côté pour allumer l’écran, il y a bien sûr l’heure et la date comme sur tous les téléphones. En fond d’écran, j’ai une image du Mont Fuji avec des sakura — des cerisiers en fleurs — parce que je trouve ça magnifique. Et en bas, j’ai une devise, une phrase que je trouve très importante.
Cette phrase vient d’une expression japonaise. En japonais, c’est shippai wa seikou no moto. Ça veut dire — en traduction française, on pourrait dire — « c’est de l’échec que naît la réussite ». Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c’est en échouant, c’est en ratant, c’est au fur et à mesure de rater des choses, de ne pas y arriver, eh bien qu’on y arrive finalement. C’est du fait de rater que vous allez tirer les leçons, que vous allez tirer les conclusions, que vous allez vous améliorer, et donc arriver à faire ce que vous vouliez.
Ça marche dans le sport, par exemple. Moi je fais du badminton — en badminton, on a un revers, un amorti, un coup droit, un smash. On va dire que je veux améliorer mon smash. Eh bien, je vais rater une fois, dix fois, cent fois, mille fois, et au fur et à mesure du temps, au fur et à mesure des répétitions, eh bien à un moment donné je vais y arriver. Une fois, deux fois, dix fois — et mon smash va s’améliorer. C’est en ratant mes smash que je vais les réussir. C’est de l’échec que naît la réussite. La phrase japonaise, shippai wa seikou no moto, ça veut dire : les racines de la réussite se trouvent dans l’échec. La base de la réussite, allez la chercher dans l’échec.
Donc : essayer, rater, réessayer — et vous allez réussir. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que ça s’applique tout à fait au français et à l’apprentissage des langues. Pour comprendre une langue, il faut beaucoup écouter du français — en l’occurrence, si vous voulez apprendre le français. Là, vous ne pouvez pas échouer, vous ne pouvez pas rater, puisqu’il n’y a qu’à écouter. C’est quelque chose de passif. Votre cerveau analyse, même si vous ne le voulez pas, les mots qui entrent par l’oreille, et il va faire sa petite cuisine pour s’améliorer, pour améliorer sa compréhension — parce que l’être humain en général, le cerveau n’aime pas ne pas comprendre. Le cerveau veut comprendre. Donc, il va s’améliorer au fur et à mesure que vous écoutez du français.
Mais quand on parle de quelque chose d’actif — comme parler en français —, là on peut se tromper. Et se tromper, c’est ça qui fait avancer. C’est grâce à ça que vous allez vous améliorer. Il y a des personnes qui me disent : « J’ai peur de parler français parce que j’ai peur de me tromper. » C’est une langue avec beaucoup de règles, beaucoup d’exceptions, et on fait des fautes. Mais heureusement que vous faites des fautes ! Heureusement qu’en essayant de parler, vous faites des fautes. Sinon, ceux qui veulent vous apprendre le français — comme moi — ne servent plus à rien. Si personne ne fait de fautes quand il apprend une langue, eh bien les profs ne servent plus à rien.
Donc parlez français, trompez-vous, faites des erreurs. C’est comme ça que vous allez vous améliorer — rater, parler en faisant des fautes, parler en oubliant des choses, chercher vos mots, réfléchir. C’est comme ça qu’on apprend, c’est comme ça qu’on se corrige. Comme vous le savez, j’apprends le japonais depuis deux ans — je fais des fautes à toutes les phrases. Mais je me débrouille, j’arrive quand même à expliquer des choses. Si je ne trouve pas par exemple le mot « bouteille » dans ma tête, je vais dire : « Mais si, c’est la chose dont on se sert pour mettre de l’eau — on met de l’eau à l’intérieur et on boit. » Et là, la prof ou n’importe qui de japonais avec qui je parle va me dire : « Ah oui, c’est une bouteille. »
Donc, c’est de l’échec que naît la réussite — c’est ma devise, et je pense qu’elle peut s’appliquer à beaucoup de choses. Là, je vous parle des langues, je vous parle de l’apprentissage du français, de l’apprentissage des langues en général, parce que c’est particulièrement vrai pour ça. Mais comme je vous le disais, ça s’applique aussi à l’apprentissage d’un sport, d’une nouvelle activité, même dans votre travail.
Si vous voulez faire quelque chose de très difficile, il y a des chances pour que vous n’y arriviez pas du premier coup. Vous allez faire un essai raté, un deuxième essai raté, un troisième essai raté. Et à un moment donné, vous allez peut-être réussir à faire ce que vous vouliez. Je vous prends l’exemple de ma chaîne YouTube sur les bandes dessinées. J’ai voulu créer des miniatures YouTube — vous savez, c’est l’image qu’on voit avant de cliquer sur la vidéo. Il faut que cette image soit attrayante pour celui qui va regarder, sinon il n’y a pas de clic. Eh bien, au début, dans ma première vidéo sur Gaston, j’ai fait une image très moyenne — et la deuxième sur Garfield, très moyenne aussi. Je n’étais pas satisfait, je les ai changées, j’ai réessayé, et je vais voir pour les prochaines à modifier des choses.
J’ai raté — je l’accepte. Mais je me relance, je recommence et j’essaie de faire mieux. J’essaie de comprendre ce qui n’a pas marché pour faire en sorte que ça marche. C’est de ces échecs que je vais apprendre et que je vais réussir. Même si ça va me prendre peut-être des semaines, des mois, voire des années pour avoir une chaîne YouTube vue par beaucoup de monde — à la limite, je m’en fiche. Pourquoi ? Parce que je fais ça parce que j’aime ça. J’aime parler français, apprendre aux gens à écouter du français, à parler en français. Et après, le nombre de vues, peu importe. Je le fais pour moi en premier, pour vous en second. Eh oui, l’être humain est plutôt, je pense, une espèce assez égoïste — elle pense d’abord à elle et après aux autres. Enfin bref, ça, c’est d’autres choses dont je ne vous parlerai pas aujourd’hui et j’ai beaucoup trop parlé pour mon introduction.
Donc, on ne va pas faire le pronom relatif « où » aujourd’hui — on va le faire demain. Hop, voilà.
2) Expression du jour : Chacun sa route
Et maintenant, on passe à l’expression du jour : « Chacun sa route. » Il y a trois mots. « Chacun », c’est un pronom indéfini. On peut parler d’une personne comme d’une autre. Quand on dit « chacun », ça ne désigne pas quelqu’un spécifiquement, ça ne désigne pas une personne en particulier — ça peut être vous, ça peut être moi, ça peut être tout le monde.
Ensuite, vous avez le mot « sa » — S-A. Alors, ça, c’est la marque de la possession. Là, on dit « sa route » — c’est la route de cette personne. Mais ça peut être « ma route » — c’est la mienne —, ou « ta route » — c’est la tienne —, ou alors « son » si c’est masculin. « Mon chien », c’est le mien. « Ton chien », c’est le tien, c’est à toi. « Son chien », c’est à lui, c’est à elle. Donc, c’est la possession.
Et après, il y a le mot « route ». « Route » — je pense que vous connaissez — c’est là où on roule, c’est là où on peut marcher, c’est là où les voitures se déplacent, les vélos vont rouler. C’est la route. La route, et pas le rut — pour ceux qui ont écouté mon podcast il y a quelques jours, où j’ai eu une cliente qui a confondu « route » et « rut » — pas du tout la même chose en français.
Alors, ça veut dire quoi, « chacun sa route » ? Ça veut dire que la vie de chacun est différente. Votre vie est différente de la mienne. Je n’ai pas de jugement à avoir sur ce que vous faites, et au sens inverse, vous n’avez pas de jugement à avoir sur ce que je fais.
« Chacun sa route », c’est chacun doit trouver sa voie. Chacun doit faire ce qu’il aime, faire ce qu’il veut. On a tous des parcours de vie différents et personne ne se ressemble. Donc, la route, ici, ça symbolise la vie, ça symbolise le parcours que vous allez avoir. Et donc, chacun son parcours — on a tous une vie différente, de par notre éducation, notre culture, les expériences qu’on a eues, les événements qui nous sont arrivés, bons ou mauvais. Donc, tout le monde est différent, et il y a autant de routes, autant de chemins de vie que d’humains qui existent.
Imaginez que vous avez un ami qui est trader — il s’occupe de finances, il achète et vend des actions, des ETF, des cryptomonnaies, etc. Et il vous dit : « Écoute, j’en ai marre, j’ai envie de devenir boucher, j’ai envie de travailler la viande. » Évidemment, ce sont deux métiers qui n’ont absolument rien à voir. Eh bien, pour le soutenir, pour l’encourager à faire ce qu’il a envie de faire, vous pouvez lui dire : « Écoute, moi je n’aurais pas fait ça, mais vas-y, fonce — chacun sa route, chacun est différent, fais ce que tu veux. »
Vous pouvez même dire « Chacun sa route, chacun son chemin » — c’est d’ailleurs une chanson des années 90 chantée par Tonton David. Si vous voulez l’écouter, vous pouvez la trouver sur YouTube. C’est « Chacun sa route, chacun son chemin, chacun son rêve, chacun son destin… » Magnifique chanson. Allez écouter — ça ne mange pas de pain, comme on dit. Encore une expression française, et c’est sympa.
En anglais, on dit everyone has their own path — chacun a son propre chemin. C’est exactement la même chose qu’en français.
Demain, on fera une expression qui est « C’est le métier qui rentre ». Ça, c’est intéressant comme expression quand vous commencez un nouveau travail. Merci beaucoup de m’avoir écouté.
Vous pouvez me retrouver un peu partout sur Internet, mais plus précisément sur mon Patreon où vous avez Le Petit Prince que vous pouvez écouter gratuitement — lu par moi —, les contes et légendes de la mythologie japonaise, et aussi les transcriptions écrites de tous mes podcasts, moyennant la modique somme de 5 euros par mois — donc, pas grand-chose. Et si vous voulez tout simplement m’aider, soutenir le podcast, vous pouvez tout à fait vous abonner à mon Patreon — c’est très sympa. Et sinon, vous pouvez me retrouver sur YouTube avec ce podcast, le podcast pour débutants — si vous connaissez des amis qui veulent apprendre le français — et les vidéos sur les bandes dessinées dont je vous parlais tout à l’heure. Merci beaucoup de m’avoir écouté et je vous dis donc à bientôt. Bye bye, hasta luego. Matane !
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