« Mettre des bâtons dans les roues » et les toilettes

Written in

by

Lire la transcription

Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est le samedi 29 novembre 2025 et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien. On est bien sûr le 29 novembre 2025 — mais peut-être que certaines personnes vont écouter ce podcast en 2026 ou en 2027, en 2030, en 2050. Donc, bonjour à vous. Si vous m’écoutez en 2050 et que vous avez 20 ans, c’est que, au moment où j’enregistre ce podcast, vous n’êtes pas encore né — vous naîtrez dans 5 ans. C’est marrant. Mais bon, ce n’est pas de ça que je voulais vous parler aujourd’hui. Aujourd’hui, on va parler comme d’habitude d’une nouvelle expression française : « mettre des bâtons dans les roues ».

1) Les toilettes

Mais avant ça, je voulais parler un peu des toilettes. Les toilettes, c’est là où on va pour faire ses besoins. Il y a des toilettes dans toutes les maisons en France et dans beaucoup de maisons dans le monde. Bien sûr, il y a des pays où les gens n’ont pas accès aux toilettes — mais moi, je vais vous parler des toilettes dans les maisons. Vous pouvez faire pipi, faire caca. On dit aussi « uriner » pour faire pipi, ou « aller à la selle » pour faire caca.

Ma question, c’est : qu’est-ce que vous faites aux toilettes — pour vous occuper ? Pour les hommes, en général, on urine debout et les femmes font ça assises. Pour la grosse commission — pour aller à la selle, donc —, tout le monde fait ça assis.

Et quand on est aux toilettes, on s’occupe. Il y a des personnes qui vont rester très peu de temps — elles font leurs besoins, hop hop hop, et elles sortent. Et il y a des gens qui vont rester plusieurs minutes. Moi, je fais partie de ces personnes-là.

Alors, qu’est-ce qu’on fait aux toilettes ? Avant, on lisait un magazine. Souvent, on avait une pile de magazines dans les toilettes, et on pouvait les feuilleter. Chez moi, il y avait des magazines de culture générale — de culture G, comme on dit. Mais maintenant, il n’y a plus rien.

Maintenant, comme beaucoup de monde, je prends mon téléphone. En général, je révise des mots de japonais — soit je lis un article en japonais, soit je lance une application pour réviser des mots. En ce moment, j’apprends le japonais depuis deux ans. D’ailleurs, dans une semaine, je passe mon examen — j’espère que je vais l’avoir. Donc, je profite de ces quelques minutes aux toilettes pour réviser 30, 40, 50 mots. Après, quand j’ai fini, je m’essuie tranquillement — bon bref, je vous passe les détails — et je ressors.

Je pense qu’aujourd’hui, beaucoup de monde fait ça aux toilettes. Évidemment, pas réviser du japonais — mais prendre son téléphone, lire un article, aller sur les réseaux, envoyer un message. Il y a même des personnes qui téléphonent aux toilettes. Le problème, c’est que souvent la pièce résonne — et la personne en face vous dit : « Ah, t’es aux toilettes ! C’est sympa de m’appeler depuis les toilettes ! » Moi, je ne décroche pas quand je suis aux toilettes. Et vous — est-ce que vous envoyez des messages, est-ce que vous téléphonez ? Dites-le moi en commentaire.

Ce qui est marrant aussi, c’est que de temps en temps, les toilettes sont originaux chez les gens. On a une décoration qui sort de l’ordinaire — un papier peint rigolo, par exemple. Le papier peint, c’est du papier qu’on colle au mur, avec un motif. Quand vous rénovez une maison, vous pouvez mettre de la peinture ou du papier peint — et depuis quelques années, le papier peint revient à la mode, souvent dans les toilettes.

Et moi, quand j’étais enfant, il y avait une autre décoration dans les toilettes. Qu’est-ce que c’était ? Eh bien, il y avait des photos de moi et de mes sœurs — des photos de classe. En France et dans beaucoup de pays, on prend chaque année une photo de l’élève seul et une photo de groupe de toute la classe. J’ai deux sœurs — donc mes parents, dans les toilettes, avaient accroché les photos de mes sœurs et de moi, et de toutes nos classes. Deux photos par enfant, trois enfants — donc six photos par année. Au fur et à mesure des ans, le mur se remplissait de photos de classe. Ce qui était marrant pour les invités, c’est d’essayer de nous retrouver, mes sœurs et moi, parmi les autres élèves. C’était une occupation aux toilettes — à une époque où il n’y avait pas encore de portable pour aller sur Internet.

2) Expression française du jour : Mettre des bâtons dans les roues

Et maintenant, deuxième partie — l’expression du jour : « Mettre des bâtons dans les roues. »

Dans cette expression, on a six mots. Le premier mot, c’est le verbe « mettre ». C’est un verbe du troisième groupe qui veut dire, en général, placer quelque chose ou quelqu’un à un endroit. « Je mets un stylo sur une table » — ça veut dire je pose un stylo sur une table. « Tu mets un fauteuil dans la pièce » — tu places un fauteuil dans une pièce. Ça, c’est l’emploi le plus général.

Mais on a aussi des usages plus spécifiques. Je vais vous en donner deux. Le premier — les commerçants utilisent souvent « mettre » pour remplacer « vendre » ou « donner ». Vous allez chez le boulanger et le vendeur vous dit : « Qu’est-ce que je vous mets ? » Ça veut dire « Qu’est-ce que vous voulez ? Qu’est-ce que vous souhaitez acheter ? » Et vous répondez : « Deux baguettes, trois croissants et un pain au chocolat. » C’est une formule un peu ancienne, mais on l’entend encore chez les commerçants en France.

Le deuxième usage un peu particulier de « mettre », ça va être pour remplacer « dire » — ou plus précisément « disons » — quand on fait une hypothèse. Je vous donne un exemple : « Disons que j’ai 100 000 euros — alors je pourrais acheter une maison. » Eh bien, on peut remplacer « disons » par « mettons ». « Mettons que j’ai 100 000 euros, alors j’achèterai une maison. » « Mettons que je puisse parler chinois — alors j’irais vivre en Chine. » C’est une hypothèse, une idée qu’on lance pour développer quelque chose derrière. « Mettons » c’est le verbe « mettre » au présent, à la première personne du pluriel.

Ensuite, on a « des bâtons » — c’est quoi un bâton ? C’est un morceau de bois — une branche, assez longue pour la prendre dans la main. Ça peut aussi être d’autre matière, mais ça a forcément une forme allongée, cylindrique. On peut parler d’un bâton de guimauve — c’est une confiserie —, ou d’une baguette magique, qui est une forme de bâton.

Et les roues — c’est quelque chose de rond qu’on retrouve sur un vélo, sur une voiture. Sans roues, ça ne fonctionne pas. La roue a été inventée il y a plus de 6 000 ans — les premières traces datent de 3 500 avant Jésus-Christ, en Mésopotamie — dans la région de l’Irak actuel. C’est un génie, celui qui a inventé la roue.

C’est marrant — au début, les roues étaient pleines. On coupait du bois en forme ronde pour transporter des choses plus facilement. Mais le bois était plein. Ce n’est qu’après qu’on a évidé une partie de l’intérieur en mettant des rayons — c’est le mot que je cherchais — entre le centre et l’extérieur de la roue, pour la rendre plus légère et plus facile à faire tourner.

Donc — « mettre des bâtons dans les roues » — imaginez que vous êtes à vélo, vous roulez tranquillement, et tout d’un coup quelqu’un arrive et met un bâton dans votre roue. Qu’est-ce qu’il va se passer ? Le vélo va s’arrêter net — et vous allez tomber vers l’avant, vous faire mal, vous créer un problème. Eh bien, « mettre des bâtons dans les roues », c’est ça — c’est créer des problèmes à quelqu’un, rendre une tâche difficile à quelqu’un.

On peut utiliser cette expression dans toutes les situations — entre amis, au bureau, en famille. Et le meilleur exemple, pour moi, c’est la politique. Les partis de droite mettent des bâtons dans les roues des partis de gauche — et les partis de gauche mettent des bâtons dans les roues des partis de droite. Chacun veut imposer sa vision et empêche l’autre d’avancer. Donc, personne n’avance et le pays reste au point mort. Meilleur exemple de bâtons dans les roues — c’est la politique.

Je ne sais pas si c’est pareil dans votre pays, mais en ce moment, en France, c’est assez spécial. Enfin bon, ce n’est pas ça le sujet.

Donc — « mettre des bâtons dans les roues », c’est rendre la tâche difficile à quelqu’un, créer des obstacles. J’espère que vous avez compris. Laissez-moi un petit commentaire si ce n’est pas le cas. Vous pouvez toujours me retrouver sur mon Patreon — si vous appréciez ce podcast, vous pouvez vous abonner gratuitement ou de façon payante pour me soutenir.

Demain, nouvelle expression française : « pleuvoir comme vache qui pisse ». Je vous parlerai de tout ça demain. D’ici là, passez une bonne journée, une bonne nuit — et je vous dis donc à bientôt. Bye bye, hasta luego. Matane !


En savoir plus sur Le français c'est facile avec Adrien

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire