« Boire tout son soûl » et mon examen de japonais

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. Aujourd’hui, on est le mardi 9 décembre 2025 et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui, on va parler d’une expression française qui est « boire tout son soûl ». Mais avant, je vais vous parler de mon examen de japonais que j’ai passé dimanche, donc il y a deux jours.

1) Mon examen de japonais

Peut-être que vous avez déjà passé un examen dans une autre langue, une langue qui n’est pas votre langue maternelle, peut-être même un examen de français et ça va peut-être vous rappeler des souvenirs. Donc, l’examen que j’ai passé dimanche était à deux heures de train de chez moi dans une ville qui s’appelle Bordeaux.

Moi, j’habite dans le sud-ouest de la France près de la mer, près de l’océan plutôt, et donc je mets deux heures de train pour aller un peu plus au nord à Bordeaux. Donc, je me suis levé, je suis parti, j’ai pris le train, après j’ai dû prendre le tramway et je me suis retrouvé à l’examen ou plutôt au lieu où je devais passer l’examen, à l’université Montaigne de Bordeaux, eh bien je suis arrivé juste à l’heure.

On avait rendez-vous à 11h30 pour commencer l’examen à 12h30 et cet examen que j’ai passé c’est le troisième niveau. Ça s’appelle le Japanese Language Proficiency Test, JLPT N3 que j’ai essayé de faire, que j’ai passé et donc, j’arrive à 11h30, on attend un peu, ils ouvrent les portes, franchement il y avait pas mal de monde. Et là, commence la fouille des sacs et la vérification d’identité de chaque personne et vérifier si chaque personne avait bien son voucher comme les billets d’avion, mais là, c’est pour passer l’examen afin que ce soit évidemment la bonne personne qui passe l’examen pour éviter la triche. Donc, je patiente dans la queue, j’attends, je stresse un peu parce que je ne sais pas si je suis tout à fait prêt pour réussir cet examen.

Finalement, c’est mon tour, je passe les contrôles, je laisse mon sac dans une salle et je m’installe dans la salle de l’examen. Pour passer le JLPT, on a le droit d’amener dans la salle que des crayons de papier, une gomme sans étiquette, une bouteille d’eau sans étiquette et c’est tout. Pas de téléphone évidemment, pas de trousse, pas de taille-crayon, rien du tout. J’imagine qu’il a dû y avoir beaucoup de triche à cet examen pour qu’ils en arrivent à des mesures aussi importantes. Donc, les seules choses qu’on pouvait amener : crayons de papier, gommes sans étiquette, pas d’étiquette sur la gomme et une bouteille d’eau, là encore sans étiquette.

L’examen, c’est divisé en trois parties. La première c’était du vocabulaire et de la compréhension de kanji. Les kanji, ce sont des idéogrammes, des dessins qui représentent en japonais des mots, des parties de mots ou des idées. Ça, c’est la première partie. Après, on a eu une petite pause et ensuite, deuxième partie. « Grammaire, compréhension écrite ». Alors là, j’ai galéré. Autant la première partie, ça a été, je pense que je me suis plutôt pas mal débrouillé, c’était pour moi le plus facile, mais la deuxième partie, on avait je crois 110 minutes, ça fait donc 1h50 et c’est passé très, très vite. Le surveillant a dit à un moment donné : « il vous reste cinq minutes ». Je n’avais pas du tout fini. Il y a toute une page à la fin que je n’ai pas eu le temps de lire. Je n’ai même pas eu le temps de la lire. Pourtant, j’ai l’impression que je lis du japonais pas trop lentement. Alors, c’est pas ma langue maternelle donc je mets un peu de temps mais que je lis plutôt bien. Mais là, j’ai pas eu le temps de tout lire, c’est incroyable. La dernière partie de la compréhension écrite, j’ai mis au hasard. J’ai mis les réponses sur la feuille au pif, au hasard, parce que je n’ai même pas eu le temps de lire.

Donc soit je ne lis pas assez vite, et à ce moment-là je vais m’entraîner pour lire plus vite, soit cet examen est fait avec beaucoup de questions dans le temps imparti, pour justement voir qui arrive à gérer la pression. Alors, je ne sais pas lequel des deux est la vraie solution, peut-être un mélange des deux, peut-être je ne lis pas assez vite et qu’en plus il y avait beaucoup de questions.

Et la troisième partie et la dernière partie, c’était de la compréhension orale. En fait, on passe… enfin, les surveillants passent un audio, un fichier audio avec, je ne sais plus, 45 ou 50 questions. On écoute les conversations, on écoute ce que l’audio nous dit et on doit répondre au fur et à mesure, en cochant les cases.

Je ne sais pas si je vais l’avoir. Je pense que ça va être assez chaud, si je l’ai, ce n’est pas de beaucoup. Donc, je ne sais pas. Je vous dirai ça fin janvier début février, puisque c’est à ce moment-là que j’aurai les résultats sur Internet. Bien sûr, je vous tiendrai au courant, même si ça ne vous intéresse pas. Mais moi, ça m’intéresse d’en parler. Et après, je suis parti prendre un café, un petit goûter, j’ai repris le train pour rentrer chez moi et voilà, j’étais crevé.

De faire quatre heures d’examen, ça m’a épuisé mentalement. C’est pas une fatigue physique, c’est une fatigue mentale. Dans la tête, lire une autre langue pendant des heures en étant concentré, écouter une autre langue en étant concentré, ça fatigue beaucoup.

Alors où je veux en venir avec tout ça ? Bien sûr, j’aime bien vous parler de ce qui m’arrive, ça vous permet d’écouter du français et moi de parler tout seul, j’aime bien. Mais ça permet aussi surtout de faire un rapprochement pour vous avec le français. Est-ce que vous aussi, quand vous lisez du français pendant longtemps, ça vous fatigue ? Est-ce que quand vous écoutez du français pendant longtemps, ça vous fatigue ? Si c’est le cas, alors il faut faire petit à petit. Il faut lire un peu, s’arrêter et recommencer le soir ou le lendemain. Ce n’est pas la peine de lire pendant 30 minutes, une heure, deux heures, un livre en français ou une bande dessinée si ça vous fatigue de faire ça. Donc, attention, suivant votre niveau de français, suivant là où vous en êtes avec le français, à ne pas vous dégoûter de la langue, à ne pas trop vouloir en faire parce que ça peut fatiguer énormément et ça peut surtout dégoûter d’apprendre une langue étrangère.

Donc allez-y petit à petit, allez-y à votre rythme et surtout au rythme qui vous fait plaisir. Il faut que l’apprentissage d’une langue soit un plaisir, soit un loisir, un hobby. Il ne faut pas en faire une contrainte et quelque chose qui ne vous plaît pas. Si un jour d’apprendre le français, ça ne vous plaît plus, eh bien arrêtez tout simplement. C’est aussi simple que ça. Faites-vous plaisir, apprenez quelque chose que vous aimez et vous arriverez très bien à apprendre. Donc, pour revenir sur mon examen de japonais, soit je l’ai et c’est super, je serai très content, soit j’ai raté et je ne l’ai pas et à ce moment-là, j’essaierai de le passer en décembre prochain. Cet examen, il a lieu deux fois par an à Paris, mais une fois par an dans la ville où je l’ai passé. Donc, comme je n’ai pas envie de remonter à Paris juste pour ça, je le ferai en décembre prochain à Bordeaux.

2) Expression française du jour : Boire tout son soûl

Et maintenant, on va passer tout de suite à l’expression du jour « boire tout son soûl ». Alors, dans cette expression, on a quatre mots. Le mot « boire » que vous connaissez évidemment, c’est un verbe du troisième groupe qui est un peu irrégulier à conjuguer, qui peut avoir des pièges. Donc, je vais vous le conjuguer au présent rapidement et au futur. Le futur qui est plus simple à conjuguer que le présent pour le verbe boire. Boire au présent, ça donne : « je bois, tu bois, il boit, nous buvons, vous buvez et ils boivent ». Vous voyez, les personnes au pluriel : nous, vous, ils, sont différentes de je, tu, il au singulier pour le verbe boire. Et le futur, là c’est assez simple : « Je boirai, tu boiras, il boira, nous boirons, vous boirez et ils boiront ».

Ensuite, si on revient à l’expression, on a le mot « tout » qui désigne l’entièreté de quelque chose. « Tout » c’est en entier. Quand vous dites « J’ai mangé tout le pain », c’est que vous avez mangé l’entièreté du pain. Vous avez mangé le pain en entier, pas une seule partie, mais tout le pain.

Ensuite, on a le mot « son » S-O-N qui est un déterminant possessif. Il désigne la possession de quelque chose. On va prendre un exemple. Si je vous dis « il a perdu son chapeau », c’est le chapeau de la personne. Mais si c’était le mien, je dirais « j’ai perdu mon chapeau ». Si c’est le tien, j’aurais dit « tu as perdu ton chapeau ». Donc ici on emploie le mot « son », le déterminant possessif troisième personne du singulier, parce qu’on parle de vous, de moi, on parle de tout le monde, on parle de il en fait, c’est quelqu’un d’indéfini. Mais si je parle de moi, je dirais « mon », et si vous parlez de vous, si tu parles de toi, on dira « ton ».

Et enfin, on a le mot soûl, S-O-Û-L. Alors « être soûl », en général et en français moderne, ça veut dire avoir trop bu d’alcool, ça veut dire être ivre. C’est avoir ingéré, ingurgité trop d’alcool. Quelqu’un dans la rue à trois heures du matin qui titube, qui marche d’un côté puis de l’autre. Il est soûl. Il est ivre. Il a trop bu. Soûl, ça peut s’écrire comme je vous l’ai mis sur l’image du podcast, S-O-Û-L, mais ça peut s’écrire aussi S-A-O-U-L. Ça se prononce de la même manière, donc vous pouvez écrire soit l’un, soit l’autre. Mais ça, ce dont je viens de vous parler pour le sens d’être ivre, c’est le sens le plus récent, le plus moderne.

Mais soûl, ça veut aussi dire autre chose et c’est un sens plus ancien. Ça veut dire ne plus avoir envie de la chose dont avant vous aviez envie. Alors, je vais vous donner des exemples, ça va être plus simple. « Vous aviez faim » c’est de l’imparfait donc c’est dans le passé. « Avant, vous aviez faim. Vous avez beaucoup mangé. Et maintenant, vous êtes soûl de nourriture. Vous aviez soif. Vous avez bu. Et maintenant, vous êtes soûl d’eau, de boisson. »

C’est une expression, c’est un mot qu’on emploie très rarement dans ce sens-là. On l’emploie plutôt dans le sens d’être ivre. Mais dans l’expression « boire tout son soûl », ça veut dire en fait « boire beaucoup d’eau », boire autant d’eau qu’on le veut. On peut utiliser ce mot « soûl » avec le verbe « boire » comme je vous l’ai mis dans l’expression. Mais on peut aussi être soûl d’autres choses.

On peut être soûl de musique. Une musique par exemple, que vous avez beaucoup entendue, beaucoup trop, on dirait « avant, j’aimais bien cette musique mais maintenant, elle me soûle ». Et là, elle me soûle cette musique, c’est du langage familier. On peut dire ça à des amis, à la famille, mais pas à son patron. Alors que boire tout son soûl, manger tout son soûl, c’est une expression plutôt ancienne et du langage soutenu. Donc vous pouvez l’utiliser avec tout le monde et ça aura vraiment une connotation ancienne de vieux français, un peu distinguée.

En plus, vous qui êtes pardon étranger, si vous utilisez cette expression avec un accent dans votre langue, ça va être magnifique. Donc, boire tout son soûl, je ne sais pas si vous avez compris mais ça veut dire boire beaucoup, boire autant qu’on veut. Ça peut être de l’eau, du jus de fruits, ça peut être de l’alcool aussi, mais dans l’expression « boire tout son soûl », on ne fait pas forcément référence à l’alcool. Alors que « être soûl » juste comme ça, là, on parle d’alcool. On peut dire aussi « avoir bu à satiété ». Satiété c’est un mot un peu compliqué pour dire que vous avez assez bu, que vous avez assez mangé. J’ai bu à satiété, j’ai mangé à satiété.

Alors, vous allez me dire, mais quand est-ce que je peux utiliser une expression comme ça ? Eh bien, par exemple, vous avez un ami qui a fait une compétition sportive de course à pied, de vélo, de badminton, de ce que vous voulez, il a beaucoup transpiré, il s’est beaucoup dépensé et à la fin, vous pouvez lui dire « Allez, c’est bon, maintenant, tu peux boire tout ton soûl ». Ça voudra dire « Allez vas-y, bois autant que tu veux, maintenant que tu as fini ta compétition, fais-toi plaisir et bois beaucoup d’eau ».

En anglais, on dit simplement to drink as much as you want, « boire autant que vous le voulez ». Donc, c’est une expression, je vous ai dit, assez ancienne, assez distinguée, du langage soutenu. Mais si vous la retenez et que vous arrivez à la placer dans le bon contexte, ça peut être top.

Demain, on fera une nouvelle expression française où il y a juste deux mots et ces deux mots c’est « devenir chèvre ». Alors, ça veut dire quoi ? « Devenir chèvre ». Est-ce que quelqu’un va se transformer en chèvre ? Peut-être, peut-être. Écoutez demain pour savoir. D’ici là, je vous souhaite une bonne journée, une bonne soirée, une bonne nuit et je vous dis donc à demain ! Bye bye, hasta luego ! Matane, mina-san !


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