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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que ça va. Aujourd’hui, on est le lundi 1er décembre — pardon, je suis en train de m’étouffer. Donc, c’est lundi — début de la semaine —, j’espère que vous avez passé un bon week-end et que vous êtes en forme. Moi, ça va pas mal — je suis encore un peu malade avec mes allergies, mais sinon, ça va. C’est le début du mois de décembre — lundi 1er décembre 2025. Je vais arrêter de le répéter, je l’ai déjà dit trois fois. Aujourd’hui, nouvelle expression française : « Ça coûte trois francs six sous. »
1) Le franc, avant l’euro
Dans cette expression, on a le mot « franc » — qui est l’ancienne monnaie en France avant l’euro — et le mot « sous » — qui désigne aussi de l’argent, une petite monnaie. En introduction, je vais vous parler un peu du franc, de cette monnaie qui existait avant l’euro — et donc aussi un peu de l’Europe et des voyages entre pays.
Déjà, je vous parle de l’euro. L’euro, c’est la monnaie en Europe. Depuis 25 ans — depuis les années 2000 —, il y a une monnaie unique dans une grande partie de l’Europe. Ce n’est pas le cas en Angleterre, en Grande-Bretagne, parce que la Grande-Bretagne n’est plus dans l’Union européenne. D’ailleurs, même quand elle en faisait partie, elle avait gardé la livre sterling. Mais dans le reste de l’Europe — que vous soyez en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Pologne, en Grèce, en France —, vous n’avez pas besoin de changer de monnaie. Imaginez comme ça a simplifié les voyages.
Avant, il y avait une monnaie pour chaque pays. L’Espagne, c’était les pesetas. L’Allemagne, c’était le deutschemark. Le Portugal — pardon, mon amie portugaise, je ne me souviens plus de la monnaie chez vous avant 2000. Enfin bref. Ça a beaucoup simplifié les voyages. Et grâce à ce qu’on appelle l’espace Schengen, si vous êtes citoyen européen — français, espagnol, belge —, vous pouvez voyager dans toute l’Europe sans visa. Il n’y a plus de contrôle d’identité systématique aux frontières. L’espace Schengen, c’est quelque chose de génial pour les voyages.
D’ailleurs, je ne sais pas si vous le savez — « Europe », ça vient de la mythologie grecque. Je suis fan de mythologie grecque — et Europe, c’était un personnage de la mythologie. Zeus, le maître des dieux de l’Olympe, s’est d’ailleurs transformé en taureau blanc pour séduire Europe. Mais je vous parlerai de ça une autre fois.
Aujourd’hui, je vous parle du franc. Le franc, c’était la monnaie en France avant l’euro — donc avant les années 2000. J’ai 41 ans — je viens d’avoir 41 ans, je suis né en 1984 —, et donc pendant 16 ou 17 ans de ma vie, j’ai connu le franc. Je m’en souviens très bien. Et quand on est passé à l’euro, ça a été compliqué pour beaucoup de personnes de faire la conversion. Un euro, ça vaut à peu près 6,55 francs. Donc quelque chose qui coûtait 6,55 francs, ça coûte 1 euro. Quelque chose à 13 francs, ça fait 2 euros.
Et moi, quand j’étais petit, mes grands-parents parlaient encore en anciens francs. Il y a eu l’ancien franc et le nouveau franc — 100 anciens francs valaient 1 nouveau franc. Ma grand-mère devait donc d’abord convertir les anciens francs en nouveaux francs dans sa tête — et elle a dû ensuite convertir les nouveaux francs en euros. Autant vous dire qu’elle a bien galéré.
Et ça a été la source de beaucoup d’abus. Il y a eu beaucoup de commerçants qui ont profité du passage à l’euro pour augmenter leurs prix. Prenons l’exemple le plus iconique — la baguette. Avant l’euro, une baguette coûtait environ 1 franc. Aujourd’hui, elle coûte entre 1 euro et 1 euro 30 — soit entre 6,5 et 8,5 francs. En 25 ans, le prix a été multiplié par 7 à 9. C’est énorme. Bien sûr, il y a l’inflation, mais au moment du passage du franc à l’euro, certains commerçants se sont bien gavés parce que les Français galéraient à convertir les prix.
2) Expression française du jour : Ça coûte trois francs six sous
Et maintenant, on va passer à l’expression du jour : « Ça coûte trois francs six sous. »
« Ça » — c’est un pronom démonstratif, la contraction de « cela ». On s’en sert pour désigner une chose. Si je dis « combien ça coûte ? », je vais désigner quelque chose — un vêtement, une voiture, une baguette de pain — n’importe quoi. Le « ça » désigne la chose.
« Coûte » — c’est le verbe « coûter ». C’est pour indiquer la valeur de quelque chose. « Combien ça coûte ? » — quel est le prix de cette chose ? On peut dire aussi « combien ça vaut ? ».
Avant de vous conjuguer « coûter », je voulais signaler une petite erreur que j’ai faite hier dans mon podcast — et qui m’a été gentiment rappelée par un fidèle auditeur qui s’appelle Luisleve, ou Luislevé peut-être — désolé si je prononce mal votre nom. En tout cas, merci à vous de m’avoir indiqué cette erreur. Hier, je vous parlais du verbe « pleuvoir » et j’ai dit que le passé antérieur, c’est « il avait plu ». C’est une erreur de ma part — je m’en excuse. « Il avait plu », c’est le plus-que-parfait. Le passé antérieur, c’est « il eut plu » — avec un accent circonflexe sur le « u ». Désolé pour cette confusion.
Maintenant, l’erreur est réparée. Donc — le verbe « coûter » au présent : « je coûte, tu coûtes, il coûte, nous coûtons, vous coûtez et ils coûtent. » C’est un verbe du premier groupe — facile. Et à l’imparfait : « je coûtais, tu coûtais, il coûtait, nous coûtions, vous coûtiez et ils coûtaient. »
Ensuite, dans l’expression, on a « trois francs » — le chiffre 3 devant la monnaie. Et « six sous » — S-I-X — et les sous. Un sou, c’est une monnaie encore plus ancienne que le franc. Un sou, c’est un vingtième de franc — soit 5 centimes. Dans un franc, il y a 100 centimes et il y a 20 sous. Enfin bref, ça, c’est pas important.
Alors — « ça coûte trois francs six sous » — ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ça ne coûte presque rien. La chose dont vous parlez coûte quasiment rien — quelques euros ou quelques centimes. On a plein d’expressions pour dire la même chose — « c’est pas besef », « c’est des clopinettes », « c’est des cacahuètes » — des expressions dont on parlera un autre jour.
Vous pouvez utiliser cette expression, par exemple, dans un magasin de vêtements de seconde main. Vous voyez un t-shirt qui vous plaît — il est à 2 euros — et vous pouvez dire à un ami : « Dis donc, ça coûte trois francs six sous — ça ne coûte presque rien ! »
Pourquoi dit-on « trois francs six sous » spécifiquement ? C’est intéressant. Au XIXe siècle, trois francs six sous, c’était le salaire d’un ouvrier pour une journée. C’était un salaire très bas — un tout petit peu d’argent qui ne permettait pas de manger beaucoup ni d’acheter grand-chose. Et donc, « trois francs six sous » est resté comme expression pour dire quelque chose qui ne coûte presque rien.
C’est une expression du tout à fait langage courant — vous pouvez l’utiliser avec tout le monde : vos amis, vos collègues, votre patron, votre famille — il n’y a aucun problème.
Est-ce que vous avez compris l’expression ? Vraiment, faites-moi des retours — dites-moi s’il y a des choses que vous ne comprenez pas, ou des choses que je pourrais améliorer. Ce podcast, je le fais d’abord parce que ça me plaît — mais surtout pour vous aider à mieux comprendre le français. Donc, je suis à l’écoute.
Demain, on parlera d’un nouveau film français — enfin, pas nouveau, il date de 2011. Je vous parle d’un film français tous les dix jours — le dernier était La Grande Vadrouille, qui est apparemment très connu dans le monde entier, y compris en Chine — ce qui m’a assez étonné. Et donc, demain, ce sera Intouchables. J’espère que le podcast de demain vous plaira aussi. Dites-moi en commentaire si vous connaissez ce film. Je vous souhaite une bonne journée, une bonne soirée, une bonne nuit — et on se retrouve donc demain. À bientôt, bye bye, hasta luego. Matane !
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