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Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd’hui, on est le mercredi 24 décembre 2025 et je vous souhaite la bienvenue dans Le français, c’est facile avec Adrien. Aujourd’hui, on va parler bien sûr de Noël et on va parler surtout du repas de Noël.
1) Les repas de Noël
Et je vais vous dire un peu ce qu’on mange en France en général à Noël. Quelles sont les habitudes des Français pour ce repas ? Alors déjà, il faut savoir — est-ce qu’on place le repas de Noël le 24 au soir ou le 25 à midi ? Ça, c’est une bonne question. Il y a des familles qui font le repas de Noël le 24 au soir et d’autres le 25 à midi.
Je vais vous dire un peu comment on faisait Noël quand j’étais enfant. Quand j’étais enfant, on faisait un repas de Noël le 24 soir avec la famille proche, donc avec mes parents et avec mes deux sœurs. On était donc cinq à table. Pendant ce repas, qu’est-ce qu’on mangeait ? Ça pouvait être du saumon fumé, des huîtres ou des coquilles Saint-Jacques avec des légumes. Donc on se faisait un petit repas sympa en famille avec de bons produits qu’on mange en général à Noël. On peut évidemment manger du saumon toute l’année, des huîtres aussi, mais on en mange beaucoup à Noël.
Et pendant ce repas de famille le 24 soir, on n’offrait pas de cadeaux. On faisait les cadeaux tous ensemble le 25. Et donc le 25 à midi, toute la famille se retrouvait chez quelqu’un — soit chez nous, soit chez mon grand-père, soit chez mes autres grands-parents, soit chez ma tante — et là, on invitait toute la famille. Donc, on va dire que ça se passait chez nous, il y avait bien sûr mes parents, mes sœurs et moi et en plus mon oncle, ma tante, mes cousins, mes cousines, les grands-parents, etc. Et donc parfois, le 25 à midi, on pouvait être entre 20 et 30 personnes. Donc il fallait que tout le monde tienne à table.
On avait encore du saumon fumé, des huîtres en entrée et en plat principal, en France, à Noël, on mange soit de la dinde, soit du chapon. Est-ce que vous connaissez ce mot, le chapon ? Le chapon, c’est un coq qui a été castré. Donc en fait, c’est le mâle de la poule, c’est le coq auquel on a coupé les testicules et donc ce coq, il va grossir et on appelle ça un chapon. Donc à Noël, dans les boucheries pendant tout le mois de décembre, vous allez pouvoir trouver des chapons à acheter et à préparer. On peut manger une dinde avec des marrons ou un chapon avec des marrons.
Après, on a du fromage. Bien sûr, on habite en France, on est français, on adore le fromage. Si vous venez en vacances en France, je vous conseille de vous arrêter dans une fromagerie et de demander les meilleurs fromages au vendeur. Vous lui demandez un mélange d’au moins quatre, cinq fromages différents et vous allez pouvoir tout manger avec du pain grillé. Faites ça parce que vraiment, c’est du patrimoine culinaire français. Le fromage et du vin rouge en même temps, c’est magnifique.
Et donc pour revenir au repas de Noël, en dessert, on mange une bûche. Une bûche de Noël. Donc une bûche, ça peut désigner soit un gros morceau de bois, soit un gâteau de Noël qui a d’ailleurs la forme d’un rondin, la forme d’une bûche, la forme du morceau de bois. Et la différence qui existe entre les bûches d’il y a trente ans et les bûches maintenant, c’est incroyable. Il y a 30, 40 ans, les bûches, c’était une espèce de gâteau génoise qu’on roulait avec de la confiture ou avec du chocolat. Maintenant, ils font des bûches incroyables dans des boulangeries de luxe qui ont l’air sublimes.
Donc je reviens à mon repas de Noël — en dessert, on mangeait une bûche de Noël. Et ce qui est marrant dans ces repas de Noël, c’est que plus il y a de monde, plus il y a d’embrouilles et de disputes possibles. Donc il y a des sujets à ne surtout pas aborder. Typiquement la politique, c’est un sujet qu’il vaut mieux éviter à Noël. Parce qu’il y a des gens qui vont avoir des avis contraires, des avis opposés, et donc ça va créer des tensions, des embrouilles, et ça ce n’est pas ce qu’on veut pour Noël.
Qu’est-ce qu’on a comme autre sujet compliqué à Noël ? La religion — alors ça, c’est bien aussi. Je vous ai parlé avant-hier d’un film qui s’appelle Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?. Eh bien, typiquement, dans les repas de Noël chez cette famille, on devait parler religion et donc ça créait des conflits. Après, on a la vie sentimentale, la vie de couple ou pas de chaque personne — on n’a pas forcément envie de parler de ça à Noël. Il y a aussi l’argent — les conversations sur qui paye quoi, qui gagne quoi, c’est compliqué. Et bien sûr, en ce moment, la guerre en Ukraine, la guerre dans la bande de Gaza — ça, il faut éviter aussi d’en parler.
Et après, on a des personnalités clivantes dont il ne faut pas parler parce que chacun a un avis différent et ça peut vite « partir en vrille » — tiens d’ailleurs, ça, c’est une autre expression française. « Partir en vrille », ça veut dire dégénérer, créer des conflits. On dit aussi « partir en cacahuète ».
Alors avant de commencer sur l’expression du jour, je vais juste vous parler un peu des cadeaux à Noël. Quand j’étais enfant, les adultes offraient les cadeaux qu’ils voulaient aux enfants. Donc, un enfant — moi, mes sœurs, mes cousins, mes cousines — on pouvait avoir un, deux, trois cadeaux peut-être. Et comment ça se passait pour les adultes ? Eh bien les adultes faisaient entre eux un secret santa. En français, c’est un père Noël secret. Deux ou trois semaines avant Noël, la famille se réunit et on va mettre dans un chapeau les noms de chaque adulte. Et chaque adulte va tirer le nom de quelqu’un pour lui faire un cadeau.
Et c’est toujours assez marrant parce que souvent, on tire le nom d’une personne qu’on ne connaît pas bien, dont on ne connaît pas bien les goûts. Par exemple, le mari de ma grande tante, ou la nouvelle femme de mon grand-cousin — des personnes qu’on ne connaît pas bien et donc on ne sait pas quoi offrir. Et à ce moment-là, ce sont souvent des cadeaux plutôt ordinaires — un bonnet, des gants, une bougie, etc. Les cadeaux qui peuvent aller à tout le monde. Donc ce père Noël secret, c’était assez marrant parce que souvent, les adultes s’offraient des cadeaux tout pourri entre eux, ou alors des cadeaux magnifiques quand on tombe sur une personne qu’on connaît bien.
Allez, j’ai assez parlé de Noël. Laissez-moi un petit message d’ailleurs sur YouTube — d’abord, est-ce que vous fêtez Noël ? Parce que c’est une fête catholique, donc peut-être que vous ne le fêtez pas du tout. Et si vous le fêtez, qu’est-ce que vous mangez ? Quel est le menu du dîner ou du déjeuner ? Parce que oui, moi j’adore les sujets culinaires, j’adore quand on parle de nourriture.
2) Expression du jour : Être un pique-assiette
Et d’ailleurs, on va parler un peu de nourriture dans l’expression du jour « être un pique-assiette ». Pourquoi on va parler nourriture ? Parce que cette expression désigne quelqu’un qui va se faire inviter dans les soirées, dans les dîners, qui va manger, mais qui ne va jamais rien payer — et surtout, cette personne n’invite jamais en retour.
On a tous un ami comme ça qui se fait inviter, qui s’incruste dans toutes les soirées, dans tous les dîners, qui profite, qui mange, qui boit, mais qui ne fait jamais la même chose pour les autres et surtout qui ne paie rien. Être un pique-assiette, c’est ça. On peut dire aussi « jouer au pique-assiette ». Mais là, j’ai un peu perturbé l’ordre de mon podcast — je vous ai donné le sens avant de vous expliquer les mots. Donc je vais quand même vous expliquer les mots.
Alors le verbe être — c’est soit un auxiliaire, soit un verbe, on en a déjà parlé plusieurs fois, je ne vais pas vous réexpliquer le sens. Je vais juste vous le conjuguer à l’imparfait et au passé simple. Je ne vous le conjugue pas au présent parce que je pense que vous le connaissez déjà. Donc à l’imparfait, le verbe être ça donne : « j’étais, tu étais, il était, nous étions, vous étiez et ils étaient ». Et être au passé simple, donc un autre temps du passé, ça donne « je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes et ils furent ». Vous voyez entre l’imparfait et le passé simple pour le verbe être, ça n’a rien à voir — entre « j’étais » et « je fus », c’est totalement différent et pourtant, c’est le même verbe conjugué à deux temps différents. C’est pour ça que les conjugaisons en français, c’est pas si simple — mais c’est aussi grâce à ça qu’on a une langue française très riche, très complexe et qui permet d’exprimer énormément de choses.
Alors on revient à l’expression « être un pique-assiette ». Un pique — « pique » ça vient du verbe piquer. Piquer, ça peut vouloir dire « toucher quelque chose et faire mal avec quelque chose de pointu », par exemple une épine. Si vous prenez une épine dans la main, ça va vous piquer. Mais piquer, ça peut aussi vouloir dire « voler ». Et ici, c’est ça le sens dans l’expression. On profite de la nourriture des autres, on profite du fait de se faire inviter pour manger gratuitement.
Donc être un pique-assiette, je vous l’ai dit tout à l’heure, ça veut dire se faire inviter dans les soirées, dans les dîners, au restaurant sans jamais rien payer. Imaginez, vous allez à un premier rendez-vous avec un homme ou une femme. Généralement, au premier rendez-vous, on va partager, faire moitié-moitié. Imaginez, vous êtes une femme et l’homme vous laisse tout payer. Bon, pourquoi pas, premier rendez-vous, on voit. Deuxième rendez-vous, même chose — eh bien là vous pourrez dire, lui, c’est un pique-assiette, il se fait toujours inviter, il ne paye jamais.
Il y a toujours quelqu’un dans les soirées qui est comme ça. Il y a toujours un mec qui se fait inviter, qui profite mais qui n’invite jamais. Il y a même des gens qui se font inviter dans les mariages et qui vont au mariage sans se faire inviter. Dans des grands mariages, il y a tellement de monde qu’ils vont profiter de la nourriture, profiter de la soirée alors qu’ils ne connaissent même pas les mariés.
En anglais, on dit to be a freeloader. Est-ce que vous avez compris l’expression du jour ? J’espère que oui. Si vous avez une question, vous pouvez me la poser sur YouTube dans les commentaires.
Et je vous rappelle que sur ma chaîne YouTube, vous pouvez en ce moment lire et écouter Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Ça permet, en lisant du français et en écoutant du français, de vous améliorer et de profiter d’une histoire qui est très sympa. Je crois que j’aurai fini d’uploader les vidéos à peu près début mi-janvier pour Le Petit Prince. Vous aurez là accès au livre entier si vous voulez tout écouter d’une seule fois.
Bien, je vous laisse ici, on se retrouve demain pour un nouveau podcast avec une expression française qui sera « avoir un fil à la patte ». Merci beaucoup de m’avoir écouté. On se retrouve demain pour de nouvelles aventures et d’ici là, passez une bonne journée ! À bientôt, bye bye, hasta luego ! Matane !
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