« L’habit ne fait pas le moine » et le mot « or » en français

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, c’est le mercredi 15 octobre et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien. J’espère que ça va, que l’expression d’hier vous a plu. Et aujourd’hui, on va parler d’une expression qui est « l’habit ne fait pas le moine ». On fera ça tout à l’heure.

1) Les plats français qui dégoûtent les étrangers

D’abord, je voulais vous parler un peu de nourriture française — et plus particulièrement de nourriture que nous mangeons, nous, Français, mais que vous, qui habitez dans un autre pays, peut-être qui êtes nés dans un autre pays, vous ne mangez pas.

Pourquoi je voulais vous parler de ça ? Parce que j’ai vu un reportage récemment sur un couple — un homme et une femme — qui élevaient des escargots. Ce couple avait pour métier — et a toujours pour métier — d’élever des escargots et de les vendre pour que nous, après, on les mange. On adore les escargots. Je sais que c’est un peu spécial, qu’il y a beaucoup de personnes que ça dégoûte, mais nous, on aime ça.

Surtout, ce qu’on aime — et ce que j’aime moi dans les escargots —, c’est la sauce. En fait, les escargots sont préparés avec une sauce à base d’ail, de beurre et de persil, et c’est ça qui est magnifique. Le beurre fondu cuit à l’ail avec le persil, c’est sublime. Et donc, ces éleveurs d’escargots — ça s’appelle un héliciculteur, un mot très compliqué que j’ai appris récemment — élèvent et vendent leurs escargots. Je ne connaissais pas ce mot avant.

Et donc, les escargots, c’est magnifique. On trouve ça dans les brasseries en France, dans les restaurants. On peut aussi en trouver au supermarché, au rayon des produits congelés. Escargots congelés avec leur petite sauce, au four, bien grillés, bien gratinés — c’est magnifique. Est-ce que vous avez déjà goûté les escargots à la française — avec du beurre, de l’ail, du persil ? Franchement, c’est sublime.

Alors, qu’est-ce qu’on a comme autre plat un peu bizarre ? Eh bien, on a les cuisses de grenouille. Est-ce que vous avez déjà mangé des cuisses de grenouille ? Moi, oui — et c’est très bon. Ça a un goût un peu comme du poulet, mais beaucoup plus tendre, beaucoup plus savoureux. C’est excellent. On en trouve de moins en moins, on n’en trouve pas partout, mais quand il y en a au menu d’un restaurant, j’en mange — d’abord parce que c’est assez rare, mais aussi parce que j’adore ça.

Escargots, cuisses de grenouille — qu’est-ce qu’on a d’autre ? Le boudin, le boudin noir. Est-ce que vous avez déjà mangé du boudin noir ? Le boudin noir, c’est comme une grosse saucisse, mais toute noire. Et c’est fait à base de gras et surtout de sang de cochon, de sang de porc. Dit comme ça, ça a l’air horrible — mais le goût est extraordinaire. Du boudin aux pommes, c’est une spécialité française — eh bien, ça déchire. C’est trop bon. Si vous en avez l’occasion, goûtez le boudin français.

Après, on a aussi l’andouillette. Alors ça, c’est particulier. J’aime bien, mais de temps en temps. Une bonne andouillette artisanale, c’est du bon. L’andouillette, ce sont des tripes — c’est l’intestin du cochon, le ventre du porc — qui est mélangé avec d’autres produits. On met tout ça dans une grosse membrane, dans un gros boyau, et on fait cuire, on fait griller — et on adore ça. Alors, l’andouillette, ça a une odeur assez forte — c’est un peu spécial. Mais bon, de temps en temps, c’est bon.

Et on a aussi, en France, des pieds de cochon. Alors ça, je n’aime pas, par contre. Il y a trop de gras, trop de cartilage, trop d’os. Je déteste les pieds de cochon. Mais bon, peut-être que vous, vous aimerez ça. On en vend en boucherie, on en vend dans les restaurants tout préparés — goûtez, et vous verrez si vous aimez.

Et vous, dans votre pays — c’est quoi la spécialité la plus bizarre que vous mangez ? Qu’est-ce que vous mangez qui est spécial ? Dites-le moi dans les commentaires sur YouTube ou dans votre application de podcast. Je serais bien curieux de savoir quels sont les plats que vous mangez et qui sont un peu particuliers.

Moi, j’aime bien faire des expériences, surtout au niveau culinaire. J’aime bien découvrir, goûter — je goûte de tout et après, je vois si j’aime ou pas. Donc, dites-le moi et je vous dirai si ça donne envie. En tout cas, si vous venez en France, goûtez les escargots, le boudin, l’andouillette — tout ça, ce sont des spécialités françaises. Ça fait partie de la culture française. Et donc, si vous vous intéressez à la langue française, j’imagine que vous vous intéressez aussi à sa culture — et donc goûtez ces produits.

2) Astuce du jour : la conjonction de coordination « or »

Bien, je ne vais pas parler plus longtemps parce que hier, je voulais faire la conjonction de coordination « or » mais je n’ai pas eu le temps — j’ai trop parlé dans mon introduction. Donc, on va la faire aujourd’hui. D’ailleurs, une fois que je vous en aurai parlé, il ne nous restera plus qu’une conjonction de coordination à voir : « car » — C-A-R. Mais aujourd’hui, c’est « or ».

Donc, pour rappel, une conjonction de coordination — peu importe laquelle — sert à relier deux morceaux de phrases, à coordonner deux groupes de mots. Et le « or » sert à introduire une nouvelle idée, une idée qui est en opposition avec ce qu’il y avait avant. Il y a quelques jours, je vous ai parlé de « donc » — qui marquait une conséquence, une continuité. Alors que le « or » marque une rupture, un changement, quelque chose d’inattendu, quelque chose de contradictoire — qui va à l’opposé de ce qu’on pourrait penser.

Si vous connaissez le mot « pourtant », eh bien « or » veut un peu dire « pourtant ». On peut souvent remplacer « or » par « pourtant ». Je vous donne des exemples.

On va parler de ce que je vous ai dit au début — les escargots. « Je n’aime pas les escargots, or j’en ai mangé hier. » Alors, c’est faux, j’adore les escargots, mais c’est pour l’exemple. Donc : « Je n’aime pas les escargots, or j’en ai mangé hier. » Alors que je n’aime pas ça, j’en ai quand même mangé. « Je n’aime pas les escargots, pourtant j’en ai mangé hier. » Quand on dit « je n’aime pas les escargots », on peut s’attendre à ce que la personne n’en mange pas. Si c’était le cas, on dirait : « Je n’aime pas les escargots, donc je n’en ai pas mangé » — c’est une conséquence. Mais là : « Je n’aime pas les escargots, or j’en ai mangé » — on a une contradiction, une opposition entre le fait de ne pas aimer les escargots et le fait d’en manger. Donc, on utilise « or » — O-R.

Je vous donne un autre exemple : « Il fait beau, or je ne sors pas aujourd’hui. » Si il fait beau dehors, on peut s’attendre à ce que la personne ait envie de sortir, d’aller se promener. Eh bien non — il ne sortira pas. « Il fait beau dehors, or je ne sors pas aujourd’hui. » Il y a une opposition entre le fait qu’il fasse beau et le fait que la personne ne sorte pas. Là encore, on peut remplacer « or » par « pourtant » : « Il fait beau dehors, pourtant je ne sors pas aujourd’hui. »

Je vous donne un dernier exemple : « J’aime faire la fête, or je ne suis pas allé en soirée depuis une semaine. » Alors que j’aime faire la fête, je ne suis pas allé dans une soirée. Ça, c’était le « or ».

Demain, on fera « car » — C-A-R —, qui est donc la dernière conjonction de coordination.

3) Expression française du jour : L’habit ne fait pas le moine

Et maintenant, on parle de l’expression du jour : « L’habit ne fait pas le moine. »

Alors, « l’habit », c’est quoi ? C’est un vêtement. Un habit, c’est de la même famille que le verbe « s’habiller » ou « habiller quelqu’un » — et donc c’est les vêtements. Le t-shirt, c’est un habit. Le jean, c’est un habit. C’est la même chose. Donc, quand on dit « l’habit », ici on parle de la tenue de quelqu’un, des vêtements, de ce que porte la personne.

Ensuite, on a la marque de la négation : « ne fait pas ». Et « fait » au milieu, c’est le verbe « faire » conjugué au présent. Il y a beaucoup, beaucoup d’emplois en français pour le verbe « faire ». Le premier emploi, c’est de créer quelque chose : « Je fais un gâteau — je cuisine un gâteau. » Mais ici, « faire » est plutôt utilisé pour dire « ressembler à » ou « avoir l’air de quelque chose ». Par exemple, si je vous dis : « Est-ce que je fais sportif ? » — ça veut dire : « Est-ce que je ressemble à un sportif ? Est-ce que j’en ai l’air ? » Autre exemple : vous allez à une soirée, vous vous êtes bien habillé, et vous demandez à votre conjoint : « Est-ce que je fais habillé ? » — ça veut dire : « Est-ce que j’ai la classe ? Est-ce que je suis bien habillé ? »

Allez, on revient à l’expression : « L’habit ne fait pas le moine. » Et « le moine » — c’est quoi ? C’est une personne religieuse qui vit de sa religion, la religion chrétienne en général, dans un lieu avec d’autres moines. Ça s’appelle un monastère. Donc, ils vivent ensemble, ils vivent en communauté — les moines travaillent dans leur monastère, ils peuvent cultiver des légumes, faire des choses d’artisanat, faire de la bière, des fromages, et après ils vendent cela. Mais c’est surtout une vocation religieuse — on devient moine pour vouer sa vie à Dieu. C’est un peu comme les prêtres, sauf que les prêtres ne vivent pas dans un même lieu avec d’autres prêtres et vont célébrer la messe. Bon, je ne suis pas un spécialiste de la religion.

Enfin bref — « l’habit ne fait pas le moine », ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Attention à ne pas porter de jugement sur une personne en fonction de ses habits. Je vous parlais tout à l’heure de bien s’habiller — une personne avec un beau costume, de beaux vêtements, des chaussures chères, ne va pas forcément être très riche. Et à l’inverse, une personne qui s’habille avec un jogging et un t-shirt eh bien, peut-être que cette personne est très riche alors qu’on ne le dirait pas.

On ne peut pas juger quelqu’un à la façon dont il s’habille, dont il se comporte, dont il parle. C’est ça, « l’habit ne fait pas le moine ». Et ça marche aussi pour le caractère des gens — ce n’est pas uniquement une question d’apparence. Quelqu’un qui a l’air très calme, très posé dans la vie de tous les jours, eh bien quand il s’énerve, ça peut devenir une furie. Il va s’énerver très, très fort. Alors que vous pensiez que cette personne était calme — eh bien, l’habit ne fait pas le moine. Ce n’est pas parce qu’il en a l’air que c’est vraiment le cas.

L’origine de cette expression date du XIIIe siècle — donc c’est très ancien, ça a plus de 700 ans. À l’époque, les moines avaient assez bien et vivaient très bien — et donc, certaines personnes attirées par l’argent et par la belle vie devenaient moines non pas pour la religion, non pas par amour pour Dieu, mais pour profiter des ressources du monastère. C’étaient de faux moines. Et donc, on disait à l’époque : « l’habit ne fait pas le moine. » Ce n’est pas parce que vous portez un habit de moine que vous en êtes un — ce n’est pas parce que vous vous habillez comme un moine que vous avez cette vocation pour Dieu. À l’époque, certaines personnes étaient intéressées par l’argent, et on disait : c’est ce qu’il y a à l’intérieur, c’est l’aspiration que ces personnes ont pour Dieu qui fait d’eux des moines.

En anglais, on dit you can’t judge a book by its cover — on ne peut pas juger un livre par sa couverture. Et c’est tout à fait vrai — vous pouvez avoir une couverture de livre très moche alors que le livre est génial. Et ça s’applique évidemment à tout. Vous pouvez avoir une personne qui n’est pas belle physiquement mais qui est intérieurement très belle — qui a un bon fond, qui est gentille, etc.

Demain, on fera une nouvelle expression : « heureux au jeu, malheureux en amour ». Je vous parlerai aussi de la dernière conjonction de coordination — « car » — et d’autres choses en introduction. Vous pouvez toujours me retrouver sur mon Patreon, où vous avez accès aux transcriptions des podcasts. Si vous voulez mieux réviser le français, si vous voulez lire en même temps que vous écoutez, vous pouvez vous inscrire. Vous y retrouverez aussi les contes et légendes de la mythologie grecque et japonaise, et Le Petit Prince à écouter bien sûr, tout en français. Merci beaucoup de m’avoir écouté et je vous dis donc à demain. Bye bye, hasta luego. Matane !


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