Le renard et les raisins

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est le vendredi 7 novembre 2025. Je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien — et aujourd’hui, comme je vous l’avais dit hier, on va étudier une nouvelle fable de La Fontaine. Cette fable n’est pas très connue et elle s’appelle Le Renard et les Raisins. Alors, on va faire comme d’habitude — je vais vous lire la fable doucement. Elle n’est pas très longue, elle n’a que 8 lignes, donc ça va être assez rapide. Puis, je vais vous relire les lignes une par une et je vais vous expliquer en détail les mots compliqués, les phrases un peu complexes — parce que souvent les fables, les poèmes, ce sont des textes un peu compliqués en français. Et enfin, je vous lirai la fable à vitesse normale, puis une version simplifiée, plus facile à comprendre, que j’ai créée pour vous. Et on commence tout de suite avec la lecture lente de la fable.

Le Renard et les Raisins, par Jean de La Fontaine.

Certain Renard gascon, d’autres disent normand, Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille Des raisins mûrs apparemment Et couverts d’une peau vermeille. Le galant en eût fait volontiers un repas ; Mais comme il n’y pouvait atteindre : « Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats ! » Fit-il pas mieux que de se plaindre ?

Vous voyez, c’est très rapide — il n’y a que 8 lignes. C’est une histoire courte, mais quand même compliquée à comprendre.

Dans cette histoire, on va retrouver un renard et des raisins. Regardez l’image du podcast — vous avez un renard au milieu. C’est l’animal orange et blanc, un animal de la forêt. Et au-dessus de lui, on va retrouver des grappes de raisin. Le raisin, ça peut être vert, rouge ou plutôt noir — et ça pousse sur la vigne. On peut le manger comme ça — ça s’appelle du raisin de table —, ou on peut en faire du vin. En France, on a beaucoup de vignes et donc beaucoup de vins différents, de cépages différents, comme on dit.

Alors, on commence la fable. La première ligne, c’est :

« Certain Renard gascon, d’autres disent normand. »

« Certain » — ça veut dire « un renard quelconque, n’importe lequel ». Et « gascon » — c’est quoi ? Le pays gascon, c’est une ancienne région de France, dans le sud-ouest. C’est juste au-dessus du Pays basque pour ceux qui connaissent — et c’est tout près de là où je vis. Donc, La Fontaine dit que le renard pourrait venir de là. Pourquoi gascon ? Parce que les gens du pays gascon sont réputés pour être très fiers, vantards, même trop fiers. Et on va voir pourquoi ça a de l’importance dans la fable.

On retourne à la première ligne. « D’autres disent normand. » « D’autres » — ce sont d’autres personnes. D’autres pensent que le renard vient de Normandie. La Normandie, c’est là où je passais toutes mes vacances quand j’étais enfant — c’est dans le nord-ouest de la France. Et pourquoi La Fontaine dit que le renard pourrait être normand ? Parce qu’on dit des Normands qu’ils sont indécis, qu’ils ne savent pas prendre une décision — c’est peut-être oui, peut-être non. D’ailleurs, on dit « peut-être ben oui, peut-être ben non ». Ça aussi, ça va avoir une importance dans la fable. Le renard est donc soit gascon — et donc très fier, trop fier — soit normand — et donc indécis, il ne sait pas choisir.

On continue avec la ligne 2 :

« Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille. »

« Mourant presque de faim » — « mourant », c’est le participe présent du verbe « mourir ». Donc, le renard est en train de quasiment mourir de faim. Il a très faim, il n’a plus de force, il a envie de manger, il pourrait manger n’importe quoi. Et après, on a « vit au haut d’une treille ». « Vit » — c’est V-I-T — c’est le passé simple du verbe « voir ». Et « une treille » — c’est quoi ? La treille, c’est la structure métallique ou en bois créée par l’homme pour soutenir la vigne, pour soutenir les raisins. Donc, le renard voit, accrochés à une treille, quelque chose — des raisins. C’est la ligne 3 :

« Des raisins mûrs apparemment. »

Le renard a faim et il voit, en hauteur, des raisins qui sont mûrs. « Mûrs », ça veut dire qu’on peut les manger. Des raisins pas mûrs, ce n’est pas bon à manger. Des fruits mûrs, c’est le moment où il faut les manger. Les raisins mûrs, c’est à l’automne — en septembre, peut-être fin août. On peut penser que cette histoire se passe en septembre puisque les raisins sont mûrs.

Ligne 4 :

« Et couverts d’une peau vermeille. »

« Couverts » — ça veut dire « recouverts ». Et qui est recouvert ? Ce sont les raisins. Recouverts de quoi ? D’une peau vermeille. La peau du raisin, c’est l’enveloppe extérieure. Et « vermeille » — c’est une couleur : rouge foncé, rouge très foncé. Donc, les raisins sont beaux, bien mûrs, avec une belle peau rouge foncée.

Ligne 5 :

« Le galant en eût fait volontiers un repas. »

« Galant » — c’est quoi ? D’habitude, galant, c’est quelqu’un qui agit de façon honnête et élégante, qui a de bonnes manières. Mais ici, c’est un autre sens — un vieux sens — galant veut dire rusé, intelligent. Le renard, dans les fables, c’est souvent lui qui joue des tours aux autres animaux — comme dans la fable du bouc dans le puits, ou dans Le Corbeau et le Renard. C’est pour ça qu’ici on a le mot « galant ». Donc : « Le galant en eût fait volontiers un repas » — « en », ici, représente les raisins. « Eût fait » — c’est le passé simple du verbe « avoir » suivi du participe passé de « faire ». Ça veut dire que le renard aurait bien voulu manger ces raisins, en faire son repas.

Ligne 6 :

« Mais comme il n’y pouvait atteindre. »

Ici, on a la conjonction de coordination « mais » — donc quelque chose va poser problème. C’est quoi ? Le renard ne peut pas atteindre les raisins. Ils sont trop haut pour qu’il puisse les attraper.

Et la ligne 7 — avec des guillemets au début, donc c’est le renard qui parle :

« Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats ! »

Le renard dit que les raisins sont trop verts, qu’ils ne sont pas mûrs, pas prêts à être mangés. Et il dit que ces raisins sont bons pour des goujats. Un goujat, aujourd’hui, c’est quelqu’un qui se comporte d’une manière mal élevée, sans galanterie — c’est l’opposé de galant. Mais ici, « goujat » veut dire valet, esclave. Donc, le renard — qui se prend pour quelqu’un de galant — dit que les raisins ne sont bons que pour les esclaves, pas pour lui.

Dernière ligne, ligne 8 :

« Fit-il pas mieux que de se plaindre ? »

Ici, il manque le mot « ne » au début de la phrase — mais La Fontaine l’a enlevé exprès pour garder la musique de la fable, le même nombre de syllabes qu’avant. Donc, la vraie phrase, c’est : « Ne fit-il pas mieux que de se plaindre ? » Ça veut dire : « N’avait-il pas mieux à faire que de se plaindre ? » Sous-entendu — il aurait mieux fait d’essayer d’attraper les raisins, peut-être en grimpant, en cherchant un ami pour l’aider, plutôt que de rejeter la situation et de critiquer les raisins.

Comme le renard a vu qu’il ne peut pas attraper les raisins, au lieu d’essayer, au lieu de réfléchir, il va les rejeter — il va dire « non, ils ne sont pas bons, ils sont trop verts, ils ne sont pas pour moi. »

Donc, la morale, c’est quoi ? C’est que quand on est dans le déni, quand on ne veut pas voir la réalité, eh bien on fuit, on évite pour ne pas se retrouver dans une situation désagréable. Et on va aussi critiquer souvent ce qu’on ne peut pas obtenir. Le renard critique les raisins parce qu’il ne peut pas y avoir accès. Si les raisins avaient été à sa hauteur, il les aurait mangés et il aurait été content. Comme ils sont trop hauts, il ne peut pas les atteindre — donc il va les critiquer.

On retrouve ça aussi dans les relations amoureuses. Je suis sûr que vous — ou quelqu’un que vous connaissez — avez déjà voulu sortir avec une autre personne qui a dit non. Et donc votre ami — ou vous — avez dit : « De toute façon, il ou elle n’est pas bien pour moi, il est trop prétentieux, etc. » On va trouver des défauts à la personne avec qui on voulait sortir. On critique souvent ce qu’on ne peut pas obtenir. C’est ça la morale de cette fable.

J’espère que vous avez mieux compris avec mes explications. Je vais vous relire la fable à vitesse normale — comme si je la lisais à des Français — et ensuite, je vais vous lire la version simplifiée que j’ai créée pour vous qui apprenez le français.

Alors, on y va. Le Renard et les Raisins, par Jean de La Fontaine :

Certain Renard gascon, d’autres disent normand, Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille Des raisins mûrs apparemment Et couverts d’une peau vermeille. Le galant en eût fait volontiers un repas ; Mais comme il n’y pouvait atteindre : « Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats ! » Fit-il pas mieux que de se plaindre ?

Ça, c’est la version originale. Et maintenant, je vous lis la version simplifiée.

Le Renard et les Raisins — version simplifiée

« Un renard qui mourait presque de faim vit en hauteur de beaux raisins à la peau rouge foncée. L’animal aurait bien voulu en faire son repas. Mais comme il ne pouvait pas atteindre les fruits : « Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour les esclaves ! » N’avait-il pas mieux à faire que de critiquer les raisins ? »

Et voilà — on arrive au bout. Je vous avais dit que ça serait un peu plus court que les autres fables de La Fontaine — et c’est pas plus mal.

Demain, on retourne sur les expressions françaises — et demain, on va voir une expression française qui est « comme dans du beurre ». En France, on adore le beurre — je vous parlerai de tout ça demain. Merci beaucoup de m’avoir écouté et on se retrouve donc demain. Bye bye, hasta luego. Matane !


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