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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, nouvelle fable de La Fontaine — mais avant, je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien. Alors, dans cette fable de La Fontaine, on va retrouver un coq et un renard. Elle est assez longue — elle fait une trentaine de lignes —, donc je pense qu’on va la faire en deux jours, aujourd’hui et demain. Je vais vous lire la fable doucement et après, je vais vous expliquer chaque phrase pour que vous puissiez bien comprendre le message et la morale. La Fontaine se sert quasiment toujours d’animaux pour faire passer une morale aux humains. Il fait parler les animaux parce que c’est plus facile pour les humains d’entendre une morale, d’entendre quelque chose, quand ce sont des animaux qui sont impliqués. Allez, on y va — je vous lis la fable doucement et après je vous explique tout.
Le Coq et le Renard, par Jean de La Fontaine.
Sur la branche d’un arbre était en sentinelle Un vieux coq adroit et matois. « Frère, dit un renard, adoucissant sa voix, Nous ne sommes plus en querelle. Paix générale cette fois : Je viens te l’annoncer ; descends, que je t’embrasse. Ne me retarde point, de grâce : Je dois faire aujourd’hui vingt postes sans manquer. Les tiens et toi pouvez vaquer Sans nulle crainte à vos affaires ; Nous vous y servirons en frères. Faites-en les feux dès ce soir. Et cependant viens recevoir Le baiser d’un amour fraternel. » « Ami, reprit le coq, je ne pouvais jamais Apprendre une plus douce et meilleure nouvelle Que celle de cette paix ; Et ce me sera une double joie De la tenir de toi. Je vois deux lévriers, Qui, je m’assure, sont courriers Que pour ce sujet on envoie. Ils vont vite et seront dans un moment à nous. Je descends. Nous pourrons nous entrebaiser tous. » — « Adieu ! dit le renard, ma traite est longue à faire. Nous nous réjouirons du succès de l’affaire Une autre fois. » Le galant aussitôt Tire ses grègues, gagne au haut, Mal content de son stratagème. Et notre vieux coq en soi-même Se mit à rire de sa peur, Car c’est double plaisir de tromper le trompeur.
C’était long, c’était compliqué, mais on est arrivé au bout de la fable. Alors, je vous explique tout et je vous explique les mots compliqués.
Cette fable s’appelle donc Le Coq et le Renard. Le coq, c’est un animal de la basse-cour — c’est le mâle de la poule. Je vous ai mis sur l’image du podcast un coq. Et le renard, c’est un animal de la forêt qui est orange et blanc. Le renard, on le fait souvent passer pour un animal malin, rusé, qui use de stratagèmes, qui se sert de la ruse pour obtenir ce qu’il veut. On a déjà fait ensemble la fable de La Fontaine Le Corbeau et le Renard — je crois d’ailleurs que c’est la première ou la deuxième que j’ai faite. Dans cette fable, le renard se sert de la ruse pour récupérer le fromage du corbeau. Eh bien, dans celle-ci — Le Coq et le Renard —, c’est un peu le même système. Je vais tout vous expliquer.
Vous pouvez retrouver le texte sur mon Patreon — vous y aurez aussi les transcriptions écrites de mes autres podcasts. Sinon, vous pouvez retrouver le texte sur internet : vous tapez « Le Coq et le Renard, Jean de La Fontaine » et vous pourrez suivre par rapport à ce que je dis.
Alors, ligne 1 : « Sur la branche d’un arbre était en sentinelle. » Donc, il y a quelque chose sur une branche d’arbre. Et « en sentinelle », c’est quoi ? Ça veut dire qui fait le guet, qui sert de garde, qui observe au loin. Et qu’est-ce qui était sur cette branche d’arbre ? Eh bien, c’est la ligne 2 : « Un vieux coq adroit et matois. » Donc, on a un coq — un vieux coq, un coq qui a de l’âge — qui se trouve sur une branche d’arbre. Il observe au loin. Et ce coq, il est adroit et matois. « Matois », c’est du vieux français — ça veut dire rusé. Ce n’est pas la peine de retenir ce mot, personne ne l’utilise. Retenez plutôt : rusé, malin, inventif, intelligent. Donc, le coq est sur sa branche et il regarde au loin.
Ligne 3 : « Frère, dit un renard, adoucissant sa voix. » Donc, « frère », c’est ce que dit le renard. Il y a un renard qui arrive au pied de l’arbre et il dit à ce coq : « Frère. » En l’appelant « frère », il considère le coq comme quelqu’un de sa famille — il essaie de lui faire comprendre qu’ils sont amis. D’ailleurs, sur la même ligne, on a « adoucissant sa voix » — « adoucissant », c’est le participe présent d’« adoucir », ça veut dire rendre plus doux. Il ne dit pas « frère ! » d’une voix forte — il dit « frère » avec une voix plus suave, plus douce, qui donne envie d’être avec lui.
Ligne 4, suite de ce que dit le renard : « Nous ne sommes plus en querelle. » Une querelle, c’est une dispute, une bagarre. En général, dans la vraie vie, les renards mangent les coqs. Il y a donc une guerre entre les renards et les coqs. Mais là, le renard dit au coq : « Nous ne sommes plus en querelle, nous ne sommes plus en guerre. »
Ligne 5 : « Paix générale cette fois. » La paix, c’est le contraire de la guerre. Quand la guerre s’arrête, c’est la paix. Et « générale », c’est la paix entre tous les renards et tous les coqs. À la fin d’une guerre, on signe un armistice — un arrêt des combats — et c’est donc la paix.
Ligne 6 : « Je viens te l’annoncer ; descends, que je t’embrasse. » Donc, le renard est venu dire au coq que c’est la paix — qu’il n’y a plus de guerre entre les renards et les coqs, que les coqs n’ont plus à avoir peur des renards. Et il lui dit : « Descends, que je t’embrasse » — il dit au coq de descendre de sa branche pour que le renard puisse l’embrasser.
Ligne 7 : « Ne me retarde point, de grâce. » « Retarder », c’est mettre quelqu’un en retard. Il lui dit : « Fais vite, j’ai des choses à faire. » Et « de grâce », c’est une ancienne formule pour dire « s’il vous plaît ». Donc, il dit : « S’il te plaît, ne me mets pas en retard. »
Ligne 8 : « Je dois faire aujourd’hui vingt postes sans manquer. » Alors, j’ai essayé de réfléchir à ce que ça voulait dire — ce n’est pas très clair. Soit le renard doit aller prévenir vingt coqs différents que c’est la paix, donc passer par vingt endroits différents, soit le renard est comme une espèce de facteur et doit passer par vingt relais. Toujours est-il qu’il a beaucoup de chemin à parcourir. Il dit donc au coq : « Dépêche-toi, j’ai du travail — je veux bien t’embrasser, mais il faut que tu fasses vite. »
Ligne 9 — toujours le renard qui parle : « Les tiens et toi pouvez vaquer. » « Les tiens », ça veut dire « les autres coqs ». « Toi et les tiens », ça désigne le coq et ceux de son espèce — tous les coqs et toutes les poules. « Vaquer », ça veut dire s’occuper tranquillement de ses affaires, marcher sans avoir à craindre quoi que ce soit — sans avoir peur des renards, sans avoir à se soucier des prédateurs qui pourraient les manger. Car il n’y a pas que les renards — il y a aussi les fouines, les belettes, il y a beaucoup de prédateurs pour les poules.
Et donc ligne 10, qui complète la ligne d’avant : « Sans nulle crainte à vos affaires. » Je vous lis les deux lignes ensemble : « Les tiens et toi pouvez vaquer sans nulle crainte à vos affaires. » Vous pouvez faire ce que vous avez à faire sans avoir peur. La crainte, c’est la peur — et « nulle crainte », c’est sans aucune peur, sans aucune crainte. Et « les affaires », c’est ce que font les coqs — manger sur le sol, gratter le sol, et bien sûr chanter le matin quand le soleil se lève. Ou même quand le soleil ne se lève pas, d’ailleurs — j’ai remarqué qu’il y avait des coqs qui chantent à 14h, à 18h, de façon complètement aléatoire. Enfin bref.
Le renard dit donc : « Vous pouvez faire votre vie sans peur, puisque c’est la paix entre les renards et les coqs. »
Et il dit même, ligne 11 : « Nous vous y servirons en frères. » Il appelle encore les coqs « frères », et il dit même que les renards vont aider les coqs. Donc, non seulement c’est la paix, mais les renards serviront d’aide aux coqs. Si vous avez besoin de nous, eh bien nous pourrons vous aider.
Ligne 12 : « Faites-en les feux dès ce soir. » Alors, là aussi, j’ai un petit doute sur ce que ça veut dire exactement, mais je pense qu’à l’époque, ça voulait dire : « Préparez une cérémonie — préparez une fête pour dire que les coqs et les renards sont en paix. » On imagine bien un feu de joie, des animaux autour qui se réunissent pour célébrer la paix. L’idée ici, c’est que le renard dit au coq : « Annonce à tes amis coqs que c’est la paix entre nous. »
Lignes 13-14 : « Et cependant viens recevoir le baiser d’un amour fraternel. » Ici, le renard lui dit : « Mais viens quand même descendre de ta branche, afin que je puisse t’embrasser. » Le baiser d’amour fraternel, c’est le baiser de paix dans l’Église catholique — un signe de paix que l’on échange à la fin de la messe, où on embrasse son voisin pour signifier la paix. On a encore une référence au frère avec le mot « fraternel » — qui vient de « fraternité », qui vient de « frère ». C’est comme si le renard et le coq étaient cul et chemise — ça, c’est une autre expression française que je vous expliquerai un autre jour. En gros, ça veut dire comme si le renard et le coq étaient de très bons amis, très proches.
À partir de là — à partir de la ligne suivante —, c’est le coq qui va répondre. On verra tout ça demain, avec la fin de la fable. En attendant, qu’est-ce que vous pensez qu’il va se passer ? Pourquoi le renard dit ça au coq ? Quel est le sens de tout cela ? Laissez-moi un petit commentaire si vous avez compris, si vous avez trouvé — et on se retrouve donc demain pour la suite de cette fable de La Fontaine. Merci beaucoup. Bye bye, à demain, hasta luego. Matane !
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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. On se retrouve aujourd’hui pour la suite de la fable de La Fontaine d’hier. Si vous n’avez pas écouté le podcast d’hier, je vous invite à l’écouter pour entendre le début de cette fable. Mais si vous ne voulez pas l’écouter, je vous résume en deux mots. On a un renard qui vient parler à un coq. Le coq est sur une branche d’un arbre et le renard dit au coq que c’est maintenant la paix entre les renards et les coqs, que les coqs n’ont plus à craindre les renards et qu’ils vont même les aider dans leur vie de tous les jours. Le renard demande donc au coq de descendre afin de l’embrasser, de le prendre dans ses bras. Et à partir d’aujourd’hui — à partir de maintenant —, on va voir la réponse du coq.
C’est donc la ligne 14 — si vous voulez reprendre votre fichier avec les paroles. Le coq répond :
« Ami, reprit le coq, je ne pouvais jamais Apprendre une plus douce et meilleure nouvelle Que celle de cette paix ; Et ce me sera une double joie De la tenir de toi. »
Alors, ligne 14, le coq dit « Ami » — il considère le renard comme son ami. Soit c’est sincère, soit c’est hypocrite. On va le voir après. Et donc le coq dit : « Je ne pouvais pas apprendre une plus douce et meilleure nouvelle. » Une nouvelle, c’est une information. Donc, le coq dit ici que c’est une très bonne nouvelle d’apprendre que c’est la paix entre les renards et les coqs.
D’ailleurs, il le dit ligne 16, fin de sa phrase : « Que celle de cette paix. » « Celle », on parle de la paix — la nouvelle de la paix. En fait, le coq dit : « C’est super, je suis très heureux d’apprendre que c’est la paix entre les renards et les coqs, qu’il n’y a plus de guerre. »
Et ligne 17 — début de la ligne 18 : « Et ce me sera une double joie de la tenir de toi. » « Ce me sera » — c’est une formule ancienne qu’on ne dit plus aujourd’hui. On dirait plutôt « c’est une double joie » — ça veut dire qu’il est heureux deux fois : une fois à cause de la nouvelle de la paix, et une deuxième fois parce que c’est le renard lui-même qui vient lui annoncer en direct. Il ne l’a pas appris d’un autre coq — il l’apprend du renard directement.
Il dit juste après — ligne 19 : « Je vois deux lévriers. » Les lévriers, c’est une race de chiens — des chasseurs, apparemment, et plus précisément des chasseurs de renards. Le coq, lui, est en hauteur sur sa branche, et il voit donc au loin deux chiens qui arrivent.
Ligne 19-20 : « Qui, je m’assure, sont courriers que pour ce sujet on envoie. » C’est une formule ancienne — La Fontaine inverse des mots par rapport au français actuel. Le coq dit : « Je vois deux chiens qui arrivent. » « Je m’assure », ça veut dire « J’en suis sûr ». « Être courrier », c’est une ancienne formule qui veut dire « être porteur d’une nouvelle ». Donc le coq dit au renard : « Je vois deux chiens qui arrivent, et je suis sûr qu’ils viennent m’apporter la nouvelle de la paix entre les renards et les coqs. Je suis sûr qu’ils arrivent pour m’informer de cette bonne nouvelle. »
Et le coq continue, ligne 21 : « Ils vont vite et seront dans un moment à nous. » « Ils vont vite » — au présent, ils sont rapides. Et « seront », c’est le futur du verbe « être » — les chiens seront là dans un instant. Donc le coq dit au renard que dans quelques instants, il y a deux chiens de chasse qui vont arriver pour annoncer la bonne nouvelle.
Et donc le coq dit, ligne 22 : « Je descends, nous pourrons nous entrebaiser tous. » — « Je descends maintenant, nous pourrons donc tous nous embrasser — les chiens, le renard et le coq. »
Évidemment, c’est un jeu de dupes. Le renard disait ça au coq pour manger le coq — il lui disait « c’est la paix » afin de le faire descendre et de le manger, car le renard est un animal rusé, un animal malin. Mais le coq est encore plus malin. Je vais vous expliquer ça après. On va d’abord finir la fable.
Ligne 23 : « Adieu, dit le renard, ma traite est longue à faire. » Dès que le coq lui a dit que les chiens arrivaient, le renard dit adieu tout de suite — il n’attend pas que le coq descende. Mais il prend une excuse : « Ma traite est longue à faire. » La traite, c’est la route. Donc il dit : « J’ai encore beaucoup de chemin à parcourir — je suis pressé. »
Lignes 24-25 : « Nous nous réjouirons du succès de l’affaire une autre fois. » « Nous réjouirons », c’est le futur du verbe « se réjouir » — ça veut dire « être heureux ». Donc le renard dit : « Nous serons heureux de cela une autre fois — nous nous embrasserons une autre fois, pas maintenant. »
La suite de la ligne 25 et la ligne 26 : « Le galant aussitôt tire ses grègues, gagne au haut. » Alors là, c’est du vieux français — ne retenez pas ça parce que ça ne vous servira jamais. Même moi, j’ai dû chercher sur Internet ce que ça voulait dire. Le « galant », je savais — c’est une personne qui flatte, qui va souligner vos bons côtés pour obtenir ce qu’elle veut. On dit aussi en français « caresser dans le sens du poil » — une autre expression française. Et « tire ses grègues, gagne au haut » — ça veut dire qu’il s’enfuit, il s’éloigne.
Ligne 27 : « Mal content de son stratagème. » « Mal content », c’est pas content, déçu. Et un stratagème, c’est un plan. Et oui — le plan du renard n’a pas fonctionné. Il voulait dire au coq que c’était la paix pour que le coq descende tranquillement et pouvoir le manger. Mais ça s’est retourné contre lui. Le coq — encore plus intelligent — a dit au renard qu’il y avait des chiens qui arrivaient. Le renard, lui, a peur des chiens, il a donc dû partir en vitesse en prétextant qu’il avait du chemin à faire. Le plan du renard a donc échoué — et non seulement il a échoué, mais en plus, il s’est retourné contre lui.
La suite de la fable — il reste trois lignes. Ligne 28 : « Et notre vieux coq en soi-même. » Notre vieux coq, c’est le coq dont on parle depuis le début. Et « en soi-même », ça veut dire en lui-même, intérieurement.
Ligne 29 : « Se mit à rire de sa peur. » Il ne l’a pas montré au début, mais le coq avait évidemment peur du renard. Les coqs et les poules ont toujours peur des prédateurs — ils se mettent en hauteur, dans les arbres, pour fuir. Donc le coq a eu peur, mais il ne l’a pas montré. Il a écouté le renard et il a répondu en retournant l’argument du renard contre lui. Et donc le coq se met à rire de cela.
Pourquoi ? Parce que ligne 30 : « Car c’est double plaisir de tromper le trompeur. » C’est encore plus agréable quand on arrive à retourner le plan de quelqu’un contre lui. Ici, c’est le plan du renard qui a été retourné contre lui. On a d’autres expressions françaises pour dire ça : « Tel est pris qui croyait prendre » — je vous ai déjà expliqué cette expression dans mes podcasts —, ou encore « l’arroseur arrosé ».
Alors, c’est quoi la morale ici ? Pourquoi La Fontaine nous raconte tout ça ? Il nous explique tout ça pour mettre en avant la force morale du coq, pour mettre en avant l’intelligence du coq face à la manipulation du renard. Le coq ne s’est pas laissé déstabiliser par le renard — il est resté droit, il a montré qu’il n’avait pas peur, qu’il était solide. Et donc, en réfléchissant calmement, il a pu retourner la situation à son avantage. Il a utilisé la ruse contre le renard.
Donc, la morale, c’est aussi de ne pas céder à la pression afin de pouvoir réfléchir tranquillement, sereinement. Quand quelqu’un veut vous piéger, quand quelqu’un cherche à vous créer des problèmes de façon implicite, de façon cachée, il vaut mieux réfléchir, écouter, prendre le temps de la réflexion et répondre plutôt que de paniquer, de se sentir en danger et de répondre n’importe quoi.
J’espère que vous avez compris — c’était un peu long, mais je trouvais que c’était une fable intéressante à vous expliquer. D’abord parce que j’adore les fables de La Fontaine et que j’ai envie de vous les faire découvrir.
Donc, comme d’habitude, je vais vous relire la fable à vitesse normale — comme si je la lisais à un Français —, comme ça vous pouvez vous habituer à une vitesse de diction un peu plus rapide. Et après, je vous lis une version simplifiée de la fable que j’ai créée à partir de la fable d’origine.
Allez, c’est parti — Le Coq et le Renard, par Jean de La Fontaine :
Sur la branche d’un arbre était en sentinelle Un vieux coq adroit et matois. « Frère, dit un renard, adoucissant sa voix, Nous ne sommes plus en querelle. Paix générale cette fois : Je viens te l’annoncer ; descends, que je t’embrasse. Ne me retarde point, de grâce : Je dois faire aujourd’hui vingt postes sans manquer. Les tiens et toi pouvez vaquer Sans nulle crainte à vos affaires ; Nous vous y servirons en frères. Faites-en les feux dès ce soir, Et cependant viens recevoir Le baiser d’un amour fraternel. » « Ami, reprit le coq, je ne pouvais jamais Apprendre une plus douce et meilleure nouvelle Que celle de cette paix ; Et ce me sera une double joie De la tenir de toi. Je vois deux lévriers, Qui, je m’assure, sont courriers Que pour ce sujet on envoie. Ils vont vite et seront dans un moment à nous. Je descends. Nous pourrons nous entrebaiser tous. » — « Adieu ! dit le renard, ma traite est longue à faire. Nous nous réjouirons du succès de l’affaire Une autre fois. » Le galant aussitôt Tire ses grègues, gagne au haut, Mal content de son stratagème. Et notre vieux coq en soi-même Se mit à rire de sa peur, Car c’est double plaisir de tromper le trompeur.
Ça, c’est la version originale de la fable. Et maintenant, je vous lis ma version simplifiée pour vous qui apprenez le français.
Le Coq et le Renard — version simplifiée
« Un vieux coq intelligent était perché sur une branche d’arbre. « Mon ami », dit le renard gentiment, « nous ne sommes plus en guerre — faisons donc la paix. Je viens pour te le dire. Descends qu’on se prenne dans les bras. S’il te plaît, ne me mets pas en retard — je dois aller à plusieurs endroits différents. Toi et tes amis coqs, vous pouvez marcher sans peur et faire votre vie. Si besoin, nous vous aiderons même. » « Mon ami », répondit le coq, « c’est une très bonne nouvelle qu’enfin il y ait la paix entre coqs et renards. Et c’est encore plus beau de l’apprendre de toi. Je vois au loin deux chiens qui, j’en suis sûr, sont porteurs de ce message de paix. Ils vont vite et seront là très bientôt. Je descends — ainsi nous pourrons tous nous embrasser. » « Adieu ! » dit le renard. « J’ai encore une longue route à faire. Nous pourrons être heureux de cette paix une autre fois. » Aussitôt, le renard s’enfuit et s’éloigne, déçu que son plan n’ait pas fonctionné. Et le vieux coq se mit à rire de la peur qu’il avait eue — car c’est encore plus agréable de tromper le trompeur. »
Et voilà, on est arrivé au bout de cette fable de La Fontaine en deux podcasts. J’espère que ça vous a plu. Laissez-moi un commentaire sur YouTube, laissez-moi une petite note dans vos applications de podcast pour essayer de faire connaître mon podcast à d’autres personnes — ça serait très gentil de votre part.
On se retrouve demain pour une nouvelle expression française qui sera « couche-toi, papa t’en donne ». C’est une expression que me disait mon grand-père. Je vous parle de tout ça demain et je vous dis donc à bientôt ! Bonne journée, bye bye, hasta luego. Matane !
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