La lice et sa compagne

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui c’est dimanche et on est le 28 septembre 2025. Aujourd’hui, on va faire une nouvelle fable de La Fontaine. J’adore ces fables, j’adore les histoires, mais c’est souvent difficile à comprendre. Et c’est pour ça que je suis là — pour vous aider à comprendre l’histoire, la morale et les mots de la fable, car souvent ces fables sont écrites dans un français ancien avec des mots compliqués.

Alors aujourd’hui, on voit une fable qui s’appelle La Lice et sa Compagne. Je vous parlais de mots compliqués — eh bien, avant de connaître cette fable, je ne savais pas ce qu’était une lice. Pour moi, « entrer en lice », je connaissais, mais là ça veut dire autre chose. La lice, c’est en fait la femelle du chien de chasse. Donc c’est une chienne — c’est la femelle, c’est la femme du chien. Donc déjà, vous avez appris un mot — et moi aussi, tout récemment d’ailleurs.

Alors, je vais vous lire la fable en entier, je vais vous la lire doucement. Il y a quand même une vingtaine de lignes. Je vais voir si on la fait en un ou en deux podcasts — je ne sais pas encore, ça va dépendre du temps que je prends pour vous expliquer les phrases. Donc, je vous la lis en entier, puis je vais reprendre chaque ligne et je vais vous expliquer les mots, les verbes, ce qui est compliqué à comprendre. Après, je vous la lirai en entier de nouveau, mais à vitesse normale — comme si je récitais cette fable sur un théâtre devant un public —, et après je vous lirai la même fable, recréée par moi avec des mots plus faciles, pour que ce soit plus compréhensible.

Donc, je vais vous la lire doucement — vous n’allez peut-être pas tout comprendre, mais c’est pas grave.

La Lice et sa Compagne, par Jean de La Fontaine.

Une lice étant sur son terme Et ne sachant où mettre un fardeau si pressant, Fait si bien qu’à la fin sa compagne consent De lui prêter sa hutte où la lice s’enferme.

Au bout de quelque temps, sa compagne revient. La lice lui demande encore une quinzaine. Ses petits ne marchaient, disait-elle, qu’à peine. Pour faire court, elle l’obtient.

Ce second terme échu, l’autre lui redemande Sa maison, sa chambre, son lit. La lice cette fois montre les dents et dit : « Je suis prête à sortir avec toute ma bande, Si vous pouvez nous mettre hors. » Ses enfants étaient déjà forts.

Ce qu’on donne aux méchants, toujours on le regrette. Pour tirer d’eux ce qu’on leur prête, Il faut que l’on en vienne aux coups, Il faut plaider, il faut combattre. Laissez-leur prendre un pied chez vous, Ils en auront bientôt pris quatre.

Et là, j’ai fini de vous lire la fable de La Fontaine. Alors, est-ce que vous avez compris des mots ? Est-ce que vous avez un peu compris l’histoire ? En tout cas, je vais tout vous expliquer. Vous pouvez retrouver cette fable sur mon Patreon — je vais la poster pour les abonnés —, mais vous pouvez aussi la retrouver sur Internet, c’est tout à fait possible.

Alors, on va reprendre la première ligne : « Une lice étant sur son terme. » Donc, la lice — je vous ai dit ce que c’était, c’est une chienne, la femelle du chien de chasse. « Étant », c’est le participe présent de « être » — ça veut dire que l’action est en train de se passer. Et « sur son terme » — être à son terme — ça veut dire qu’elle va accoucher très rapidement, très vite. Donc, « une lice étant sur son terme », ça veut dire que la chienne va accoucher très prochainement. Il y a urgence.

Ligne 2 : « Et ne sachant où mettre un fardeau si pressant. » Là encore, on a un participe présent — « sachant » —, c’est le participe présent du verbe « savoir ». Donc, la lice, la chienne, ne sait pas où elle va pouvoir accoucher. Le « fardeau », c’est quelque chose qu’on porte, qui est lourd — et ici, ça représente ses petits, les bébés chiots qui vont naître. Et le dernier mot de la phrase, c’est « pressant » — encore un participe présent, du verbe « presser ». Ça veut dire qu’il y a urgence, ça urge — elle va très vite « mettre bas », on dit. Alors, pour une femme, une humaine, on va dire « accoucher ». Et pour un animal, on dit « mettre bas ». Donc, la chienne est enceinte et elle ne sait pas où elle peut accoucher.

Ligne 3 : « Fait si bien qu’à la fin sa compagne consent. » Alors, ici la suite de la phrase c’est la ligne 4 — on la verra après. Ici, on désigne en fait une amie de la chienne. C’est la chienne qui est enceinte qui fait tellement de choses, qui demande avec tellement d’insistance, que sa compagne — c’est son amie chienne, une autre chienne qui n’est pas enceinte — finit par consentir, c’est-à-dire accepter. Elle consent à quoi ? C’est la ligne 4.

Ligne 4 : « De lui prêter sa hutte où la lice s’enferme. » Donc ici, la « hutte », c’est en fait la maison de la chienne. Ça peut être un endroit où l’autre chienne dort, ça peut être une niche — en tout cas, c’est l’endroit où elle vit, où elle dort. Et la chienne enceinte, la lice, s’enferme dans cet endroit. L’autre chienne le lui a prêté parce qu’elle a vu que la lice était dans le besoin, qu’elle avait besoin d’un endroit pour pouvoir mettre bas en tranquillité.

Ligne 5 : « Au bout de quelque temps, sa compagne revient. » Donc, l’autre chienne revient chez elle après un moment — elle a laissé du temps à la lice pour accoucher, pour mettre ses enfants au monde. Elle revient près de sa maison pour la récupérer.

Ligne 6 : « La lice lui demande encore une quinzaine. » Donc, la chienne qui vient d’accoucher demande à la propriétaire — l’autre chienne — une quinzaine, ça veut dire quinze jours, donc deux semaines.

Ligne 7 : « Ces petits ne marchaient, disait-elle, qu’à peine. » Là, c’est la chienne qui vient d’accoucher — la squatteuse, on pourrait dire — qui parle. Et elle dit que ses chiots ne marchent presque pas. « À peine », ça veut dire qu’ils viennent à peine d’apprendre à marcher. Donc, elle dit à la propriétaire : « Mes chiots, mes bébés sont encore très fragiles. Je ne peux pas partir maintenant, ce n’est pas possible. »

Ligne 8 : « Pour faire court, elle l’obtient. » Ici, on nous dit que la lice arrive à rester encore quinze jours dans les lieux. Elle obtient que l’autre chienne lui prête encore sa maison pendant quinze jours.

Ligne 9 : « Ce second terme échu, l’autre lui redemande. » On a la suite de la phrase à la ligne 10. Ici, « le second terme » c’est la deuxième période. « Échu », ça veut dire terminé. Donc, au bout de cette deuxième période — que l’autre lui avait consentie —, eh bien la propriétaire revient pour lui redemander de rentrer chez elle.

Ligne 10 : « Sa maison, sa chambre, son lit. » Ici, vous voyez, on a une figure de style — on part de la maison en général, on précise la chambre, et encore plus précisément le lit. Qu’y a-t-il de plus intime qu’un lit dans lequel on dort ? On est vulnérable quand on dort. On aime son lit, on aime dormir dedans. Et en prenant ces exemples, La Fontaine nous permet de nous identifier à cette chienne qui a prêté sa maison — elle veut retrouver sa chambre, elle veut retrouver son lit, elle veut rentrer chez elle, tout simplement parce que c’est chez elle.

Ligne 11 : « La lice cette fois montre les dents et dit. » Donc, cette fois, la chienne qui vient d’accoucher réagit différemment. Au moment où la propriétaire revient, elle montre les dents. Vous voyez un chien qui va vous attaquer, ou qui vous fait comprendre qu’il ne faut pas l’approcher — il va grogner, montrer les dents, relever les babines. Ça montre de l’agressivité. Et donc, cette chienne dit :

Ligne 12 : « Je suis prête à sortir avec toute ma bande. » Bonne nouvelle pour la propriétaire — la chienne qui vient d’accoucher dit qu’elle est prête à sortir avec sa bande. Sa bande, ce sont ses enfants. Donc, on peut en conclure qu’il y en a plusieurs — elle a accouché de plusieurs chiots. Donc elle est prête à sortir. Mais il y a une condition.

Ligne 13 : « Si vous pouvez nous mettre hors. » En fait, ici, La Fontaine utilise « hors » — il faut comprendre « dehors ». Donc, la chienne dit : « Si vous, toute seule, vous pouvez nous expulser — moi et mes enfants —, alors d’accord. »

Sauf que ligne 14, on nous dit : « Ses enfants étaient déjà forts. » Ils ont grandi pendant ces quelques semaines, et donc la chienne qui est dehors ne peut plus récupérer sa maison. La lice a investi les lieux — elle se trouve en position de force — et maintenant, elle ne veut plus partir.

À partir de là, l’histoire des deux chiennes est finie, et des lignes 15 à 20, on va avoir la morale.

Ligne 15 : « Ce qu’on donne aux méchants, toujours on le regrette. » Ici, « méchant » c’est un terme général — ça veut dire une mauvaise personne, quelqu’un de mal intentionné. Quand on donne ou qu’on prête quelque chose à quelqu’un de mal intentionné, on va le regretter. On va se dire : « Ah, je n’aurais pas dû faire ça, je n’aurais pas dû lui prêter. »

Ligne 16 : « Pour tirer d’eux ce qu’on leur prête. » « Tirer d’eux », ça veut dire récupérer auprès d’eux. « D’eux » désigne ici les mauvaises personnes. Pour récupérer de ces personnes ce qu’on leur a prêté —

Ligne 17 : « Il faut que l’on en vienne aux coups. » En venir aux coups, ça veut dire devoir se battre physiquement avec quelqu’un — donner des coups de poing, des coups de pied, devenir violent. Il ne suffit pas de demander — il faut être agressif, peut-être même violent, pour récupérer ce qu’on leur a prêté.

Ligne 18 : « Il faut plaider, il faut combattre. » « Combattre », vous connaissez — ça veut dire se battre. Et « plaider », ça veut dire défendre sa cause avec des mots. On emploie ça souvent au tribunal, mais ça veut dire parler, se défendre, trouver des arguments pour récupérer la chose — alors que c’est à nous. On a juste prêté cette chose, et là il faut s’employer, il faut trouver des arguments, il faut discuter, il faut se battre pour récupérer cela.

Ligne 19 : « Laissez-leur prendre un pied chez vous. » Ça veut dire : laissez-les mettre un pied chez vous, entrer juste d’un pas.

Et ligne 20 : « Ils en auront bientôt pris quatre. » Ça veut dire : donnez-leur une petite chose et bientôt ils vous auront tout pris.

Donc, la moralité : il ne faut rien donner ni rien prêter aux personnes mal intentionnées. Il faut faire attention à qui vous donnez, à qui vous prêtez — surtout si quelque chose est précieux.

Et là, je vais vous parler d’expérience personnelle. Je me souviens très bien, quand j’étais enfant, avoir prêté un ou deux jeux vidéo ou une ou deux bandes dessinées à des copains que je n’ai jamais revus. Je les ai réclamés plusieurs fois, mais ces soi-disant amis ne me les ont pas rapportés — ça m’est tombé dans l’oubli. Si vous m’écoutez, vous êtes des salauds. Non, je rigole !

Alors, je pense que vous avez compris la morale de la fable. Attention à qui vous donnez, à qui vous prêtez — parce que si vous voulez récupérer, et si ces personnes sont mauvaises, ça va être compliqué. Comme l’histoire de cette chienne qui a occupé avec ses enfants la maison de l’autre chienne.

Et là, j’ai fini de vous expliquer la fable. Je suis content parce que je n’ai pas été trop long — j’espère que je vous ai expliqué clairement et que vous avez compris. Je vais vous la relire à vitesse normale, comme ça vous pouvez vous habituer à une diction, à une vitesse de parole un peu plus rapide. Et après, je vais vous lire la version simplifiée.

La Fontaine, pour créer ses fables, s’est inspiré d’Ésope — qui est un auteur beaucoup plus ancien — et qui s’était lui-même inspiré d’autres fables encore plus anciennes. Tout ça pour vous dire que ce n’est pas forcément La Fontaine qui les a inventées, mais il s’est inspiré d’autres choses.

Allez, je vous lis la fable en entier.

La Lice et sa Compagne, par Jean de La Fontaine.

Une lice étant sur son terme Et ne sachant où mettre un fardeau si pressant, Fait si bien qu’à la fin sa compagne consent De lui prêter sa hutte où la lice s’enferme.

Au bout de quelque temps, sa compagne revient. La lice lui demande encore une quinzaine. Ses petits ne marchaient, disait-elle, qu’à peine. Pour faire court, elle l’obtient.

Ce second terme échu, l’autre lui redemande Sa maison, sa chambre, son lit. La lice cette fois montre les dents et dit : « Je suis prête à sortir avec toute ma bande, Si vous pouvez nous mettre hors. » Ses enfants étaient déjà forts.

Ce qu’on donne aux méchants, toujours on le regrette. Pour tirer d’eux ce qu’on leur prête, Il faut que l’on en vienne aux coups, Il faut plaider, il faut combattre. Laissez-leur prendre un pied chez vous, Ils en auront bientôt pris quatre.

Et maintenant, je vous lis la version que vous allez tout à fait comprendre — parce que je suis un génie de la réécriture. Allez, je me lance des fleurs.

« Une chienne allant mettre au monde des chiots, et ne sachant pas dans quel endroit le faire, se débrouille tellement bien qu’elle arrive à convaincre une amie de lui prêter sa maison, où la chienne s’enferme. Au bout d’un moment, l’amie de la chienne revient pour récupérer sa maison. La chienne, jeune maman, lui demande encore quinze jours, car ses enfants arrivaient à peine à marcher. Elle arrive donc à rester dans les lieux. À la fin de ce nouveau délai, la propriétaire revient pour récupérer sa maison, sa chambre et son lit. La chienne devient agressive et dit : « Je suis prête à partir avec mes enfants si vous pouvez nous mettre dehors » — alors que ses enfants étaient devenus forts. On regrette toujours ce qu’on donne à de mauvaises personnes. Pour récupérer ce qu’on leur a prêté, il faut en venir aux coups — il faut se battre avec des mots et physiquement. Laissez-les mettre un pied chez vous et bientôt ils s’y seront installés. »

Et voilà, j’ai fini de vous expliquer cette super fable de La Fontaine. Laissez-moi un petit commentaire si vous n’avez pas compris, ou tout simplement pour qu’on discute, ou pour dire merci — ça fait toujours plaisir d’avoir votre retour. Laissez-moi une petite note aussi si vous voulez, sur vos applications de podcast — c’est ça qui permet à mon podcast de se faire connaître.

On se retrouve demain pour une nouvelle expression française qui sera « Chacun sa route ». Je vous dis donc merci beaucoup de m’avoir écouté jusqu’au bout et à demain. Bye bye, hasta luego. Matane !


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