« Avoir la langue bien pendue » et le 11 novembre en France

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Bonjour à toutes, bonjour à tous ! On est le mardi 11 novembre 2025. Je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien.

1) Le 11 novembre en France

Alors, le 11 novembre en France, c’est une date spéciale — c’est un jour férié. Un jour férié, ça veut dire qu’on ne travaille pas. Évidemment, il y a quand même des Français qui travaillent — comme dans les hôpitaux et autres métiers indispensables — mais la majorité ne travaille pas.

Pourquoi le 11 novembre est-il un jour férié ? Parce que le 11 novembre 1918, c’était la fin de la Première Guerre mondiale. Le 11 novembre 1918, un document a été signé entre les Allemands et les Français signifiant la fin de la Première Guerre mondiale — qui avait duré de 1914 à 1918. Ça s’appelle une armistice. Quand une armistice est signée, ça signifie la fin de la guerre.

Et cette armistice a été signée dans le nord de Paris — à peu près à une heure au nord —, dans la forêt de Compiègne, dans une clairière qui s’appelle Rethondes. Au début, cette armistice a été signée pour 36 jours. Ce document était un accord pour arrêter les combats pendant 36 jours. Et en fait, cet armistice a été renouvelé plusieurs fois jusqu’à ce que la paix soit instaurée, jusqu’à l’arrêt total de la Première Guerre mondiale.

Cette Première Guerre mondiale a fait 10 millions de morts — 10 millions. C’est un 1 et sept zéros derrière. C’est énorme — et il y a eu autant de blessés et d’invalides. Donc, 10 millions de morts, 10 millions de blessés.

Je vais vous parler en quelques minutes de comment était organisée cette guerre. En fait, il y avait une alliance entre l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie — qui était un seul pays à l’époque —, la Bulgarie et la Turquie — qu’on appelait à l’époque l’Empire ottoman. Ça, c’était une alliance de plusieurs pays qui se battaient contre ce qu’on appelle les Alliés : la France, l’Angleterre, l’Italie, certains pays d’Afrique du Nord comme le Maroc et l’Algérie, certains pays comme la Grèce, la Serbie, la Russie et les États-Unis. Donc, il y avait deux blocs qui s’affrontaient.

Et pourquoi cette guerre a-t-elle fait autant de morts ? D’abord parce qu’elle a duré longtemps et que c’était une guerre de positions. Les deux camps avaient creusé des tranchées — de grands trous où on pouvait circuler — et on essayait de gagner du terrain, mais c’était une vraie boucherie.

Et en mars 1918 — donc à peu près 6 à 8 mois avant le 11 novembre 1918 —, un traité a été signé entre l’Allemagne et la Russie pour arrêter les attaques à l’Est. Le problème de l’alliance Allemagne-Autriche-Hongrie-Bulgarie, c’est qu’ils avaient plusieurs fronts à défendre — le front contre la France à l’Ouest, le front contre la Russie à l’Est, et au Sud avec l’Italie. Donc, en mars 1918, l’Allemagne et ses alliés ont signé un traité avec la Russie pour arrêter les combats à l’Est. Mais ils n’ont pas réussi à tenir sur les autres fronts. Évidemment, il y avait beaucoup d’alliés à l’Ouest — l’Angleterre, la France, l’Italie, le Portugal, les États-Unis, etc. Donc, l’Allemagne a reculé jusqu’à ce qu’elle se rende compte que l’Alliance avait perdu la guerre. Donc, les Français et les alliés ont fait venir les responsables de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie en France pour signer un traité, afin d’arrêter la guerre.

C’est l’armistice du 11 novembre. Le traité de paix officiel qui a suivi s’appelle le traité de Versailles — et ce traité de Versailles, que les Allemands vont considérer comme injuste pour eux, va être une des causes de la Seconde Guerre mondiale. Hitler, qui à l’époque était jeune et qui s’est fait élire plus tard par le peuple allemand, a toujours considéré ce traité de Versailles, cette armistice, comme une honte pour l’Allemagne. D’ailleurs, en 1940, quand Hitler et les Allemands envahissent la France, eh bien Hitler fait signer aux Français la capitulation de la France dans le même wagon — à Rethondes, en forêt de Compiègne.

Donc, en 1918, l’Allemagne a plié, l’Allemagne a perdu et a signé une armistice dans un train en forêt de Compiègne. En 1940, quand Hitler a gagné contre la France, il a fait signer aux Français une capitulation dans ce même wagon. C’était une revanche pour lui, parce qu’il considérait le traité de Versailles comme une infamie, comme une injustice.

Alors, il y a une différence entre armistice et capitulation. Une armistice, c’est une paix entre deux camps — on va trouver des arrangements, des clauses pour maintenir la paix. La capitulation, c’est une défaite. En 1940, l’Allemagne gagne contre la France et va l’occuper pendant quelques années. La France capitule contre les Allemands, contre les nazis à cette époque. Voilà la petite différence entre capitulation et armistice, pour ceux qui sont avancés en français.

Excusez-moi, je bois un peu de thé. Et donc, maintenant, on va passer à l’expression du jour. J’espère que ça ne vous a pas trop ennuyé. Moi, j’aime bien l’histoire — ça m’intéresse de savoir comment les pays ont évolué, comment les choses se sont déroulées. Et comme on est le 11 novembre, j’ai pensé que c’était bien d’en parler.

2) Expression française du jour : Avoir la langue bien pendue

Alors, l’expression du jour, c’est « avoir la langue bien pendue ».

« Avoir » — c’est un verbe, mais ça peut aussi être un auxiliaire. C’est exactement comme le verbe « être » — qui peut être un verbe ou un auxiliaire. En français, on a deux auxiliaires : avoir et être. L’auxiliaire va servir à former les temps composés, comme le passé composé par exemple.

Ici, « avoir » est utilisé comme un verbe. « Avoir », quand on l’utilise comme verbe, peut vouloir dire beaucoup de choses. Ça peut signifier la possession — que vous possédez quelque chose. Si vous avez une voiture, vous pouvez dire « j’ai une voiture, je possède une voiture, cette voiture est à moi ». Si vous avez acheté un appartement ou une maison, vous pouvez dire « j’ai une maison, je possède une maison. »

Ensuite, « avoir » peut être utilisé pour exprimer votre état de santé. Si vous dites « j’ai mal au pied, j’ai mal à la tête, j’ai mal au ventre », vous exprimez une souffrance. D’ailleurs, si vous rencontrez un ami qui n’a pas l’air d’aller bien, vous pouvez lui dire : « Ça va ? Qu’est-ce que tu as ? » — « Qu’est-ce que tu as ? » — ici, le « as » — A-S —, c’est le verbe « avoir ». Il pourra vous répondre « ça va, ne t’inquiète pas » ou alors « non, j’ai mal au ventre ».

Et en tant qu’auxiliaire, « avoir » va servir dans les temps composés. Si on prend comme exemple « j’ai mangé du poisson » — « j’ai mangé », c’est le passé composé du verbe « manger ». « Ai » — A-I —, c’est l’auxiliaire « avoir », et « mangé », c’est le participe passé du verbe « manger ». Le passé composé, on le forme avec l’auxiliaire + le participe passé.

Si vous avez des questions sur l’utilisation des verbes en français, j’ai fait une série de podcasts là-dessus. Le podcast sur le passé composé, je vous l’ai expliqué en détail — c’était le podcast 52, avec l’expression « Mon petit doigt m’a dit que ». Et dans les podcasts suivants, je vous expliquais un temps différent à chaque fois.

En ce moment, depuis quelques semaines, je ne parle plus d’astuces de français dans mes podcasts — je fais uniquement une première partie sur ce dont j’ai envie et une deuxième partie sur l’expression du jour. Pourquoi ? Parce que j’ai déjà parlé de beaucoup, beaucoup de règles de français depuis le début de l’année. Je pense qu’on peut s’arrêter un peu là-dessus pour l’instant.

Où est-ce que j’en étais ? Allez, revenons à nos moutons — l’expression du jour : « avoir la langue bien pendue ».

Donc, « avoir » — j’en viens de vous parler. La langue, c’est quoi ? C’est l’ensemble de muscles qu’on a dans la bouche et qui permet de parler. Ce qui me permet de parler en ce moment, ce sont mes lèvres bien sûr, mes muscles du visage, mais surtout ma langue. C’est aussi ce qui permet de sentir les goûts — le salé, le sucré, l’acide, l’amer, l’umami. Tous ces goûts-là, on les ressent sur la langue. D’ailleurs, quand j’ai eu le Covid en 2020, je n’avais plus le goût des aliments et je ne sentais plus rien. Je ne sais pas si vous aussi vous avez eu ça, mais c’est très désagréable.

Alors, on revient à l’expression : « avoir la langue bien pendue ». « Bien », ici, ça veut dire beaucoup. On pourrait dire aussi « avoir la langue qui pend beaucoup » ou « avoir la langue pendue de façon excessive ».

Et « pendue » — c’est le participe passé du verbe « pendre ». « Pendre », ça peut être deux choses. Pendre, c’est soit quelque chose ou quelqu’un qui est attaché par le haut et qui ne touche pas le sol. Un pendu — une personne pendue — va avoir une corde autour du cou et va être attachée à une potence. C’est un supplice — la personne va mourir parce qu’elle ne peut plus respirer. Ça, c’est le premier sens de « pendre ».

Mais « pendre », ça peut être aussi quelque chose qui tombe ou qui va vers le bas. On dit souvent que les joues des personnes âgées pendent — la peau des joues qui tombe vers le bas. Ah, c’est atroce — mais malheureusement, ça va tous nous arriver un jour. Ou ça peut être un vêtement — si vous avez une amie qui a une jupe qui tombe d’un côté, vous pouvez lui dire : « ta jupe pend d’un côté. » Ça veut dire qu’un côté de la jupe descend plus que l’autre.

Ici, dans l’expression, c’est la langue qui pend — la langue qui tombe. C’est comme si elle sortait de la bouche tellement la personne a parlé.

Donc, « avoir la langue bien pendue », ça veut dire « beaucoup parler », « être bavard », « parler avec facilité », « parler avec aisance ». Mais il y a aussi un petit côté péjoratif — un petit côté médisant, impertinent, comme une personne qui va critiquer une autre, qui va dire du mal des autres.

Ceux qui ont la langue bien pendue, ce sont en général les coiffeurs et les coiffeuses. Quand on va chez le coiffeur, eh bien le coiffeur n’arrête pas de parler — en France, en tout cas, c’est comme ça. Les coiffeurs et les coiffeuses ont la réputation de beaucoup parler. Et gnagnagni, et gnagnagna — Monsieur Martin, Madame Nicole, ils sont en couple, ils sont séparés… ça parle de ragots, ça parle de potins. Ça, c’est avoir la langue bien pendue.

D’ailleurs, j’ai un problème avec le coiffeur — c’est que lui me parle, mais moi, quand je vais chez le coiffeur ou chez le barbier, j’ai envie de dormir. Pourquoi ? C’est le bruit de la tondeuse qui m’endort. Je ne sais pas si ça vous fait ça aussi. Il y a des bruits — c’est ce qu’on appelle l’ASMR — des bruits qui endorment. Moi, c’est le bruit de la tondeuse chez le coiffeur. J’ai un pote, c’est le bruit de l’aspirateur. D’ailleurs, il demande à sa copine : « Tu peux passer l’aspirateur s’il te plaît ? J’ai envie de dormir. » Est-ce que vous aussi, il y a des bruits qui vous donnent envie de dormir ?

« Avoir la langue bien pendue » — en anglais, on dit to be a chatterbox — être une boîte à paroles.

Demain, je ne vais plus faire d’analyses de chansons françaises — parce qu’il y a des problèmes avec les droits d’auteur sur YouTube. Je vais plutôt parler de films français. Je vais utiliser une expression d’un film, une réplique pour vous parler du film en français. Je vais commencer demain avec un film français très connu qui s’appelle Les Visiteurs — et tous les dix jours, je vous parlerai d’un film différent.

D’ailleurs, si vous avez des idées, des suggestions de films, je suis preneur. Merci beaucoup de m’avoir écouté. Je vous laisse ici parce que ça fait déjà plus de 20 minutes que je parle. À bientôt, bye bye, hasta luego. Matane !


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