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Bonjour à toutes, bonjour à tous. On est aujourd’hui le mercredi 1er octobre — début donc du mois d’octobre 2025 — et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien. Désolé pour ma voix, elle est encore un tout petit peu enrouée, un tout petit peu grave par rapport à d’habitude, mais c’est pas grave. Aujourd’hui, on va parler d’une expression française qui est « qui s’y frotte s’y pique ». C’est assez joli à dire, je trouve — dans la musique, « qui s’y frotte s’y pique ». Il y a beaucoup de « y », et il y a quelques « qu » entre « qui » et « pique ». Donc, ça donne une musicalité à l’expression. Je vous expliquerai tout ça tout à l’heure.
1) Les allergies
D’abord, j’avais envie de vous parler un peu d’allergies. Pourquoi je pense à ça ? Parce que moi, je suis allergique aux piqûres d’abeilles et aux piqûres de guêpes. Donc, je fais toujours attention quand je vois une guêpe, une abeille ou même un frelon pas loin — je m’écarte pour ne pas me faire piquer.
Comment je l’ai su ? Eh bien, quand j’étais enfant, je pensais que les abeilles et les guêpes étaient gentilles. Pourquoi ? Parce qu’à la télé, dans les années 90, il y avait un dessin animé qui s’appelait Maya l’abeille. Je ne vais pas la chanter, ça va être horrible sinon. Mais c’était un dessin animé où il y avait une abeille toute mignonne qui s’appelait Maya. Et donc moi, dans ma tête d’enfant, une abeille, une guêpe, c’est gentil. Donc me voilà à aller voir les abeilles et les guêpes — à me faire piquer au bras et à gonfler comme une pastèque. Je ne pouvais plus utiliser mon bras.
Je me suis d’ailleurs fait piquer une autre fois quand j’étais adulte, à la main. J’avais une main — on aurait dit un ballon. On aurait pu jouer au foot avec ma main, ou au handball — j’avais un ballon intégré à la main. Le problème, c’est que je ne pouvais pas le lancer, donc c’était compliqué pour jouer.
Enfin bref, je suis allergique aux guêpes et aux abeilles. Ça va — il me suffit de faire attention. Mais je voulais parler des allergies parce qu’il y a des personnes qui sont allergiques à des choses beaucoup plus communes, qu’on trouve dans l’air et dont on ne peut pas s’échapper. Je pense particulièrement aux pollens. Mon père est très allergique aux pollens.
Quand vient le printemps, quand viennent les premières fleurs qui font du pollen dans l’air, eh bien il éternue, il a les yeux qui piquent, il n’est pas bien. Je sais qu’il m’écoute de temps en temps avec ce podcast — cher père, bonjour. Donc il est allergique et il a besoin d’une piqûre de cortisone pour aller mieux. Les allergies, c’est terrible.
Il y a de plus en plus de personnes qui sont allergiques au pollen. Franchement, quand j’étais enfant, il n’y en avait pas autant — je trouve — et maintenant on en parle partout. Pourquoi ? Parce que je pense que l’humain s’habitue à certaines choses et au contraire est de plus en plus sensible à d’autres. Alors, la question c’est : pourquoi l’être humain devient-il de plus en plus sensible à certaines choses ? Je ne parle évidemment pas de tous les êtres humains — je parle de façon générale.
Alors, j’ai une théorie sur la question — qui n’est que mon opinion et n’engage que moi. Je ne suis pas un scientifique, je ne suis pas un chercheur, mais j’ai un avis sur tout. Je pense qu’à force de manger des conservateurs, des produits chimiques, et de ci et de ça — on donne des antibiotiques aux vaches pour qu’elles ne soient pas malades, et après on mange la viande, et donc on ingère des antibiotiques. Les poissons dans les élevages sont nourris avec des farines de poissons qui contiennent des substances chimiques. Ces poissons les mangent, et nous, après, on se retrouve avec ces substances dans le sang. Et je pense que l’être humain, au fur et à mesure des décennies, eh bien, s’affaiblit.
Bien sûr, notre système immunitaire est fait pour se défendre. Je pense au Covid — au coronavirus. Au début, on a tous été très malades, moi y compris, je l’ai eu deux fois. Et maintenant, on est quasiment tous immunisés — on est tous moins sensibles au Covid. Mais on devient, au fur et à mesure du temps, de plus en plus sensibles à certaines choses, de plus en plus allergiques.
D’ailleurs, l’allergie au pollen dont je vous parlais tout à l’heure n’arrive pas de naissance. Parfois c’est le cas, mais dans la majorité des cas, elle intervient à 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans. Mon père — pour reprendre son exemple — à 20 ans n’était pas allergique au pollen, et maintenant il l’est énormément.
Donc, mon diagnostic — chers amis, le docteur Adrien vous parle —, c’est qu’il faut faire son potager, manger les œufs de ses poules, s’alimenter sainement. Je ne suis pas sûr qu’en ingurgitant autant de produits chimiques, on puisse rester en bonne santé. Vous en ferez ce que vous voulez — c’était ma petite réflexion du jour.
Il y a aussi des personnes, bien sûr, qui sont allergiques à certains produits — les cacahuètes, les amandes, il y a plein d’allergies. Quelqu’un qui est allergique aux cacahuètes et qui va en manger dans un plat sans faire attention — par inadvertance, sans faire exprès —, c’est très dangereux, c’est une urgence. Sa gorge peut gonfler énormément et créer une obstruction — c’est-à-dire bloquer l’arrivée d’air aux poumons. Ça s’appelle un œdème de Quincke. Enfin bref, il faut faire attention.
2) Astuce du jour : le « y »
Aujourd’hui, je voulais vous parler du « y », parce que dans l’expression du jour — « qui s’y frotte s’y pique » — on a deux fois ce mot. Le « y » renvoie à, il remplace, un nom inanimé — un nom, un mot qui ne bouge pas, qui n’est pas vivant. On peut parler d’un objet, d’une ville, d’un pays — tout ça, c’est possible.
Je vous donne des exemples. « Il va à Paris » — on peut dire « il y va ». Dans « il y va », le « y » renvoie à Paris, remplace Paris. Donc, ça va remplacer ici une ville. Souvent, d’ailleurs, avant le mot qu’il remplace, on a le « à » ou le « en ». Un autre exemple : « je pense à ma maison » — on peut dire « j’y pense ». Le « y » ici va remplacer le mot « maison ». « Nous partons en Asie » — eh bien, ça sera « nous y partons ». Ici, le « y » remplace « en Asie », remplace le continent asiatique.
Ça, c’était pour le « y » — donc, il remplace un nom inanimé, un mot qui ne bouge pas, qui n’est pas vivant.
Et on a aussi des expressions toutes faites en français avec ce « y ». Si vous dites « allons-y » — dans « allons-y », on a à la fin le « y », ça veut dire « on y va, on va dans le lieu dont on vient de parler ». Par exemple : « Tu veux aller au cinéma ? Oui, allons-y ! » — là, le « y » remplace « au cinéma ».
On peut dire aussi « ça y est » — ça s’écrit C-A, tiret, Y, tiret, E-S-T —, ça veut dire « c’est fini, c’est prêt ». « Ça y est, le film commence » — « c’est prêt, ça va commencer ».
On peut dire aussi « j’y suis » — J-apostrophe-Y et le verbe « être » conjugué au présent à la première personne du singulier. Ça veut dire « je suis arrivé, je suis au bon endroit ». Mais on ne sait pas quel endroit — ça remplace quelque chose. Si on n’a pas de contexte dans la phrase, on ne peut pas savoir de quel lieu on parle. Allez, je ne vais pas faire trop long comme astuce du jour — on va tout de suite passer à l’expression.
3) Expression française du jour : Qui s’y frotte s’y pique
« Qui s’y frotte s’y pique. » « Qui » — pronom relatif. Maintenant, vous le connaissez — je vous ai balayé tous les pronoms relatifs, enfin les plus utilisés, il y a quelques jours dans mon podcast. Donc, pour ceux qui n’ont pas écouté, je vous invite à remonter un peu en arrière.
Ensuite, on a « s’y frotte ». Ici, on va décomposer. Le « y » va remplacer quelque chose — on ne sait pas encore quoi. Donc, on va juste prendre le verbe pronominal « se frotter ». Se frotter, c’est se mettre contre quelque chose et bouger — se frotter à quelqu’un, c’est faire des va-et-vient avec son corps contre quelqu’un. Bon, les mauvais esprits penseront à autre chose, mais moi je pense, par exemple, à un chat qui vient se frotter sur votre jambe ou un chien qui se frotte à vous. Donc, ça veut dire toucher avec insistance.
Donc, je vous conjugue le verbe « s’y frotter » au présent : « je m’y frotte, tu t’y frottes, il s’y frotte, nous nous y frottons, vous vous y frottez et ils s’y frottent. »
Et juste après — oh miracle — on a « s’y pique ». Se piquer sur quelque chose, c’est quand on va se faire mal avec un objet pointu. Je vous parlais tout à l’heure des abeilles et des guêpes — eh bien, si je me rapproche d’une guêpe, elle peut me piquer. Ici, je peux m’y piquer — on a « m’y », et donc le « y » remplace la guêpe. Je vous conjugue le verbe « s’y piquer » au présent : « je m’y pique, tu t’y piques, il s’y pique, nous nous y piquons, vous vous y piquez et ils s’y piquent. »
Alors, ça veut dire quoi : « qui s’y frotte s’y pique » ? On dit cette expression quand on veut mettre en garde quelqu’un contre des risques possibles. On parlait de l’abeille ou de la guêpe — on peut dire à quelqu’un qui va se rapprocher de cet insecte : « Attention, qui s’y frotte s’y pique ! » Mais on peut aussi utiliser cette expression pour un autre danger.
Imaginez : vous êtes deux dans une voiture, vous roulez dans Paris — enfin, vous êtes dans des embouteillages. Et le gars devant vous pile — il met un grand coup de frein, il vous fait peur —, et vous freinez aussi, juste avant de lui rentrer dedans. Vous commencez à gueuler, et le gars sort de sa voiture — c’est une montagne, il fait 2 mètres, 130 kilos. Et là, votre ami à côté de vous vous dit : « Attention, ne l’énerve pas, parce que qui s’y frotte s’y pique. » Ça veut dire : « Attention à ne pas énerver le grand monsieur, sinon tu vas te prendre un coup. » Malgré le fait qu’il ait pilé, vous feriez mieux de vous taire. J’espère que vous comprenez un peu l’expression — c’est en fait pour prévenir quelqu’un d’un danger.
Et c’est d’ailleurs une devise — la devise d’une ville. La devise, c’est quoi ? C’est la phrase fétiche, une phrase qu’on aime. Pour moi, c’est « c’est de l’échec que naît la réussite » — je vous l’ai expliqué hier ou avant-hier, je ne sais plus. Et « qui s’y frotte s’y pique », c’est la devise de la ville de Nancy. Nancy, c’est une ville à l’est de la France. Pourquoi c’est la devise de la ville ? Parce que l’emblème de la ville, c’est un chardon — et un chardon, c’est une plante qui pique. L’emblème, c’est le dessin qui représente la ville. Donc, l’emblème c’est le chardon, et la devise c’est « qui s’y frotte s’y pique ».
Si vous allez à Nancy, dans l’est de la France — bon, je ne vous le souhaite pas, mais si vous devez y aller par obligation, je rigole — ceux qui habitent à Nancy m’excuseront. Eh bien, vous pouvez aller à la mairie — et je pense que sur la mairie, vous pourrez voir le chardon et la devise de la ville : « qui s’y frotte s’y pique ».
En anglais, on dit if you play with fire, you’ll get burned — à jouer avec le feu, on se brûle. Qui cherche les ennuis les trouve. Tout ça, ça veut dire « qui s’y frotte s’y pique ».
Demain, on fait une nouvelle expression française qui sera « qui va à la chasse perd sa place ». Je vous parle de tout ça demain. Et maintenant, je vous souhaite une bonne journée, une bonne soirée, une bonne nuit — ce que vous voulez — et je vous dis donc à bientôt. Bye bye, hasta luego. Matane !
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