« En mai, fais ce qu’il te plaît » et les mauvaises superstitions (suite)

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Bonjour à toutes, bonjour à tous ! On est aujourd’hui le vendredi 31 octobre 2025 et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien. Alors, aujourd’hui, on continue notre petite lancée d’hier — on continue ce dont on avait parlé hier — donc sur les superstitions qui portent malheur.

1) Les superstitions qui portent malheur (suite d’hier)

Les superstitions — je vous rappelle, c’est un mot un peu compliqué, un peu dur à dire — et c’est quelque chose en lequel vous croyez, ou en lequel vous pouvez croire, qui va vous porter bonheur ou vous porter malheur. Je vous répète le mot : superstition, superstition. Vous pouvez le répéter après moi — c’est comme ça que vous allez entraîner votre cerveau et vous améliorer à prononcer du français. Superstition. Et donc, on continue les superstitions qui portent malheur. Aujourd’hui, on va en voir quatre.

La première, c’est de mettre le pain à l’envers sur la table. Vous savez que nous, les Français, on adore le pain et plus particulièrement la baguette. Si vous n’avez jamais mangé de baguette en France, vous avez raté votre vie. Non, je rigole. En tout cas, si vous venez en France, goûtez une bonne baguette de boulanger, une bonne baguette d’artisan avec du beurre salé et du jambon — c’est magnifique. Et donc, ce pain, cette baguette, ou le pain rond en général — ou carré d’ailleurs —, quand il est à l’envers sur la table, quand il est renversé, ça porte malheur.

Pourquoi ça porte malheur, le pain renversé ? Parce qu’à l’époque, il y a longtemps, il y a des centaines d’années, le pain renversé sur une table était réservé pour le bourreau. Le bourreau, c’est la personne qui était chargée de tuer les condamnés à mort. À l’époque, c’était pas la chaise électrique comme aux États-Unis — c’était avec une hache. Donc, la tête du condamné posée sur un morceau de bois et le bourreau était chargé d’abattre sa hache sur le cou du condamné pour le tuer. Et donc, le pain renversé était réservé pour nourrir le bourreau. Ce pain avait autour de lui un sentiment, une odeur, un ressenti lié à la mort, à la douleur. Le travail de bourreau était un travail compliqué parce qu’il devait tuer des gens — peut-être pas tous les jours, mais très souvent. Et donc ce pain renversé, c’est le pain de la mort, le pain du bourreau — donc ça porte malheur. Ça, c’est la première superstition.

La deuxième concerne le fait de trinquer. Trinquer, ça veut dire toucher son verre avec le verre de quelqu’un d’autre quand on boit de l’alcool ou autre chose. En France, on dit qu’on fait « tchin-tchin ». Trinquer, c’est toucher le verre de quelqu’un avec son verre — et il faut se regarder dans les yeux. Si vous ne vous regardez pas dans les yeux, ça porte malheur.

Pourquoi on dit ça ? Pourquoi il faut regarder l’autre personne dans les yeux quand on trinque ? Eh bien, là encore, c’est une croyance ancienne. Il faut regarder la personne dans les yeux pour savoir ce qu’elle pense, pour connaître ses intentions. Il y a des centaines d’années, il y avait en France et dans toute l’Europe beaucoup d’empoisonnements — des personnes se faisaient empoisonner, elles mouraient à cause de poisons versés dans leur verre. Et donc, pour vérifier que la personne en face n’essayait pas de vous empoisonner, on faisait deux choses. La première, c’est qu’on la regardait dans les yeux pour vérifier son intention. Et la deuxième, c’était de trinquer fortement — de vraiment choquer les verres entre eux — pour que le liquide se mélange d’un verre à l’autre. Et comme ça, s’il y avait du poison dans un verre, le poison passait dans l’autre verre, et comme tous les deux allaient boire, on était sûr que personne n’avait essayé d’empoisonner l’autre. Donc, trinquer, c’est à l’apéro, à un dîner — avant de boire, on touche le verre du voisin avec son verre, on le regarde dans les yeux. Évidemment, il ne faut pas maintenant trinquer trop fort — ça c’était avant. Si vous trinquez très fort maintenant, vous allez casser le verre. Donc, ne pas regarder quelqu’un dans les yeux quand on trinque, c’est signe de malheur.

Ensuite — troisième superstition qui porte malheur —, c’est de casser un miroir. Le miroir, c’est ce que vous avez chez vous dans votre chambre, dans votre salon, dans votre salle de bain — et qui va vous permettre de vous regarder. Et donc, de casser un miroir — là, carrément, c’est sept ans de malheur. Pas un, pas deux, pas trois — sept ans.

Alors, la première question, c’est pourquoi casser un miroir porte malheur. Et la deuxième question, c’est pourquoi sept ans. Réponse à la première question : briser un miroir porte malheur parce que dans l’Antiquité — il y a 2 000, 2 500 ans, il y a très longtemps —, quand les miroirs étaient très rares, il n’en existait pas beaucoup, on pensait que le miroir reflétait non seulement le corps de la personne mais aussi son âme. Le corps et l’âme étaient reflétés dans le miroir — et donc en cassant ce miroir, on cassait son âme, ce qui apportait du malheur.

Et pour ceux qui suivaient — deuxième question : pourquoi sept ans ? Parce que les Romains — nous, en tant que Français, on a été envahis par l’Empire romain, donc on a une culture latine —, les Romains pensaient que la vie évoluait par périodes de sept ans : de 0 à 7 ans, de 7 ans à 14 ans, c’était une autre période, de 14 ans à 21 ans, une autre période. Et donc, de casser un miroir, ça cassait votre âme pendant sept ans — pendant toute une période de la vie, pour les Romains. Ça, c’est la troisième superstition.

Je vous rappelle la première : mettre du pain renversé sur la table. La deuxième : trinquer sans regarder quelqu’un dans les yeux — malheur. La troisième : casser un miroir.

Et la dernière pour aujourd’hui — la quatrième —, c’est d’ouvrir un parapluie à l’intérieur d’une maison. Le parapluie, c’est pour se protéger de la pluie. « Parapluie » — on a le préfixe « para » qui veut dire « contre », et « pluie », c’est l’eau qui tombe du ciel. Donc « parapluie », ça veut dire « contre la pluie, pour se protéger de la pluie ». Eh bien, d’ouvrir un parapluie à l’intérieur, ça porte malheur.

Quand j’étais enfant, j’allais souvent en vacances en Normandie, à Granville — pour ceux qui connaissent. Et une fois, j’ai ouvert mon parapluie d’enfant à l’intérieur de l’appartement et ma grand-mère m’a dit : « Adrien, ne fais pas ça — ça porte malheur d’ouvrir son parapluie à l’intérieur. » Et moi, déjà à l’époque, je ne comprenais pas pourquoi. Aujourd’hui, je sais pourquoi — mais je trouve ça toujours aussi absurde. Pourquoi ? Parce que quand les parapluies ont été inventés, le mécanisme pour l’ouvrir était dangereux. Et donc, de l’ouvrir chez soi, ça pouvait casser quelque chose ou blesser quelqu’un — parce que le mécanisme d’ouverture n’était pas sécurisé. Et donc, il valait mieux l’ouvrir dehors.

Ça n’a aucun sens aujourd’hui, puisque le parapluie n’est plus un objet dangereux. Sauf dans les films d’espionnage, où on a souvent du poison — du curare ou du cyanure — au bout du parapluie. Et le tueur va toucher sa victime avec le parapluie pour la tuer. Enfin, ça n’a rien à voir avec ce dont je vous parlais.

Et donc, avec ça, on a fini les superstitions qui portent malheur. Le pain renversé sur la table, ne pas regarder quelqu’un dans les yeux au moment de l’apéro quand on trinque, casser un miroir — et enfin, en quatrième, ouvrir un parapluie à l’intérieur d’une maison.

2) Expression du jour : En mai, fais ce qu’il te plaît

Et donc maintenant, on passe à l’expression du jour : « En mai, fais ce qu’il te plaît. » Hier, on a parlé de « En avril, ne te découvre pas d’un fil ». Je vous l’ai expliqué hier — ça veut dire qu’en avril, en France, il faut bien se couvrir. Il ne faut pas enlever son pull, enlever son manteau, parce qu’il peut faire beau mais il peut aussi faire froid. Alors qu’en mai, en France, il fait beau, il commence à faire bien chaud. Et donc, on peut enlever le pull, on peut enlever l’écharpe, on peut enlever le blouson, on peut faire ce qui nous plaît. C’est ça, l’expression « En mai, fais ce qu’il te plaît ».

Je vous explique donc les mots. « En mai » — c’est au mois de mai, c’est le mois juste après avril et juste avant juin. Ensuite, on a le verbe « faire ». « Fais ce qu’il te plaît ». « Fais », ici, c’est un conseil, c’est quelque chose qu’on nous conseille de faire — et donc c’est l’impératif qui est utilisé. « Ce » — c’est les choses qui te plaisent, les choses que tu veux faire. Et « ce qu’il te plaît », c’est ce que tu aimes, ce que tu veux. « Plaît », c’est le verbe « plaire » — ça veut dire « faire ce qu’on veut ». Quand je fais ce qu’il me plaît, je fais ce que je veux.

Par exemple, ça me plaît de jouer au badminton — ça veut dire « j’aime jouer au badminton ». J’aime ça, je prends du plaisir. « Plaire » le verbe et « plaisir » — c’est de la même famille. Ça me plaît de parler devant un micro et d’enregistrer ces podcasts. Ça me plaît de savoir que ça vous aide à apprendre le français. « Est-ce que ça vous plaît d’écouter ces podcasts ? » J’imagine que oui, si vous m’écoutez. Et donc, quand je vous dis « Est-ce que ça vous plaît ? », vous pouvez répondre : « Oui, ça me plaît d’écouter ce podcast. » Ça me plaît de manger du pain, de faire du sport, de dormir, de regarder un film — on peut utiliser « ça me plaît » pour toutes les choses que vous aimez faire.

Donc, je vous disais qu’en France, en mai, on peut faire ce qui nous plaît — on peut s’habiller comme on veut. Cette expression, c’est la petite sœur — ou la grande sœur, comme on veut — de l’expression d’hier. On dit d’ailleurs parfois les deux en même temps : « En avril, ne te découvre pas d’un fil. En mai, fais ce qu’il te plaît. »

Au mois de mai, en France — d’ailleurs, pour ceux qui aiment l’agriculture, qui aiment le potager, qui aiment travailler leur jardin —, eh bien à la mi-mai, on a ce qu’on appelle les « saints de glace ». Les « saints de glace », ce sont les noms de trois saints qui tombent à la mi-mai. Pour vous expliquer rapidement : dans le calendrier européen, on a chaque jour un saint différent. Par exemple, la Saint-Adrien, c’est le 6 ou le 7 septembre, je crois. On a la Saint-Thomas, la Saint-Gustave, la Saint-Sébastien, etc. — et chaque jour, il y a un saint différent. Eh bien, à la mi-mai, il y a ce qu’on appelle les « saints de glace ».

C’est le moment à partir duquel vous pouvez planter vos légumes — les aubergines, les tomates, les courgettes, tous les légumes d’été pourront être plantés en terre à partir de la mi-mai. Pourquoi la mi-mai ? Parce que c’est la date à laquelle il n’y a plus de gelées possibles en France. Si vous plantez vos tomates début mai, vous prenez un risque que vos pieds de tomates gèlent à cause du froid. Alors qu’à partir de la mi-mai, il n’y a aucun problème.

On a fait une petite déviation sur l’agriculture, sur le potager. Mais c’est un domaine que j’aime beaucoup également — je m’intéresse à beaucoup de choses, et la culture des légumes et des fruits en fait partie. Donc, si vous avez des questions sur le potager, je peux peut-être y répondre.

Donc, tout ça pour revenir à l’expression « En mai, fais ce qu’il te plaît » — on parle ici de vêtements, d’habillement, en parallèle à l’expression d’hier. Ces expressions sont en rapport avec la météo — et je vous ai dit hier d’où elles venaient : elles viennent du monde paysan. Pourquoi ? Parce que les paysans, les agriculteurs, dépendaient de la météo — ils avaient besoin de bien la connaître afin de pouvoir planter au bon moment. Et donc, les agriculteurs, les paysans, les fermiers ont créé des proverbes, des expressions sur la météo pour aider les gens à comprendre à quel moment il fait froid, à quel moment il fait beau. J’en ai d’autres là-dessus d’ailleurs, des expressions sur la météo — et on les fera un autre jour.

En anglais, on dit in May, do as you please — fais ce que tu veux en mai, fais ce qu’il te plaît au mois de mai.

J’espère que vous avez compris, j’espère que ça vous a plu. Demain, nouvelle expression française — on va parler de « se mettre au diapason ». Je vous explique tout ça demain. Laissez-moi un petit commentaire sur YouTube si vous avez des questions ou pour m’encourager — ça aide ma chaîne. Plus il y a de commentaires, plus la chaîne est mise en avant par YouTube et c’est ça qui permet d’avoir des abonnés. Allez, je vous laisse ici pour aujourd’hui. Merci beaucoup de m’avoir écouté et je vous dis donc à demain. Bye bye, hasta luego. Matane !


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