« Être corvéable à merci » et le permis de conduire en France

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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est le dimanche 14 décembre 2025, 14 décembre 2025. Je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui, on va parler d’une expression qui est, comme c’est marqué sur l’image du podcast, « être corvéable à merci ». Et on voit quelqu’un sur cette image qui fait le ménage. Mais être corvéable à merci, ça ne veut pas dire faire le ménage, ça veut dire autre chose. Je vous expliquerai ça tout à l’heure.

1) Le permis de conduire en France

Avant, je voulais vous parler un peu du permis de conduire en France. Le permis de conduire, c’est un document officiel que vous obtenez après un examen qui vous permet de conduire une moto, une voiture. Ça peut être un camion, un bus, ça dépend du type de permis que vous voulez obtenir. Moi, je vais vous parler du permis de conduire voiture puisque je n’ai que celui-là. Je n’ai pas mon permis moto car je n’ai pas de moto. Par contre, j’ai une auto, j’ai une voiture et donc je vais vous parler de ce permis.

Alors, déjà, pour obtenir ce permis de conduire en France, il y a deux épreuves à passer. Il y a une épreuve théorique qui s’appelle le code et il y a une épreuve pratique. L’épreuve théorique, c’est dans une salle, comme un examen, vous êtes assis, on vous passe des images et vous allez répondre à des questions techniques, à des questions théoriques. Une fois que vous avez obtenu ce code, vous pouvez passer votre examen de conduite pratique. Là, c’est comme partout dans le monde, vous êtes dans une voiture avec à côté de vous un examinateur qui va vous noter et qui va voir si vous savez conduire, si vous ne faites pas d’erreur, si vous êtes un bon conducteur. Et une fois que vous avez eu cet examen pratique, vous avez votre permis de conduire.

Alors moi, je suis très fier, j’ai eu mon permis de conduire du premier coup. Et vous, est-ce que vous l’avez eu aussi du premier coup ? Ou est-ce que vous avez mis plusieurs fois avant de l’avoir ? Une de mes sœurs l’a eu au bout de deux fois. Et je crois que mon autre sœur aussi l’a eu au bout de deux fois. Et on peut passer comme ça son permis deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois, tant qu’il y a un problème, tant que l’examinateur considère que vous ne conduisez pas bien, vous n’avez pas votre permis de conduire.

Et une fois que vous avez obtenu votre permis de conduire, il y a un système très spécial en France. Il y a un système de points sur le permis. De base, on a tous 12 points sur son permis de conduire. Et plus vous faites d’infractions, plus vous allez avoir de problèmes avec votre conduite, plus on va vous enlever des points. Par exemple, si vous avez dépassé la vitesse autorisée, par exemple, vous roulez à 70 au lieu de 50 km/h, on va vous enlever deux points sur votre permis. Donc, vous n’aurez plus 12 points, vous aurez 10 points.

Alors, bien sûr s’il y a un radar ou des policiers. Si vous roulez à 70 et que c’est limité à 50 et qu’il n’y a personne, pas de problème. Donc, on vous enlève, je reviens sur mon histoire, deux points pour ça. Si vous téléphonez au volant et que la police vous attrape, on vous enlève trois points, donc de 12 points, il vous restera neuf points. Si vous grille un feu rouge, si vous passez au feu rouge et que vous ne vous arrêtez pas, on vous enlève, on vous enlève, pardon, quatre points, il vous restera donc huit points et vous pourrez toujours continuer à conduire tranquille.

Je trouve que ce système de points est incroyable. Je ne sais pas si ça existe dans beaucoup de pays, mais en gros, en France, on vous dit « Tiens, voilà ton permis, maintenant tu peux faire quelques infractions, mais ça va, t’auras toujours ton permis tant que tu tombes pas à zéro ». Si le nombre de points que vous avez tombe à zéro, on vous retire votre permis de conduire. Et à ce moment-là, vous devez le repasser une nouvelle fois.

Il y a d’autres infractions qui enlèvent des points au permis. L’alcool au volant, d’être contrôlé par la police avec de l’alcool dans le sang. Si vous avez plus de 0,5 g d’alcool par litre de sang, on vous enlève 6 points. Il vous restera donc 6 points et vous pourrez toujours continuer à rouler. Je trouve ça incroyable.

Je trouve ça incroyable aussi qu’on autorise en France de rouler avec un peu d’alcool dans le sang. Il y a plein de pays où c’est interdit, si vous avez même 0,2 g d’alcool dans le sang, on ne vous enlève peut-être pas le permis mais on vous sanctionne et je trouve ça normal. Pareil pour la drogue. Si vous avez pris de la drogue et qu’on vous contrôle, on vous enlève six points, mais vous avez toujours votre permis de conduire. Et si en plus vous aviez bu de l’alcool, c’est neuf points, et donc il vous restera trois points et vous aurez toujours votre permis de conduire. C’est magique !

Et on a même un système de stage qui permet de récupérer des points. Si, par exemple, vous tombez à deux points sur votre permis, eh bien, vous pouvez faire un stage qui dure deux jours, je sais, j’en ai déjà fait un, et après ce stage, on va vous recréditer, on va vous redonner quatre points. Donc moi, je n’avais plus que deux points, j’ai fait un stage de deux jours et après, j’avais donc six points. Pendant ce stage, qu’est-ce qu’on fait ? Eh bien, on va essayer de nous apprendre des choses sur les dangers de la conduite. C’est très chiant, c’est assez inintéressant, mais bon, ça permet de récupérer quatre points, donc tout va bien. Et on a aussi un autre système pour récupérer des points.

Je vous explique, vous avez 12 points sur votre permis. Un jour, vous faites un excès de vitesse et un radar vous flashe. Vous perdez un point sur votre permis. Vous avez donc 11 points. Si pendant toute une année, vous n’avez pas de problème, vous n’avez pas d’infraction de la route, eh bien le point que vous avez perdu vous est redonné. Donc, si vous passez toute une année sans avoir de problèmes avec votre voiture, vous récupérez votre point et vous revoilà à douze points.

Je trouve que ce système de points qu’on nous donne après notre permis, c’est incroyable. Comme je le disais, je ne sais pas si ça existe dans beaucoup de pays, mais les gens qui ont inventé ça, ce sont des génies. Comment autoriser les Français à faire des infractions au volant en leur laissant leur permis ? Ça, c’est magnifique. Enfin bref, je voulais vous parler de ça parce que je trouve ça assez marrant et maintenant, on va passer donc à l’expression du jour « être corvéable à merci ».

2) Expression du jour : être corvéable à merci

Alors c’est une expression qui est assez rare, qui fait partie du langage soutenu, donc vous la verrez peut-être dans des livres, mais c’est vrai que dans le langage courant, en parlant, on emploie rarement cette expression.

Mais déjà, je vais vous parler des mots qui composent l’expression. « Être », c’est un verbe ou un auxiliaire. Maintenant vous connaissez, c’est très, très utilisé en français. Si vous voulez avoir plus de détails sur le verbe ou l’auxiliaire être, je vous invite à réécouter mes podcasts où il y a le mot être dans l’expression. Je ne vais pas en reparler aujourd’hui parce que j’en ai déjà parlé dix fois. Donc vraiment, vous voulez avoir plus de détails sur ça, réécoutez mes podcasts avec le verbe être et vous aurez des informations dessus.

Deuxième mot de l’expression, c’est « corvéable ». Alors là, par contre, j’ai plein de choses à vous dire sur ce mot. Alors, par quoi on va commencer ? Déjà, la racine de ce mot c’est corvée. Faire une corvée c’est quelque chose qu’on ne veut pas faire. La vaisselle c’est une corvée. Le ménage pour moi en tout cas c’est une corvée. De porter des choses lourdes, d’aller faire les courses, c’est une corvée. C’est quelque chose qu’on est obligé de faire mais où on ne prend pas de plaisir, qu’on n’aime tout simplement pas faire.

Donc corvée, comme je vous disais, c’est la racine du mot. Et parfois, sur certains mots, on peut rajouter un suffixe, donc quelque chose à la fin du mot, pour en faire un adjectif. Et ici, le suffixe c’est « -able ». Donc sur certaines racines de mots, on peut rajouter « -able » à la fin, on va transformer le nom en adjectif et souvent avec les suffixes « -able », « -ible » ou « -uble », on va former un adjectif qui exprime soit l’obligation de quelque chose, soit la possibilité.

Je vous donne l’exemple avec laver, on va dire « laver sa voiture ». Dans le verbe laver, la racine c’est « lav : L-A-V ». On va rajouter « -able », ça va donner « lavable ». Une voiture « lavable » c’est une voiture qu’on peut laver. Il y a la possibilité de la laver. Ici, le mot c’est « corvée ». On a rajouté « -able », ça donne donc « corvéable ».

Corvéable, c’est un adjectif qui décrit quelqu’un qui va faire quelque chose mais il n’a pas envie de le faire, qui va faire un travail physique ou même mental et il est obligé, mais il y va à reculons. Cette personne n’a aucune envie de faire ce travail.

D’ailleurs, le mot « corvée » au début, l’origine de ce mot, ça veut dire quoi ? C’est en fait un travail, un service gratuit qui était fait par le paysan pour le seigneur. Donc, ça date d’il y a plusieurs centaines d’années et le paysan, comme paiement au seigneur pour sa protection, devait faire une journée, peut-être deux jours de travail gratuit pour le seigneur. Ça s’appelait la taille ou aussi la corvée. Corvée, ça vient de là. Et donc corvéable, c’est quelqu’un qui doit faire un travail parce qu’il est obligé mais qu’il n’a pas envie.

On va revenir à l’expression du jour « être corvéable à merci ». Alors, « merci », c’est quoi ? Évidemment, c’est un mot de remerciement. Quand on vous donne quelque chose, vous le prenez et vous dites « merci ». Quand on vous tient la porte en passant, vous dites « merci ». Mais, ça peut aussi vouloir dire autre chose.

Ici dans l’expression, « merci » a un sens différent. « La merci », ça veut aussi dire pouvoir être épargné ou non par quelqu’un, pouvoir être laissé tranquille ou non par quelqu’un suivant la volonté de cette personne. Alors, ce n’est pas très clair, je vais vous donner un exemple et vous allez comprendre.

Dans les films d’époque où il y avait des combats à l’épée ou des combats aux pistolets, il y a un gagnant et un perdant. Et souvent, le perdant n’a plus d’épée, est au sol et le gagnant pointe son épée vers le perdant. Eh bien, dans cette situation, le perdant est à la merci du gagnant. Le gagnant va décider s’il tue son adversaire ou non. Être à la merci de quelqu’un, c’est que notre vie va dépendre de cette personne. D’ailleurs, on parle aussi d’un combat sans merci. Un combat sans merci, c’est un combat où on va se battre à fond. On ne va pas faire de cadeaux à l’autre. Ça s’applique dans un combat physique, dans la rue où vous voulez, mais aussi dans le sport.

En ce moment, je suis en train de regarder les finales de ping-pong, de tennis de table à Hong Kong, qui regroupe les 16 meilleurs joueurs de ping-pong du monde entier. Dans ces matchs de ping-pong, on peut dire que c’est sans merci. On ne fait pas de cadeaux à son adversaire. On ne fait pas de fleurs à son adversaire. Les joueurs de ping-pong se livrent des combats sans merci.

Donc, si on revient à l’expression « être corvéable à merci ». Corvéable, je vous ai dit que c’est un adjectif qui dit qu’on va faire des corvées, qu’on va être obligé de faire ce que quelqu’un nous dit de faire et à merci, c’est qu’on est soumis au bon vouloir de la personne. Donc être corvéable à merci, ça veut dire qu’on est au service de quelqu’un mais dans le mauvais sens du terme.

En fait, on est l’esclave de quelqu’un, on est prêt à tout faire pour cette personne. Ça peut être le mari, la femme, le patron. On est prêt à se sacrifier pour son patron, pour son mari, pour sa femme. Un employé qui fait des heures supplémentaires à fond, qui travaille beaucoup, qui répond aux demandes du patron, qui dit toujours oui, qui ne se plaint pas, qui est un peu soumis, le patron va peut-être en profiter et à ce moment-là, l’employé va être corvéable à merci. L’employé qui exécute tous les ordres de son patron, même quand le patron dépasse les bornes, eh bien l’employé est corvéable à merci. On peut dire aussi taillable et corvéable à merci.

Pourquoi on dit ça ? Je vous ai expliqué tout à l’heure que la taille et la corvée, c’était un ancien impôt payé par les paysans aux seigneurs, par les serfs aux seigneurs pour la protection du seigneur, pour avoir sa protection. Et donc cet impôt, il était payé en travaillant gratuitement. Ça s’appelait la taille et c’est devenu la corvée et donc aujourd’hui on dit taillable et corvéable à merci. En anglais on dit to be exploited, être exploité, c’est pareil en français, être l’esclave de quelqu’un, c’est ça être corvéable à merci.

Demain, on verra une nouvelle expression française qui est « Avoir le cafard », simplement trois mots dans l’expression, avec une petite bête que je n’aime pas beaucoup, ce sont les cafards. Comme d’habitude, laissez-moi un petit commentaire, une bonne note sur vos applications de podcast. Ça serait top, ça serait très sympa. Vous pouvez me retrouver sur mon Patreon si vous voulez m’aider à produire ce podcast. Si vous voulez me remercier, vous avez un abonnement payant à 5 euros par mois, donc pas beaucoup, qui me permet d’avoir un petit peu de sous et vous de profiter de podcasts tous les jours. Merci beaucoup d’ailleurs à mes abonnés Patreon et les autres, merci beaucoup de m’écouter. Je vous laisse ici pour aujourd’hui et je vous dis à demain. Bye bye, hasta luego. Matane !


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