Notre dame de Paris – Belle

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que ça va. On est aujourd’hui le mardi 23 septembre 2025 et aujourd’hui on va parler d’une chanson française très connue qui s’appelle « Belle ». Cette chanson est tirée d’une comédie musicale : Notre-Dame de Paris. Alors, Notre-Dame de Paris, c’est le nom de la cathédrale la plus connue de France — c’est d’ailleurs le bâtiment le plus visité de France devant le Louvre —, mais c’est aussi le nom d’un roman de Victor Hugo. Pour que vous compreniez les paroles de la chanson, pour que j’arrive à vous les expliquer, il faut que je vous résume un peu le livre de Victor Hugo.

Alors, ce livre est assez épais, assez long — c’est dur à lire, donc pour vous qui apprenez le français, ça va être compliqué —, mais je vais vous faire un résumé pour que vous puissiez comprendre les paroles de la chanson. Je vais essayer de vous faire un résumé assez rapide, même si c’est un peu compliqué parce qu’il se passe beaucoup de choses. En gros, on a Esmeralda — une danseuse bohémienne, une danseuse gitane. On parle des gens du voyage, les Roms — il y a plein de mots pour décrire cette ethnie. C’est une danseuse qui est très belle. Et l’histoire se passe bien sûr à Paris, avec la cathédrale Notre-Dame.

Donc, cette danseuse qui est très belle, eh bien, il y a plusieurs personnes qui sont amoureuses d’elle, ou alors qui la désirent physiquement mais qui ne sont pas amoureux. On a d’abord Frollo. Frollo, c’est le prêtre de la cathédrale de Paris — en fait, c’est l’archidiacre, mais on va dire prêtre. Donc lui, en étant prêtre, il a fait vœu de chasteté. Ça veut dire qu’il a juré devant Dieu qu’il n’aurait pas de relation sexuelle, qu’il ne prendrait pas de femme, car tout l’amour qu’il porte est tourné vers Dieu. Sauf que ce Frollo est secrètement amoureux d’Esmeralda, alors que c’est interdit. Donc, on a déjà un petit problème.

Ensuite, vous avez Quasimodo. Quasimodo, c’est le bossu de la cathédrale. Un bossu, c’est quelqu’un qui a une grosse bosse dans le dos, qui est déformé. Il a été recueilli enfant par Frollo, par le prêtre, et donc Quasimodo vit dans la cathédrale de Paris. Comment est-il tombé amoureux d’Esmeralda ? Eh bien, simplement en la voyant, mais surtout parce qu’elle lui a donné de l’eau alors qu’il était en train de subir un supplice. Il a été condamné à se faire frapper pour avoir tenté d’enlever Esmeralda.

Donc, on a Frollo le prêtre, qui a un amour interdit pour Esmeralda, Quasimodo qui est déformé, qui est bossu, qui est très laid, qui est amoureux lui aussi d’Esmeralda — mais elle ne l’aime pas, elle n’aime pas non plus Frollo — et on a Phœbus. Phœbus, c’est le soldat qui a sauvé Esmeralda alors que Quasimodo tentait de l’enlever. Et Esmeralda est amoureuse de Phœbus, mais lui n’est pas amoureux d’elle — lui, il veut juste lui faire l’amour. Donc, je vous répète : Frollo est amoureux d’Esmeralda, Quasimodo est amoureux d’Esmeralda, et Phœbus désire Esmeralda. Elle est amoureuse de Phœbus.

Donc, dans la chanson qu’on va écouter aujourd’hui, on va avoir trois chanteurs. Le premier chanteur, c’est Garou, et il joue le rôle de Quasimodo. Dans son couplet, on va avoir les paroles de Quasimodo qui aime Esmeralda, mais elle ne l’aime pas — sûrement parce qu’il est très laid. Dans le deuxième couplet, on va avoir les paroles de Frollo, donc du prêtre, de l’archidiacre de la cathédrale. C’est Daniel Lavoie qui chante, et donc là on aura des paroles en rapport avec un amour interdit, parce que son amour est censé être dirigé vers Dieu. Et le troisième couplet, c’est le chanteur Patrick Fiori qu’on écoutera, et lui il joue le rôle de Phœbus. Phœbus n’a qu’un désir charnel pour Esmeralda, mais pas de sentiment. Donc, dans le troisième couplet, on entendra des paroles en rapport avec le désir charnel, le désir du corps, le désir sexuel. Et à la fin, tous les trois ensemble chanteront quelques lignes.

Bien, c’est important que je vous explique un peu le contexte, que je vous parle en deux mots de l’histoire, pour qu’après vous puissiez mieux comprendre les paroles. Je vous mets tout de suite la chanson et on se retrouve juste après pour l’analyse.

[Musique — « Belle », Notre-Dame de Paris]

Alors, déjà — est-ce que vous connaissiez cette chanson ? Est-ce que vous l’aviez déjà entendue ? Peut-être que cette comédie musicale a été traduite dans votre langue. Peut-être qu’elle a même été jouée dans votre pays avec une traduction dans votre langue. Mais maintenant, on va voir les paroles de la chanson. Alors, ça va être long aujourd’hui, d’abord parce que la chanson est longue, et parce que j’ai pris quelques minutes au début pour vous expliquer le contexte des personnages. On commence tout de suite avec Quasimodo. Quasimodo, c’est le bossu de la cathédrale, celui qui est chargé de sonner les cloches. Il est très laid, mais il est amoureux d’Esmeralda, et c’est Garou qui chante.

Alors, ici, les paroles, c’est « Belle » — c’est un adjectif qualificatif, c’est le féminin de « beau ». Et après, on dit que c’est un mot qu’on dirait inventé pour elle. Garou, donc Quasimodo, parle d’Esmeralda. Il dit : on a l’impression que ce mot « belle » a été inventé, a été créé pour désigner, pour décrire Esmeralda. Elle est tellement belle que Quasimodo pense que ce mot a été fait pour elle, uniquement pour la décrire.

Ici, il dit : « Quand elle danse et qu’elle met son corps à jour. » Donc, Quasimodo a vu Esmeralda danser — il est peut-être tombé amoureux d’elle alors qu’elle dansait, parce que c’est une danseuse. Quasimodo dit qu’elle est belle quand elle danse, et qu’elle met son corps à jour. Ça, c’est un peu compliqué comme expression. Ça veut dire qu’elle va montrer son corps en dansant — pas qu’elle est nue, mais quand on danse, on peut montrer des parties de soi : une jambe, un bras. Et donc, Quasimodo dit qu’elle met son corps à jour.

Et à la fin de cette phrase, en fait, le dernier mot est le début de la phrase d’après : « tel ». « Tel », ça veut dire « comme ». On va écouter la ligne d’après et on reprendra ce mot pour que je vous l’explique. Donc : « tel un oiseau qui étend ses ailes pour s’envoler ». « Tel » ça veut dire « comme ». Donc ici, Quasimodo compare Esmeralda qui danse à la beauté d’un oiseau qui s’envole. Étendre ses ailes, c’est déployer les ailes, et s’envoler, c’est aller dans le ciel. Donc, Quasimodo compare la beauté d’Esmeralda à la beauté d’un oiseau qui s’envole.

On continue. « Alors je sens l’enfer s’ouvrir sous mes pieds. » Quand il regarde Esmeralda, il la trouve tellement belle — il se sent peut-être coupable — que c’est comme si l’enfer s’ouvrait sous lui pour qu’il y tombe. Comme si l’amour qu’il porte à Esmeralda allait le faire aller en enfer, parce qu’évidemment on pense que Quasimodo est croyant, et donc que le désir est un concept peut-être difficilement acceptable, sans avoir de sentiment de culpabilité.

On continue. « J’ai posé mes yeux sur sa robe de gitane. » « Poser mes yeux », ça veut dire « j’ai regardé ». Et « sa robe de gitane » — le « sa », c’est un adjectif possessif qui renvoie à Esmeralda — et « gitane », c’est Esmeralda. Je vous ai dit au début, quand je vous ai décrit les personnages, qu’Esmeralda est une danseuse gitane, une danseuse bohémienne, une danseuse qui vient d’un pays étranger, quelque part en Europe centrale. Donc, Quasimodo dit que, alors qu’Esmeralda dansait, il a regardé sous sa robe — il a vu sa peau —, et c’est ça qui a, on imagine, déclenché son désir.

On continue. « À quoi me sert encore de prier Notre-Dame ? » Alors ici, il manque un pronom. En fait, la vraie phrase, ça serait : « À quoi cela me sert-il encore de prier Notre-Dame ? » À quoi ça sert de prier encore, puisque le désir en moi a commencé, puisque j’aime éperdument Esmeralda ? C’est Quasimodo qui parle. Il faut bien comprendre qu’à l’époque — même encore un peu aujourd’hui —, le pouvoir de la religion, les interdits de la religion créaient une énorme culpabilité, et donc on ne pouvait pas aimer, on ne pouvait pas désirer, et de l’autre côté être quelqu’un qui croit en Dieu, être quelqu’un de pieux. Il y avait — il y a toujours — une contradiction entre le désir et la croyance, entre le fait de désirer quelqu’un et l’amour qu’on porte à Dieu. Alors que pour moi, ce ne sont évidemment pas des choses opposées.

On continue la chanson. Ici, Quasimodo dit : « Quel est celui qui lui jettera la première pierre ? » Ici, on a une référence à la Bible. À un moment, il y a une femme qui est accusée d’adultère — donc d’avoir trompé son mari. Et les hommes autour qui la jugent veulent la lapider, veulent lui infliger une souffrance physique. Ils demandent à Jésus ce qu’il en pense. Et Jésus répond : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre. » Donc, Jésus répond que celui d’entre vous qui n’a jamais commis une faute peut commencer à la faire souffrir — et personne ne jette de pierre, puisque tout le monde a ses propres faiblesses.

Donc, dans la chanson, Quasimodo dit que personne n’est parfait, que tout le monde a ses faiblesses, comme l’a dit Jésus dans la Bible. Celui qui jetterait une pierre — qui dirait qu’il est innocent et n’a aucun péché —, eh bien ce serait faux. On va d’ailleurs l’entendre juste après : « Celui-là ne mérite pas d’être sur terre. » Il parle de la personne qui jetterait la première pierre à Esmeralda — une personne qui prétendrait n’avoir aucun péché, n’avoir jamais commis de faute. Eh bien, Quasimodo dit : celui-là ne mérite pas d’être sur terre. Tout le monde commet des fautes. Tout le monde a ses faiblesses. Tout le monde a commis des péchés.

Et après, on va écouter la phrase qui clôt le couplet de Quasimodo. Ici, il dit : « Oh Lucifer, laisse-moi, rien qu’une fois, glisser mes doigts dans les cheveux d’Esmeralda. » Je vous explique — Lucifer, c’est Satan, c’est le diable, c’est le maître des enfers. Donc, carrément, Quasimodo se tourne vers le diable et lui demande s’il peut glisser ses doigts dans les cheveux de celle qu’il aime. Il s’est détourné de Dieu et il s’adresse au diable, au maître des péchés, pour lui demander l’autorisation de désirer Esmeralda, de la toucher, de l’aimer — mais surtout de la désirer.

Alors, je pense que je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, parce qu’après ça fait trop long. Donc, on fera le deuxième couplet de Frollo et le troisième demain. Je vous dis donc à demain pour la suite de cette chanson « Belle », qui parle d’Esmeralda et qui est tirée de la comédie musicale Notre-Dame de Paris. Bye bye, hasta luego. Matane !

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. On se retrouve aujourd’hui pour la suite de notre analyse de la chanson « Belle », tirée de la comédie musicale Notre-Dame de Paris. Alors, hier on a parlé du premier couplet. Aujourd’hui, on va donc continuer avec le couplet de Frollo et le couplet de Phœbus.

Je vous résume en deux mots. On parle d’Esmeralda — c’est une danseuse — et Quasimodo, le bossu de la cathédrale, est amoureux d’elle. Frollo, le prêtre de la cathédrale, l’archidiacre, est amoureux aussi d’elle, mais c’est un amour interdit car lui est censé n’aimer que Dieu — il a fait vœu de chasteté. Et Phœbus, c’est un soldat — il n’est pas amoureux d’elle, mais il veut coucher avec elle. Je vous invite à écouter le podcast d’hier en premier pour que vous puissiez bien comprendre le contexte de cette chanson, et on va continuer tout de suite avec le deuxième couplet.

Donc, le couplet chanté par Frollo, chanté par le prêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris. C’est Frollo qui parle — il est incarné par Daniel Lavoie — et il dit « Belle », donc il recommence avec le même adjectif qualificatif, le titre de la chanson, et il désigne Esmeralda. Il dit : « Est-ce le diable qui s’est incarné en elle ? » Lui, il est prêtre. Donc il n’a pas le droit d’aimer une femme. Il ne peut pas aimer quelqu’un d’autre que Dieu. Donc, il pense que le diable s’est incarné, que le diable a pris la forme d’Esmeralda pour le tenter, pour essayer de détourner Frollo de Dieu. Il se pose une question : il pense que Lucifer, le diable, a pris les traits d’Esmeralda.

On écoute la suite : « Pour détourner mes yeux du Dieu éternel. » Donc là, c’est la suite de la question. « Détourner », ça veut dire dévier. Est-ce que le diable s’est incarné, a pris la forme d’Esmeralda, pour faire changer le prêtre, pour détourner le prêtre de la voie chrétienne, pour corrompre le prêtre et faire en sorte qu’il ne croie plus en Dieu ? La phrase complète, c’est : « Est-ce le diable qui s’est incarné en elle pour détourner mes yeux du Dieu éternel ? » Frollo aime Esmeralda, mais c’est un amour interdit, et donc il s’en prend au diable. Il se demande si le diable a pris la forme d’Esmeralda pour le dévier de sa foi.

« Qui a mis dans mon être ce désir charnel ? » C’est un passé composé — le verbe « avoir » et le participe passé du verbe « mettre ». « Qui a mis en moi ce désir charnel ? » Charnel, c’est ce qui concerne le corps. Donc, il se demande quelle entité, quelle force a installé en lui le désir qu’il ressent pour Esmeralda. Il l’aime, mais il la désire également — il veut lui aussi coucher avec elle — et donc ça, c’est interdit par la religion.

On va avoir juste après la suite de la question : « Pour m’empêcher de regarder vers le ciel. » Toute la question, c’est : « Qui a mis dans mon être ce désir charnel pour m’empêcher de regarder vers le ciel ? » Regarder vers le ciel, c’est croire en Dieu, parce qu’on dit que Dieu est au ciel. Donc il demande : « Qui a mis en moi ce désir pour Esmeralda, qui m’empêche de me tourner vers Dieu ? Qui a mis cette tentation en moi alors que mon amour est censé être uniquement pour Dieu ? » Il pense que c’est le diable.

On écoute la suite : « Elle porte en elle le péché originel. » Là encore, on a une référence à la Bible, à l’Ancien Testament. Selon les chrétiens, selon la Bible, le monde a été créé par Dieu, et il a mis dans le jardin d’Éden Adam et Ève — le premier homme et la première femme. Et tout se passait bien jusqu’à ce qu’Ève mange une pomme interdite que Dieu avait défendu de manger. À partir du moment où elle a commis cette faute, Adam et Ève ont été bannis sur terre à souffrir. Donc ici, Frollo qui parle d’Esmeralda dit qu’elle porte ce premier péché. Il compare Esmeralda à la première femme, à Ève, et donc on parle ici de tentation. Frollo désire le corps d’Esmeralda — c’est la tentation. Il compare ça au premier péché, qui était de manger la pomme interdite. J’espère que ce n’est pas trop compliqué — j’essaie de vous expliquer ça le plus simplement possible.

On continue : « La désirer, fait-il de moi un criminel ? » Il pose encore une question à lui-même, parce qu’il désire Esmeralda. Il a envie de coucher avec elle, il désire son corps, et donc il se demande : « Est-ce que le fait que je la désire fait de moi un criminel ? » Un criminel, c’est quelqu’un qui a commis un crime — et un crime, c’est quelque chose d’interdit. Lui, il est prêtre, donc on parle encore ici de tentation interdite. Il désire cette femme et donc il se demande : « Alors que je suis prêtre, je la désire — est-ce un péché, suis-je donc un criminel ? »

On continue : « Celle qu’on prenait pour une fille de joie, une fille de rien. » « Celle », il parle d’Esmeralda. Donc il dit : « Cette femme, cette gitane, qu’on prenait pour une fille de joie. » Une fille de joie, c’est une prostituée — une femme qui vend son corps. Donc il dit : « Cette femme, qu’on pensait n’être qu’une prostituée, qu’on pensait n’être rien. » Il le dit d’ailleurs après : « une fille de rien ».

Et la suite de la phrase, on l’écoute maintenant : « Semble soudain porter la croix du genre humain. » On a encore une référence à la Bible, à la religion chrétienne, et donc à Jésus qui a porté sa croix jusqu’à être crucifié. En fait, ici, Frollo le prêtre fait référence à une scène du livre. À un moment, Quasimodo est en train d’être battu parce qu’il est accusé d’avoir voulu enlever Esmeralda. Et Esmeralda, par bonté, par gentillesse, va lui apporter de l’eau pour le soulager. Frollo voit la scène, et lui qui pensait que cette danseuse n’était qu’une prostituée, eh bien, à ce moment-là, il voit en elle le Christ — il voit en elle quelqu’un qui accomplit une action d’une bonté, d’une gentillesse infinie. Et donc il dit : « Celle que je pensais n’être personne vient soudain de se transformer, de ressembler à Jésus qui portait sa croix. » Alors que personne n’avait aidé Quasimodo, elle le fait — comme Jésus qui a porté sa croix jusqu’à se faire crucifier. Eh, c’est compliquée, cette explication ! Je ne sais pas pourquoi j’ai choisi cette chanson — pas la plus simple en tout cas.

Et on continue. Ici, les paroles, c’est : « Oh Notre-Dame, laisse-moi, rien qu’une fois, pousser la porte du jardin d’Esmeralda. » Donc il demande à Notre-Dame — je pense que c’est à la Vierge Marie — qu’il soit autorisé, une seule fois, à pousser la porte du jardin d’Esmeralda. Ici, c’est une image — on reprend ce qu’on avait dit avant, où il comparait Esmeralda à Ève dans le jardin d’Éden. Donc, il reparle du « jardin » d’Esmeralda, comme si c’était le jardin d’Adam et Ève. Mais c’est aussi une image pour parler de son intimité — pouvoir coucher avec elle. En tout cas, c’est comme ça que je l’interprète.

Et après, on va passer à Phœbus. C’est le troisième couplet, chanté par Patrick Fiori. Phœbus, lui, c’est le soldat, le capitaine de la garde, qui doit se marier avec une femme qui s’appelle Fleur de Lys. Donc il n’est pas amoureux d’Esmeralda, mais il la désire. Il veut coucher avec elle, alors qu’Esmeralda est amoureuse de lui.

Donc il recommence avec le même adjectif : « Belle » — il parle d’Esmeralda. Et il dit : « Malgré ces grands yeux noirs qui vous ensorcellent. » Donc il parle de cette femme qui a des yeux noirs — on imagine qu’elle a aussi des cheveux noirs puisque c’est une gitane. Et il dit : « Ces grands yeux noirs qui vous ensorcellent. » On a le pronom relatif « qui » dont je vous ai parlé tout récemment. Et « ensorcellent », ça veut dire que les yeux de cette femme vous jettent un sort — pas au sens propre, c’est une image. Ça veut dire qu’en la regardant, on peut tomber amoureux d’elle. Elle est envoûtante, elle est ensorcelante.

La suite de la chanson : « La demoiselle serait-elle encore pucelle ? » La demoiselle, il parle d’Esmeralda. On dit « mademoiselle » — ici, c’est « la demoiselle », une façon un peu plus ancienne de désigner une jeune femme. Et « serait-elle » — c’est le verbe « être » conjugué au conditionnel présent. Donc, c’est une question avec une condition : « La demoiselle serait-elle encore pucelle ? » Pucelle, c’est une femme qui n’a jamais fait l’amour, qui n’a jamais couché avec un homme. Donc, il se demande si elle est encore vierge. Enfin bon, il veut juste cela — il n’est pas amoureux d’elle.

On continue la chanson : « Quand ces mouvements me font voir monts et merveilles. » Phœbus, en voyant Esmeralda danser, en voyant ses mouvements, voit « monts et merveilles ». Alors ça, c’est une expression française qu’on va travailler demain — « promettre monts et merveilles » — ça veut dire « promettre beaucoup de choses », « promettre l’impossible ». Donc ici, Phœbus dit qu’en voyant Esmeralda danser, il pense qu’elle va être superbe au lit. On parlera de cette expression demain.

On écoute la suite : « Sous son jupon, aux couleurs de l’arc-en-ciel. » Le jupon, c’est sa jupe — une petite jupe qui doit être, on imagine, de toutes les couleurs, comme l’arc-en-ciel. Il y a sept couleurs dans l’arc-en-ciel — donc Esmeralda doit porter une jupe de toutes les couleurs.

On continue : « Ma dulcinée, laissez-moi vous être infidèle. » Ici, il parle de sa future femme. « Ma dulcinée », c’est un mot un peu ancien pour désigner la femme qu’on aime, sa future femme. Donc il lui dit — il se dit dans sa tête : « Ma chère femme, laissez-moi vous être infidèle, permettez-moi de succomber à mon désir, autorisez-moi à coucher avec Esmeralda. » Et la suite de la phrase : « Avant de vous avoir menée jusqu’à l’autel. » L’autel, c’est là où on se marie, c’est à l’église. Donc il dit : « Ma chérie, permettez-moi de coucher avec cette femme avant qu’on se marie. » Phœbus n’est pas encore marié avec Fleur de Lys et il désire Esmeralda. Donc il se dit dans sa tête qu’il veut une dernière fois coucher avec quelqu’un d’autre.

On continue : « Quel est l’homme qui détournerait son regard d’elle ? » On a encore un conditionnel — du verbe « détourner ». Donc il demande : « Qui pourrait détourner son regard, qui pourrait arrêter de la regarder, tellement elle est belle ? » Et la suite de la phrase : « Sous peine d’être changé en statue de sel. » Là encore, on a une référence religieuse. En deux mots : il y a Loth et sa femme, qui sont accompagnés par des anges pour quitter la ville de Sodome, qui va être détruite. Les anges leur disent : « Fuyez, mais ne vous retournez pas, surtout ne regardez pas derrière vous. » Et la femme de Loth va se retourner pour regarder la ville être détruite — et comme elle n’a pas obéi aux anges, elle va être transformée en statue de sel, elle va mourir pétrifiée. Donc ici, « sous peine d’être changé en statue de sel », on a une référence directe au mythe de la femme de Loth et de Sodome. Donc, en gros, Phœbus dit qu’Esmeralda est tellement belle, tellement désirable, qu’il ne peut pas détourner son regard.

Allez, on continue — courage, on a bientôt fini. Ici, il dit : « Fleur de Lys, je ne suis pas homme de foi. » C’est le nom de sa femme — un peu spécial comme nom. Enfin bref, il dit qu’il n’est pas croyant. La foi, c’est être croyant, c’est la religion. Donc il dit que lui ne croit pas à tout ça, et donc qu’il va faire comme la femme de Loth — il va se retourner, mais il ne sera pas changé en statue. C’est une image. Il dit donc qu’il veut aller voir Esmeralda, qu’il veut coucher avec elle — il le dit d’ailleurs juste après : « J’irai cueillir la fleur d’amour d’Esmeralda. » « J’irai », c’est un futur — donc il va le faire. « Cueillir la fleur d’amour » — c’est une jolie image : la fleur d’amour, ici, c’est coucher avec Esmeralda. Il y a une image entre la femme, sa fragilité, et une fleur.

Et après, on a les trois qui chantent ensemble — Quasimodo, Frollo et Phœbus. Les trois hommes qui sont obnubilés, qui sont obsédés par Esmeralda. Je ne vous repasse pas les paroles puisque c’est une reprise du premier couplet de Quasimodo.

Et donc avec ça, on a fini d’étudier cette chanson, tirée de la comédie musicale Notre-Dame de Paris. Il y avait beaucoup d’images, beaucoup de mots un peu compliqués. J’espère que ça ne vous a pas trop découragés, que vous m’avez écouté jusqu’au bout. Je vous repasse la chanson une dernière fois pour ceux qui veulent la réécouter, parce que c’est une très belle chanson. Et moi, je vous dis à demain pour étudier l’expression française « promettre monts et merveilles » — une expression qu’on retrouve dans la chanson. Merci beaucoup. À bientôt, bye bye, hasta luego. Et je vous laisse donc avec « Belle », de Notre-Dame de Paris.


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