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Bonjour à toutes, bonjour à tous, comment allez-vous ? Aujourd’hui, c’est le jeudi 30 octobre 2025 et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien. Alors, aujourd’hui, on va reprendre les superstitions — on va reparler, mais cette fois-ci, des mauvaises superstitions. Hier et avant-hier, je vous ai raconté une fable de La Fontaine, mais dans les deux podcasts d’avant — donc dimanche et lundi — je vous parlais des bonnes superstitions, des choses qui amènent de la chance en France. Enfin, où on dit qu’elles amènent de la chance — moi, je n’y crois pas du tout, mais bon, c’est dans la tradition, c’est dans les us et coutumes, c’est la culture française. Et comme ce podcast est fait aussi pour vous apprendre et vous parler de la France et de la culture française, eh bien j’en parle.
D’ailleurs, je suis en train de réfléchir à faire une série de podcasts sur l’histoire de France — parler simplement de l’histoire de la France, comment elle s’est créée, les rois, l’empereur, les guerres, les divisions. Dites-moi si ça vous intéresse dans les commentaires — laissez-moi un petit message pour me dire « Ah ben oui, ça m’intéresserait » ou « Non, ça ne m’intéresse pas l’histoire de France » — comme ça, je verrai un peu si je le fais ou pas.
1) Les mauvaises superstitions
Et donc maintenant, les mauvaises superstitions — les superstitions qui apportent de la malchance, du malheur. La plus connue, c’est de voir un chat noir qui traverse la rue. Le chat, c’est un animal de compagnie pour l’homme — et il faut là qu’il soit noir.
Pourquoi un chat noir ? Parce qu’à l’époque, on disait que c’était l’animal des sorcières. Et donc, les sorcières — étant des femmes qui jetaient des sorts, qui étaient méchantes, c’est ce qu’on disait — leur animal devait forcément être un signe de malheur. Donc, le chat noir était un signe de malchance, de malheur qui arrive dans votre vie. Ça, c’est la première superstition — voir un chat noir.
La deuxième, qui est aussi assez connue, c’est de passer sous une échelle. Une échelle — si vous voyez ce que c’est, c’est super ; sinon, c’est un outil qu’on utilise pour monter en hauteur. On a deux espèces de montants en bois ou en métal qui sont reliés par des petits barreaux où on met le pied dessus — et donc on peut monter au fur et à mesure. Si vous voyez une échelle appuyée contre un mur, ça porte malheur de passer en dessous. Donc, il faut plutôt contourner l’échelle et ne pas passer en dessous.
Pourquoi on dit ça ? Eh bien, ici, on a une origine avec la religion chrétienne. Le fait de passer sous une échelle porterait malheur parce que l’échelle, c’est ce qu’on a utilisé pour monter Jésus sur la croix. Jésus a été crucifié — mis sur une grande croix — et pour l’y monter, on a utilisé une échelle. Donc, l’échelle est un symbole de malheur, de trahison, de la mort du Christ. Et donc, de s’approcher de cette échelle, de passer en dessous, c’est synonyme de malheur. Alors, pourquoi passer en dessous spécifiquement et pas à côté ? Ça, je ne sais pas — j’ai pas vraiment cherché en fait. C’est pas que j’ai pas trouvé, c’est que j’ai pas cherché. Si vous le savez, dites-moi. Ça, c’est la deuxième superstition qui porte malheur — la première, le chat noir ; la deuxième, passer sous une échelle.
Il y a trois ou quatre jours, je vous ai parlé des superstitions qui portaient bonheur. Et je vous ai parlé d’une superstition où vous marchiez avec votre pied gauche dans une crotte de chien — ça, ça porte bonheur. Et du pied droit, ça porte malheur. Donc, la troisième superstition dont on va parler aujourd’hui, c’est de marcher dans une crotte, dans un caca, du pied droit.
Alors, pourquoi ça porte malheur du pied droit et pas du pied gauche ? En général, les humains sont droitiers. Ça veut dire qu’on utilise notre main droite pour écrire — et par exemple, notre pied droit pour jouer au foot, pour taper dans la balle, pour faire quelque chose où on a besoin de se concentrer. La majorité sont droitiers. Moi, j’écris de la main droite et je tape dans le ballon du pied droit. Je suis droitier du pied et de la main. Il y a des personnes qui sont gauchères — qui écrivent de la main gauche — mais c’est une minorité, une petite partie de la population.
Donc, en général, on dit que le pied droit, c’est le bon pied — le pied qui porte chance, le pied dont on se sert le plus souvent. Je suis plus musclé de ma jambe droite que de ma jambe gauche parce que je m’en sers plus souvent quand je fais du sport. Et donc, de salir ce pied dont on se sert beaucoup, de le salir en marchant dans une crotte, ça porterait malheur. Bon, c’est un peu bizarre, toutes ces superstitions. C’est un peu dépassé, j’ai envie de dire.
Je ne sais pas combien de personnes croient à ça. Ça serait intéressant d’avoir une étude qui nous explique combien de personnes croient aux superstitions. Je vais essayer de trouver ça sur Internet pour la prochaine fois. On continuera demain sur les superstitions qui portent malheur — on finira d’ailleurs sur les superstitions demain.
2) Expression du jour : En avril, ne te découvre pas d’un fil
Mais tout de suite, on parle de l’expression du jour : « En avril, ne te découvre pas d’un fil. » Alors là, j’ai besoin de vous expliquer un peu comment j’organise mon podcast pour que vous sachiez pourquoi je fais cette expression aujourd’hui. En fait, des expressions françaises, il y en a des milliers. J’en ai à peu près listé 1 900 sur mon téléphone, et au fur et à mesure que j’en entends — à la télé, dans des conversations, à la radio, partout —, dès que j’entends une nouvelle expression, je la note dans mon téléphone, à la suite des autres.
Et donc, quand j’ai pensé à « En avril, ne te découvre pas d’un fil », ça devait être peut-être au mois de juin ou au mois de juillet — et donc, je l’ai notée à la suite des autres. Et là, je me retrouve aujourd’hui en octobre avec une expression du mois d’avril. J’aurais pu la garder pour avril, mais j’ai pas envie de calculer dans combien de jours ce sera pour la déplacer dans ma liste. Donc, on la fait aujourd’hui et pas un autre jour. Désolé, c’est pas très logique, mais c’est comme ça.
D’ailleurs, demain, on verra l’expression qui est la « sœur » de celle-ci : « En mai, fais ce qu’il te plaît. » Mais aujourd’hui, c’est l’expression du mois d’avril.
« En avril, ne te découvre pas d’un fil. » Donc, « en avril » — ça veut dire pendant le mois d’avril, pendant le quatrième mois de l’année : janvier, 1er ; février, 2e ; mars, 3e ; avril, 4e.
« Ne te découvre pas d’un fil. » Donc, « ne… pas », c’est la négation. Ici, c’est le verbe « se découvrir » avec la marque de la négation. Et « se découvrir », ça veut dire enlever des vêtements. Quand on dit « Je vais me couvrir », ça veut dire « Je vais mettre un pull, je vais mettre un blouson, je vais mettre un vêtement en plus. » Et donc, le contraire de « se couvrir », c’est « se découvrir ».
Et donc, ici dans l’expression, ça veut dire « enlever un vêtement ». Comme on a la marque de la négation, c’est « Ne te découvre pas d’un fil » — n’enlève pas de vêtements. Pourquoi « un fil » ? Eh bien, le fil, c’est ce qui sert à faire les vêtements. Ça peut être de la laine, du coton, de la soie, du nylon — il y a plein de matières qui peuvent faire des fils, et grâce à ces fils, on fabrique des vêtements. Donc, « Ne te découvre pas d’un fil », c’est « N’enlève pas un seul vêtement. »
En avril, n’enlève pas les vêtements que tu avais en hiver, que tu avais au mois de mars. Pourquoi on dit ça ? Eh bien, parce qu’en avril, c’est un mois en France qui est un mois de transition. Il y a des moments où il fait très froid et des moments où il fait plus chaud. Pourquoi plus chaud ? Parce qu’on approche du printemps — le printemps commence fin mars. Donc, quand on est en avril, on se rapproche de l’été qui commence fin juin. La terre se réchauffe.
Mais il y a aussi des moments avec de la pluie et beaucoup de vent, comme pendant l’hiver. Donc, en France, en avril, il y a des moments plus doux et des moments froids — à cause de la sortie de l’hiver et du début du printemps. Donc, « Ne te découvre pas d’un fil » — n’enlève pas de vêtements, sinon tu risques d’attraper froid, d’attraper la maladie, d’avoir la crève.
Alors, cette expression, pourquoi elle est marrante, pourquoi elle est sympa ? Parce qu’il y a une rime. Est-ce que vous savez ce que c’est qu’une rime ? Une rime, c’est quand deux mots se terminent par le même son. Ici, dans l’expression, « en avril, ne te découvre pas d’un fil » — le mot « avril » et le mot « fil » se terminent par « -il », par le son « il ». Et donc, on a une musicalité — une petite musique. « En avril, ne te découvre pas d’un fil. » Et la petite sœur de cette expression : « En mai, fais ce qu’il te plaît. » Là, on a une rime en « -ai ».
Les rimes, on les retrouve bien sûr parfois dans les expressions françaises, mais beaucoup dans les poésies, dans les fables de La Fontaine dont je vous parle. Dans la fable d’hier, si on reprend juste la deuxième et la troisième ligne, je vous les relis : « Avec son ami Bouc, des plus hauts encornés, / Celui-ci ne voyait pas plus loin que son nez. » « Encornés » et « nez » — ça se finit par le même son. C’est une rime.
On retrouve beaucoup de rimes dans les fables de La Fontaine, dans les poésies, dans les poèmes. Pourquoi ? Parce que ça donne un rythme au texte, une musique, une intensité. Le fait de répéter les sons, de répéter les sonorités, ça donne de l’intensité au récit. Mais le premier usage, c’est de donner une musique — que ce soit plaisant, que ce soit agréable à lire et à réciter. Bon, ça c’était une petite parenthèse pour expliquer la rime — l’expression du jour, c’est « En avril, ne te découvre pas d’un fil ».
Alors, si vous dites cette expression en octobre, évidemment ça n’a pas beaucoup d’intérêt. Mais si vous la sortez en avril à quelqu’un qui est en t-shirt et qui a froid, vous pouvez lui dire : « En avril, ne te découvre pas d’un fil. » C’est marrant, c’est sympa — ça montrera que vous connaissez bien les expressions françaises et la culture française.
Et ici dans l’expression, je vous parlais du verbe « se découvrir » — pour ceux qui sont un peu plus avancés en français, le verbe ici est conjugué à l’impératif. C’est un conseil, une bonne pratique à suivre — et donc on utilise l’impératif pour donner un conseil.
Alors, qu’est-ce qui me reste à vous dire ? Peut-être l’origine de cette expression, pourquoi on dit ça. En fait, ça vient du Moyen Âge — je crois entre le XIIIe et le XVe siècle environ. À l’époque, il y avait beaucoup de croyances, beaucoup de dictons qui étaient basés sur la météo. Ici dans l’expression, « En avril, ne te découvre pas d’un fil » — on a une expression qui a un rapport avec la météo. « En mai, fais ce qu’il te plaît », c’est pareil, rapport avec la météo. Et comme les paysans s’occupaient de la terre, cultivaient des légumes, faisaient pousser des fruits, ils étaient très attentifs à la météo — et donc ils ont créé des dictons pour cela.
En anglais, on dit Ne’er cast a clout till May is out — désolé pour mon accent anglais, j’essaie de m’améliorer mais c’est un peu difficile !
Enfin bref, demain je vous ai dit ce qu’on faisait — on fait « En mai, fais ce qu’il te plaît ». Et juste une petite phrase en japonais, puisque j’essaie de parler japonais et que je passe mon examen bientôt. (phrase en japonais) Merci beaucoup de m’avoir écouté. Je vous souhaite une bonne journée — à bientôt, à demain, bonne soirée, ce que vous voulez. Bye bye, hasta luego. Matane !
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