« Avoir l’esprit mal placé » et mon premier souvenir d’enfance

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, c’est le vendredi 17 octobre 2025. Je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, on parle d’une expression qui est assez marrante : « Avoir l’esprit mal placé ».

1) Mon premier souvenir d’enfance

Je vous parlerai de tout ça tout à l’heure, mais avant, je voulais vous parler de mes souvenirs — ou plutôt du premier souvenir que j’ai en tant qu’enfant. J’ai lu un article là-dessus où la journaliste racontait son premier souvenir d’enfance et comment elle avait pu se souvenir de ça — à quelle date ce souvenir remontait, quel âge elle avait à ce moment-là.

Alors, je me suis dit que j’allais parler de ça avec vous. Quand j’étais enfant, j’habitais dans une maison avec un jardin. Dans ce jardin, il y avait beaucoup de feuilles qui tombaient en automne parce qu’il y avait beaucoup d’arbres — et dans mon souvenir, il y a des feuilles au sol, donc ça devait être l’automne. Peut-être le mois d’octobre, comme en ce moment.

Et j’avais un jeu qui était planté dans la terre. Je vous explique ce que c’est. Vous avez un piquet en métal ou en bois que vous plantez dans la terre — il fait à peu près un mètre, un mètre cinquante de hauteur —, et en haut, vous accrochez une ficelle. Au bout de cette ficelle, on met une balle de tennis. Donc, la balle de tennis, quand on la lance, elle fait le tour du piquet grâce à la ficelle. Je me souviens que j’avais une petite raquette pour enfants et je tapais dans cette balle d’un côté et de l’autre pour la faire tourner autour du piquet.

Ça devait beaucoup m’amuser parce que c’est mon premier souvenir. Je devais avoir peut-être deux ans et demi, trois ans — mais avant, je ne me souviens de rien.

Par exemple, on avait un chien quand j’étais enfant, qui est mort alors que j’avais deux ou trois ans. Eh bien, je ne me souviens pas du tout de ce chien. C’est assez marrant, les souvenirs — surtout les souvenirs qu’on a en étant enfant. Il y a des personnes qui vont se rappeler de choses assez anciennes. Je ne sais pas quel est l’âge du premier souvenir chez la majorité des gens, mais j’imagine que c’est trois, quatre ans.

Et vous ? C’est quand votre premier souvenir — et surtout, de quoi vous rappelez-vous ? Si vous essayez de faire cet exercice, si vous essayez de penser à ça — qu’est-ce qui vous vient en tête ? Est-ce que c’est la maison où vous habitiez, l’appartement ? Est-ce que c’est l’environnement ? Est-ce que ce sont les vêtements que vous portiez, les personnes autour de vous — ou alors, comme moi, le jeu auquel vous jouiez ?

Moi, comme je vous disais, c’est ce jeu. Il n’y a pas mes parents, il n’y a pas mes sœurs — en tout cas, je ne m’en souviens pas, même s’ils devaient être pas loin. Il n’y a que moi qui joue avec cette balle de tennis qui tourne autour d’un piquet. Dites-moi en commentaire, si vous le voulez bien sûr — c’est quoi votre premier souvenir ? Je trouve ça assez marrant, assez intéressant de parler de ça.

Alors, j’ai eu la chance d’avoir une enfance plutôt heureuse — je n’ai manqué de rien, donc je ne peux pas me plaindre. Je pense que pour les personnes qui ont vécu une enfance difficile, eh bien le premier souvenir arrive peut-être plus tard — ou peut-être plus tôt. Soit le cerveau essaie d’effacer les souvenirs difficiles, soit ces souvenirs sont tellement marquants qu’on ne peut pas les effacer, même si on avait deux ans à l’époque. Je ne sais pas — dites-moi si vous en savez plus là-dessus.

2) Astuce de français du jour : la concordance des temps

Et maintenant, on va commencer à parler d’un point qui est important en français : ça s’appelle la concordance des temps.

Alors, je ne sais pas à quel niveau de français ça correspond dans vos études — mais comme c’est important, je vous en parle. Il faut d’abord comprendre ce que c’est. En fait, c’est la relation qu’il y a entre le temps utilisé dans la proposition principale et les temps utilisés dans les propositions subordonnées. Je vous ai déjà parlé de ça plusieurs fois, mais je vous réexplique pour que vous compreniez bien. Dans une phrase en français — une phrase où il y a beaucoup de mots —, on va avoir une proposition principale et après peut-être une proposition subordonnée, qui est introduite par une conjonction de subordination comme « qui », « que », « lequel ». On en a déjà parlé dans des podcasts que j’ai faits, je crois, au mois d’août ou début septembre.

Par exemple, si je vous dis : « Je pense qu’il mange » — « je pense », c’est moi, c’est l’action de penser, et « qu’il mange », c’est une personne qui doit être en train de manger. « Je pense », c’est la proposition principale, et « qu’il mange », c’est la proposition subordonnée. La proposition principale peut exister toute seule — « je pense » est une phrase, c’est court mais c’est une phrase. Alors que « qu’il mange » tout seul ne fonctionne pas. Donc : « je pense qu’il mange ».

Dans cette phrase, on a deux verbes — « penser » et « manger ». « Je pense qu’il mange » — « penser » est conjugué au présent et « manger » est conjugué au présent. On a donc présent dans la proposition principale et présent dans la subordonnée.

Eh bien, la concordance des temps, c’est l’utilisation d’un temps par rapport à un autre. On ne peut pas faire ce qu’on veut — quand on met un temps spécifique dans la proposition principale, on doit mettre un temps qui convient dans la subordonnée.

Il y a deux types de concordance des temps. Il y a une concordance commandée par le contexte — par ce qu’on veut dire —, et il y a une concordance obligatoire, c’est-à-dire une règle qu’il faut respecter pour bien parler français.

C’est une notion très compliquée à comprendre, longue à intégrer. Ne vous inquiétez pas si vous faites des fautes — c’est tout à fait normal. Même les enfants nés en France, qui parlent français, font beaucoup de fautes. Je suis juste là pour vous expliquer le principe.

Donc, je vous disais — on va reprendre l’exemple de « je pense qu’il mange » et parler de la concordance des temps selon ce qu’on veut exprimer.

Quand je dis « Je pense qu’il mange » — c’est le présent, les deux verbes sont au présent. Si je dis « Je pense qu’il mangeait » — le verbe « manger » est à l’imparfait, donc le fait que cette personne mange est dans le passé. « Je pense qu’il mangeait à midi » — on est plus tard dans la journée, donc c’est passé.

On peut aussi utiliser un futur : « Je pense qu’il mangera » — on parle d’une action future, quelque chose qui n’a pas encore eu lieu.

On peut aussi utiliser un conditionnel : « Je pense qu’il mangerait si je lui faisais des légumes. »

Donc vous voyez, j’ai utilisé à chaque fois le présent dans la proposition principale et j’ai changé le temps du verbe dans la subordonnée selon ce que je voulais dire. Je ne vais pas tout vous expliquer sur cette concordance volontaire parce que c’est compliqué, mais c’est ça le principe.

La concordance des temps obligatoire — la règle stricte —, je vous en parlerai dans quelques jours. Je ne vous en parlerai pas demain parce que demain, on fait une nouvelle fable de La Fontaine pendant deux jours. Donc, on reprendra la concordance des temps dans quatre jours.

3) Expression française du jour : Avoir l’esprit mal placé

Et maintenant, on voit cette petite expression très sympa : « Avoir l’esprit mal placé ». On peut dire aussi « avoir l’esprit mal tourné » — ça fonctionne aussi.

« Avoir » — vous savez ce que c’est, le verbe « avoir ». On va se le conjuguer rapidement au futur et au futur antérieur — tiens, ça on ne le fait pas souvent. Le verbe « avoir » au futur, ça donne : « j’aurai, tu auras, il aura, nous aurons, vous aurez et ils auront. » Et au futur antérieur : « j’aurai eu, tu auras eu, il aura eu, nous aurons eu, vous aurez eu et ils auront eu. »

Ensuite, si on revient à l’expression, on a « l’esprit ». L’esprit, c’est la pensée de quelqu’un — c’est ce qu’il va penser, c’est dans sa tête. Donc, « avoir l’esprit mal placé » — « mal », c’est le contraire de « bien ». Ici, « mal » représente quelque chose de vicieux, qui pense au sexe. Et « mal placé », c’est penser à des choses qui ont un rapport avec le sexe, alors que le contexte n’en a pas.

« Avoir l’esprit mal placé », c’est penser toujours à des choses coquines, avoir une arrière-pensée sexuelle. On dit ça souvent quand il y a des jeux de mots possibles, quand il y a des doubles sens dans une phrase. Mais pour déceler ces doubles sens, il faut déjà bien parler français et bien le comprendre. Je vais vous donner des exemples et on va voir si vous avez l’esprit mal placé — et surtout, si vous arrivez à trouver les doubles sens.

Vous allez acheter une glace au marchand et vous lui dites : « Je voudrais un cornet avec deux grosses boules, s’il vous plaît. » Est-ce que vous comprenez le double sens ? Est-ce que vous voyez comment on pourrait avoir l’esprit mal placé ? Eh bien, je ne vais pas vous l’expliquer — réécoutez si vous voulez, mais vous allez comprendre.

Ensuite, on va dire que deux amies discutent et l’une d’elles dit : « Tiens, j’ai envie de me taper un Indien. » Est-ce que là, vous comprenez le double sens ? « Se taper quelque chose », ça veut dire ici soit manger dans un restaurant indien, soit coucher avec une personne originaire d’Inde. Donc, il y a un double sens avec « se taper » — et quand l’une dit à l’autre « j’ai envie de me taper un Indien », évidemment, on peut penser qu’elle parle de nourriture, mais l’autre pourrait lui répondre : « Dis donc, tu es une coquine ! » Et là, elles vont rigoler — parce que la deuxième aura eu l’esprit mal placé.

J’espère que vous comprenez — c’est compliqué de déceler ces petites blagues, parce que pour ça, il faut bien comprendre le français et pouvoir saisir les doubles sens. Peut-être que c’est un peu dur pour vous, mais au moins vous saurez que cette expression existe. En anglais, on dit to be dirty-minded — avoir l’esprit sale.

Donc, comme je vous disais tout à l’heure, demain on fait une nouvelle fable de La Fontaine : Le Corbeau voulant imiter l’Aigle. On la fera en deux podcasts parce qu’elle est assez longue.

J’espère que ça vous a plu. Laissez-moi un petit commentaire, un petit message — ça fait toujours plaisir. Je suis en train de vous préparer une petite surprise — je suis en train de lire et d’enregistrer un livre de Jules Verne qui s’appelle Voyage au centre de la Terre. Ça va me prendre du temps, donc je pense que je vous sortirai ça pour Noël — ce sera mon cadeau de Noël ! Vous aurez accès à un livre entier à écouter en français. Je vais parler à une vitesse normale, donc ce sera plutôt pour ceux qui sont de niveau intermédiaire ou avancé. Mais comme ça, vous aurez l’occasion d’écouter un livre entier de ce formidable auteur qu’est Jules Verne. Je vous en reparlerai — là, je suis juste en train de commencer l’enregistrement.

Je vous dis donc à demain pour une nouvelle fable de La Fontaine. À bientôt. Bye bye, hasta luego. Matane !


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