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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est dimanche — on est le 4 octobre 2025 — et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, on va parler d’une expression française qui est « se démener comme un diable dans l’eau bénite ». On peut dire aussi « se démener comme un beau diable » ou « se débattre comme un beau diable ». Il y a plusieurs versions de l’expression, mais je vous expliquerai tout ça tout à l’heure.
1) C’était mieux avant ?
D’abord, j’avais envie de vous parler d’une époque qui n’existe plus. Alors, ça va faire un peu vieux con et boomer — on dit — en parlant de ça, mais j’assume : j’ai 40 ans, je suis né en 84. C’est d’ailleurs bientôt mon anniversaire, le 22 octobre — mais je vous en reparlerai.
Alors, pourquoi je voulais vous parler de ça ? Qu’est-ce qui m’a fait penser à cette époque où les portables n’existaient pas, où les téléphones portables n’étaient pas encore inventés ? J’ai vu sur YouTube un concert du groupe Offspring — un groupe que j’écoutais beaucoup et que je continue à écouter, les anciennes chansons du moins, parce que je trouve que les nouvelles sont moyennes. Mais l’album Smash d’Offspring, pour moi, c’est un des meilleurs albums de punk de tous les temps.
Et donc, je regardais un concert d’Offspring, et à un moment donné, je me suis fait la réflexion sur l’ambiance qui existait dans la fosse, l’ambiance qui existait dans le public. Je me suis dit : « Mais qu’est-ce qui est différent avec aujourd’hui ? » Pourquoi j’ai l’impression que dans ce public des années 90, il y a beaucoup plus d’amusement, que les gens s’éclataient beaucoup plus qu’aujourd’hui ? Et j’ai vite trouvé — c’est qu’il n’y avait pas de portable.
Aujourd’hui, vous allez à un concert, il y a deux personnes sur trois qui ont leur téléphone et qui filment. Franchement, je trouve ça triste. Ce qui est important pour moi — et c’est peut-être une réflexion de vieux con, mais dites-moi si vous pensez aussi comme ça —, c’est de vivre le moment, de vivre pleinement l’instant. Quand on est en train de filmer, quand on se concentre sur le fait de filmer, on ne profite pas de l’instant. On ne peut pas profiter pleinement. Bien sûr, on se souvient après du concert, on a des souvenirs — mais pas les mêmes que si on ne filme pas.
Je me souviens avoir vu deux fois Linkin Park en concert à Paris, à l’Élysée Montmartre, quand j’étais adolescent. C’était une période où ils n’avaient sorti qu’un album, qui s’appelait Hybrid Theory — meilleur album de Linkin Park, et surtout meilleur album de nu-metal pour moi au monde. Ils n’étaient donc pas très connus. Je les ai vus dans une salle qui avait peut-être 300 ou 400 places debout — et c’était extraordinaire. On n’avait pas de portable, on ne pouvait pas filmer, mais je m’en souviens comme si c’était hier. Je me souviens très bien de ces deux concerts. J’étais avec un pote qui s’appelait Vincent et on était au premier rang, dans la fosse — c’était extraordinaire.
Je pense qu’aujourd’hui, on arrive à garder des traces grâce au téléphone. La technologie, c’est extraordinaire — je me sers de mon téléphone 500 fois par jour. Mais on retrouve quand même des inconvénients, et ça en est un.
J’ai vu aussi récemment des images d’une compétition de golf — au départ, cinq personnes sur six ont un portable et prennent des photos. Et au milieu, il y avait un gars dans le public au premier rang, juste avec sa bière et sa casquette, et il profitait de l’instant. Il regardait les swings des joueurs, le départ au premier trou de golf — et on voyait qu’il profitait pleinement du moment.
Je pense que c’est ça dont on a besoin aujourd’hui — avoir des temps de pause du portable, des moments où on se détache complètement du téléphone, on l’éteint, on le met en mode avion, on fait ce qu’on veut, mais on s’en détache et on profite de l’instant. On apprécie ce qu’on est en train de faire.
C’est très compliqué. Moi, j’ai du mal avec ça — je vous dis ça, mais je suis accro à mon téléphone, c’est horrible. Donc, c’est archi compliqué — on est devenus dépendants des téléphones, on est devenus addicts. Et comme une vraie addiction, c’est difficile de s’en défaire.
L’autre jour, j’ai été à un concert et je n’ai pris aucune photo, aucune vidéo — mais j’ai les instants dans ma tête, j’ai les souvenirs, et j’ai pu profiter pleinement du moment. Essayez de faire ça — franchement, vous allez voir, c’est pas mal du tout.
Bien, ça, c’était ma petite introduction, ma petite pensée philosophique du jour.
2) Astuce du jour : la conjonction de coordination « mais »
Et maintenant, on va attaquer une deuxième conjonction de coordination. Hier, je vous ai parlé du « ni » — N-I. Aujourd’hui, on va faire le « mais » — M-A-I-S. « Mais » est utilisé pour lier deux éléments quand ces deux éléments marquent une opposition, une différence.
Si je vous dis : « Il est intelligent mais il est beau », ça ne fonctionne pas — on dira : « Il est intelligent et en plus il est beau. » Si je veux utiliser le « mais », il faut que j’utilise un adjectif plutôt négatif. Donc, je pourrais dire : « Il est intelligent mais il n’est pas sympa. » Là, on a une opposition — deux choses qui s’opposent — donc on peut utiliser le « mais ».
Un autre exemple : « Ce plat est bon mais il n’est pas beau. » Quand on le goûte, il est très bon, mais quand on le voit, ce n’est pas joli. Deux choses qui s’opposent — une chose positive et une chose négative — donc on emploie le « mais ».
Après, on peut aussi utiliser le « mais » pour faire une hypothèse sur quelque chose, avec le conditionnel : « Elle a fait comme cela, mais elle aurait pu faire autrement. » La personne dont on parle a fait d’une certaine façon — mais, en opposition, elle aurait pu faire autrement. « Aurait pu », c’est le conditionnel passé du verbe « pouvoir ». C’est un temps difficile — c’est pour ceux qui sont vraiment très avancés en français.
On peut aussi utiliser « mais » en début de phrase pour faire une transition. Si vous voulez passer à un autre sujet, vous pouvez dire : « Mais maintenant, passons à un autre sujet, parlons d’autre chose. » On utilisera le « mais » pour faire une transition entre ce qu’on a dit avant et ce qu’on va dire après.
Et enfin, on peut utiliser le « mais » avec « non seulement ». Avec cette formule, le « mais » ne marque plus une opposition — il vient renforcer la première idée. Si je reprends l’exemple de la personne intelligente, on dirait : « Non seulement il est intelligent, mais en plus il est sympa. » « Mais en plus » — on rajoute quelque chose. « Non seulement ce plat est bon, mais en plus il est beau. » Ce sont deux idées positives qui vont dans le même sens — et pourtant on a utilisé un « mais ».
Si vous voulez réécouter cette partie, vous pouvez — je sépare mes podcasts en trois chapitres : introduction, astuce du jour et expression française. Vous pouvez écouter soit les trois à la suite, soit l’un, soit l’autre.
3) Expression française du jour : « Se démener comme un diable dans l’eau bénite »
Et maintenant, on va parler de l’expression française : « se démener comme un beau diable ». « Se démener », c’est un verbe pronominal — ça veut dire se débattre, se battre. Ça veut dire donner tout ce qu’on a pour réussir un projet, pour réussir quelque chose. Ça peut être en rapport avec son travail, sa vie privée. C’est quelque chose qui vous tient à cœur et pour lequel vous vous battez afin de pouvoir le mener à bien.
Moi, par exemple, je prends du temps tous les jours pour faire ce podcast, pour faire des vidéos — alors que j’ai aussi d’autres choses à faire. On peut dire que je me démène pour sortir un épisode par jour de podcast.
On revient à l’expression : « se démener comme un diable dans l’eau bénite ». « Comme », ça veut dire « à l’image de », « de la même manière que » — vous connaissez.
Un diable — le diable —, c’est quoi ? C’est le démon, c’est Satan, Lucifer. Il y a plein de mots pour le décrire. Ici, il va se retrouver dans l’eau bénite. De l’eau — vous savez ce que c’est, on en boit tous les jours. Et « bénite » — c’est de l’eau qu’on a bénie, que le prêtre a bénie. Alors, ça veut dire quoi ? Bénir, ça veut dire placer quelque chose sous la protection de Dieu — c’est rendre un peu divin, c’est mettre une partie de Dieu dans cette chose. On trouve de l’eau bénite dans les églises.
À l’entrée des églises, vous avez ce qu’on appelle un bénitier avec de l’eau. Quand on entre — pour les personnes croyantes, chrétiennes, catholiques en tout cas —, il faut mettre sa main dans l’eau et faire le signe de croix sur son front, son thorax et ses épaules. Ça, c’est l’eau bénite. Et donc, c’est censé être une représentation de Dieu, de Jésus.
Et donc, pour le diable, c’est tout ce qu’il y a de pire — c’est le cas de le dire. Imaginez le diable plongé dans de l’eau bénite — il va se débattre, il va se démener, il va bouger, il va essayer de s’en sortir. Comme si vous mettiez un animal dans l’eau chaude — il va essayer de survivre.
Donc, « se débattre comme un diable dans l’eau bénite », ça veut dire essayer de se sortir d’une situation qui peut être compliquée, gênante — mais c’est aussi se battre avec passion, donner ses tripes, aller à fond pour arriver à faire quelque chose.
D’ailleurs, ça me fait penser à un film que j’ai vu il y a pas très longtemps sur Netflix. C’est un film d’horreur qui s’appelle Abigail. En gros, c’est une histoire de vampires — comme il en existe plein. Je ne vais pas vous spoiler, je vous laisse le regarder si vous aimez ce genre de film, mais à un moment dans le film, un des humains pense que l’eau bénite va marcher sur le vampire. Et donc, il lui jette de l’eau bénite — ou de l’ail dessus, je ne sais plus — et ça ne marche pas du tout. Ça m’a fait penser à ça : se débattre comme un diable dans l’eau bénite. Peut-être que ça marche sur le diable, mais que ça ne fait rien au vampire. Bon, de toute façon, les vampires n’existent pas, donc on n’a pas à se poser la question.
Cette expression — « se démener comme un diable dans l’eau bénite » — c’est du langage assez soutenu. Vous pouvez l’utiliser avec tout le monde, ce n’est pas du tout familier — donc vous pouvez l’utiliser dans votre vie de tous les jours avec vos connaissances, vos amis, mais aussi au travail avec vos supérieurs. D’ailleurs, si vous arrivez à bien la placer, ça montrera votre maîtrise du français.
Vraiment, c’est pour ça que j’ai fait ce podcast — pour vous expliquer le français, pour que vous puissiez apprendre, que ça vous aide. Et pourquoi les expressions ? D’abord parce qu’en français, on en a plein. Je crois que j’ai une liste de plus de 1 900 maintenant. Dès que j’en entends une quelque part, je la note dans mon téléphone pour la faire plus tard. J’en ai fait peut-être 250 — je ne sais pas. J’en ai plus de 1 900 en stock. Si j’ai la foi et que je continue le podcast pendant des années, j’ai du stock pour longtemps.
Enfin bref, où est-ce que j’en étais ? Ah oui, en anglais, ça se dit to struggle like hell — il y a encore l’histoire de l’enfer dans l’expression anglaise. Et « struggle », c’est « galérer, se démener ». Donc, en anglais, on dit « galérer comme en enfer ».
Demain, nouvelle expression française : « revenons à nos moutons ». Ça, je l’utilise beaucoup — autant « se démener comme un diable dans l’eau bénite », je l’utilise pas beaucoup ; autant « revenons à nos moutons », ça oui. Donc, je vous expliquerai tout ça demain lundi. Vous pouvez toujours me laisser un petit commentaire sur YouTube, un petit pouce bleu — comme on dit, ça aide pour le référencement et l’algorithme YouTube. Et un petit message juste pour me dire bonjour, c’est sympa aussi. Merci beaucoup de m’avoir écouté et je vous dis donc à demain. Bye bye, hasta luego. Matane !
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