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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. On est aujourd’hui le jeudi 27 novembre 2025 et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien et avec les fables de La Fontaine. Aujourd’hui, et comme prévu hier, nouvelle étude d’une fable de La Fontaine. On va parler d’une fable qui s’appelle Le Lion devenu vieux. Elle n’est pas très longue — il n’y a que 12 lignes —, donc on va pouvoir faire ça en un seul podcast.
Comme d’habitude, je vous lis la fable doucement, puis je vous explique chaque ligne — je vais dire « ligne 1, nana nana, ligne 2, nana nana » — au fur et à mesure, on va faire toutes les lignes. Je vais vous expliquer les mots compliqués, parfois les verbes, les formules qui peuvent être un peu anciennes. Après, je vous relis la fable à vitesse normale, comme si je la lisais à un public français. Et enfin, je vous lis une version que j’ai créée — la même fable, mais avec des mots beaucoup plus simples afin que vous qui apprenez le français puissiez la comprendre. Vous pouvez retrouver le texte de cette fable sur Internet — tapez simplement « le lion devenu vieux ». Vous pouvez aussi le retrouver sur mon Patreon où vous pouvez vous abonner pour avoir accès à des podcasts exclusifs et aux transcriptions des épisodes.
Allez, on commence avec cette fable — Le Lion devenu vieux, par Jean de La Fontaine.
Le Lion, terreur des forêts, Chargé d’ans et pleurant son antique prouesse, Fut enfin attaqué par ses propres sujets, Devenus forts par sa faiblesse. Le Cheval s’approchant lui donne un coup de pied, Le Loup, un coup de dent, le Bœuf, un coup de corne. Le malheureux Lion, languissant, triste et morne, Peut à peine rugir, par l’âge estropié. Il attend son destin sans faire aucune plainte, Quand, voyant l’Âne même à son antre accourir : « Ah ! c’est trop, lui dit-il. Je voulais bien mourir, Mais c’est mourir deux fois que souffrir tes atteintes. »
Et voilà — j’ai fini de vous lire la fable. Est-ce que vous avez compris ou pas ? C’est toujours compliqué à comprendre les fables de La Fontaine — c’est souvent écrit avec des mots anciens qu’on n’utilise plus trop en français actuel. Mais c’est toujours très intéressant — les phrases, les tournures, et surtout la morale. On a toujours dans les fables de La Fontaine une morale, quelque chose que La Fontaine, l’auteur, veut faire passer à travers ses histoires.
Donc, je vais vous expliquer les lignes.
Ligne 1 : « Le Lion, terreur des forêts. »
Le lion, c’est un animal de la savane — un animal qu’on trouve en Afrique, avec une grande crinière. On dit que c’est le roi des animaux, le plus fort, celui que tout le monde craint. Dans cette ligne, il y a le mot « terreur » — une peur extrême. Le lion inspire la terreur chez les autres animaux.
Ligne 2 : « Chargé d’ans et pleurant son antique prouesse. »
« Chargé d’ans » — « les ans », ce sont les années. Donc ici, on nous dit que le lion est chargé d’années — c’est-à-dire qu’il est très vieux. C’est une formule poétique qu’on n’emploie pas dans la vie courante. Et « pleurant son antique prouesse » — « pleurant » est le participe présent du verbe « pleurer ». « Antique », c’est ancien. Et « prouesse », c’est le courage, la bravoure. Donc le lion, devenu vieux, est en train de pleurer en pensant à son passé. Il pense à comment il était avant — et ça le fait pleurer.
Ligne 3 : « Fut enfin attaqué par ses propres sujets. »
« Fut » — c’est le passé simple du verbe « être ». Le lion est attaqué par ses propres sujets. « Sujets » — ce sont les autres animaux. On parle de sujets quand on parle d’un roi. Le roi, c’est celui qui a le pouvoir — et les sujets du roi, c’est tout le reste, la population du royaume. Donc le lion, roi des animaux, en étant devenu vieux, se fait attaquer par les autres animaux.
Ligne 4 : « Devenus forts par sa faiblesse. »
Les autres animaux sont devenus forts comparés au lion qui est devenu faible. Ce n’est pas qu’ils soient plus forts qu’avant — c’est que comparés au vieux lion affaibli, ils le dépassent maintenant.
Ligne 5 : « Le Cheval s’approchant lui donne un coup de pied. »
Le cheval, c’est un animal à quatre pattes que les humains peuvent monter. Le pluriel de « cheval » est « chevaux » — attention à ça. Le cheval s’approche du lion et lui donne un coup de pied.
Ligne 6 : « Le Loup, un coup de dent, le Bœuf, un coup de corne. »
Le loup, c’est un animal de la forêt — et il mord le lion. Le bœuf, c’est le mâle de la vache — et il donne un coup de corne au lion.
Ligne 7 : « Le malheureux Lion, languissant, triste et morne. »
« Malheureux » — le pauvre lion, il lui arrive des malheurs. « Languissant » — ça vient du verbe « languir », c’est s’ennuyer, se morfondre, être déprimé. Et « morne » veut dire la même chose — abattu, triste.
Ligne 8 : « Peut à peine rugir, par l’âge estropié. »
« Peut » ici, c’est le verbe « pouvoir » — le lion peut à peine rugir. Le rugissement du lion, c’est son cri — ça fait peur, ça impressionne. Mais comme le lion est trop vieux, trop faible, il ne peut plus vraiment rugir. Et « estropié » — ça veut dire handicapé. Le lion est devenu handicapé à cause de son âge — il ne peut plus se défendre.
Ligne 9 : « Il attend son destin sans faire aucune plainte. »
Le lion attend son destin — c’est-à-dire sa mort. Et il ne se plaint pas. Une plainte, ça vient du verbe « se plaindre » — c’est quand vous dites que vous avez mal, que ça ne va pas. Mais le lion, même en se faisant battre, ne dit rien.
Ligne 10 : « Quand, voyant l’Âne même à son antre accourir. »
« Quand » nous indique qu’il va se passer quelque chose de nouveau. Le lion voit l’âne arriver vers lui. L’âne, c’est comme un petit cheval — avec la réputation d’être très peureux. Mais le lion est tellement faible que même l’âne n’a plus peur. « L’antre » — c’est le lieu de vie d’un animal : une caverne, une grotte, des sous-bois. C’est là où vit le lion.
Ligne 11 : « Ah ! c’est trop, lui dit-il. Je voulais bien mourir. »
C’est le lion qui parle — il dit à l’âne : « Ah, c’est trop ! » Et « je voulais bien mourir » — ça veut dire « je voulais mourir en paix, mourir tranquillement ». On dit d’ailleurs « mourir de sa belle mort » — une autre expression française — qui veut dire mourir de vieillesse, mourir naturellement.
Ligne 12 : « Mais c’est mourir deux fois que souffrir tes atteintes. »
Le lion dit à l’âne : « Autant le loup, le bœuf — passe encore. Mais me faire maltraiter par toi, l’âne — l’animal le plus faible —, c’est une deuxième mort. »
Alors, c’est quoi la morale ici ? Qu’est-ce que La Fontaine — et avant lui Ésope, parce que c’est à l’origine une fable d’Ésope — veut nous dire ?
Il existe bien sûr une mort physique — le lion qui est vieux va mourir, son cœur va s’arrêter. Mais il existe aussi une mort sociale. Le lion était le roi des animaux, le plus fort. Et il se retrouve là, allongé, à se faire battre par le cheval, le loup, le bœuf — et même par l’âne. La mort sociale, c’est d’être passé du statut de roi au statut de vieux lion qui n’est plus respecté par personne. Le lion meurt socialement — il n’est plus respecté, il n’a plus de pouvoir. Et il mourra une deuxième fois, physiquement.
L’idée, bien sûr, c’est de faire une comparaison avec les humains. Même les plus puissants — les rois, les empereurs, les présidents, les chefs — vont mourir physiquement, mais vont aussi mourir socialement. Les plus jeunes vont prendre le pouvoir des plus anciens, et il n’y aura plus de respect pour ces vieilles personnes. C’est ça, mourir deux fois.
On pourrait le transposer à l’époque actuelle — il y a beaucoup de personnes âgées qui sont seules, qui n’ont plus de contact humain, qui ne sont pas encore mortes physiquement. Elles respirent, elles mangent, elles boivent — mais elles sont tristes, seules, non considérées par la société. C’est leur première mort. La deuxième mort, c’est la mort physique.
Donc cette fable, qui a un côté superficiel en apparence, est en fait très profonde. J’espère que vous avez à peu près compris. Je vais vous la relire à vitesse normale — et après, je vous lirai la version que j’ai créée, qui est beaucoup plus facile à comprendre.
Le Lion devenu vieux, par Jean de La Fontaine.
Le Lion, terreur des forêts, Chargé d’ans et pleurant son antique prouesse, Fut enfin attaqué par ses propres sujets, Devenus forts par sa faiblesse. Le Cheval s’approchant lui donne un coup de pied, Le Loup, un coup de dent, le Bœuf, un coup de corne. Le malheureux Lion, languissant, triste et morne, Peut à peine rugir, par l’âge estropié. Il attend son destin sans faire aucune plainte, Quand, voyant l’Âne même à son antre accourir : « Ah ! c’est trop, lui dit-il. Je voulais bien mourir, Mais c’est mourir deux fois que souffrir tes atteintes. »
Voilà — j’ai fini de vous lire les douze lignes à vitesse standard. Et maintenant, je vous lis la version plus facile.
Le Lion devenu vieux — version simplifiée par Adrien
« Le lion, roi des animaux, devenu vieux et triste de cela, fut attaqué par les autres animaux qui profitaient de sa faiblesse. Le cheval arrive et lui donne un coup de pied. Le loup, un coup de dent. Le bœuf, un coup de corne. Le malheureux lion, affaibli, triste et abattu, peut à peine se défendre, étant devenu handicapé par l’âge. Il attend sans se plaindre. Mais quand l’âne arrive vers le lion : « Ah, c’est trop ! » dit le lion à l’âne. « Je voulais mourir en paix — mais c’est mourir deux fois que d’être maltraité par un âne. » »
Et voilà — j’ai fini de vous lire la version plus facile. Est-ce que vous l’avez comprise ? Si vous avez des questions sur cette fable, n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire sur YouTube — j’y répondrai avec plaisir. Si vous connaissez d’autres fables de La Fontaine que je n’ai pas encore faites, je peux tout à fait les étudier avec vous. Et quand j’aurai fini les fables que je voulais vous expliquer, on va étudier des poèmes — je vous lirai des poèmes en français et vous expliquerai les mots. Donc s’il y a des poèmes que vous aimez, vous pouvez aussi me laisser un petit message sur YouTube.
Merci beaucoup de m’avoir écouté. On se retrouve demain pour une nouvelle expression française : « faire le flanc ». Je vous parle de tout ça demain — et d’ici là, je vous souhaite une bonne journée. À bientôt, bye bye, hasta luego. Matane !
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