Eddy Mitchell – Il ne rentre pas ce soir

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. On est aujourd’hui le 13 septembre 2025 et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien. Comme prévu hier, on se retrouve aujourd’hui pour une nouvelle chanson française. C’est une chanson qui a été chantée par Eddie Mitchell en 1978. Donc c’est une chanson qui est assez ancienne, qui a presque 50 ans, c’est incroyable. Eddie Mitchell, c’est donc le chanteur. J’espère que vous allez comprendre un peu comment il chante, j’espère que vous allez comprendre un peu le sens de la chanson. Donc, comme d’habitude, je vais vous la passer en entier, puis je vais vous expliquer passage par passage, phrase par phrase, les paroles de cette chanson, et je vous la repasserai à la fin en entier pour voir si vous avez mieux compris et pour profiter de cette jolie chanson.

Alors Eddie Mitchell, personnellement, c’est un chanteur que je n’écoute pas beaucoup. Bien sûr, je connais quelques-uns de ses tubes, mais ce n’est pas un chanteur que j’écoute tous les jours. Je vous propose cette chanson sur conseil d’un auditeur ou d’une auditrice d’ailleurs, qui m’a laissé un commentaire sur YouTube. J’ai trouvé que c’était une bonne chanson pour apprendre le français et donc je vais m’en occuper — et donc merci à toi qui m’as proposé cette chanson. Eddie Mitchell, c’est d’ailleurs un chanteur qui est assez marrant — enfin « marrant », c’est peut-être pas le mot —, mais on a un peu l’impression quand il chante qu’il bâille. Je vous disais, on a un peu l’impression qu’il bâille quand il chante. Enfin bref, c’est pas pour ça qu’on écoute. Alors, je vous passe donc la chanson d’Eddie Mitchell et on se retrouve juste après.

[Musique]

Alors, qu’est-ce que vous avez compris de cette chanson ? On va passer tout de suite au début, donc à la première phrase, et je vous explique ce que le chanteur dit.

Ici il dit : « Il écrase sa cigarette puis repousse le cendrier. » Alors « il », on ne sait pas qui c’est, puisque la chanson commence comme ça. Ça désigne un homme, mais on ne connaît pas cet homme. Et cet homme écrase sa cigarette. Écraser une cigarette, c’est quand on a fini de fumer et qu’on va la mettre dans le cendrier. On va appuyer avec la cigarette dans le cendrier pour l’éteindre. C’est d’ailleurs ce qu’il dit après dans la chanson : « puis repousse le cendrier ». Le cendrier, c’est la même famille que le mot « cendre ». Et les cendres, c’est ce qui va tomber de la cigarette quand vous fumez. Donc la personne qui est là, l’homme, éteint sa cigarette et pousse le cendrier. On écoute la suite.

« Se dirige vers les toilettes, la démarche mal assurée. » « Se dirige », c’est toujours l’homme. On parle toujours de la même personne. Donc, il a écrasé sa cigarette, il a poussé le cendrier, il se dirige vers les toilettes. Les toilettes, vous savez ce que c’est. Et se diriger, c’est aller vers. La démarche mal assurée. La démarche de quelqu’un, c’est la façon de marcher. Et « mal assurée », ça veut dire que la personne titube, la personne ne marche pas droit. Donc on comprend ici que cette personne, cet homme, est soûl, cet homme est bourré, cet homme a bu trop d’alcool. Il va vers les toilettes, mais en allant un peu à droite, un peu à gauche, en ayant une démarche qui titube, une démarche mal assurée. Donc déjà, on peut comprendre ici que cette personne est soit chez elle, soit dans un bar. On peut écraser sa cigarette, aller vers les toilettes chez soi ou aussi dans un bar ou dans un restaurant. Dans un restaurant, plus maintenant, parce qu’on ne peut plus fumer dans les bars non plus, mais à l’époque où a été écrite la chanson, dans les années 80, fin des années 70, c’était encore possible. On écoute la suite.

Donc là, le chanteur dit : « Il revient régler ses bières, le sandwich et son café. » Donc la personne qui était partie aux toilettes revient pour régler. Régler, ça veut dire payer. Il revient payer les bières qu’il a consommées, le sandwich qu’il a mangé et son café. Donc il était bien dans un bar. La personne a écrasé une cigarette, est allée aux toilettes — elle avait trop bu —, et après elle est revenue pour payer ce qu’elle avait consommé. Et la dernière phrase du premier couplet, c’est : « Il ne rentre pas ce soir. » Cette personne, cet homme, dans ce bar, ne rentrera pas chez lui ce soir.

On continue la chanson. Alors, c’est vraiment difficile à comprendre ce qu’il dit. Enfin bref, il dit : « Le grand chef du personnel l’a convoqué à midi. » Donc là, on parle toujours de l’homme qui était dans le bar. Et le chef du personnel, donc son patron, l’a convoqué. Ça veut dire lui a demandé de venir dans son bureau pour lui annoncer quelque chose. Le « l’ » apostrophe ici dans la phrase « l’a convoqué », c’est convoquer la personne, convoquer l’homme dont on parle. Si vous voulez voir les paroles de la chanson en même temps que je vous l’explique, vous pouvez retrouver les paroles sur internet, ou vous les avez aussi sur mon Patreon, c’est gratuit donc vous pouvez les voir facilement.

Donc cette personne a été convoquée à midi par le chef du personnel. On va écouter maintenant ce que le chef, ce que son patron lui a dit.

« J’ai une mauvaise nouvelle, vous finissez vendredi. » Donc là, c’est le patron qui parle à son employé. C’est le chef du personnel qui parle à la personne dont on parle depuis le début. Et là, le chef lui dit : « J’ai une mauvaise nouvelle, vous finissez vendredi. » « Vous finissez vendredi », ça veut dire qu’il lui annonce qu’il est viré, qu’il termine son travail vendredi. Donc on imagine dans quelques jours. C’est pour ça que l’homme au début buvait et avait trop d’alcool dans le sang, avait beaucoup bu d’alcool, parce qu’il était triste, il n’était pas bien d’avoir été viré. On écoute ce que va continuer à lui dire le patron.

Donc là on a la suite des paroles du patron. Il dit : « Une multinationale s’est offert notre société. » Une multinationale, c’est une entreprise qui est présente dans plusieurs pays. « Multi-national », ça vient de « multi » et « nation » : « multi », c’est plusieurs, et « nation », c’est pays. Donc une multinationale, c’est Google, Renault, Amazon, ce que vous voulez, Hermès, etc. C’est donc une grande société qui a racheté la petite société. « S’offrir quelque chose », ça veut dire s’acheter quelque chose pour soi-même. Et donc le patron lui dit : « Vous êtes dépassé et du fait vous êtes remercié. » « Vous êtes dépassé », ça veut dire que vous n’êtes plus à la page, vous n’êtes plus à jour, vous n’êtes plus utile pour ce travail parce que vous êtes trop vieux ou parce que vous ne comprenez plus les nouvelles technologies. Et quand on dit à quelqu’un « vous êtes remercié » dans un travail, ça veut dire que vous êtes viré, que vous perdez votre travail — on vous remercie pour toutes les années passées à travailler, mais c’est fini. Donc c’est une chanson assez triste sur un homme qui, pour l’instant, perd son travail et qui se retrouve dans un bar à boire des bières, à noyer son chagrin dans l’alcool.

On écoute le refrain de cette chanson. Alors là, je vous ai laissé le refrain entier puisque le chanteur répète deux fois la même chose. Il dit : « Il n’y a plus d’espoir. » Plus d’espoir. L’espoir, c’est quand vous allez espérer quelque chose, quand vous pensez que les choses vont s’arranger. Avoir de l’espoir, c’est penser que la situation peut s’améliorer. Ici, il dit qu’il n’y a plus d’espoir, et donc il ne rentre pas ce soir. C’est le titre de la chanson. La personne dont on parle depuis le début, cet homme qui a été viré et qui boit de l’alcool dans un bar, ne rentrera pas chez lui ce soir.

La suite du refrain : « Il s’en va de bar en bar. » Le bar, c’est là où on boit, c’est là où on discute, c’est là où on peut s’amuser. Mais cette personne qui a été licenciée, qui a été virée, elle ne s’amuse pas, elle boit de l’alcool pour oublier. Et après, il répète : « Il n’y a plus d’espoir, il ne rentre pas ce soir. »

On va écouter la suite de la chanson et donc la suite de l’histoire de cet homme qui a été licencié de son travail. Alors, est-ce que vous comprenez ce qu’il dit ? Est-ce que vous vous entraînez à chaque fois à essayer de comprendre les paroles ? J’espère que oui parce que c’est ça le but de ces podcasts.

Ici, il dit : « Il se décide à traîner car il a peur d’annoncer. » Le « il » c’est toujours cette personne dont on parle, qui a été licenciée et qui traîne dans les bars pour oublier sa tristesse. Et donc là, il se décide à traîner. Il marche dans la rue, il erre dans la rue, on dit « il traîne ». Pourquoi ? Parce qu’il a peur d’annoncer — d’annoncer quoi, on s’en doute : qu’il a été viré. Et à qui ? On va l’écouter tout de suite.

Alors, à qui a-t-il peur d’annoncer cette nouvelle ? Eh bien à sa femme et à son banquier. Donc sa femme, c’est sa femme, vous voyez qui c’est : lui, le mari ; elle, c’est la femme. Et aussi à son banquier, à la personne qui va gérer son compte. Le banquier, c’est l’employé de la banque. Et bien, à qui allez-vous demander un prêt et qui ne va pas vous le donner parce que vous n’avez pas assez d’argent ? Quand vous avez assez d’argent, il va vous prêter. Enfin bref. Et donc, qu’est-ce qu’il a peur d’annoncer à sa femme et à son banquier ? Qu’il a été licencié. Mais dans la chanson, le chanteur nous dit : « la sinistre vérité ». « Sinistre », c’est quelque chose de très triste, de très sombre. Et la vérité, eh bien, c’est qu’il a été viré, qu’il a été licencié.

On écoute la suite. « Être chômeur à son âge, c’est pire qu’un mari trompé. Il ne rentre pas ce soir. » Donc ici on entend : « Être chômeur à son âge, c’est pire qu’un mari trompé. » Ici, on a une comparaison entre deux choses. Être chômeur, en plus à son âge — donc on imagine qu’il ne doit pas être très jeune —, eh bien, c’est pire que quoi ? Pire qu’un mari trompé. Donc en fait, la personne se dit que de ne plus avoir de travail à son âge, c’est encore pire que d’être trompé par sa femme, que d’apprendre que sa femme a un amant. Donc on a une comparaison entre être chômeur à son âge et être trompé par sa femme. Il aurait préféré être trompé que d’être chômeur — c’est dire l’importance de son travail à ses yeux, c’est dire la claque, la bombe — on peut dire ça comme ça — que lui a lâchée son patron en lui disant qu’il était viré. Et donc on termine ce couplet avec le titre de la chanson : « Il ne rentre pas ce soir. »

On continue. Là, cette phrase commence par « fini ». « Fini », c’est quelque chose qui s’arrête, qui prend fin. Donc, on va voir ce qui va s’arrêter pour lui à cause du fait qu’il a été viré. « Fini, le golf et le bridge, les vacances à Saint-Tropez. » Le golf, c’est un sport qui coûte assez cher. Le bridge, c’est un jeu de cartes. Et les vacances à Saint-Tropez : Saint-Tropez, c’est une ville du sud-est de la France qui coûte très cher. Donc on imagine que cet homme, cette famille, avait un train de vie important, dépensait beaucoup d’argent, et que maintenant qu’il est viré, maintenant qu’il est chômeur, il ne pourra plus payer tout ça à sa famille. Et il reste encore une chose qu’il ne pourra plus payer — on va l’écouter tout de suite.

Et donc, qu’est-ce qui est fini aussi ? « L’éducation des enfants dans la grande école privée. » Il avait scolarisé ses enfants dans une école privée et en France, les écoles privées sont payantes, les écoles publiques sont gratuites. Donc, cet homme qui gagnait de l’argent ne pourra plus jouer au golf, plus passer de vacances avec sa famille à Saint-Tropez, et il ne pourra plus mettre ses enfants dans une école privée.

On écoute la suite de la chanson. Donc là, je vous coupe la fin de la chanson parce qu’il répète la même chose, il répète le refrain, et juste au début il dit : « Il pleure sur lui, se prend pour un travailleur immigré. » Pleurer sur soi, c’est pleurer sur la situation, pleurer sur ce qui lui arrive. Il est dans un bar, il boit de l’alcool, il va de bar en bar, il a peur d’annoncer à sa femme la mauvaise nouvelle. Donc il est triste, il pleure sur sa situation. Pourquoi se prend-il pour un travailleur immigré ? Eh bien parce qu’il n’a plus de travail. Et les travailleurs immigrés — donc qui viennent de l’immigration, qui viennent d’autres pays — parfois ont un travail déclaré et sont bien installés en France, et c’est très bien, mais malheureusement souvent ces travailleurs immigrés n’ont pas de papiers et donc travaillent ce qu’on appelle « au noir », donc pas déclarés, et là c’est un problème parce qu’ils peuvent se faire virer du jour au lendemain.

Dans la fin de cette chanson, le chanteur nous répète : « Il se sent dépassé, il est remercié, il n’a plus d’espoir, plus d’espoir, il ne rentre pas ce soir. » Et là, c’est la fin de la chanson.

En fait, ça nous raconte l’histoire d’un homme qui est viré, l’histoire d’un homme qui voit sa vie s’écrouler parce qu’il perd son travail, il perd sa source de revenus qui permettait de faire vivre sa famille. Alors, le rapport au travail n’est pas le même entre maintenant et avant. Dans les années 70 — alors j’étais pas né, mais peut-être je me trompe —, je pense qu’à l’époque il y avait des personnes qui vouaient leur vie à leur société, à leur carrière. Il y a des personnes qui étaient dévouées à leur travail et qui gardaient d’ailleurs le même travail pendant 20, 30, 40 ans. Aujourd’hui, je pense que c’est beaucoup plus rare. Aujourd’hui, on a pris l’habitude d’avoir un travail pendant quelques années, puis de changer, puis de se former, puis de faire autre chose. Donc cette chanson, il faut la replacer dans son contexte. Il faut la replacer dans l’époque des années 70.

Bien. Je vais m’arrêter de parler maintenant. Je vais vous repasser la chanson en entier pour ceux qui veulent l’écouter. Vous pouvez me retrouver comme d’habitude sur YouTube si vous voulez me proposer une chanson française que vous aimez, et je l’analyserai avec plaisir, j’en serai très content. Et sinon, je vous retrouve tous et toutes demain pour une nouvelle expression française. Je vous laisse donc avec Eddie Mitchell et moi, je vous dis à demain. Bye bye, hasta luego, matane !


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