« Sortir l’artillerie lourde » et le « donc » en français

Written in

by

Lire la transcription

Bonjour à toutes, bonjour à tous ! On est aujourd’hui le samedi 11 octobre 2025 et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien. J’étais en train de me marrer parce que je lisais quelques pages d’une bande dessinée qui s’appelle Joe Bar Team — c’est une bande dessinée sur des mecs en moto qui me fait beaucoup rire — et je lis ça parce que je suis en train de chercher des idées pour mes futures vidéos.

Je connaissais déjà Joe Bar Team avant, j’ai déjà tout lu, mais j’étais en train de relire un tome, de relire des pages, et ça me faisait marrer. Enfin bref, c’est pas pour ça que je commence mon podcast.

1) Introduction : Le bol prénom

Aujourd’hui, on fait une nouvelle expression française — on parle de « sortir l’artillerie lourde ». Attention, ça rigole pas. Mais avant, bien évidemment, je vais vous parler d’un truc que j’ai vu à la télé tout récemment et que je n’avais plus vu depuis des années.

C’est quelque chose de très traditionnel en France, quelque chose qu’on trouvait avant dans toutes les maisons françaises — et ça vient de Bretagne. Ça s’appelle le bol prénom. Est-ce que vous connaissez le bol prénom ?

Est-ce que d’abord vous savez ce qu’est un bol ? Un bol, c’est ce dont on se sert pour boire le thé le matin, pour boire le café ou le chocolat. C’est quelque chose de rond, de creux — on met souvent un liquide chaud dedans, ou froid d’ailleurs, mais plutôt chaud. Et la différence avec une tasse, c’est que sur le bol, il n’y a pas d’anse. Sur la tasse, il y a une anse — c’est ce qu’il y a sur le côté, où vous pouvez passer le doigt afin de prendre la tasse et de boire. Un bol, pas d’anse. Une tasse, une ou deux anses. Ça, c’était un petit point de détail.

Et donc, le bol prénom, c’est un bol où il y a votre prénom dessus. Comment peut-il y avoir son prénom sur le bol ? Eh bien, parce qu’ils fabriquent des bols avec beaucoup, beaucoup de prénoms différents. En général, ce bol est blanc avec un liseré bleu tout en haut. Un liseré, c’est une petite trace bleue qui fait tout le tour du bol, et il y a le prénom juste en dessous. Ça peut être évidemment Adrien — il y a des bols prénoms avec « Adrien » dessus.

D’ailleurs, j’en avais un quand j’étais enfant. Mes grands-parents — en Bretagne, je ne sais plus lequel — m’avaient offert un bol prénom, un bol à mon nom. Et donc tous les matins, je buvais mon chocolat chaud dans ce bol. Aujourd’hui, je ne sais plus où est ce bol. Je pense que je l’ai cassé, ou je l’ai perdu peut-être. Mais si je voulais, je pourrais en racheter un.

Alors moi, c’était en Normandie — c’est à côté de la Bretagne, c’est une région de France collée à la Bretagne —, et j’ai passé toutes mes vacances d’enfance en Normandie. Donc j’avais un bol prénom chez mes grands-parents, là-bas en Normandie. Et j’adorais ce bol. Et au fur et à mesure du temps, on oublie, on ne pense plus à cela. Il y a quelques jours, j’ai vu à la télé une émission de cuisine.

J’adore regarder les émissions de cuisine à la télé — surtout en mangeant. C’est magnifique. Regarder de la cuisine en cuisinant et en mangeant, c’est sublime. Enfin bref — donc dans cette émission, on nous présentait les fabricants, ceux qui font les bols prénoms, et ça m’a rappelé beaucoup de souvenirs d’enfance.

Donc, vous qui êtes étrangers, qui apprenez le français — ça va dépendre de votre prénom. Je pense aux Asiatiques, aux Chinois, aux Japonais, aux Thaïlandais, etc. Peut-être même aux Africains, à ceux qui viennent d’Afrique du Nord. Si vous avez des prénoms qui ne sont pas des prénoms européens, ça va peut-être être un peu compliqué de trouver un bol à votre prénom. Car sur ces bols, eh bien, il y a les prénoms qu’on retrouve le plus souvent en France — ces bols sont destinés à être vendus aux touristes, mais aux touristes français. Donc, peut-être que si vous vous appelez Sakura ou Mustapha, ça va être compliqué de trouver un bol prénom à votre nom. Mais je pense qu’on peut le commander — je n’ai pas vérifié sur le site de l’entreprise, mais c’est possible. Et comme ça, vous aurez un bol prénom breton à votre prénom à vous. Et ça, c’est sympa, non ? Vous pouvez aussi en offrir à votre femme, votre mari, à vos enfants, vos parents. Je trouve que c’est un beau cadeau qui ne coûte pas grand-chose et qui est assez original.

2) Astuce du jour : la conjonction de coordination « donc »

Et maintenant, on va passer à la suite des conjonctions de coordination. On a déjà vu le « ni », le « mais », le « ou », le « et ». Et là, on va voir le « donc ».

Alors, en préparant ce podcast, j’ai vu que depuis 2021, le « donc » n’était plus classé comme une conjonction de coordination mais comme un adverbe. Bon, moi, je ne vais pas vous parler de ça — je vais le garder dans les conjonctions de coordination parce que c’est tellement plus simple à comprendre.

Le « donc » exprime la conséquence de quelque chose. Il se passe une chose, et après une autre chose qui est la conséquence de la première. Je vous donne des exemples : « Il est fatigué, donc il n’ira pas au sport. » C’est à cause du fait qu’il est fatigué qu’il ne va pas au sport. Il se passe quelque chose — le fait qu’il soit fatigué — et c’est une conséquence : il n’ira pas au sport. « N’ira » — c’est la négation du verbe « aller » au futur. Il y a un rapport entre la cause — être fatigué — et la conséquence — ne pas aller au sport — et on utilise « donc ».

Un autre exemple : « J’ai faim, donc je vais manger. » Parce que j’ai faim, je vais manger. C’est une conséquence du fait d’avoir faim. On a faim, donc on mange. Toujours un rapport cause-conséquence.

Je vous donne un dernier exemple un tout petit peu plus compliqué : « Nous avons bien travaillé, donc nous avons mérité du repos. » Il y a deux passés composés — mais ça ne change rien. Il y a toujours un rapport entre la cause — le fait d’avoir bien travaillé — et la conséquence — avoir mérité du repos. Ça, c’est le premier emploi de « donc » : exprimer la conséquence de quelque chose.

Il y en a un deuxième, moins utilisé, moins connu, mais qu’on utilise quand même en français. Le deuxième emploi du « donc », c’est pour renforcer la valeur d’une idée, pour donner du poids à une phrase. Je vous donne un exemple : « Laisse donc, il ne veut pas travailler. » Si j’avais dit « Laisse, il ne veut pas travailler » — c’est tout à fait correct. Mais « Laisse donc » renforce le mot « laisse » — ça veut dire qu’on a vraiment tout fait pour le faire travailler, mais il ne veut pas. « Laisse donc » donne du poids au mot « laisse ».

Un autre exemple — une question : « Qui est-il donc ? » « Qui est-il ? » — c’est factuel. Je demande qui est cette personne. Mais « Qui est-il donc ? » — ça renforce la question. Ça vient vraiment porter du poids — comme si je me demandais ça depuis des heures, comme si j’avais déjà cherché mais que je ne trouvais pas. « Qui est-il donc ? » donne du poids à la question. J’espère que vous comprenez.

Donc, il y a deux emplois de « donc » : exprimer la conséquence de quelque chose, et renforcer la valeur d’une idée, donner du poids à ce qu’on dit. Et en parlant de poids, on va passer maintenant à l’expression du jour : « sortir l’artillerie lourde ».

3) Expression française du jour : Sortir l’artillerie lourde

Ça, c’est de la transition de professionnel. Alors, « sortir » — c’est quoi ? Je pense que vous connaissez — c’est le contraire d’entrer dans un lieu. Quand on va entrer dans une maison, après on va en sortir. Mais « sortir » peut aussi vouloir dire sortir quelque chose d’un endroit — comme sortir un stylo de sa poche. Là, j’ai un stylo dans ma poche, je vais le prendre, je vais le sortir. Ça peut être aussi sortir la voiture du garage. Donc, on peut soi-même sortir — « je sors de la maison » — ou alors sortir quelque chose — « je sors la voiture du garage ».

Ensuite, on a le mot « artillerie ». L’artillerie, c’est du vocabulaire militaire — c’est l’armée, ce sont les armes comme les canons, les bombes. Donc, l’artillerie, c’est un type d’arme, un corps d’armée. Il y a aussi d’autres corps dans l’armée — on peut retrouver la cavalerie, qui est sur des chevaux, l’infanterie, qui est les hommes à pied, et la marine, qui sont les hommes sur les bateaux.

Donc, l’artillerie, c’est les armes comme les canons et les bombes. Et « lourde », c’est un adjectif — on l’a mis au féminin parce qu’« artillerie » est un mot féminin. « Lourde », c’est les grosses bombes, les gros canons — c’est le contraire de léger. On a l’artillerie lourde et l’artillerie légère.

Donc, « sortir l’artillerie lourde » — le sens de cette expression est plutôt figuré. Ce n’est pas à prendre au sens premier du terme. En fait, sortir l’artillerie lourde, c’est employer tous les moyens nécessaires pour arriver à son objectif — se servir d’éléments importants afin de réaliser ce qu’on veut.

Par exemple, si je vous parle de mon podcast, de ma chaîne — eh bien, je crée un podcast par jour, une vidéo par semaine à peu près, et aussi un podcast pour débutants tous les deux jours. Je mets du temps à faire cela parce que j’aime ça, et je me donne les moyens pour toucher le plus de monde possible, pour faire en sorte que ceux qui apprennent le français puissent être aidés. En faisant ça régulièrement, tous les jours, on peut dire que je sors l’artillerie lourde. J’ai sorti les grands moyens, je me donne du mal pour que vous puissiez vous améliorer en français.

Si vous êtes au boulot — on va prendre un autre exemple —, vous avez une idée que vous voulez développer, sauf que tous vos collègues vous disent que c’est une mauvaise idée, un mauvais projet. Mais vous, vous y croyez à fond et vous connaissez bien le grand patron. Donc, vous prenez votre portable, vous appelez le grand patron et vous lui dites que vous voulez développer cette idée. Eh bien là, vous aurez sorti l’artillerie lourde — vous aurez employé les grands moyens afin d’arriver à votre objectif. Vous ne vous serez pas laissé démonter par vos collègues, vous aurez continué votre idée jusqu’à appeler le grand patron pour développer votre projet. C’est ça, sortir l’artillerie lourde.

On dit aussi « employer les grands moyens » ou « se donner les moyens ». En anglais, c’est to take drastic measures — prendre des mesures drastiques. On peut dire ça aussi en français, ça existe.

Mais « sortir l’artillerie lourde », c’est une bonne expression que vous pouvez utiliser un peu partout — ce n’est pas du langage familier, c’est du langage plutôt courant. Donc, il n’y a aucun problème à sortir cette expression que vous soyez avec des amis ou avec des collègues.

Demain, on fera une nouvelle expression française, bien sûr — mais ce sera un peu différent. C’est une expression française tirée d’un film, donc c’est plutôt une citation de film qu’une expression. Mais c’est tellement connu en France, tellement utilisé, que ça en est devenu une expression française à part entière. Je vous explique tout ça demain. Laissez-moi un petit message, un petit commentaire si vous le voulez — ça me fait très plaisir à chaque fois de vous répondre et de vous lire. Et je vous dis donc de passer une bonne journée, une bonne soirée, une bonne nuit — et je vous dis à demain. Bye bye, hasta luego. Matane !


En savoir plus sur Le français c'est facile avec Adrien

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Le français c'est facile avec Adrien

Apprenez le français naturellement, quotidiennement avec des podcasts, des contes, des fables, des chansons, des livres audio pour débutants, intermédiaires et avancés

En savoir plus sur Le français c'est facile avec Adrien

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture