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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, c’est le début de la semaine — je suis content de vous retrouver comme tous les jours pour ce petit podcast. On est le lundi 20 octobre et aujourd’hui, on va parler d’une expression française qui est « prendre quelqu’un pour un pigeon ». Ah, ça c’est intéressant. Alors, cette expression, je vais vous dire tout de suite ce que ça veut dire — ça veut dire « arnaquer quelqu’un ». Ça veut dire le manipuler, le tromper.
1) Les arnaques à touristes à Paris
Et donc, en pensant à ça, j’avais envie de vous parler des arnaques à Paris. Il y a plein d’arnaques dans Paris quand on est touriste. Pourquoi je dis « touriste » ? Parce que quand on habite Paris, on connaît ces arnaques et on ne se fait pas avoir. Et quand on habite Paris, en général, on parle français — soit on est né en France et bien sûr on parle français, soit on a appris le français et donc on peut répondre. Je vais vous donner les différentes arnaques dont je me souviens, et vous allez voir qu’en parlant français, c’est plus facile de s’en défaire. C’est pour ça que les gens qui font ces arnaques ciblent les touristes.
Alors, la première arnaque à laquelle j’ai pensé, ce sont les taxis. Bien que maintenant, comme tout le monde a une application de GPS dans son téléphone, c’est moins facile pour les taxis d’arnaquer les touristes. Avant, vous arriviez soit en avion à l’aéroport Charles-de-Gaulle au nord de Paris, soit à Orly au sud. Et de là, le taxi vous emmenait là où vous le vouliez — sauf qu’il passait par un chemin plus long, un détour, pour vous faire payer plus cher. Heureusement, maintenant, il suffit de prendre son téléphone, de rentrer l’adresse de l’hôtel et de vérifier si le taxi suit bien le chemin le plus court.
Une autre arnaque dans Paris, ça s’appelle le bonneteau. Il me semble que je vous en ai déjà parlé dans un des podcasts où je vous avais décrit les différents arrondissements de la capitale. On trouve des gens qui font du bonneteau souvent près de la tour Eiffel ou à Montmartre — en tout cas, près des lieux très visités par les touristes.
C’est quoi le principe ? Vous avez trois gobelets et sous un gobelet, il y a une boule rouge, une boule en mousse. Le gars qui fait l’arnaque met la boule sous un gobelet, puis il tourne les gobelets dans tous les sens — et vous devez retrouver la boule. On doit miser de l’argent — pas 10 euros, pas 20 euros, mais 50, 100 euros ou plus. Les gars sont tellement bons, ils vont tellement vite que c’est très difficile de retrouver le bon gobelet. Et souvent, il y a même deux gobelets empilés — comme la boule est en mousse, elle s’écrase, et donc il arrive à la faire disparaître sous la pile.
Au début, il va doucement et tout le monde sait où est la boule. Mais celui qui parie est un complice — il trouve la boule, l’arnaqueur lui donne le double de la mise, mais en fait il ne donne rien parce qu’ils vont se partager l’argent après. Ensuite, il recommence en allant beaucoup plus vite et avec la boule écrasée — et là, c’est un touriste qui va jouer et perdre de l’argent.
Ensuite, il y a ce qu’on appelle les fausses pétitions. Une pétition, c’est quand vous demandez à des gens de signer une feuille pour une cause — par exemple, pour lutter contre le cancer des enfants ou contre la déforestation. J’ai vu souvent ça au Champ-de-Mars, dans les jardins derrière la tour Eiffel. Vous avez deux, trois, quatre personnes — souvent de jeunes femmes qui viennent de l’Est de l’Europe — qui vous entourent à quatre. Deux d’entre elles font semblant de vous faire signer la pétition en parlant très vite, pendant que les deux autres vous font les poches. Ce sont des pickpockets. Elles sont là pour vous voler de l’argent, votre montre, vos bijoux. Donc, attention — vous ne signez rien, vous vous en allez et vous dites : « Non merci, je ne signe pas. » Il ne faut surtout pas les laisser vous entourer.
Et une dernière arnaque que j’ai vue beaucoup à Montmartre — des gens qui arrivent et qui vous mettent de force un bracelet fait avec du fil, un bracelet franchement assez moche. Et après, ils vous disent : « 20 euros, 20 euros. » Pour un pauvre bracelet — vous rêvez. Donc surtout, ne les laissez pas vous mettre le bracelet — ce n’est pas pour essayer, c’est pour vous le vendre directement. Et comme vous êtes touriste et que vous ne parlez pas bien français, à la fin vous cédez peut-être pour 5 ou 10 euros. Mais comme le bracelet a coûté peut-être 10 centimes à fabriquer, il gagne de l’argent comme ça.
Tout ça est interdit — les bracelets, les fausses pétitions, le bonneteau. Mais malheureusement, on trouve toujours des gens pour aller contre les lois.
Bien — j’ai fait une longue introduction sur les arnaques à Paris. Et maintenant, on va reprendre un truc un peu moins marrant : la concordance des temps.
2) Astuce de français du jour : la concordance des temps
Je vous ai parlé de ça il y a trois jours — avant qu’on travaille la fable de La Fontaine de ce week-end — et je vous avais dit que dans une phrase complexe, on a une proposition principale et une proposition subordonnée. Quand on a un temps dans la proposition principale, le temps de la proposition subordonnée va être différent — on conjugue le verbe à un autre temps selon ce qu’on veut exprimer.
En gros, si le verbe de la proposition principale est au présent, on a trois possibilités.
On va reprendre l’exemple qu’on avait pris il y a trois jours : « Je pense que cet enfant dort. » « Je pense », c’est la proposition principale. « Que cet enfant dort », c’est la proposition subordonnée. Dans cette phrase, on a deux verbes — « pense » (penser) et « dort » (dormir). Si les deux actions se passent en même temps, on met le présent dans la subordonnée : « Je pense que cet enfant dort. »
Si je dis : « Je pense que cet enfant dormait » — j’ai utilisé l’imparfait pour le verbe « dormir ». C’est du passé — l’action se passe avant.
Et : « Je pense que cet enfant dormira » — c’est du futur, l’action se passe après.
Je vous résume : si le verbe de la proposition principale est au présent, on a trois possibilités — présent dans la subordonnée (action simultanée), passé dans la subordonnée (action antérieure), futur dans la subordonnée (action postérieure).
Je suis désolé, c’est compliqué. Il existe des tableaux sur Internet où vous pouvez retrouver toutes ces règles — c’est peut-être plus facile à lire qu’à écouter.
Et ensuite, on a les possibilités où le verbe de la proposition principale est au passé. On dirait : « Je pensais que cet enfant dormait. » « Je pensais », c’est l’imparfait. Si on veut que les deux actions se passent en même temps, on utilise aussi l’imparfait dans la subordonnée : « Je pensais que cet enfant dormait. »
Si on veut parler d’une action qui se passait avant, on dira : « Je pensais que cet enfant avait dormi. » C’est le plus-que-parfait.
Et si on parle d’une action qui se passe après, on dirait : « Je pensais que cet enfant dormirait. » C’est du conditionnel.
Désolé, c’est très compliqué. Le français, c’est pas toujours facile ! Mais une fois que vous aurez intégré cette règle, vous pourrez bien mieux comprendre le français et bien mieux le parler. Si vous voulez, réécouter cette partie et chercher des tableaux sur Internet — ou posez-moi des questions sur YouTube. Sur mon Patreon, vous trouverez également la transcription intégrale du podcast, ce qui vous permettra de mieux visualiser les temps utilisés dans chaque proposition.
3) Expression du jour : Prendre quelqu’un pour un pigeon
Alors, maintenant, on parle de l’expression du jour : « Prendre quelqu’un pour un pigeon. »
Le verbe « prendre » — on va le conjuguer au présent et à l’imparfait. Au présent, ça donne : « je prends, tu prends, il prend, nous prenons, vous prenez et ils prennent. » Et à l’imparfait : « je prenais, tu prenais, il prenait, nous prenions, vous preniez et ils prenaient. »
Mais ici, dans l’expression, c’est « prendre quelqu’un pour ». Quand on dit « prendre quelqu’un pour quelque chose », c’est confondre quelqu’un avec quelque chose — penser que la personne est autre chose. Je vous donne un exemple. Vous avez deux amis qui sont jumeaux et qui se ressemblent beaucoup. Vous en voyez un chez lui et en fait, c’est l’autre jumeau. Vous pourriez lui dire : « Excuse-moi, je t’ai pris pour ton frère. » C’est le passé composé de « prendre quelqu’un pour ».
Dans l’expression du jour, c’est « prendre quelqu’un pour un pigeon. » Alors, je vais vous faire une merveilleuse imitation du pigeon. Attention. Voilà — ça, c’était mon pigeon. Un très beau pigeon de Paris. À Paris, on trouve plein de pigeons — et là, je ne vous parle pas des touristes, je vous parle des oiseaux. Il y en a beaucoup trop. C’est d’ailleurs interdit de nourrir les pigeons à Paris — on n’a pas le droit de leur jeter du pain parce qu’il y en a trop.
D’ailleurs, le pigeon, c’est très bon à manger. Est-ce que vous avez déjà mangé du pigeon ? Moi oui — j’ai goûté un plat dans un restaurant à Paris : un pigeon en croûte de graines et de céréales, avec un foie gras à l’intérieur. C’est magnifique. Et voilà, je me retrouve encore à parler de nourriture — mon sujet préféré.
Enfin bref — « prendre quelqu’un pour un pigeon », c’est arnaquer quelqu’un. Comme je vous en parlais au début du podcast avec les arnaques dans Paris — c’est manipuler quelqu’un, le tromper, lui voler son argent. On dit d’ailleurs aussi « plumer quelqu’un » — « plumer » vient du verbe plumer, encore un rapport avec les oiseaux. Et on dit même « pigeonner quelqu’un » — c’est tellement courant que c’est devenu un verbe. « Je me suis fait pigeonner » — ça veut dire « je me suis fait arnaquer, on m’a pris pour un pigeon. »
En anglais, on dit to take someone for a fool — prendre quelqu’un pour un idiot. Et d’ailleurs, dans mes podcasts sur les expressions françaises, je vous avais déjà parlé d’une expression un peu similaire : « se faire rouler dans la farine » — c’était le podcast 146. Ça veut dire la même chose que « prendre quelqu’un pour un pigeon ». Vous pouvez réécouter ce podcast si vous le souhaitez.
Demain, nouvelle expression française — on sera le mardi 21 octobre. Et je vous parle de l’expression « On n’a rien sans rien. » Merci beaucoup de m’avoir écouté. Laissez-moi un petit commentaire, un petit message, un petit pouce bleu — parlez de moi autour de vous, c’est très gentil. Et je vous dis donc à demain. Bye bye, hasta luego. Matane !
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