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Voici le texte corrigé :
Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. Aujourd’hui, on est le lundi 24 novembre — c’est le début de la semaine — et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, on va parler d’une expression française qui est « apporter son grain de sel ». Et dans l’expression du jour, il y a le mot « son » — S-O-N. C’est un déterminant possessif. Je vous reparlerai de tout ça tout à l’heure. Et oui, aujourd’hui, on va refaire un peu de grammaire française — ça fait au moins deux ou trois semaines que je n’en ai pas fait avec vous.
1) Enfant vs adulte
Dans la première partie du podcast, je voulais vous parler d’une expérience personnelle — un peu comme tous les jours, je vous parle souvent de ce que je fais, de mes expériences. Et là, ça concerne la différence de sensations, la différence de perception entre enfants et adultes.
Il y a quelques années, je suis retourné voir la maison que j’habitais étant enfant. Aujourd’hui, j’habite dans le sud-ouest de la France, mais quand j’étais enfant, j’habitais une petite ville à côté de Versailles. Versailles, vous connaissez — il y a un château très célèbre. Et cette petite ville se trouve pas très loin de là. À l’époque, je vivais avec mes deux sœurs et mes parents dans une maison avec un jardin. Ce jardin n’avait pas de limite, pas de grillage — et à l’arrière de la maison, le jardin connectait directement avec des espaces verts appartenant à la ville, sans démarcation, sans limite.
Sur cet espace vert, il y avait un petit chemin que j’empruntais pour aller à l’école. Je vous parle de ça, j’avais 6, 7, 8, 9, 10 ans — jusqu’à mes 15-16 ans, on a déménagé après. Donc, dès que j’ai été en âge d’aller à l’école tout seul, je sortais de chez moi par l’arrière, je traversais le jardin, je prenais le chemin, je marchais vers l’école — il y avait une route à traverser — et j’arrivais à l’école. Et pour moi, le chemin était assez long. J’avais le souvenir que ça prenait un peu de temps — peut-être dix, quinze minutes de marche. Et après, j’ai utilisé mon vélo. J’ai eu un vélo à l’âge de sept ans, je crois, et je l’ai utilisé pour aller à l’école tous les jours.
D’ailleurs, je ne sais pas si je vous ai déjà raconté — mais le premier jour où j’utilise mon vélo, j’avais sept ans. Je demande à ma mère de ne pas m’accompagner. Elle me dit : « Ok, Adrien, je ne t’accompagne pas — mais une seule condition : tu regardes bien à droite et à gauche en traversant la rue. » Il n’y avait qu’une rue à traverser. Moi, je prends mon vélo, je pars à l’école — et arrivé à la route, évidemment, je ne regarde pas. Sauf que ma mère m’avait suivi en se cachant. Et en rentrant de l’école, elle m’a passé un savon. « Passer un savon à quelqu’un », c’est une autre expression française — quand on engueule quelqu’un, quand on le réprimande. Je vous parlerai de cette expression une autre fois.
Et donc, ce petit chemin — quand j’étais enfant, il me paraissait assez long. Et quand je suis retourné voir cette maison il y a quelques années, j’ai repris ce chemin à pied en tant qu’adulte — et je me suis rendu compte qu’en fait, l’école était tout près de la maison. En marchant doucement, j’ai dû mettre cinq minutes. C’était juste à côté ! Et le jardin me paraissait petit. La maison aussi. Alors que quand j’étais enfant, je trouvais la maison très grande — le jardin gigantesque.
C’est marrant, cette différence de perception entre enfants et adultes. On ne voit pas le monde de la même manière. Et ça, c’est vrai pour beaucoup de choses. Les souvenirs aussi — il y a des choses qui nous marquent quand on est enfant. Par exemple, cet épisode où ma mère m’a suivi à vélo — je m’en souviens très bien. Je lui en ai reparlé récemment et elle ne s’en souvient absolument pas. C’est intéressant, cette différence de souvenirs entre enfant et adulte. Je pense que c’est pareil pour tout le monde. Dites-moi dans les commentaires — mais à mon avis, si vous retournez voir l’endroit où vous viviez étant enfant, vous allez trouver ça tout petit. Bref, je ne vais pas passer 15 minutes là-dessus — on a une astuce de français à voir aujourd’hui et l’expression du jour.
2) Astuce de français : les déterminants possessifs
Alors, deuxième partie — l’astuce de français. On va parler des déterminants possessifs.
Un déterminant possessif, ça indique l’appartenance, la possession de quelque chose. En ce moment, je parle dans mon micro. C’est le mien — je l’ai acheté, il m’appartient. Quand je dis « mon micro », le mot « mon », c’est un déterminant possessif. Je dis « mon » parce que « micro » est masculin et il y en a qu’un. On accorde le déterminant possessif en genre et en nombre avec le nom qui suit. Si il y avait plusieurs micros, ce serait « mes micros ». Si on parle d’un mot féminin, on va dire « ma voiture » — et au pluriel, « mes voitures ».
Donc, pour la première personne — « je » —, on dit :
- « mon » au masculin singulier,
- « ma » au féminin singulier,
- « mes » au pluriel, masculin ou féminin.
Pour la deuxième personne — « tu » —, c’est la voiture ou le micro de la personne à qui je parle :
- « ton » au masculin singulier,
- « ta » au féminin singulier,
- « tes » au pluriel.
Pour la troisième personne — « il » ou « elle » — :
- « son » au masculin singulier,
- « sa » au féminin singulier,
- « ses » au pluriel.
Et on décline ça à toutes les personnes :
- « nous » → « notre » au singulier, « nos » au pluriel,
- « vous » → « votre » au singulier, « vos » au pluriel,
- « ils » → « leur » au singulier, « leurs » au pluriel.
Pour « notre », « votre » et « leur » — que le mot soit masculin ou féminin, on emploie le même déterminant.
Juste une petite exception — parce qu’en français, il y a toujours une exception. Si un mot commence par une voyelle, prenons le mot « écharpe » — c’est féminin, on dit « une écharpe » —, eh bien le déterminant possessif juste avant va être « son » écharpe, et pas « sa » écharpe. Normalement, « écharpe » étant féminin, on devrait mettre « sa ». Mais comme « sa » se finit par une voyelle et qu’« écharpe » commence par une voyelle, on évite ce hiatus — on utilise « son » pour avoir une consonne entre les deux. « Son écharpe », « mon écharpe », « ton écharpe » — c’est la petite exception concernant les déterminants possessifs.
3) Expression du jour : Apporter son grain de sel
Et maintenant, troisième partie — l’expression du jour : « Apporter son grain de sel. »
« Apporter » — c’est un verbe à l’infinitif, du premier groupe — qui veut dire amener quelque chose. Vous êtes invité à un dîner — vous n’allez pas arriver les mains vides. Vous allez apporter une bouteille de vin, un bouquet de fleurs, un gâteau. C’est ça, apporter quelque chose. Je vais vous conjuguer ce verbe au futur et à l’imparfait. Au futur : « j’apporterai, tu apporteras, il apportera, nous apporterons, vous apporterez et ils apporteront. » Et à l’imparfait : « j’apportais, tu apportais, il apportait, nous apportions, vous apportiez et ils apportaient. »
On revient à l’expression — « apporter son grain de sel ». « Son » — je vous l’ai expliqué — c’est un déterminant possessif. Le mot « grain » est masculin, donc on dit « son grain ».
Un grain de sel, c’est une petite quantité de sel — un tout petit bout. Le grain, la graine, c’est ce qu’on retrouve dans les céréales — le fruit contenu dans l’épi. On peut dire un grain de blé, un grain de maïs. Mais « grain » peut aussi désigner une petite quantité de quelque chose qui a justement la taille d’un grain — un grain de sable, ou ici, un grain de sel.
Et le sel — c’est ce qu’on utilise à table pour assaisonner les plats. Un plat sans sel, ce n’est pas très bon — ça n’a pas de goût. Le sel relève le goût de la nourriture.
Alors, ça veut dire quoi, « apporter son grain de sel » ? Ça veut dire donner son avis sur tout et sur rien — toujours avoir quelque chose à dire, mais avec un côté un peu péjoratif. Quand quelqu’un apporte son grain de sel, ce qu’il dit est souvent inutile, on ne lui a pas demandé son avis. Parfois, c’est énervant — on se dit : « Mais pourquoi il parle lui ? Il ne pouvait pas se taire ? »
Imaginez — vous êtes au boulot avec un collègue devant l’ordinateur, vous êtes en train de modifier le logo d’un document. Vous discutez entre vous : « Est-ce qu’on ne peut pas le mettre plus petit, plus à gauche ? Est-ce qu’il faut le grossir ? » Et là, votre manager passe derrière vous et vous dit : « Vous savez, si vous mettez le logo ici, plus grand, on le verrait beaucoup mieux. » Et il s’en va. Vous dites alors à votre collègue : « Mais pourquoi il apporte toujours son grain de sel, celui-là ? » Ça veut dire : pourquoi votre patron vous dit quelque chose alors qu’il n’avait rien à voir là-dedans — il passait, il a vu ce que vous faisiez, il s’est incrusté.
On dit aussi « ramener sa fraise » — c’est une autre expression qui veut dire la même chose. Dire quelque chose d’inutile, d’énervant, qui ne sert à rien.
Alors, pourquoi parle-t-on de sel ? Le français dérive de deux langues — le latin et le grec. Et en latin, le mot « sel » avait deux sens différents. Il y avait le sel de table, qu’on utilise pour la nourriture — et le sel pouvait aussi signifier l’intelligence, l’esprit, l’ironie. Donc à l’époque, « apporter son grain de sel » voulait dire participer intelligemment à la conversation — apporter un avis utile. Et au fil des années, le sens s’est transformé — de l’intelligence vers quelque chose de non demandé, d’inutile. Aujourd’hui, c’est donc péjoratif.
Demain, on parlera d’une nouvelle expression : « piquer du nez ». Est-ce que vous connaissez cette expression ? Je vous parlerai de ça demain.
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