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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est le mercredi 19 novembre. J’espère que tout le monde va bien et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien. Aujourd’hui, on va parler d’une expression française évidemment — qui est « tomber sur un os » —, mais avant, je voulais vous parler d’une conversation que j’ai eue avec ma prof de japonais.
1) Le caractère des Français
Pour ceux qui écoutent mon podcast depuis un moment, vous devez savoir que j’apprends le japonais depuis deux ans. Je vais d’ailleurs passer un examen le 7 décembre — mais j’aurai l’occasion de vous en reparler. Donc, j’apprends le japonais tout seul, j’essaie d’en faire un peu tous les jours, et deux fois par semaine, pendant 30 minutes, je discute avec ma prof de japonais. Et cette semaine, dans la discussion, est venue la question du caractère des Français.
Pourquoi les Français gueulent autant ? Pourquoi les Français se plaignent ? Pourquoi les Français manifestent ? Pourquoi on ne fait que râler alors qu’on a quand même un beau pays ? C’était la question de ma prof de japonais — qui se demande comment ça se fait que nous, les Français, alors qu’on a un pays plutôt riche — évidemment, tout le monde n’est pas riche, il y a beaucoup de pauvreté en France, mais à l’échelle mondiale, il y a des pays beaucoup, beaucoup plus pauvres —, comment ça se fait qu’on gueule tout le temps, qu’on ne soit jamais content ?
Et ce n’est pas que le fait d’avoir un pays plutôt riche — on a aussi une sécurité sociale. Tous les mois, sur les salaires des Français, est prélevé un montant qui sert à payer les soins et les frais de santé de tout le monde. Donc, quand on va chez le médecin, à la pharmacie pour les médicaments, à l’hôpital — c’est gratuit, quasiment gratuit. Il y a une part qu’on paye, mais peu importe. Donc, on a la sécurité sociale, on a de la nourriture — il n’y a pas de famine en France —, on a un climat idéal, un climat tempéré — il fait chaud l’été, froid l’hiver, on a quatre saisons distinctes —, on a des campagnes, des villes, la mer, la montagne. Franchement, niveau pays, on n’a pas à se plaindre.
Mais alors pourquoi a-t-on ce besoin de se plaindre et de revendiquer quelque chose ? Pourquoi on est toujours, nous les Français, en train de râler ? On râle dans notre propre pays, on se plaint des inégalités — et on râle aussi dans les pays étrangers.
Je veux dire — les Français en tant que touristes, c’est une catastrophe. C’est un cauchemar pour les pays étrangers, à mon avis. Je vais vous raconter une anecdote. Une personne que je connais, un peu âgée, va aux États-Unis et elle va manger dans un restaurant avec d’autres Français. Et elle demande au serveur quel est le menu — elle demande en français : « Est-ce que vous avez un menu ? » Évidemment, le serveur ne comprend rien — il est américain, il parle anglais. Donc, le serveur tend l’oreille, essaie de comprendre. Et cette femme, au lieu de se rendre compte qu’il fallait parler anglais, parle français plus fort : « Est-ce que vous avez le menu, s’il vous plaît ? » Mais c’est un cauchemar ! Les Français à l’étranger, ce sont les pires des touristes, je pense.
Alors pourquoi on est comme ça ? Pourquoi on n’est jamais content de ce qu’on a ? Je pense que ça remonte à longtemps — évidemment à la Révolution française, en 1789, quand on a coupé la tête du roi, mais je pense que ça remonte encore avant. Les Français ont un désir et un besoin de justice sociale. On veut contester les abus. On n’aime pas quand il n’y a pas de justice. Donc, quand il y a des injustices, on veut les dénoncer.
Peu importe le niveau de vie, peu importe ce qu’on vit en général, on dénonce les injustices. On a un besoin d’égalité — c’est d’ailleurs une partie de la devise de la France : liberté, égalité, fraternité. Je vous parlerai de ça une autre fois. Donc, on a un besoin de défense des droits de tout le monde. Oui, on a un pays plutôt riche, des hôpitaux accessibles, pas de guerre, pas de famine, un bon climat — mais on ne regarde pas ça. Nous, on regarde ce qu’on peut avoir encore plus, où sont les problèmes, comment réduire les inégalités, comment apporter de l’égalité à tous, comment défendre les droits de tout le monde.
D’ailleurs — la grève, est-ce que vous savez ce que c’est ? Faire grève, ça veut dire s’arrêter de travailler pour dénoncer un problème. Ça peut être le réseau ferré, la SNCF. Ça peut être les contrôleurs aériens, les pilotes. Ça peut être les infirmières et infirmiers. N’importe quel métier peut faire grève. Ça veut dire qu’une majorité de ces personnes ne va plus aller au travail pendant un, deux, trois, dix jours s’il le faut — jusqu’à discuter avec le gouvernement et obtenir ou non ce qu’ils veulent. La dernière grosse grève, c’était celle des agriculteurs — il y a à peu près un an. Les agriculteurs travaillent énormément et sont payés très peu. Donc, ils ont décidé de prendre leurs tracteurs de toute la France et de monter à Paris pour manifester, pour dénoncer leurs problèmes. Et ce droit de grève — le fait de s’arrêter de travailler pour dénoncer un problème — c’est un droit constitutionnel. « Constitutionnel », c’est un mot compliqué — ça veut dire que c’est un droit inscrit dans la Constitution. La Constitution, c’est un ensemble de droits, un ensemble de règles qu’on ne peut quasiment jamais changer. C’est un droit très important.
Donc, où je veux en venir ? Ce côté râleur des Français, ce côté jamais content, ça peut être mal perçu — je comprends que des habitants d’autres pays considèrent cela comme un défaut. Mais en fait, c’est aussi un besoin de justice, un besoin d’égalité, et ça, on ne le comprend pas toujours de l’extérieur.
D’ailleurs, vous qui apprenez le français — si vous venez en France et que vous voulez commencer une conversation avec quelqu’un que vous ne connaissez pas, vous pouvez vous plaindre de quelque chose. Imaginez — vous êtes dans un parc en France et vous voulez parler français. Vous trouvez une personne assise sur un banc et il fait froid. Au lieu de dire « Bonjour, est-ce qu’on peut parler français ? », vous pouvez vous asseoir et vous plaindre du froid : « En ce moment, il fait vraiment trop froid. » Là, vous vous plaignez du froid — et le Français va vous répondre : « Ah ben oui, c’est vrai, il fait trop froid, c’est vraiment pas normal. » Et la conversation va commencer. Plaignez-vous, faites comme nous — « il fait trop froid, il y a trop d’impôts » — tous les sujets de plainte sont bons pour commencer une conversation en français.
Mais je pense qu’aussi, pour les Français, il y a un côté un peu enfant gâté — c’est mon avis personnel. On a été habitués à une bonne qualité de service dans tout — les hôpitaux, les restaurants, les transports, les écoles. Et donc, dès que quelque chose ne va pas, on le remarque et on se plaint, un peu comme des enfants gâtés. Et si on se comparait à des pays beaucoup plus pauvres, je pense qu’on se plaindrait moins. Mais ce côté râleur, ce besoin de gueuler, de manifester, ce n’est pas uniquement se plaindre pour le plaisir — c’est aussi ce besoin de justice, ce besoin d’égalité depuis la Révolution française, depuis 1789, depuis qu’on a coupé la tête du roi et qu’on a voulu supprimer les privilèges.
Bon, j’ai beaucoup trop parlé aujourd’hui — ça fait déjà 15 minutes et je n’ai toujours pas commencé l’expression française. Désolé !
2) Expression française du jour : Tomber sur un os
Donc, l’expression française du jour, c’est « tomber sur un os ».
« Tomber » — c’est se casser la figure, trébucher, s’écrouler. On dit aussi familièrement « se casser la gueule », « se ramasser ». On a plein de mots qui veulent dire tomber. C’est quand vous tombez sur le sol, quand vous vous retrouvez à terre.
Mais ici, dans l’expression « tomber sur un os », il y a le mot « sur ». Et « tomber sur quelqu’un » ou « tomber sur quelque chose », ça veut dire « rencontrer quelqu’un » ou « quelque chose ». Vous pouvez dire : « Hier, je suis tombé sur un ami dans la rue. » Ça veut dire que vous avez rencontré cet ami par hasard — vous n’aviez pas rendez-vous. Donc, « je suis tombé sur un ami », ce n’est pas que vous avez trébuché sur quelqu’un — c’est que vous avez rencontré cette personne par hasard.
Ici, dans l’expression du jour — « tomber sur un os » —, on va rencontrer un os. Un os, c’est ce qui compose le squelette — humain ou animal. Quand on se casse un os, on se fait une fracture, une fracture osseuse. « Osseuse » et « os », ce sont des mots de la même famille.
Donc, ça veut dire quoi, « tomber sur un os » ? À quel moment va-t-on rencontrer un os ? Eh bien, quand on mange. Quand on mange du lapin, du poulet — parfois, dans la viande, il y a de l’os. Et quand on mâche de l’os, ce n’est pas agréable. C’est un problème — ça surprend, ça fait mal. On rencontre un obstacle inattendu. Eh bien, « tomber sur un os », c’est ça — c’est rencontrer un problème, avoir une difficulté.
Je vous donne des exemples. Disons que vous avez rendez-vous pour aller au cinéma avec quelqu’un. Vous partez de chez vous en voiture — vous roulez tranquillement, vous êtes à l’heure — et tout d’un coup, panne de voiture. Vous devez appeler un dépanneur et vous ne pouvez plus aller au cinéma. Vous pouvez appeler votre ami pour lui dire : « Excuse-moi, je suis tombé sur un os — j’ai eu une panne de voiture. » J’ai rencontré un problème qui fait que je ne pourrai pas venir.
Et vous pouvez l’utiliser dans tout — même au travail. Si vous avez un rapport à remettre à votre patron pour le lendemain, vous travaillez dessus le soir — et tout d’un coup, l’ordinateur s’éteint, ou plus de wifi. Le lendemain, vous pouvez dire à votre patron : « Excusez-moi, hier soir, je suis tombé sur un os — je n’ai plus eu de wifi, et donc je vous donnerai le rapport tout à l’heure. »
« Tomber sur un os », c’est avoir un problème, avoir une difficulté. On dit aussi « avoir une galère » ou « être en galère » — c’est quand les choses ne se passent pas comme on le voudrait. En anglais, la traduction toute simple, c’est to hit a snag — rencontrer un obstacle — ou plus simplement to have a problem.
Bien, je ne vais pas parler plus longtemps de l’expression parce qu’elle est assez simple et que j’ai beaucoup parlé dans la première partie. Demain, on fera une nouvelle expression française — ou plutôt deux mots qui veulent dire la même chose : « Pétaouchnok » et « Trifouillis-les-Oies ». Je suis sûr que vous ne connaissez pas ces deux mots — je vous dirai ce que c’est demain.
D’ici là, si vous voulez avoir la transcription des podcasts, vous pouvez me retrouver sur mon Patreon — ça me permettra de continuer à produire ces podcasts et j’en serai très content. Vous retrouverez d’ailleurs sur mon Patreon, en ce moment, les contes et légendes de la mythologie grecque une fois par semaine, et deux fois par semaine un nouveau chapitre du livre de Jules Verne Voyage au centre de la Terre. Merci beaucoup de m’avoir écouté — on se retrouve demain jeudi. D’ici là, je vous souhaite une bonne journée. À bientôt, bye bye, hasta luego. Matane !
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