« En faire tout un foin » et le potager

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est le jeudi 4 décembre 2025 et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile ! avec Adrien. Alors, j’ai fait une petite erreur hier en fin de podcast — j’ai dit que j’allais vous parler aujourd’hui d’une expression qui est « raconter des salades ». Mais en fait, cette expression, je l’ai déjà expliquée — je crois que c’était au mois de mars 2025. « Raconter des salades », ça veut dire mentir. Donc, aujourd’hui, on fait bien sûr une nouvelle expression française : « En faire tout un foin. » Ça ressemble un peu à « en faire un flan » ou « en faire tout un fromage », dont je vous ai déjà parlé.

1) Le potager

Mais avant, je vais vous parler d’autre chose — même si ça a quand même un rapport avec le foin, avec les végétaux, avec le potager. Est-ce que vous savez ce que c’est qu’un potager ?

Un potager, c’est un endroit où vous allez cultiver vos légumes — planter des salades, faire pousser des tomates, des courgettes, des artichauts, des oignons, de l’ail. On peut faire pousser plein de choses dans la terre. Et moi, j’ai la chance d’avoir un endroit où je peux faire un potager.

Cette année, j’en ai créé un — parce que j’adore ça. J’adore travailler la terre, avoir les mains dans la terre, et faire pousser mes propres légumes. Alors, pour faire ça, il y a deux façons de faire. La première, c’est d’utiliser des engrais, des pesticides, des insecticides — donner à la plante exactement ce qu’il lui faut pour pousser et lui donner des produits chimiques pour éviter les attaques d’insectes, de bactéries, de maladies. Ça, c’est la première façon.

Et la deuxième façon, c’est de travailler la terre, d’y apporter des choses naturelles — des feuilles en automne, du fumier de cheval ou de vache, du foin, qui est de l’herbe séchée. En apportant des choses année après année à la terre, sa qualité va s’améliorer et vos légumes seront de plus en plus bons. Donc deux façons de faire — soit on nourrit la plante avec des engrais chimiques, soit on améliore la terre naturellement, au fil du temps.

Dans cette deuxième solution, en ne traitant pas les légumes, en n’utilisant pas d’insecticides ni de pesticides, il y a forcément des attaques d’insectes, des maladies. Une partie des légumes sera mangée par les limaces et autres petits animaux. Mais c’est comme ça — il en faut pour tout le monde. À partir du moment où j’en ai assez pour moi et ma famille, tout va bien. Cette façon de faire, ça s’appelle de la permaculture. C’est utiliser tout ce qui est à votre disposition comme matière organique, matière naturelle pour améliorer la terre — sans détruire la vie du sol, sans détruire tous ces petits animaux et insectes qui permettent de cultiver les légumes.

Et franchement, faire pousser ses propres légumes, c’est un bienfait énorme. C’est un bienfait pour la tête, pour le psychologique. Le fait de travailler la terre — on ne pense plus à rien d’autre. Et le contact des mains avec la terre, je trouve que ça a un côté apaisant. C’est aussi un bienfait pour la santé physique — manger des légumes qui n’ont pas été traités par des produits chimiques, c’est génial. Et même le goût est différent. Prenez une tomate de supermarché l’été et une tomate qui a poussé chez vous — vous verrez que ça n’a rien à voir. Et c’est aussi un bienfait pour le bien-être personnel — le fait d’arriver à faire pousser quelque chose du début à la fin, de planter une graine et plusieurs mois après de récolter des légumes, c’est une sensation extraordinaire.

D’ailleurs — « de A à Z » — ça veut dire du début à la fin. A, c’est la première lettre de l’alphabet, Z, la dernière. Faire quelque chose de A à Z, c’est le faire d’un bout à l’autre.

Il y a bien sûr aussi des inconvénients. Cultiver ses légumes, s’occuper de son potager, ça prend beaucoup de temps. Et ce temps passé au potager, ce n’est pas du temps où vous travaillez. Si on parle rentabilité, si on parle d’argent, je me demande si ce n’est pas moins coûteux d’acheter les légumes au marché. Donc, il faut voir le potager plutôt comme un passe-temps, un hobby, une activité qu’on aime. Et plus le potager est grand, plus ça prendra de temps à entretenir.

Ici, j’ai à peu près 120 à 150 m² de potager — et déjà, ça demande du temps. Moins en ce moment parce qu’en décembre, il n’y a pas grand-chose qui pousse — il y a encore un peu de salade, de blette, d’épinards, mais c’est tout. Le gros de la production, c’est pendant l’été. Et ça, c’est un autre inconvénient — si vous voulez partir en vacances en juillet ou en août, vous ne pourrez pas arroser votre potager ni récolter les légumes.

Mais il faut aussi avoir un jardin — ou faire comme moi, participer à un potager collectif, louer un espace de terre. Si vous habitez en plein Paris dans un appartement, ça va être compliqué. Même si depuis dix ou quinze ans, on voit des jardins se créer en haut des immeubles — sur les toits, les rooftops —, avec des bacs de terre où les gens cultivent leurs légumes. Et ça, je trouve ça assez sympa.

Bien — je vais m’arrêter là pour le potager et on passe à l’expression du jour.

2) Expression française du jour : En faire tout un foin

Comme je vous disais au début, cette expression veut dire la même chose que « en faire un flan » — dont on a parlé il y a une semaine. On peut dire aussi « en faire tout un fromage », « en faire tout un plat » ou « faire tout un cinéma ». Toutes ces expressions veulent dire la même chose — créer des problèmes pour pas grand-chose. Faire beaucoup de bruit, beaucoup de remue-ménage pour un problème qui n’en est même pas un. S’exciter, se prendre la tête pour quelque chose qui ne le mérite pas.

Je vais vous expliquer les mots de l’expression. « En » — c’est une préposition qui rappelle ce dont on parle, le sujet sur lequel vous allez faire tout un foin.

Ensuite, le verbe « faire » — du troisième groupe, très utilisé en français. Au présent : « je fais, tu fais, il fait, nous faisons, vous faites et ils font. » Attention — à la deuxième personne du pluriel, c’est « vous faites » et non « vous faisez » — qui n’est pas français. Et au futur : « je ferai, tu feras, il fera, nous ferons, vous ferez et ils feront. »

On revient à l’expression — « en faire tout un foin ». « Tout » — c’est la totalité d’une chose. « J’ai travaillé toute la semaine » — on met un « e » parce que « semaine » est féminin — ça veut dire que vous avez travaillé l’ensemble de la semaine, tous les jours.

Et « un foin » — le foin, c’est quoi ? C’est de l’herbe séchée qu’on va couper, faucher, pour en faire des bottes ou des ballots qu’on donne aux animaux. Les grandes herbes séchées que vous voyez dans les prairies l’été — c’est pour faire du foin. Des tracteurs vont passer, couper ces herbes et en faire de grosses bottes qu’on stocke pour l’hiver. Et moi, je m’en sers aussi au potager — le foin me sert de couverture à mettre sur la terre, pour garder l’humidité l’été ou protéger du gel l’hiver.

D’habitude, on dit « du foin » — parce que c’est une quantité indéfinie. On ne dit pas « un foin ». Alors pourquoi dans cette expression on dit « un foin » ? Parce qu’autrefois, « faire un foin » voulait dire faire du bruit, du vacarme, du raffut, du remue-ménage. Attention — « faire du foin » et « faire un foin » n’ont pas le même sens. « Faire du foin » au sens propre, c’est couper de l’herbe séchée pour les animaux. « Faire un foin » ou « en faire tout un foin », c’est l’expression dont je vous parle aujourd’hui — c’est faire tout un fromage, en faire un flan, en faire tout un cinéma.

En anglais, on dit to make a big deal out of something — j’ai mis la même traduction que pour « en faire un flan » puisque ça veut dire la même chose. Vous pouvez utiliser l’une comme l’autre — c’est exactement pareil.

Les Français comprendront si vous dites : « Hier, j’avais un ami qui a fait tout un foin parce que je ne répondais pas au téléphone. » Ça veut dire que cet ami s’est énervé, a fait du remue-ménage pour pas grand-chose. C’est ça, « en faire tout un foin ».

Autre exemple — un enfant qui fait une crise parce que ses parents ne veulent pas lui donner ce qu’il veut — un jouet, un bonbon, une sortie au parc d’attractions. Les parents disent non et l’enfant crie, s’excite, n’est pas content. C’est ça, « en faire tout un foin ».

J’espère que vous avez compris. Si vous voulez me soutenir et m’aider à produire ce podcast, vous pouvez vous abonner à mon Patreon — à peu près 5-6 euros par mois — et vous aurez accès à des podcasts exclusifs et à la transcription de tous les épisodes, pour les niveaux intermédiaire, avancé et débutant.

Demain, nouvelle expression française : « Avoir l’ouïe fine. » Je vous laisse ici — je vous souhaite une bonne journée, une bonne soirée. À demain, bye bye, hasta luego. Matane !


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