Lire la transcription
Bonjour à toutes, bonjour à tous, je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien, et aujourd’hui on va parler d’une expression française qui est « promettre monts et merveilles ». Je vous ai dit hier qu’on ferait cette expression française. Pourquoi je vous l’ai dit hier ? Parce que hier dans le podcast, on a fait la deuxième partie de Notre-Dame de Paris et dans cette chanson, il y a justement l’expression « promettre monts et merveilles ». Mais avant ça, et comme d’habitude, on va parler un peu de tout et de rien.
1) L’importance des accents
Aujourd’hui, je voulais vous parler de l’importance des accents — avec un article de journal qui m’a bien fait marrer que j’ai lu l’autre jour, et avec une expérience personnelle. Alors, l’accent, c’est quoi ? C’est comment vous allez parler français. Qu’est-ce qui va être différent entre votre français à vous et mon français à moi ?
Je ne vous parle pas de l’utilisation de la grammaire, de l’orthographe — ça, c’est sûr que c’est différent —, à moins que vous soyez en France depuis 20 ans, 30 ans, et à ce moment-là vous parlez parfaitement français. Mais dans l’intonation, dans la façon dont on va vous entendre, vous percevoir, eh bien il y aura un accent.
Par exemple, les Anglais ont un peu cet accent-là, ils parlent un peu comme ça, et pour les Italiens, c’est plutôt cet accent-ci — ça va être un peu un accent du sud pour l’Italie. Ça, c’est des accents. Donc, suivant le pays où vous habitez, vous allez avoir un accent quand vous parlez français. Comme moi qui parle anglais et japonais, eh bien j’ai un accent français quand je parle anglais. If I speak English like that, I have a very French accent. OK ?
Et selon l’accent que vous avez, je vais pouvoir dire à peu près de quelle région du monde vous venez, de quel pays, de quel continent vous êtes originaire. Alors moi, personnellement, je trouve que les accents, c’est super. Je trouve ça génial de garder son accent. Il faut quand même qu’on puisse vous comprendre — si vous avez un accent trop prononcé quand vous parlez français, on va avoir du mal à vous comprendre. Je pense par exemple aux Indiens qui parlent anglais — franchement, c’est compliqué. Désolé si vous êtes Indien et que vous parlez anglais, mais moi j’ai du mal à comprendre l’anglais d’un Indien. Pourtant, ils utilisent la bonne grammaire, les bons mots — mais leur accent est tellement fort qu’on a du mal à comprendre.
Et les Français en général ne font pas beaucoup d’efforts pour comprendre les étrangers. Pourquoi j’en arrive là ? Parce que dans l’article de journal que j’ai lu l’autre jour, il est arrivé une mésaventure à deux Américaines. Une mésaventure, c’est quelque chose qui vous arrive de mauvais, où il y a un problème, un malheur — c’est un peu l’opposé d’une aventure. On dit « une mésaventure » — on rajoute le préfixe M-É-S devant « aventure ».
Alors, qu’est-ce qu’il est arrivé à ces touristes américaines ? Elles étaient en France, à Paris, et elles voulaient réserver un vol pour Nice. Nice, c’est une ville du sud-est de la France. Paris-Nice en avion, ça prend à peu près une heure. Donc ces deux femmes américaines sont en France — on imagine peut-être dans une agence de voyage ou dans une agence Air France ou une autre compagnie. Et donc, elles demandent avec leur accent américain : « On voudrait réserver deux vols pour Nice. » Elles disent donc « To Nice » — « à Nice », pour aller à Nice, la ville française. Et où est-ce qu’elles se retrouvent ? Eh bien, elles se retrouvent à Tunis, en Tunisie. Elles voulaient aller à Nice en France, elles se retrouvent à Tunis.
Pourquoi ? Parce que la personne au comptoir — l’employé de la compagnie ou de l’agence de voyage — ne comprenait peut-être pas bien les Américaines. Et cette personne a entendu « Tunis » au lieu de « to Nice ». Tunis, to Nice. Et donc, elle leur a acheté un billet pour Tunis. Elles se sont retrouvées de l’autre côté de la Méditerranée alors qu’elles voulaient aller à Nice.
Pourquoi je vous dis ça ? C’est parce qu’en France, on ne fait pas toujours beaucoup d’efforts. C’est un peu triste, c’est un peu malheureux, mais ça serait bien que les Français fassent plus d’efforts pour comprendre les étrangers qui essayent de parler français. Ça aurait évité des problèmes à ces deux Américaines. Et donc, c’est l’article de journal qui m’a bien fait marrer.
Et tout à l’heure, je vous disais que j’allais vous parler d’une expérience personnelle. Alors, c’est un truc vrai qui m’est arrivé et c’est assez marrant aussi. Il y a plusieurs années, je faisais un autre métier qu’aujourd’hui. Et donc, je recevais des clients régulièrement. J’ai donc un rendez-vous le soir à 18h et la personne n’arrive pas — 18h02, 18h03, 18h05, toujours personne.
Et là, un coup de téléphone. Je décroche — c’est ma cliente. C’était une cliente américaine, là encore. Et qu’est-ce qu’elle me dit ? Elle me dit : « Excusez-moi, j’arrive, je suis en route, j’arrive, je suis en route. » Alors, elle voulait dire « je suis en route » — ça veut dire je suis sur le chemin, je vais bientôt arriver. Mais moi, j’ai entendu « je suis en rut ». Et « je suis en route » et « je suis en rut », ça n’a rien à voir. « Je suis en route », c’est « j’arrive dans quelques minutes ». Et « je suis en rut », c’est « j’ai envie de coucher, j’ai envie de faire l’amour ». Donc vous voyez, ça n’a absolument rien à voir.
Moi, au téléphone, j’ai commencé à rigoler et elle ne comprenait pas. Donc, j’ai fait comme maintenant — je lui ai expliqué la différence entre les deux. Et là, à mon avis dans sa voiture, elle est devenue toute rouge. Elle a dû avoir un peu honte d’avoir dit « je suis en rut » au lieu de « je suis en route ». Il suffit d’enlever un seul O — une seule lettre — au mot « route », et on se retrouve avec « rut », et ça ne veut absolument pas dire la même chose.
Et vraiment, « je suis en rut », c’est vulgaire, c’est du langage très familier. On parle de ça pour des animaux, pas pour des humains. Et c’est pour ça que j’ai bien rigolé — et qu’elle aussi, en arrivant, malgré son retard à cause des embouteillages, a rigolé. Tout ça pour vous dire que je pense que c’est pareil dans votre langue — une seule lettre peut changer complètement le mot et surtout la façon dont les étrangers vont le prononcer. Surtout qu’en français, on a des sonorités, des sons, que vous n’avez peut-être pas dans votre langue. Donc, c’est dur de recréer ces sons.
Par exemple, le R — ce n’est pas un son courant. Moi, je sais qu’en japonais, quand j’apprends cette langue, eh bien je n’ai pas de problème à prononcer tous les sons parce que tous les sons du japonais existent en français. Par contre, l’inverse n’est pas vrai. Les Japonais n’ont pas tous nos sons. Entre le V et le B, les Japonais ne voient pas de différence. Donc, que je dise « livre » ou « libre » — peut-être qu’ils entendent la différence, mais ils ont du mal à la prononcer. Je sais que si un jour j’apprends le chinois, eh bien je vais avoir du mal aussi, parce qu’en chinois, il y a beaucoup d’intonations, beaucoup de sons qui n’existent pas en français.
Et donc avec ça, j’ai fini ma petite introduction du jour. Cette histoire de vol pour Tunis au lieu de Nice m’a bien fait marrer, et ça m’a permis de vous raconter une petite anecdote sur mon passé avec cette femme qui m’a dit « je suis en rut ». Et donc on va passer directement à l’expression du jour, parce que j’ai déjà parlé un moment et que je n’ai pas envie que le podcast soit trop long. Donc on fera ce que j’avais prévu aujourd’hui demain — on fera le pronom relatif « que » demain. Hier on a vu « qui », c’était assez compliqué. Donc aujourd’hui on ne va pas se prendre la tête, on verra tout ça demain.
2) Expression du jour : Promettre monts et merveilles
Et maintenant, donc, on passe directement à l’expression du jour : « promettre monts et merveilles ». Donc, dans la chanson « Belle » qu’on a vue hier, c’est Phœbus — celui qui veut coucher avec Esmeralda — qui dit : « Ces mouvements me font voir monts et merveilles. » Ici, ce n’est pas le mot « promettre », c’est le mot « voir » qui est utilisé, mais c’est le même sens. Je vous ai dit hier — en fait, ce sont les mouvements de danseuse : quand Esmeralda danse, sa jupe, sa robe doit se relever, et donc Phœbus entrevoit, entraperçoit ce qu’il appelle « monts et merveilles » — quelque chose d’incroyable. Et là, c’est en l’occurrence le haut des jambes d’Esmeralda.
Mais d’abord, je vais vous parler des mots de l’expression. « Promettre », c’est « s’engager envers quelqu’un ». S’engager à faire quelque chose, c’est une promesse — et c’est très fort. C’est quelque chose que vous allez faire de façon certaine. Si vous dites « Je te promets d’aller faire les courses cet après-midi », eh bien là, vous dites à la personne : « Sûr et certain, je vais faire les courses. » C’est beaucoup plus fort que « Je vais aller faire les courses cet après-midi ». « Je te promets d’aller faire les courses », c’est très fort — c’est quelque chose que vous ferez d’une façon certaine.
Ça, c’est le verbe « promettre » et donc je vais vous le conjuguer au présent et à l’imparfait. Le verbe « promettre » au présent, ça donne : « je promets, tu promets, il promet, nous promettons, vous promettez et ils promettent. » Et à l’imparfait — donc un temps du passé — : « je promettais, tu promettais, il promettait, nous promettions, vous promettiez et ils promettaient. »
Ensuite, on a « les monts » — M-O-N-T-S. Ça, c’est facile. Un mont, c’est une montagne. C’est ce que vous voyez quand vous allez dans les Alpes en France ou dans l’Himalaya au Népal — et autour du Népal bien sûr, car l’Himalaya, c’est très grand.
On revient à l’expression : « promettre monts et merveilles ». « Et » c’est une conjonction de coordination. Alors, ça, je ne vous en ai pas encore parlé — il y en a sept : mais, ou, et, donc, or, ni, car. Je vous en parlerai un autre jour. Mais ici, ça permet d’ajouter quelque chose à « monts », et ici c’est « merveilles ». Donc, on rajoute le mot « merveilles » à « monts ».
Et une merveille, c’est quoi ? C’est quelque chose d’incroyable. Je vous en avais parlé dans le podcast que j’ai fait sur les sept merveilles du monde — c’était le podcast 242, « se prendre pour la 8e merveille du monde », et d’ailleurs dans le 243 également, « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Si les sept merveilles du monde antique et moderne vous intéressent, vous pouvez réécouter ou écouter ces épisodes. Donc, une merveille, c’est quelque chose d’incroyable, d’inouï.
Alors, ça veut dire quoi, « promettre monts et merveilles » ? Ça veut dire « promettre quelque chose d’incroyable, mais d’impossible, d’inatteignable ». C’est faire croire à quelqu’un qu’il va pouvoir faire quelque chose, alors que ce n’est pas possible.
Je vais vous prendre un exemple en rapport avec l’apprentissage d’une langue, et du français plus particulièrement. Je vois beaucoup passer de vidéos YouTube dont le titre c’est « Apprenez le français en un mois » ou alors « Trois heures pour apprendre le français » ou encore « Parle français en une heure », « Parle français en deux semaines ». C’est impossible. Les gens qui vous disent ça, les vidéos avec ces titres — faut arrêter de rêver. Ce sont ce qu’on appelle des appâts à clics : c’est pour que vous cliquiez et leur fassiez des vues.
C’est impossible d’apprendre une langue en quelques semaines. Ne cherchez pas, ça n’existe pas. Pour bien parler français, pour bien apprendre une langue, il faut plusieurs années. Quand on apprend très vite, quand on enregistre très bien, je pense qu’un an ou deux ans, ça se fait. En dessous, c’est pas possible. Donc les gens qui vous disent « je suis parti de zéro et j’ai appris cette langue en un mois » — ça n’existe pas. Ces vidéos vous promettent monts et merveilles. Elles vous promettent d’apprendre une langue en quelques semaines alors que c’est impossible. Donc « promettre monts et merveilles », c’est ça — c’est faire croire l’impossible à l’autre.
En anglais, ça se dit to promise the earth — promettre la terre, on dit en anglais.
Voilà, j’espère que vous avez compris l’expression du jour et que vous saurez quand vous pourrez la replacer. Demain, on va se marrer parce qu’on va faire une expression française qui est « c’est le camembert qui dit au roquefort, tu pues ». Là, on parle de deux fromages. Je vous parlerai de tout ça demain — et donc je pense que demain, on ne fera pas d’introduction mais qu’on commencera directement par le pronom relatif « que ». Et après, on se détendra avec l’expression sur les fromages.
Je vous remercie de m’avoir écouté. N’hésitez pas à me laisser un petit commentaire sur YouTube si vous avez des questions.
J’ai maintenant trois chaînes. Une chaîne où vous avez ce podcast. Une deuxième chaîne — Le français, c’est facile ! avec Adrien et les BD — où j’ai sorti une vidéo avec Gaston Lagaffe — il y aura une autre vidéo qui sortira vendredi, dans trois jours. Et j’ai aussi créé une troisième chaîne pour les débutants, avec mes podcasts pour débutants. Je vous laisse ici — je vous dis donc à demain et merci beaucoup de m’avoir écouté. À bientôt. Bye bye. Hasta luego. Matane !
Laisser un commentaire